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La Newsletter 18/04 de l'AALEME.

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La Newsletter 18/04 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Correctif à la légende de la photo « Les lieutenants de SAKARAMY 1967 - 1968 »

Les lieutenants de SAKARAMY 1967 - 1968

ARNAUD, KAY, PLASSARD , BREG et au premier rang CHAUFFERT-HIVART, CLER

Merci au Général (2° section) Hubert BREG.

Quelle Compagnie Portée du 2° REI se trouvait à Adrar en décembre 1964 ?

 

Bonjour,



A faire paraitre dans la rubrique RECHERCHES, merci :

 

Quelle Compagnie Portée du 2° REI se trouvait à Adrar en décembre 1964.

Il y avait à ce moment- là le Lt AUBINEL, qu’est-il devenu ?

Le capitaine LORIDAN se trouvait en décembre 1964 à Beni Abbes avec la 3° CP, qu’est-il devenu ?

 

En vous remerciant.

Bernard – Ancien de la Base aérienne de Bou Sfer 1964/65. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Camerone 1963 à Diégo Suarez.

Quel est le nom du COMSUP et de l'Amiral commandant la BS suivi par le lieutenant-colonel Mattei ?

Quel est le nom du lieutenant porte drapeau ?

Quel est le nom du C2 ?

La mort du lieutenant TISSOT

Le Progrès de Bel-Abbès du 30/06/1900

 

En même temps qu'on apprenait le terrible malheur qui venait d'atteindre les colons de Bedeau et de cette région, une nouvelle bien plus pénible, incertaine d'abord, mais hélas confirmée presqu'aussitôt parvenait à Bel-Abbès:M. le lieutenant TISSOT, du 1er Étranger, venait de perdre la vie dans les circonstances suivantes.

Une forte crue de la Mékerra s'était produite ces jours derniers à Bedeau et avait fait quelques dégâts. Afin de se rendre compte de leur importance, le lieutenant Tissot qui commandait le détachement de la Légion à Bedeau, s'était rendu à cheval, sur les lieux, en compagnie de M. le Médecin-major Légouz.

Précisément en ce moment arrivait une secondé crue d'eau beaucoup plus forte que la précédente, et, avant que les deux officiers aient eu le temps de traverser le pont, ils étaient entraînés par le courant. Le médecin-major était retire de l'eau à grand peine, quand au lieutenant Tissot, son corps n'était retrouvé que le lendemain matin, à cinq kilomètres du lieu de l'accident, près de la ferme Bernard.

La nouvelle de ce triste accident a produit une pénible impression à Bel-Abbès, où le lieutenant Tissot et sa famille jouissent de l'estime générale.

Le corps a été ramené à Bel-Abbès.

Les obsèques auront lieu ce soir.

Voici quels étaient les états de service du lieutenant Tissot :


Né à Paris en 1865, M. le lieutenant Tissot entrait dans l'armée le 25 février 1884 en qualité d'engagé volontaire.

Caporal le 25 Août 1884, sergent-fourrier le 4 mars 1885, sergent-major le 26 Avril 1886. le regretté lieutenant entrait à l'école militaire de Si-Maixent le 17 avril 1888. Sous-lieutenant le 18 mars 1889, lieutenant le 1er novembre 1891, M. Tissot partait au Tonkin en 1893, où il séjournait jusqu'en 1895.

De retour en Algérie, il demeurait parmi nous jusqu'en 1897. La même année, les exigences du service l'appelaient de nouveau au Tonkin.

Il était rentré à Bel-Abbès, depuis un mois environ.

M. le lieutenant Tissot était décoré de la médaille du Tonkin, chevalier de l'Ordre Impérial du Dragon de l'Annam, proposé pour la Croix de la Légion d'Honneur et pour l'avancement.

Le défunt laisse une jeune femme et un bébé de cinq ou six jours seulement

Nous prions les familles Tissot, Roidot et Yerlès, si cruellement éprouvées, par ce deuil, ainsi que MM. Les officiers de la garnison, de bien vouloir agréer l'expression de nos plus sincères condoléances.

Lettre du Capitaine Deleuze, commandant la 2e compagnie du bataillon de marche de la Légion étrangère, au père du LTN Pierrebourg.

Le Carnet historique & littéraire - T3 - Janvier juin 1899

 

Le 15 août dernier, le lieutenant de Pierrebourg est mort au champ d'honneur, au poste d'Antsoa (Madagascar). Officier distingué et courageux, brave cœur et ami dévoué, Pierrebourg a inspiré à son capitaine, M. Deleuze, de la légion étrangère, les lignes qui suivent, adressées au général baron de Pierrebourg, le malheureux père du jeune héros.

Mon Général,


j'ai le triste devoir, en ma qualité de capitaine et d'ami de votre fils, de vous confirmer la nouvelle, qui vous est déjà parvenue par la voie officielle, de sa mort glorieuse.

Je connaissais son affection pour vous et pour Mme de Pierrebourg.

Je connaissais votre affection pour lui. A une pareille douleur, je n'ai pas de consolation à offrir. Il est bon, cependant, que vous sachiez quels furent ses derniers moments. Peut-être, plus tard, trouverez vous dans ces détails un allégement à votre affliction paternelle.

Le sentiment très honorable qui avait poussé de Pierrebourg à venir à la légion vous est connu. Inscrit au tableau, il pouvait rentrer en France s'il n'avait voulu mériter deux fois cette récompense.

Lorsque les deux pelotons de ma compagnie se sont réunis en avril à Mevetanana, pour venir opérer dans le pays sakalave, j'ai été charmé tout de suite en voyant mon nouveau lieutenant,que je ne connaissais encore que par correspondance.

Vigoureux, énergique, toujours prêt à payer de sa personne, il devenait un précieux collaborateur. La vie de campagne, qui nous faisait passer toutes nos heures ensemble, me permettait d'apprécier, de plus en plus, outre ses qualités militaires, son intelligence; son cœur, et surtout sa perpétuelle bonne humeur, don si précieux aux colonies.

Dès qu'il fut question de l'organisation des colonnes destinées à opérer contre les rebelles, j'insistais auprès de l'autorité pour qu'il fût laissé sous mes ordres, dans le groupe sous mon commandement, afin, d'une part, l'occasion aidant, de mettre ses qualités en lumière, et d'autre part, pour le guider dans ses débuts devant l'ennemi. Je
craignais pour lui les surprises et les trahisons de cette guerre du pays sakalave, toute d'embuscades, de trahisons, sous bois, dans des fourrés, où, de part et d'autre, on ne se glisse qu'en rampant.

Je connaissais l'ardeur de son tempérament, et mon affection de chef et d'ami me faisait craindre pour lui. Aussi, dès le début de nos opérations, à lui comme à quelques autres jeunes officiers sous mes ordres, ai-je fait les recommandations les plus expresses pour qu'ils ne confondissent point la bravoure avec la témérité, et chaque fois que son ardeur lui faisait négliger quelques précautions, je n'hésitais pas à le lui faire remarquer.

Le 14 août, dans la soirée, causant sous la tente, je lui marquais ma satisfaction de voir que, l'expérience aidant, il avait reconnu la nécessité de ces précautions, et qu'il était devenu vraiment raisonnable.

Le 15 au matin, en revenant de chercher des vivres pour le poste d'Antsoa, que je venais de créer, je lui annonce que le lendemain 16 nous quitterions ce poste pour rentrer à Morondava; de Pierrebourg me marqua sa joie de rentrer, après plus de 30 jours de route, pour se reprendre un peu, et puis repartir.

Je puis même vous citer quelques mots de lui pour vous peindre sa gaieté et sa liberté d'esprit. Pendant un repos, tandis que mulets et porteurs, harassés par la chaleur, soufflaient un peu, je lui dis :

« Vous doutez-vous que c'est aujourd'hui le 15 août, jour férié ?—Si, »

« je m'en doute, mon capitaine! ce matin, en me levant, j'ai crié :

« Vive l'Empereur ! » Et de rire tous deux. »

Nous arrivons à Antsoa vers une heure du soir. En notre absence, comme d'ailleurs les jours précédents, la garnison de ce poste avait été inquiétée par les Sakalaves, et le matin même, deux tirailleurs sénégalais avaient été blessés.

Dès notre arrivée, le réseau de surveillance est étendu. Les sentinelles doubles sont augmentées et poussées plus au loin ; un piquet d'une quinzaine de légionnaires est mis a la corne d'un bois, point particulièrement dangereux, et des patrouilles sont envoyées dans le fourré.

Me voyant très occupé à régler tous les détails de l'installation du poste qui allait être laissé à ses seules ressources, et à préparer le départ de la colonne pour le lendemain, de Pierrebourg, que j'avais désigné comme mon adjoint, s'assied à ma table et écrit à côté de moi. Les dernières lignes qu'il devait tracer étaient un ordre annonçant aux troupes laissées à Antsoa lès propositions que j'avais l'intention de faire en leur faveur, et je le voyais sourire, car il avait deviné que je ne l'oublierais pas, et qu'outre une proposition pour une citation à l'ordre, je demanderais en plus, ou sa nomination au choix hors tour, ou une inscription pour la Légion d'honneur.

J'avais compris combien il eût été heureux, pour vous, mon Général, de l'une de ces récompenses.

Vers 2 h. 30 m., un coup de feu, mais qui n'atteint personne. Un peu avant 3 heures, la fusillade devient plus intense. Les sentinelles et le piquet ripostent. Nous nous levons, de Pierrebourg pour se porter au piquet, son poste de combat en cas d'alerte, moi pour voir s'il y avait lieu d'intervenir.

Les troupes non employées aux travaux du poste ou du bivouac avaient occupé leurs positions d'alerte. Tandis que je recommandais à ces troupes de ne pas tirer, leur feu pouvant être gênant pour, les sentinelles et les patrouilles sous bois, de Pierrebourg interpelle quelques auxiliaires indigènes qui couraient entre le bivouac et le
poste, puis fait quelques pas en avant, sans doute pour se rendre un compte exact de l'emplacement qu'occupait un groupe de tirailleurs sénégalais qui prolongeait à 20 ou 30 mètres le piquet.

Au même instant, il tombe à la renverse. Je cours le relever avec un légionnaire qui se trouvait à mes côtés. Hélas ! en moins d'une seconde, la mort avait fait son œuvre. Sans vie, ce brave ami, pas une parole, pas une souffrance, les yeux ouverts, mais, hélas! ne voyant plus, le sourire sur les lèvres !

Je déchire vivement ses vêtements, voulant douter; une balle de gros calibre à 6 centimètres, à hauteur et à droite du sein gauche.

Nous l'emportons vivement, voulant le soustraire à de nouveaux coups, et puis je ne voulais pas perdre tout espoir. Il me semblait impossible de croire à l'affreuse réalité. Sitôt installé sur un lit, j'essaye de ranimer en lui un souffle de vie. Rien n'y fait, et malheureusement, la place de la blessure (l'hémorragie interne foudroyante consécutive) et aussi l'expérience d'une vie coloniale assez longue, qui m'avait fait assister maintes fois à.ces douloureux événements, ne me laissent plus d.'illusions.,

Cependant, je ne voulais, pas croire, et à maintes reprises j'ai cherché à surprendre chez lui quelques symptômes de vie.

Je pensais à votre douleur,à celle de sa mère, de toute sa famille.

Autour de nous aussi, la douleur était navrante :'officiers, légionnaires, troupes indigènes et ses serviteurs indigènes, pour lesquels il était si bon! Quand il ne fut plus permis de douter, je lavai doucement les quelques gouttes de sang qui avaient perlé sur sa poitrine, et nous le vêtîmes de sa tenue de campagne. Une autre balle, un gros projectile de forme allongée, l'avait aussi atteint au bas-ventre. Cette blessure était également mortelle, mais il aurait bien souffert pendant plusieurs heures. Dieu lui a été clément. Les légionnaires avaient transformé la plus grande case du hameau, au pied du poste, en une sorte de chapelle, à l'aide de feuilles de palmier et de drapeaux tricolores. Il repose là doucement, une croix de verdure sur la poitrine, le sourire sur les lèvres. Je revois encore ce sourire, mon général, en vous écrivant, les larmes aux yeux, et le lendemain, au dernier moment, en l'embrassant une dernière fois en votre nom à tous et au mien, je ne pouvais croire que ce sourire et ce sommeil fussent éternels. Un légionnaire et un Sénégalais montent la garde auprès de lui. Quelle funèbre veillée! Nous ne pouvions croire! A l'aube, avant le soleil levant, toutes les troupes prennent les armes pour le conduire à l'endroit où il doit reposer : sous un gros tamarinier, à 80 mètres au nord du poste et sous les yeux de ce poste. Et cette triste cérémonie eut un caractère de sauvage grandeur, comme la guerre de ces pays. Tandis qu'une partie des troupes lui rendait les derniers honneurs, l'autre partie, l'arme chargée, l'oeil aux aguets, se glissait sous bois, prête! à repousser une attaque des Sakalaves.

Il me fut à peine possible, sur sa tombe, tellement notre douleur à tous était poignante, de dire quelques paroles pour rappeler le.passé militaire si glorieux de sa famille, et lui adresser, au nom de cette famille et en notre nom à.tous, un dernier adieu. Sachant qu'il était catholique, j'ai dit pour lui une dernière prière. Un gros tumulus, de forme carrée, fait en pierres sèches, marque provisoirement sa tombe.

Je fais confectionner en ce moment, avec les matériaux, hélas ! trop rares de Morondava, une grande croix en fer avec plaque en cuivre qui sera placée sur la tombe. Je vais écrire à Majunga pour tâcher d'avoir mieux.

Sa mort glorieuse, en faisant son devoir de chef, ne sera pas connue de vous seuls et de nous. J'ai demandé au général en chef que le brave de Pierrebourg soit cité à l'ordre du corps d'occupation, et que son nom soit donné au poste d'Antsoa (1).

Puis-je me permettre de vous le dire, mon général, ne plaignez pas votre fils, il a eu la plus belle mort, celle que nous rêvons tous; combien les survivants sont plus à plaindre! vous, mon général, sa mère, ses sœurs, toute sa famille!... Devant ces douleurs, je ne puis parler de consolations.

Veuillez agréer, mon général, en cette douloureuse circonstance, pour vous, pour Mme de Pierrebourg et pour toute la famille de notre malheureux ami, l'hommage de la bien vive sympathie et de la sincère affliction de ses subordonnés et de ses chefs.
G. DELEUZE,
Capitaine Cdt la 2e compagnie de la légion étrangère.


(1) Antsoa se trouve près du Èjunarivo, affluent de gauche"de la Tsiribiliina, environ par 20° de latitude sud et par 42° 27' de longitude est, côte ouest de Madagascar

LA MORT DU LIEUTENANT DE PIERREBOURG

Mercredi, 02 Mars 2016 15:22

Journal officiel de Madagascar et dépendances du 01/09/1898

NÉCROLOGIE

Le Général commandant en chef du Corps occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances a le regret de porter à la connaissance de la colonie la nouvelle de la mort de M. le lieutenant Harty de Pierre- bourg, de la légion étrangère, tué à l'ennemi le 15 août 1898.

Né le 23 septembre 1867 à Saint-Lubin (Loir et Cher), porté par ses aspirations et les traditions d'une famille militaire vers la carrière des armes, M. de Pierrebourg entrait à Saint-Cyr en 1888 et en sortait avec le grade de sous- lieutenant le 1eroctobre 1890.

Affecté au 95e régiment d'infanterie, il y était promu lieutenant le 1er octobre 1892.

Peu après, son activité et ses aptitudes pour la topographie lui valaient d'être désigné pour faire partie des brigades chargées du levé de la carte en Tunisie et en Algérie; il y accomplissait coup sur coup trois campagnes de 1894 à1897.

Plein d'ardeur, il sollicitait et obtenait bientôt d'être envoyé à Madagascar et était affecté, par décision du 2 mai 1897, à l’État-major du Corps d'occupation.

Les qualités de travail et d'intelligence qu'il y déploya dans des fonctions particulièrement délicates lui valaient l'inscription au tableau d'avancement pour le grade de capitaine.

Lorsque survinrent les incidents du Ménabé, le lieutenant de Pierrebourg fut réintégré, sur sa demande, à l'une des compagnies de la légion étrangère qui étaient destinées à engager les opérations les plus actives contre ces rebelles et à rétablir dans cette contrée l'ordre et la tranquillité. Après s'être fait remarquer au cours de cette période par son zèle et son entrain, il était dernièrement chargé de la création du poste d'Antsoa.

La campagne venait de nous assurer la basse Tsiribihina et l'occupation d'Antsoa, qui couvre flanc Sud de cette ligne de communication importante, avait été effectuée avec habileté par M. de Pierrebourg, sans coup férir et par le simple moyen de la confiance qu'il avait su inspirer aux indigènes.

Une telle réussite dans l'exécution des instructions du Général en chef lui valait, d'ailleurs, de la part de ce dernier, un témoignage de Satisfaction.

Malheureusement, au cours des travaux d'installation du poste, un petit groupe de rebelles, trompant la surveillance des sentinelles, réussit à s'embusquer à portée de fusil et deux balles frappèrent le malheureux officier au moment où il sortait de sa tente. Il était mortellement atteint.

Intelligent, sérieux et instruit, le lieutenant de Pierrebourg avait su acquérir l'estime de ses chefs. Son caractère simple, aimable, et ses qualités de cœur et d'esprit lui avaient gagné l’amitié de tous ses camarades. Sa mort de soldat met en deuil, non seulement une famille dont il continuait les traditions d'abnégation et de dévouement à la patrie, mais le Corps d'occupation tout entier.

La Légion étrangère

Le Petit Parisien. - 17/06/1900

La Légion étrangère.

L'Actualité militaire illustrée. 20/01/1884

 

Avez-vous remarqué que dans la liste des tués et des blessés l'attaque de Son-Tay, c’est Légion étrangère qui fournit le contingent le plus nombreux?

Ces braves gens qui mêlent leur sang au nôtre et qui tombent, pour notre drapeau, se battent en héros, là-bas, au Tonkin.

Venu de partout, réunis par le hasard dans les mêmes rangs, représentant toutes les races, ils ont du moins une religion commune la religion du courage !

Certes, le passé de quelques-uns d'entre eux est fertile en aventures; certes, plus d'un a eu des motifs pressants pour quitter son propre pays. Mais une fois au service de la France, qu'importe ce passé ?

Un autre homme nait en eux le jour ou ils revêtent notre uniforme : le baptême du feu les purifie et les absout pour toujours.

Belges, Suisses, Italiens ne sont plus, sous la capote grise à col rouge, que de rudes et vaillants soldats prêts à mourir pour notre cause; ces nationalités diverses se fondent en un même dévouement.

Je les ai vus, en Afrique, sur ce sol algérien qu'ils ont contribué à nous conquérir et où tant d'étapes rappellent leur conduite glorieuse, ces troupiers délite! Toujours en tête, ils font partie de toutes les colonnes, des détachements les plus périlleux, des expéditions les plus pénibles…

Ils supportent les fatigues et les privations avec une crânerie superbe, et quel que soit l'accent avec lequel ils les disent, c'est unanimement qu'ils répètent, quand il le faut, les deux mots qu'ils ont toujours été habitués à entendre : En avant.

En avant pour leur patrie d'adoption et pour ces trois couleurs qui sont devenues celles qu’ils aiment !

 

***

 


Je n'oublie pas, au reste, qu'Il y a parmi eux des hommes qui sont nés nos compatriotes et qui, leur pays soumis à des lois nouvelles, n'ont pas voulu se coiffer du casque à pointe…

Oui ils sont nombreux dans leurs rangs, les fils d'Alsace et de Lorraine, trop jeune au moment de la guerre pour opter et qui, à l'âge de la conscription prussienne, se sont réfugié chez nous, éperdus à l'idée d'avoir à servir nos vainqueurs.

Hélas ! français de cœur, ils ne l'étaient plus de nom, et notre armée nationale leur
était fermée !

En s'enrôlant dans la Légion étrangère, ils ont trouvé le moyen d'être encore chez eux sur une terre française et de porter les armes qui devaient quelque regret qu’on en eut, leur être autrement refusées…

Ils forment là un corps remarquable qui donne, avec une patriotique discipline, l’exemple des vraies qualités du soldat.

Ce sont eux, surtout, qui vont au feu avec entrain ! C'est qu'ils se piquent de rappeler à leurs camarades, quelle est leur origine.

Les autres se battent pour l’amour du péril et de l'aventure. Eux, ils marchent à l'ennemi pour être utiles encore à la patrie perdue !

 

***


La Légion étrangère formée des débris des corps étrangers au service de là France, fut organisée en 1831.

Dès cette année même. la .Légion commença cette série d'exploits et de faits d'armes qui lui ont conquis son renom-.militaire en Algérie.

Le.23 mai 1832. vingt-neuf hommes de là Légion étaient en-reconnaissance près de la Maison-Carrée; six cents Arabes les entourent brusquement.

Ce faible détachement était commandé par un sous-lieutenant, qui le premier, reçut une blessure grave. Les munitions manquant, sans s'apercevoir du sang qui l'inondait, il prend lui-même un fusil et charge à la baïonnette à la tête des siens...

Ceux-ci n’étaient plus que douze ! Les Arabes leur commandent de se rendre, en leur promettant la vie sauve, ils refusent, et un contre cent, ils luttent encore près de trois quarts d'heure ! Un seul nommé Wagner, échappa à ce massacre.

Par une singulière fatalité, c'est par Une patrouille de son propre régiment que ce malheureux, qui avait survécu à cet héroïque et inégal combat, devait être tué.

Errant dans le désert, perdu, se cachant le jour, il arriva enfin, au bout d'un mois, en vue d'un blockhaus français. Son costume, sa longue barbe, l'ayant fait prendre pour un Bédouin, le chef de la patrouille, sans lui donner le temps de parler, lui porta un coup de baïonnette...

Où ne retrouve-t-on pas la Légion, pendant la période de la conquête ?

Lé 18 juin 1834. ce fut presque seule qu'elle protégea la retraite du général Trézel forcé de repasser le Sig avec un nombre considérable de blessés, et de céder momentanément devant les forces
d'Abd-El-Kader : elle se fit décimer sans broncher, et la plupart de ses officiers furent tués ou blessés.

La Légion se chargea, trois ans plus tard, de venger cet échec, au siège de Constantine.

 

***


On sait combien ce siège fut meurtrier.

Un événement devait encore ajouter à la situation critique des Français...

Une rivière, le Rummel grossie par les pluies, devint subitement inguéable. Elle séparait les deux corps d'armée assiégeants.

Le quartier général ne pouvait, faire parvenir aucun ordre aux autres troupes...

C'est alors qu'un soldat de là Légion, nommé Morache s'offrit pour traverser le Ruminel, devenu un torrent affreux, à la nage ; il se fixa la dépêche qu'on lui avait remise sur le front, et, sous le feu des Arabes, et malgré l'impétuosité du courant, il fut assez heureux pour arriver sain et sauf au quartier général.

Ce furent cent hommes de là Légion, commandés par le colonel Combes, qui entrèrent dans la ville par la première brèche.

A peine avaient-ils pénétré dans les rues tortueuses de la place qu'une horrible explosion les ensevelissait sous les décombres …

Leur chef, le colonel Combes, fût parmi les victimes.

Ce furent aussi, le 13 mai de la même année, les soldats du 1er bataillon de la Légion qui plantèrent à Djidjelli le drapeau français.

 

***


Une statistique prouvera à quel point souffrit la Légion étrangère pendant les guerres d'Afrique. En dix ans. l'effectif s’était entièrement renouvelé! Il y avait eu 2.872 tués ou morts de leurs blessures !

Dans l’Aures, à Guelma, à Tebessa, aux frontières du Maroc et aux confins du désert, ou retrouve toujours la Légion. Le siège de Zaatcha compte aussi parmi ses plus brillants états de service. i

Ce fut là une lutte acharnée. La tète de colonne venait de pénétrer dans un fort, quand les murailles s'écroulèrent. En même temps, un ennemi invisible tirait, sans interruption sur nos soldats.
Malgré cette situation critique, il fallut répéter jusqu'à trois fois l'ordre de se replier en arrière pour que là Légion consantit à abandonner ce foyer d'incendie et de mort…

En Crimée, au Mexique, pendant l'insurrection algérienne de 1871, la Légion tient toujours à honneurs, au milieu des autres troupes, de prouver qu'elle garde ses traditions...
.
Elle a encore rendu d'autres services. A peine avait-elle formé les faisceaux, que ses soldats, saisissant la pelle, la pioche ou la truelle, travaillaient aux routes, aux fortifications, aux édifices militaires.

 

***


Véritables pionniers de la civilisation française en Algérie, ils ont été constamment aux avant-postes, prêts à combattre, à construire ou à défricher !

Je devais ce souvenir et cet hommage au corps infatigable qui recommence, au Tonkin, ce qu'il a fait en Afrique, et qui prouve, par le nombre de ses pertes aux récentes affaires, qu'il ne demande pas à être plus ménagé aujourd'hui qu’autrefois...

Quel que soit le sang qui coule dans leurs veines, ces soldats qui rivalisent de constance et de bravoure avec les nôtres ont droit aussi à toute notre affection...

Et nous devons mêler dans les mêmes regrets, quelque soit l’uniforme quils portent, tous ceux qui meurent en Français et pour la France !


J. DES BORDES

Le Roman d'un Légionnaire étranger.

Le Petit Journal Illustré. 02/06/1895.

ORDRE GÉNÉRAL 239

Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 12/04/1898

 

Notre extension méthodique dans la province de Tulléar et dans l'ouest du cercle des ayant été, à diverses reprises, entravée par les incursions à main armée d'une bande réfugiée dans le massif boisé du Vohinghezo, sis à l'Est du confluent du Mangoka et du Malio, M. le capitaine Flayelle, commandant les troupes de la province de Tulléar, fut chargé de chasser cette bande de son repaire.

 

Il idisposait,pour l'opération projetée:

D'un détachement de la 1re compagnie de Légion sous les ordres de M. le lieutenant Montagnole.

De quelques hommes de la 11e compagnie du 13e régiment d'infanterie de marine.

D'une pièce de la 6e batterie de montagne (lieutenant Defer).

D'un détachement de la 6e compagnie du 1er malgache.

D'un détachement de la 8e compagnie du 2e malgache (sous-lieutenant Garenne).

D'un détachement de la milice de Tulléar (M. l'inspecteur Charles).

Ce groupe quitta le poste de Soaserana le 11 mars dans l'après-midi, passa le Malio et, après un repos de quelques heures, se remit en route à 11 heures du soir. Il se heurta, à 4h45 du matin à des escarpements boisés occupés par les rebelles, qui accueillirent la tête
de colonne par un feu très nourri.

Aux premiers coups de feu, MM. le capitaine Flayelle et le lieutenant Montagnolle qui marchaient à l'avant-garde, tombaient mortellement blessés.

M. le lieutenant Defer prenait alors le commandement et donnait ses ordres pour l'enlèvement de la position, qui fut aussitôt effectué, grâce à un mouvement tournant vigoureusement conduit par M. le sous-lieutenant Garenne et malgré les énormes difficultés du terrain et la résistance déployée parles rebelles abrités derrière les retranchements qu'ils avaient organisés et derrière lesquels ils laissèrent de nombreux cadavres.

 

Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances cite à l'ordre du Corps d'occupation :

M. le capitaine Flayelle, commandant la 1re compagnie du bataillon étranger et les troupes de la province de Tulléar :
«A été mortellement blessé, le 12 mars au matin, dans la forêt du Vohingheso, en marchant, avec sa bravoure habituelle, à la tête d'avant-garde».

M. le lieutenant Montagnole, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« A fait preuve de beaucoup de bravoure, le 12 mars 1898, dans le commandement de la pointe d'avant-garde, jusqu'au moment où il est tombé mortellement blessé ».

Durlach, N° Mle 20929, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« A montré la plus grande bravoure à l'assaut des retranchements où s'étaient embusqués les rebelles, assaut au cours duquel il a été mortellement blessé ».

Griseur, N° Mle 21921, soldat de 1re classe à la même compagnie, ordonnance de M. le capitaine Flayelle :
« Se trouvant en dehors de la ligne de feu, est allé sous les balles ramasser le corps de son capitaine mortellement frappé, est revenu ensuite chercher le corps du lieutenant Montagnole, puis est retourné au feu ».

Vonoch,N° MleÎ481, soldat de 1re classe a la même compagnie :
« A fait preuve d'une grande bravoure dans l'assaut des retranchements du Vohinghezo, assaut au cours duquel il a été blessé à l’aine »,

Mangalli, N° Mle18220, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« S'est élancé avec impétuosité à l'assaut des retranchements du Vohinghezo et y est arrivé en même temps que l'officier qui commandait l'attaque ».

Laos, N° Mle 16063, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« Etant blessé au coude, est resté à sa place de combat jusqu'à la fin de l'action ».

Pugin, N° Mle 14810, soldat de 2e classe à la même compagnie :
«Etant à la pointe d'avant-garde et se trouvant immédiatement derrière le lieutenant Montagnole, qui venait d'être blessé, a continué à tirer et a eu son fusil brisé par une balle ».

Schmider, N° Mle 14921, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« S'est conduit brillamment pendant l'attaque du Vohinghezo, au cours de laquelle il a été légèrement blessé ».

Courvoisier, N° Mle B 1429, 2e canonnier, conducteur à la 6e batterie de montagne :
« A aidé avec beaucoup de sang-froid à la mise en batterie de la pièce et l'a pointée avec calme à moins de 100 mètres des retranchements ennemis ».

Ramanarany, N° Mle 5729, tirailleur de 1re classe à la 8e compagnie du 2e régiment malgache :
« A été mortellement blessé en s'élançant avec bravoure à l'assaut de la position du Vohinghezo ».

 

Le Général adresse en outre ses félicitations:

A M. le lieutenant Defer, de la 6e batterie de montagne :
«« Pour le sang-froid dont il a fait preuve en prensnt,le 12 mars 1898, le commandement de la colonne du Vohinghezo après la mise hors de combat de M. le capitaine Flayelle, et dans des conditions particulièrement difficiles, et en n'hésitant pas, après les pertes cruelles qu'avait subies la colonne dès le début de l'action, à ordonner une vigoureuse offensive contre l'ennemie ».

A M. le sous-lieutenant Garenne, de la 8e compagnie du 2e régiment malgache :
« Pour avoir commandé avec beaucoup de bravoure, le 12 mars, la troupe d'assaut qui enleva, a la baïonnette, les retranchements du Vohinghezo et être arrivé le premier sur la position ».

Au sergent rengagé Lelièvre, N° Mle 9394, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« Pour avoir fait preuve du plus grand sang-froid lorsque la tête de colonne fut assaillie par une grêle de balles et avoir rallié ses hommes sans précipitation ».

Au maréchal-des-logis Grenot,N" Mle B 30853, de la 6e batterie d'artillerie de montagne :
« Pour avoir mis sa pièce en batterie sous le feu de l'ennemi et conduit le tir pendant toute l'action avec le plus grand calme ».

Au soldat de 2e classe Kiener, N"M18 20991, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« Pour avoir, bien que blessé au mollet, aidé à transporter, sous les balles, en arrière de la ligne de feu son Capitaine mortellement blessé».

Au 1er canonnier servant Revel, N° Mle B 38486, de la 6e batterie de montagne :
« A organisé, sous le feu de l'ennemi, une ambulance pour panser les blessés, auxquels il a prodigué ses soins ».

Au soldat de 2e classe Satta, N° Mle 13604, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« Pour avoir aidé, avec beaucoup de sang-froid et de dévouement, l'infirmier Revel dans les soins donnés aux blessés ».

Au soldat de 2e classe Py, de la 11e compagnie du 13e régiment d'infanterie de marine :
« Pour avoir aidé à mettre la pièce en batterie sous le feu de l'ennemi ».

Le Général commandant en chef adresse en même temps ses félicitations aux détachements des compagnies de milice de Fianarantsoa et Tulléar pour le concours dévoué qu'ils ont apporté à la colonne commandée par M. le capitaine Flayelle. Il félicite particulièrement :

M. l'inspecteur de 2e classe Charles, commandant la compagnie de milice de Tulléar :
« pour son énergique attitude pendant toute l'action et les mesures judicieuses qu'il prit pour empêcher la droite d'être débordée par les rebelles. »

M. le garde de 4e classe Morel, de la compagnie de Fianarantsoa :
« pour le sang-froid qu'il a montré dans la garde du convoi et de l'ambulance, attaquée à plusieurs reprises par l'ennenii.».

Le caporal de milice Razafy, N° Mle 399, les miliciens Randratsirava, N° Mle 239, Raizanaka, N° Mie 298, Raimitsiry, N° Mle 358, de la compagnie de Fianarantsoa :
« pour s'être particulièrement distingués dans la défense du convoi de la colonne ».

Le Général décide, en outre, que les postes d'Ankazoabo, Soaserana, Vorondreoet Manera, porteront, à compter de ce jour, les noms de : poste Flayèlle, poste Montagnole, poste Durlàch, poste Ramanarany.

Un exemplaire du présent ordre sera.remis àchacun des officiers et hommes de troupe qui y sont dénommés ou envoyé à leur famille.

Tananarive, le 10 Avril 1898.
Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, GALLIENI.

Mort du Capitaine Flayelle et du lieutenant Montagnole.

Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 16/04/1898

NÉCROLOGIE

Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances a le regret de porter à la connaissance de la colonie la nouvelle de la mort de MM. le capitaine Flayelle et le lieutenant Montagnole, tués à l'ennemi le 12 mars 1898.

Né le 23 septembre 1858 à Saint-Nabord (Vosges), M.le capitaine Flayelle était entré à Saint-Cyr le 29 octobre 1878; il était affecté, à sa sortie de l'école, au 91e de ligne. Nommé lieutenant le 29 juillet 1885, il était classé au 21e régiment de la même arme.
Plein de vigueur, d'entrain et recherchant, dès le début de sa carrière, l'occasion de se distinguer et de faire campagne, il demandait et obtenait de servir en Algérie, où il était placé au 1er régiment de tirailleurs.
Promu capitaine le 2 octobre 1891, il était affecté au 131e régiment de ligne, à Orléans. Passé au 2e régiment de la légion étrangère, il fut promu chevalier de la Légion d'honneur le 11juillet 1896; l'année suivante, il était désigné pour servir a Madagascar. Parti de Marseille le 10 août 1896, en même temps que le Général Gallieni, il débarquait à Tamatave le 5 septembre suivant. Il faisait, à la tête de la 1re compagnie de légion, toute la campagne contre l'insurrection hova et prit une a large part à plusieurs opérations importantes. Il se distingua, en particulier, à la prise du village fortifié Nosibé ; à cette occasion, il méritait d'être cité à l'ordre du Corps d'occupation le 21 février 1897, pour : « Avoir montré une bravoure et un sang-froid dignes des plus grands éloges, le 6 février 1897, en dirigeant, sous un feu très vif, l'escalade d'une des portes du village forlilié de Nosibé, avoir ensuite très habilement dirigé la poursuite des rebelles dans la vallée de l'Ikopa et provoqué ainsi près de 3.000 soumissions en deux jours ».
Au mois d'octobre 1897, dès que la tentative de révolte des Sakalaves de la Tsiribihina fut conue à Tananarive, le capitaine Flayelle, envoyé dans le Ménabé, se portait en toute hâte au secours d'Ambiky, où il arrivait le 17 novembre Il méritait, à cette occasion, d'être cité de nouveau à l'ordre du Corps d'occupation pour: « Avoir fait preuve de beaucoup de bravoure et de sang-froid dans le commandement des deux compagnies de renfort qu'il a conduites, du 14 au 17 novembre 1897, de Bemena à Ambiky, à travers une région boisée infestée par des bandes rebelles. A constamment marché de sa personne avec la tête d'avant-garde ».
Quelques semaines plus tard, M. le capitaine Flayelle prenait le commandement des troupes de la province de Tulléar. Notre extension méthodique dans cette province ayant été, à diverses reprises, entravée par les incursions à main armée d'une bande réfugiée dans le massif boisé du Vohinghezo, il se mettait à sa poursuite. C'est au cours de cette opération, couronnée de succès, que M. le capitaine Flayelle, qui marchait avec son intrépidité accoutumée à la tête d'avant-garde, est tombé mortellement frappé sous le feu de l'ennemi, méritant d'être cité encore une fois à l'ordre du Corps d'occupation.
M. !e capitaine Flayelle était un officier du plus grand mérite; à ses remarquables qualités militaires, à une bravoure à toute épreuve, il joignait une instruction étendue, un esprit fin et lettré qui donnait le plus grand charme à ses relations. Ses chefs l'avaient en haute estime et il était aimé de ses hommes, qu'il traitait avec justice et bonté. On se rappelle qu'au mois de novembre 1896, il n'avait pas craint d'exposer sa vie pour sauver un de ses légionnaires sur le point de se noyer dans l'Ikopa; il avait été cité une première fois à l'ordre du Corps d'occupation pour ce bel acte de courage et de dévouement.
La mort de ce brillant et valeureux officier sera déplorée par tous ceux qui l'ont connu.
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Né le 31juillet 1869 a la Ravoire (Haute-Savoie), M. le lieutenant Montagnole entrait à Saint- Maixent le 1er mars 1891. Affecté, à sa sortie de l'école, au 1er régiment de légion étrangère, il faisait campagne au Soudan, du 23 février 1894 au 27 janvier 1895, et y faisait preuve de solides qualités militaires. Il était promu lieutenant le 1er avril 1895.
Désigné pour servir à Madagascar, il s'embarquait à Marseille le 10 octobre 1897 ; arrivé le 4 novembre à Tamatave, il montait à Tananarive avec un détachement qu'il conduisait peu après dans le sud, à Ihosy.
Tout dernièrement, il fut classé à la compagnie de M. le capitaine Flayelle et prit part, avec elle, à l'opération dirigée contre les rebelles du Vohinghezo.
Il marchait à la pointe de l'avant-garde, dont il avait le commandement, lorsqu'il tomba mortellement frappé à côté de son capitaine.

Le Corps d'occupation perd, en la personne de M. le lieutenant Montagnole, un officier de valeur et d'avenir, qui sera vivement regretté de ses chefs et de ses camarades.

Le dernier courrier de Madagascar...

Le Figaro 21/04/189

 

La Mort d'un Héros - 30/04/1898

Le Journal - 30/04/1898

Nouvelles de Madagascar

Le Journal - 24/05/1898

La mort du soldat.

Le Figaro 25/05/1898.

 

Je viens d'assister, à Saint-Philippe du Roule, au service célébré pour le. repos de l'âme du capitaine Louis Flayelle, de la légion étrangère, chevalier de la Légion d'honneur, tué au combat de Vohingezo (Madagascar), le 12 mars, avec le lieutenant Montagnole, des tirailleurs algériens, et trois hommes de troupe. Une heure plus tard, dans la même église, une messe était dite à la mémoire du lieutenant d'infanterie Gallet, tué à la prise de Sikasso, avec le lieutenant Soury, de l'infanterie de marine.

Le capitaine Flayelle était l'un de mes meilleurs, l'un de mes plus chers camarades de Madagascar. Nous nous étions embarqués ensemble sur le Yang-Tsé, pour cette terre lointaine d'où il ne devait pas revenir. Nous avons vécu longtemps dans l'intimité d'une existence de plein air, où chaque jour m'a fait apprécié davantage la noblesse de son cœur et l'élévation de son esprit, délicat, généreux et cultivé.

Bien souvent, depuis lors, je pensais à la joie de' retrouver, à sa rentrée en France, riche du souvenir des belles actions, cet admirable soldat que, durant une campagne ininterrompue de plus d'un an et demi, la confiance des chefs et l'entraînement passionné du devoir militaire avaient conduit à travers les aventures les plus émouvantes et les plus diverses; j'attendais impatiemment la voix affectueuse, au parler pittoresque, qui me dirait ces pages inédites de l'épopée coloniale, si exaltante pour la jeune âme héroïque d'un Flayelle, soutenu contre les fatigues et les découragements par la noblesse et l'utilité de l’œuvre patriotique à laquelle il collaborait avec tant d'autres vaillants obscurs ou couverts de gloire, les champions de la mère patrie au Tonkin, au Soudan, à Madagascar, partout où progresse le drapeau d'une France qui se réveille aux grands espoirs.

Ce n'est pas de sa bouche, maintenant, que j'entendrai le récit de tant de belles choses réalisées loin de la gloriole boulevardière assurément, il ne fallait point attendre de lui, si modeste, l'énumération des actions d'éclat accomplies au premier rang de ses légionnaires, seuls témoins de son intrépidité; et chacun dans l'armée sait ce qu'il vaut, ce témoignage, en matière de bravoure, une vertu qui dispense de toute autre les cerveaux brûlés de la légion; •̃ Les coups terribles, portés et reçus dans cette guerre aux barbares, ce n'est pas de cela, j'en suis bien sûr, qu'il aurait eu plaisir à me parler, cet. homme de grand cœur, aussi pitoyable à la détresse des populations fanatisées qu'il était paternel à ses braves troupiers, ménager de leur existence et soucieux dé leur bien-être. Mais avec quelle fierté, j'ensuis certain, il m'aurait fait connaître dans leurs moindres circonstances les ruses qu'il s'ingéniait à trouver pour prendre, sans coup férir, le contact avec les rebelles auxquels il parvint souvent à imposer l'autorité du nom français par des paroles de confiance qui assuraient plus vite et plus définitivement que les balles Lebel la prise de possession d'une région soulevée !

Une mission pacifique de ce genre, je vous l'assure, est rude à réaliser en présence des Sakalaves qui n'ont rien des mœurs courtoises dont Fontenoy nous a laissé la tradition chevaleresque embusqués parmi les rochers ou cachés derrière les arbres (c'est dans une forêt que Flayelle a trouvé la mort, comme les héros du Yen-Té), ces guerriers vous tirent à brûle-pourpoint d'innombrables coups de fusil, à quoi, bien souvent, on réplique seulement par des charges à la baïonnette; c'est le meilleur moyen de les mettre en déroute.

Le capitaine Flayelle avait pour le tir si souvent inoffensif de ces Malgaches un mépris tout spécial et dont je trouve la piquante expression dans une lettre écrite, avec sa bonne humeur coutumière, presque à la veille du jour où il allait tomber sous le feu d'un ennemi si souvent abordé avec cette témérité dédaigneuse

« La bande des Baribés, écrivait-il, a fêté notre arrivée par l'exécution de son répertoire le plus varié sur l'ancive (trompe guerrière).Quelques virtuoses du snyder se sont exercés, sans succès, à tirer sur des oiseaux invisibles qui planaient à vingt mètres au-dessus de nos têtes. Les mêmes artistes nous ont accompagnés, le 24 au matin, pendant cinq ou six kilomètres, en faisant beaucoup de bruit et aucun mal. »

Quelle que fût la longanimité du capitaine, il fallait parfois cependant en venir aux mains; on y allait carrément, mais le sang-froid du chef ne se démentait jamais dans le feu de l'action et, l'affaire terminée, son premier soin était de soustraire les vaincus aux cruautés inutiles des troupiers excités par la griserie du combat.

Parmi les diverses citations à l'ordre du jour dont il a été honoré, je relève celle du mois d'avril 1897, « pour la bravoure et le sang-froid dignes des plus grands éloges dont il avait fait preuve, le 6 février 1897, eh dirigeant sous un feu très vif l'escalade du village fortifié de Nossi-Bé, en dirigeant ensuite la poursuite des rebelles et en provoquant ainsi plus de 3,000 soumissions en deux jours M.

Et la première en date félicitait le capitaine de s'être jeté tout équipé dans une rivière torrentielle,, pour sauver un de ses légionnaires; on l'en retira lui même inanimé ce fut peu de temps après que je lui serrai la main pour la dernière fois.

Il a été tué le 12 mars dans la forêt de Vohingezo, contre laquelle il marchait à la tête d'une colonne de tirailleurs malgaches, avec une pièce d'artillerie de montagne appuyé seulement d'un détachement 'de légionnaires qu'il conduisait pour la première fois le délabrement et le dénuement de ceux de sa compagnie n'avaient pas permis de les mettre en marche et le capitaine n'avait emmené que son ordonnance, le soldat Griseur, dont la conduite a été au dessus de tout éloge dans ce combat si dramatique.

Après une marche forcée, à la faveur de la lune jetant une clarté douteuse sur la brousse inexplorée, la colonne atteignait vers onze heures du soir la lisière d'une forêt où se cachait l'ennemi. Ici je laisse la parole à l'officier qui, dans une lettre profondément touchante par la simplicité du récit et l'émotion sincère, a pieusement transmis à la famille quelques détails sur les derniers moments du capitaine Flayelle

Bientôt on a la certitude que les rebelles sont avertis leurs sentinelles fuient devant les éclaireurs, et des feux s'allument sur la montagne en face. On arrive devant un bois qui paraît impénétrable, tant l'obscurité est devenue profonde. La colonne arrêtée, l'avant garde se déploie.

Le capitaine veut attendre le jour avant d'attaquer, mais le lieutenant Montagnole s'est engagé au milieu des abatis avec deux éclaireurs. C'est le signal d'une décharge générale et que l'on évalue à 200 coups de fusil. Le capitaine lance les légionnaires sur les traces du lieutenant. Il traverse avec eux les abatis, mais il est difficile de pousser de l'avant, car on ignore absolument le terrain; on ne voit que les coups de feu qui vous aveuglent, et la fusillade à bout portant est tellement intense que les hommes n'entendent rien. On ne sait pas ce -qu'est devenu le lieutenant. Une voix dans le fourré crie « En arrière ! » Mais le capitaine, avec un geste superbe, et de toutes ses forces « Mais non pas en arrière En avant!» » A ce moment, il tombe frappé de deux balles, l'une au poumon, l'autre à l'abdomen. Il tombe à la renverse en disant à son ordonnance, qui, quittant le convoi, s'était portée à ses côtés dés les premiers coups de feu: «. Griseur, je suis mort L'ordonnance s'est agenouillée près de lui: « Où ça ? Au côté; » répond le malheureux blessé. « Attendez, je vais vous transporter en arrière pour vous faire panser; ce n'est peut-être pas si grave que cela. » Il appelle des légionnaires à l'aide et, à trois, ils le transportent à travers les abatis, malgré la demande du capitaine qui veut être laissé sur place. La colonne n'a pas de médecin; deux infirmiers, aidés de Griseur, le pansent de leur mieux. Cela ne va pas sans quelque, douleur. « Vous me faites souffrir, dit-il, laissez-moi mourir ». A l'ordonnance qui parlait à voix basse a No parlez pas à voix basse, ce n'est pas la peine, j'entends tout ce que vous dites. » Au lieutenant Defer qui vient lui demander comment il va.: «Laissez-moi mourir! » dit-il encore. Blessé 1\' cinq heures, le capitaine s'éteignait doucement à sept heures quarante, après trois ou quatre contractions de la bouS'il avait peu parlé, il avait paru conserver sa pleine lucidité. Son regard était resté clair jusqu'au dernier moment. Les deux balles étaient mortelles la première, entrée dans la région du cœur, restée dans la plaie et déterminant une hémorragie la seconde, perforant le foie et sortant par le dos. On avait (Griseur) apporté vers cinq heures et demie le corps du lieutenant Montagnole, déjà froid. Il avait reçu sept balles.

Cependant, la bande avait été mise en fuite et poursuivie, mais sans grands résultats. Vers dix heures et demie, la colonne si cruellement mutilée 2 officiers et 1 légionnaire morts,,2 tirailleurs tués sur le coup et 4 légionnaires blessés, reprenait le chemin de Spaserana. Le corps du capitaine, que l'ordonnance avait recouvert d'un drapeau, était porté sur un brancard.

A six heures et demie du soir on arrivait au poste. Griseur s'occupe aussitôt de faire la toilette du cher mort. Le corps soigneusement lavé, il le revêt de ses meilleurs effets et, l'installant sous la tente, surélève le brancard. Une sentinelle veille à côté. La figure du capitaine était restée très belle, les traits reposés « On aurait juré qu'il dormait. » Le 13 au matin, on inhumait ces morts glorieux avec tous les honneurs militaires, dans le poste même de Soaserana.

Le capitaine Flayelle aura, dans le recueillement de nos pensées, la première place. Une croix en bois du pays,' sculptée par le sergent Staber, a été envoyée à Soaserana pour être placée sur sa tombe. Nous vous en adressons le dessin.

Telle fut la fin de cet admirable soldat, tout jeune encore, aussi beau garçon que brave homme et que vaillant cœur, de l'esprit le plus orné et d'un goût d'élégance raffinée que la rude existence dans la brousse mit tout d'abord à de rudes épreuves. En d'autres temps, j'aurais dit que c'était un intellectuel. Le mot ne lui conviendrait plus.

Il me suffira de noter que ce fut un Français de la belle race il en avait les vertus, comme il en montrait les agréments. Né à Remiremont, dans le meil- leur terroir vosgien, Flayelle avait beau- coup vécu à Paris, où il s'était fait de profondes amitiés dans le monde des artistes, et Mme Séverine a consacré un éloquent article à son souvenir.

« Il était de ceux qui sont d'autant mieux à leur place que la destinée les porte plus haut, a dit un de ses anciens chefs, le général Varloud. Et il n'était pas moins hautement apprécié par ses subordonnés: « C'était un vrai et magnifique soldat, plein de sang-froid dans le danger, montrant l'exemple et payant largement de sa personne, malgré sa haute taille qui le désignait aux coups. Hélas Dieu n'a pas voulu qu'il nous revint sain et sauf. Il est mort sans que l'un de nous fût près de lui, et ce nous a été un grand chagrin. »

Ainsi se termine la lettre adressée par les lieutenants qui servaient sous ses ordres au frère du capitaine Flayelle, ce frère désespéré à qui l'affreuse nouvelle est parvenue quelques jours après l'enterrement de leur mère.

Combien enviable, cependant, aux yeux de tant d'autres, le sort de cette vieille mère que la mort, franchissant de tels espaces, réunit à son enfant ! Combien préférable cette mort à ce que la vie impose à d'autres mères de soldats, au deuil effroyable de Mme de Châteauneuf-Raidon, dont le fils était le frère d'armes de Flayelle, capitaine au même bataillon de la légion et parti le même jour avec nous pour Madagascar; brave et charmant garçon qui, sur le pont du navire' en partance, prenait à tache de rassurer la famille de Flayelle, éplorée d'un horrible pressentiment: «Rassurez-vous, disait-il, je prendrai bien soin de lui s'il est malade ou blessé! » Il s'en est allé le premier, tordu par un accès de fièvre, sans que l'ami fût là pour lui fermer les yeux.

Et mon pauvre camarade, le lieutenant Rocheron, qui, après notre exploration chez les Sakalaves du Manambolo, s'est misérablement noyé à l'embouchure de ce fleuve; alors que deux fois déjà, depuis mon retour, la nouvelle de sa mort, dans des rencontres avec les Sakalaves, avait été répandue et que, par deux fois, j'avais eu la mission bien douce de faire savoir à sa mère qu'il était encore vivant! Le voilà mort, lui aussi. Son corps a été retrouvé sur le rivage et enterré à Benjavilo, sous une petite croix d'ébène. Pauvre mère déchirée, dont il était toute la famille et l'unique appui, ce grand fils, tout jeune officier, plein d'avenir, sorti brillamment de Saint-Cyr et signalé déjà par d'éclatants faits d'armes Pauvre mère bretonne, abîmée dans.sa désolation, dont l'écho vient 4 chaque instant jusqu'ici me bouleverser sa dernière lettre annonçait un voyage à Paris, entrepris dans le seul espoir de m'entendre parler encore de son enfant. Pauvres mères de soldats l pauvres mères qui' survivent !

Vieilles mères au front saignant sous une» auréole de gloire, plus déchirante que la couronne du Christ, mais d'un non moins sublime symbolisme l'immolation des êtres d'élite qui versent leur jeune sang pour la sainte communauté nationale, comme celui du Sauveur a coulé sur l'Humanité tout entière.

Grosclaude.

Le Capitaine Flayelle et le Lieutenant Montagnole du 1er Etranger

Le Progrès de Bel-Abbès 11/06/189

 

La vie sous les Armes.

Le monde illustré du 25 juin 1898

...

Nous sommes, Dieu merci! un peuple brave par essence et, quoi qu'en pensent MM. les intellectuels, ces eunuques du cœur, petit bonhomme vit encore.

Pour en être certain, il n'y a qu'à lire les admirables ordres du jour du général Galliéni et à songer à la mort héroïque du capitaine Flayelle et du lieutenant Montagnole.

J'extrais des citations à l'ordre, relatives à l'affaire où succombèrent ces deux enfants de France, six lignes seulement :

GRISEUR, soldat de première classe, ordonnance de M. le capitaine Flayelle : « se trouvant en dehors de la ligne du feu est allé sous les balles ramasser le corps de son capitaine mortellement frappé, est revenu ensuite chercher le corps du lieutenant Montagnole, puis est retourné au feu. »

Relisez bien ces six lignes.

Vous presseriez toute l’œuvre de tel romancier, tous les discours de tel rhéteur, qu'il n'en sortirait pas une phrase où il y ait autant d'honneur et de gloire que dans la moindre virgule de ces six lignes-là.

LIEUTENANT Z.

Deux ans à Madagascar.

Études publiées par des Pères de la Compagnie de Jésus - 5 avril 1900

 

Deux ans à Madagascar.

 

LE CAPITAINE FLAYELLE

C'est à Antanamalaza que, pour la première fois, je vis le capitaine Flayelle. Un incident marqua cette entrevue. La haute taille du capitaine l'exposait à heurter de la tête le linteau de bien des portes malgaches. « Bon ! encore un coup de tête pour mes débuts ici! dit-il. – C'est de bon augure, capitaine, un Breton recommencerait – Pas moi ! J'y use tous mes casques.

Quelle chance si, un de ces jours, vous pouviez buter ainsi une forte bande Ah c'est cela qui ferait plaisir à mes hommes! »

Ils ne demandaient en effet qu'à prendre contact avec les Fahavalo, les braves légionnaires de la 1lre.

Arrêtés avant leur arrivée à Tananarive, ils avaient été dirigés vers Antsahamarina, village qui commande la route d'Ambato. manga à la capitale. Il aurait fallu entendre le capitaine nous décrire le luxe de l'installation « Des toits aux maisons, point; des vivres sur place, point; des bêtes à cornes ou autres, point; des habitants, point. » Ceux-ci avaient tout détruit en partant pour le camp des rebelles.

Si, du moins, on avait pu les rejoindre ces rebelles, le temps aurait paru court aux légionnaires, et les privations de mise.

Mais c'était la vie énervante d'un poste d'observation. « Surtout, si vous apercevez sur le rocher d'Ambatomanga un feu, avertissez vite » telle était la consigne. Jour et nuit, l'arme au pied, le regard fixé sur le rocher d'Ambatomanga, cela manquait de variété.

« Enfin nous allons voir la tête des Fahavalo, écrivit un matin sur un billet au crayon, le capitaine Flayelle. Nous partirons dans quelques heures; que vous auriez plaisir à voir la joie des légionnaires »

C'est à Ambohidahy, sur les bords de la Varahina que les rebelles attendirent nos troupes. Légion, infanterie de marine, tirailleurs algériens se trouvèrent toute une journée en face de l'ennemi, mais sans faire un pas en avant; car on ne connaissait pas encore les Hova comme on les a connus plus tard, et quelques officiers hésitaient alors à foncer sur des bandes qui paraissaient redoutables, mais qui, en réalité, étaient composées surtout de gens non armés et qui n'attendaient qu'une occasion pour prendre la fuite.

Le capitaine était en sous-ordre. « Il se montra ce qu'il fut toujours dans la suite, écrit un de ses lieutenants, calme et courageux, payant d'exemple, chef et soldat. »

Ce jour-là il reçut le baptême du feu, et ce jour-là suffit à rendre légendaire son sang-froid à la légion et dans l'infanterie de marine. Avec sa haute taille, son casque bien blanc et son pantalon bien rouge, il servit de cible aux révoltés toute la journée.

Lui, la lunette en main, aussi simplement que s'il se fût agi d'un exercice de tir « Trop haut, disait-il; trop bas – Régularisez le tir! Bon! c'est cela 1 »

« Vous savez, me disait, quelques jours après, un marsouin, le capitaine Flayelle c'est un homme. C'est pas pour dire, puisque ce n'est pas mon capitaine, mais on n'en voit pas souvent des officiers courageux comme lui1. » Enhardis par ce qu'ils appelaient leur victoire d'Ambohidahy, les Fahavalo avaient formé un camp sur le plateau de l'Andrarankasina.

Au sud-est de Tananarive, sur la rive gauche de l'Ikopa, une chaîne de montagnes court du sud au nord, serrant le fleuve de près. A l'extrémité nord, s'élève à 1600 mètres environ un grand plateau séparé du reste de la chaîne par un col profond. C'était le repaire des rebelles. Aux flancs de la montagne, une forêt.

C'était une forêt sacrée. « Jamais, disaient-ils, les Français ne monteront ici. A mesure qu'ils mettront les pieds dans la forêt ils tomberont frappés de mort ! »

Bientôt, près de mille cases surgirent sur ce haut plateau; on y fabriquait des armes; les rebelles fondirent même deux canons ou du moins 'quelque chose qui avait la prétention de l'être.

Des espions nous renseignaient sur tout cela mais en haut lieu on affectait de n'y pas croire et on taxait d'exagération les officiers qui en rendaient compte dans leurs rapports.

Cependant, autour de l'Andrarankasina et sur un grand rayon les villages brûlaient, et les habitants, de gré ou de force, passaient au camp des Fahavalo.

Enfin, Ambatomanga devint le chef-lieu d'un cercle militaire,

Vus de près et à l'œuvre, les rebelles ne parurent plus quantité si négligeable. On résolut une action décisive.

Deux compagnies de la légion, deux de tirailleurs algériens, une d'infanterie de marine, l'artillerie, furent mises en mouvement.

On devait attaquer l'Andrarankasina de tous les côtés à la fois.

Les rebelles furent délogés.

La compagnie Flayelle se distingua spécialement. « Le lendemain de l'action, me disait quelques jours après un officier d'artillerie, je voulus gravir les pentes par où le capitaine Flayelle avait donné l'assaut. Je pouvais à peine grimper par là, et cependant, malgré les ennemis qui pouvaient, cachés dans le fourré, le frapper à bout portant, il avait enlevé sa compagnie et emporté la position avec un entrain admirable. » D'autant plus admirable qu'il était en proie à la fièvre ce jour-là. Or quiconque a ressenti quelques bons accès de fièvre sait ce qu'il faut d'énergie pour échapper à la prostration physique et morale qu'elle cause.

« La fièvre le tenaillait, nous écrit un témoin oculaire; quand même, toujours en tête conduisant et guidant ses légionnaires ! »

Pour lui cependant, il n'y eut ni citation à l'ordre du jour, ni félicitation officielle. Ceux qui l'avaient vu à l'œuvre ce jour-là en furent surpris; beaucoup en éprouvèrent une vive peine.

Lui-même en fut profondément blessé; mais avec sa grandeur d'âme habituelle il surmonta cette épreuve « Personne ne peut prétendre aux citations, écrira-t-il quelques jours après, l'éloge n'étant pas un droit. »

A partir de ce jour, la correspondance entre le capitaine Flayelle et l'auteur de cette notice devient plus fréquente. Nous y puiserons sans cesse. Ces lettres feront connaître plus intimement cet homme dont un camarade, souvent son collaborateur durant ces deux années, nous écrivait « Le capitaine Flayelle m'a laissé le souvenir d'un cœur droit et d'une âme fière, une de ces âmes de preux, comme on les rêve pour des soldats, où la générosité, la clémence et la bonté pour les vaincus, l'affection pour les troupes qu'on a l'honneur de conduire, s'allient à une haute conception du devoir et de l'honneur et à une bravoure que rien n'émeut. » On verra aussi les rapports qui, à cette époque, existaient entre les officiers, et les missionnaires, ceux-ci mettant au service des officiers et leurs ressources, et leur connaissance de la langue et du pays, et leur influence les officiers usant des services des missionnaires sans arrière-pensée.

De fait, la vie n'était guère agréable à Antanetibe, au pied de l'Andrarankasina, où la compagnie Flayelle avait été laissée. On y manquait de bien des choses. « Mon Révérend Père, écrivait le capitaine, je ne sais comment vous exprimer ma reconnaissance et celle de mes officiers pour la si aimable pensée que vous avez eue de nous envoyer une bouteille de vin blanc délicieux et d'excellentes bananes.

« Depuis plusieurs jours, nous étions privés de vin et de fruits; aussi votre envoi a-t-il été pleinement goûté et on ne peut plus apprécié. »

A l'occasion, le missionnaire devenait acheteur de bœufs, et passait sa journée sur le marché à choisir les plus belles bêtes et à débattre les prix. « C'est aujourd'hui jour de marché. Pourriez-vous me faire acheter dix ou quinze bœufs moyens et me les faire conduire à Antanetibe par les bourjanes des vendeurs, sous la protection de l'escorte qui vous apportera cette lettre ? »

Pour tout et pour tous en effet, il fallait une escorte. Ces perpétuelles allées et venues, dans un pays où les courses à pied sont si pénibles, et surtout en cette saison des pluies, semblaient cependant moins dures aux légionnaires que la vie d'inaction de la précédente période. Les Fahavalo, d'ailleurs, avaient soin d'agrémenter l'existence des « exilés de l'Andrarankasina».

« Notre existence, même sous la pluie, est assez mouvementée,

« Hier nous avions dérangé MM. les Fahavalo au milieu de l'un de leurs kabary (conseil public), par quelques salves bien réglées.

Ils nous ont répondu par un combat d'artillerie qui a provoqué chez nos troupiers une vive hilarité. Leurs canons sont-ce des canons ou des engins inconnus de nous ? produisaient une fumée énorme et un bruit considérable, mais les projectiles passaient au-dessus du poste avec un bruit de ferraille tout à fait réjouissant. » (Antanetibe, 17 nov. 1896.)

On s'étonnera qu'un homme de la trempe du capitaine Flayelle, ayant à sa disposition une centaine de baïonnettes, ait supporte que les Fahavalo tinssent des kabary à une portée de fusil de son poste. Lui aussi en souffrait, mais la consigne était là s'imposant à son âme de soldat. « Il y aurait là, écrit-il, une belle prise à faire; malheureusement le colonel m'a donné l'ordre de limiter mes reconnaissances à la rive gauche. » Puis, comme pour réparer ce « malheureusement », il ajoute aussitôt cette observation qui explique les ordres de son chef « L'Ikopa est haute en ce moment, et le passage est difficile. »

Quelques jours après, l'ordre vint de passer sur la rive droite.

Le capitaine ne demandait pas mieux puisqu'il y avait affaire de l'autre côté. Cependant, comme il était chef et père de ses soldats, il crut de son devoir de faire remarquer le danger très grand qu'il y avait à traverser le fleuve en ce moment. Il lui fut répondu qu'il fallait passer coûte que coûte. On partit. Hélas il devait en coûter la vie à deux hommes. Quant au capitaine, il acquit ce jour-là une gloire qui devrait suffire à elle seule à le rendre populaire dans l'armée et lui valut d'être, pour la première fois, cité à l'ordre du corps d'occupation.

Voici ce qu'il écrivait le 26 novembre « Mon Révérend Père, je viens vous demander de vouloir bien dire une messe pour le repos de l'âme de deux de mes hommes, Hérold et Amadii, qui se sont noyés à côté de moi ce matin, dans les chutes de l'Ikopa, et d'y joindre des actions de grâces pour mon propre sauvetage.

« Entraîné par le courant avec deux de mes hommes, nous avons fait une chute verticale de près de huit pieds, que l'eau a heureusement amortie. J'ai eu le temps de me recommander à la sainte Vierge, qui ne m'a pas oublié et m'a fait repêcher par mon sergent-major et un homme au moment où j'allais couler. »

Tout cela est vrai; mais le capitaine n'a pas tout écrit. Voici ce qui s'était passé et qui m'a été redit dix fois 'peut-être par des témoins oculaires.

Afin d'exécuter l'ordre de franchir l'Ikopa, il fallut chercher un gué, ou plutôt un endroit moins profond. Le soldat Hérold se mit à l'eau le premier; mais bientôt il fut emporté par le courant et il allait être précipité de huit pieds de haut sur les rochers qui forment les chutes voir le danger de ce soldat et se jeter à son secours fut pour le capitaine affaire d'un rapide instant. Il était à l'eau avant que quiconque eût songé à en faire autant. « Hélas! c'en était fait du capitaine, écrit un des témoins du drame, si cinq ou six légionnaires ne s'étaient courageusement jetés en plein courant, »

Quel beau et réconfortant spectacle que celui de cet officier et de ses hommes rivalisant de dévouement au prix de leur vie! Le capitaine était adoré de ses soldats 1 Aussi ils se précipitent dans le gouffre, non pas un ou deux, mais cinq, six, pêle-mêle, et sont assez heureux pour le ramener sain et sauf sur la rive.

Il y a quelque chose de plus beau encore que ce dévouement, parce que c'est plus rare c'est l'abnégation de cet homme qui, tout naturellement, dans le récit de cet événement, passe sous silence ce qui le regarde pour ne faire ressortir que le dévouement de ses soldats. C'était coutume chez lui. « Le capitaine Flayelle, me disait quelque temps après un de ses chefs, a un défaut dans ses rapports, il laisse toujours de côté ce qui le concerne. Joli défaut, répliquai-je. – Oui tant d'autres font du bluff! »

Bluffeurs et courtisans, Flayelle ne détestait rien tant que ces gens-là. A Antanetibe, nous étions allé, un soir, faire une promenade jusqu'au bord de l'Ikopa. De la conversation que nous eûmes en cc tête-à-tête, peu d'expressions, je crois, ont fui de ma mémoire. A propos de l'indépendance de caractère que le capitaine aimait chez Drumont, sans partager, du reste, toutes ses idées, je lui dis « Lorsque chez un officier, à l'obéissance militaire déjà bien aveugle par elle-même, s'unit l'esprit de courtisanerie, cette union conduit à l'abdication complète de toute personnalité et de toute dignité. Un soldat courtisan! répliqua-t-il, cela me cause des nausées rien que d'y penser. Heureusement, il y en a peu, capitaine. Beaucoup plus que vous ne pensez. On veut arriver coûte que coûte, et ceux qui ne voient pas d'autres moyens de se signaler s'exercent à la courbette et à la bouche en cœur. »

Avec ce caractère tout fait de droiture et de fierté, le capitaine Flayelle devait souffrir. De fait, il souffrait beaucoup.

Déjà, dans une lettre du 2 novembre, il avait fait allusion à ses souffrances intimes. « Permettez-moi de vous remercier aussi, mon Révérend Père, de l'intention spéciale que vous avez bien voulu me consacrer le jour de la Toussaint, à la sainte messe. Je n'ai jamais eu tant besoin d'être soutenu par la grâce qu'aujourd'hui où le découragement me guette au milieu de tant d'ennuis et de responsabilités, et je vous suis bien reconnaissant de l'avoir deviné. »

A quelque temps de là, il me demandait un livre de piété. Je connaissais le goût du capitaine pour les études sérieuses, et comme la Noël approchait, je lui envoyai Bethléem, du P. Faber, ouvrage bien sérieux pour le fond, mais d'une lecture agréable. « Je vous suis bien reconnaissant, répondait-il aussitôt, de l'envoi que vous m'avez fait de Bethléem, dont je viens de lire avec un vif intérêt une partie du premier chapitre.

« Le Manuel du soldat chrétien que j'ai feuilleté contient justement les Évangiles que je désirais relire, et je vous remercie de tout cœur de m'en faire don.

« J'ai besoin de lectures aussi réconfortantes pour supporter sans trop d'amertume les épreuves que je traverse. On m'attaque ferme à Tananarive pour un compte rendu où j'ai relaté que mon poste de l'Andrarankasina s'est un jour replié devant des forces supérieures expression malheureuse qui m'a échappé pour indiquer un changement de position effectué par mon poste qui n'a jamais abandonné l'Andrarankasina, mais qui un jour, entouré par les rebelles, s'est dégagé tout en continuant d'occuper la position. »

Je ne crois pas qu'il pût avoir des ennemis, mais ce « brillant et valeureux officier » avait trop de qualités peu à la portée du vulgaire pour n'avoir point de jaloux. Ennemis ou jaloux avaient un moyen infaillible de le blesser profondément soulever un incident où son honneur fût en cause. A sa fière âme aucune blessure ne pouvait être aussi cruelle. Il bondit alors sous l'injustice. Ne pas être cité, passe! « Mais être discuté ainsi être impliqué dans une défection qui n'a jamais eu lieu! c'est chose pénible pour un officier soucieux de sa dignité. » Et lui, si réservé toujours quand il s'agit de ce qu'il a fait, s'oublie, emporté par l'indignation, à rappeler le coup d'éclat de l'Andrarankasina. « On affecte d'ignorer à l'état-major, écrit-il, que j'ai pris l'Andrarankasina à la tête de mon détachement, et on veut me rendre responsable d'une faute imaginaire commise par un de mes caporaux!

« Voilà la justice humaine ! »

« J'ai heureusement à Tananarive des amis qui me défendent et qui recueillent des témoignages d'officiers présents à l'affaire du 23, qui tous attestent que mon détachement s'est brillamment comporté. »

Cependant, le premier frémissement de l'indignation passé, il fut si tranquille que ceux qui le virent de près à cette époque, et qui souffraient presque autant que lui de cette espèce d'injustice dont il était la victime, s'étonnaient du calme de son âme et du silence absolu qu'il s'était imposé sur ce point. C'est à ces circonstances qu'un officier fait allusion dans une lettre où, après avoir dit le mépris de la mort, le sang-froid du capitaine Flayelle en face du danger, il rappelle « sa résignation et sa patience, autant de vertus du chrétien et du soldat qui étaient développées à l'extrême chez lui ». Pour lui, il écrivait simplement « J'ai peu de mérite à accepter avec un calme relatif cette épreuve cruelle; ma conscience est, en effet, si tranquille que je me sens inattaquable. » Et sans plus tenir compte des injustices que du découragement qu'elles font germer, il allait toujours de l'avant avec le même élan qu'au matin de l'Andrarankasina.

C'est qu'en son cœur brûlait un double feu qui était l'âme de sa vie et que rien ne pouvait alanguir l'amour du devoir et l'amour de la France.

Aussi, lorsqu'un léger revers était infligé à nos troupes, comme il oubliait vite tout le reste [ Vers la mi-décembre 1896, on avait inauguré en Imerina un nouveau système de répartition des postés militaires. Jusque-là on avait créé beaucoup de postes dont chacun avait peu de soldats. En ce moment « Moins de postes et plus de soldats dans chacun », c'était le mot d'ordre.

« On se trouve bien du nouveau système, annonçait l'Officiel de Madagascar, et sur la route d'étapes la sécurité est parfaite, les bandes de Fahavalo ayant été repoussées au loin, au fond de leurs forêts. »

Hélas le journal qui donnait de si rassurantes nouvelles n'était pas encore parvenu aux officiers campés aux avant-postes qu'une autre s'était répandue, et avec elle la consternation. Officier tué. un ou plusieurs?. on ne le savait pas. Des soldats massacrés en grand nombre. beaucoup de blessés, des prisonniers.

les autres en fuite! Et cela à trois heures de Tananarive !.

L'indécision des détails donnait à ces bruits quelque chose de plus sinistre encore.

De fait, les Fahavalo, au moment où on les croyait bien loin, avaient, poussés par la faim, quitté leurs forêts; entre des postes bien garnis, mais bien éloignés les uns des autres, ils avaient pu trouver passage. Sans avoir été inquiétés, ils étaient arrivés jusqu'au sud d'Ambohimalaza, à l'ouest d'Ambatomanga. Alors seulement averti de leur présence, le lieutenant Gillet avec un détachement se jette à leur poursuite. Emporté trop loin par son impétuosité ou « lâché » par la plupart de ses hommes, il se trouve isolé, à un moment donné. Les Fahavalo s'en aperçoivent, font volte-face et entourent l'officier qui tombe percé de coups.

Un peu plus loin, un petit groupe de soldats subit le même sort.

Sur le capitaine Flayelle cette nouvelle fit la plus vive impression.

Venger les victimes fut dès ce moment sa préoccupation.

A plusieurs reprises, il y revient dans sa correspondance. « Si vous apprenez quelques détails sur l'échec d'Ambohimalaza ( ? ) où un officier et trois hommes ont été tués et six blessés, vous nous intéresseriez vivement. Nous allons nous efforcer sous peu de venger avec éclat nos camarades. » Et quelques jours après « Les détails que vous avez eu la bonté de nous envoyer nous ont péniblement intéressés. Nous tâcherons de venger les victimes de notre mieux, bien que les opérations en forêt se prêtent mal à des résultats décisifs. »

La poursuite des Fahavalo dans la forêt, en effet, était toujours fort pénible, parce que, sur ce sol tourmenté, la forêt n'est qu'une suite de ravins recouverts d'un fouillis, impénétrable souvent, d'arbres, de lianes, de hautes herbes et d'arbustes. Les rebelles fuyant sans cesse d'une crête sur l'autre étaient sûrs d'éreinter nos soldats. De plus, se tenir blotti, attendre le passage d'un détachement, à bout portant tuer un homme et se laisser glisser dans le fourré, quoi de plus facile pour les Fahavalo? Ainsi fut tué un tirailleur algérien, et combien d'autres depuis.

Ces opérations dans la forêt étaient très peu décisives, pour la bonne raison qu'il était impossible de prendre contact avec des bandes importantes d'assez près pour leur faire subir des pertes sérieuses. Les cerner 1 il ne fallait pas y songer.

Quand on avait le bonheur de les forcer à se concentrer dans une de leurs places fortes, on pouvait espérer faire bonne besogne.

C'est ce qui advint au village de Nosi-be.

Sur la rive gauche de l'Ikopa, à peu de distance de la forêt,

Nosi-be était réputé citadelle imprenable. Ainsi l'avaient déclaré tous les sorciers du pays. De profonds fossés, avec seulement deux portes étroites, l'une au nord, l'autre au sud du village; une palissade et un mur d'enceinte donnaient aux dires des devins une certaine probabilité. D'ailleurs, l'étroit sentier d'accès, qui en face des deux portes réunissait les deux bords du fossé, avait disparu, et en arrivant en face de ces portes, on se trouvait devant un précipice profond de douze mètres et large de quatre il cinq.

Même parmi les soldats français, une légende s'était faite au sujet de Nosi-be. Il y a des canons, disait-on; on a entendu une voix de l'intérieur qui criait en très bon français « Venez, vous serez bien reçus 1 Celui qui aurait ainsi apostrophé nos soldats en reconnaissance, personne ne l'avait vu, mais on était certain que c'était un Français, un maréchal des logis de l'artillerie. On allait jusqu'à dire son nom.

Malgré cela, à cause de cela plutôt, on résolut le siège de Nosi-be. Artillerie, infanterie de marine, tirailleurs algériens, légion, tous furent dé la fête.

Le capitaine Flayelle fut chargé d'enlever la porte du nord.

Sous le feu des Fahavalo, par un chemin perpendiculaire à la porte et resserré entre deux talus, on avança. Le capitaine était debout, immobile à quarante mètres environ des fusils ennemis, dirigeant le mouvement que lui-même avait combiné. Il avait tout prévu, même la disparition du chemin d'accès, et, à Antanetibe, il avait fait faire une forte et longue échelle qui devait servir de pont. On l'avait portée. M. le lieutenantDérigoin, de la légion, et l'adjudant Céré, de l'infanterie de marine, avec quelques soldats, s'étaient engagés dans cette espèce de long boyau qui était le chemin aboutissant au fossé en face de la porte qu'il fallait enlever.

On faisait quelques pas, puis au commandement du capitaine, on s'arrêtait, genou en terre, pour reprendre bientôt le mouvement en avant, et sans cesse on faisait glisser l'échelle qui devait servir de pont.

Quel moment d'angoisse pour le capitaine lorsqu'il vit s'engager sur cette échelle le lieutenant, puis l'adjudant, puis les hommes. En bas, à douze mètres, le précipice; en haut, à trois mètres à peine, les ennemis. Avec quelle anxiété au fond du cœur il suivait chacun de ces mouvements mais en même temps avec un sang-froid étonnant même en lui. « Je ne l'ai jamais vu si calme », me disait un sous-officier présent à l'affaire.

Afin d'empêcher les défenseurs de Nosi-be de trop s'occuper de ceux qui s'avançaient sur l'échelle, le capitaine avait fait ouvrir de l'est et de l'ouest des feux convergents qui forçaient les Fahavalo à se tenir cachés derrière leur porte de pierre.

Après quelques heures, sur la porte nord, le drapeau tricolore flottait, et presque en même temps sur la porte sud.

Le 21 février, il était cité à l'ordre du corps d'occupation pour « avoir montré une bravoure et un sang-froid dignes des plus grands éloges, le 6 février 1897, en dirigeant sous un feu très vif l'escalade d'une des portes du village fortifié de Nosi-be, avoir ensuite très habilement dirigé la poursuite des rebelles dans la vallée de l'Ikopa et provoqué ainsi près de trois mille soumissions en deux jours ».

Le capitaine Flayelle, qui avait eu une si grande part de gloire en cette journée, fut chargé de garder la place et de pacifier le pays.

Quoique cela paraisse difficile, il est pourtant permis d'affirmer que dans cette oeuvre de pacification il fit preuve de qualités supérieures à celles qu'il avait montrées dans l'action militaire.

C'est qu'il avait au plus haut degré la grandeur d'âme, la générosité, l'indulgence pour autrui et le désintéressement, qualités maîtresses du pacificateur.

Indulgent à l'excès « pour les malheureux égarés que nous devions pourchasser et fusiller pour mettre fin au plus vite ii cette malheureuse insurrection, nous écrit un de ses collaborateurs dans cette belle œuvre, il allait jusqu'à fermer les yeux sur les incursions, dans les rizières voisines de son poste, de malheureux affamés que la crainte retenait dans les bandes rebelles ».

Aussi, bientôt les gens comprirent que c'était bien loyalement qu'on leur offrait leur grâce et que le Chef français de Nosi-be était vraiment et se montrait ray aman-dreny (père et mère) pour tous ceux qui faisaient leur soumission. C'est ainsi qu'après quelques semaines, toute la région de Nosi-be était repeuplée et le travail des champs repris.

Ce mouvementde pacification, d'ailleurs, n'était pas local; il s'étendait à toute cette contrée comprise entre l'Ikopa et la forêt, depuis Nosi-be jusqu'à Andrangoloaka, si vite et si bien que moins de deux mois après la prise de Nosi-be, en mars 1897, M. le lieutenant Goubeau, commandant le poste d'Imerinarivo, put faire l'inauguration du marché de Talata (mardi), un des premiers dont les rebelles s'étaient emparés, dès les débuts de l'insurrection dans l'est. Ce fut grande fête à Imerinarivo, et nous n'oublierons jamais cette journée. Cinq officiers étaient à table avec nous. Quelle joie de bon aloi 1 De fait, l'avenir s'annonçait si brillant pour eux tous Hélas moins de deux ans après, trois de ces cinq officiers étaient morts à l'ennemi ! les deux autres pour faits de guerre avaient obtenu et mérité la croix d'honneur.

Le lendemain, nous étions à Lazaina et à Mantasoa. Le souvenir de Laborde et de son œuvre si française nous pénétrait.

J'étais ravi pour ma part de voir des officiers se retremper à de si pures sources, de les entendre se communiquer leurs projets.

Quels beaux projets 1 Ce jour-là, déjà l'on voyait la maison de Laborde restaurée, relevées toutes ces ruines si fortement assises encore, se couvrir de réjouissantes récoltes tous ces terrains envahis par le marais ou la brousse, se repeupler de troupeaux, de pâtres, d'écoliers, de cultivateurs, d'ouvriers toutes ces solitudes.

Déjà, d'ailleurs, on s'était mis à l'œuvre; œuvre combien difficile à cette époque! En ces temps-là, pour fournir à Y Officiel une demi-colonne de renseignements sur la situation économique et les essais agricoles d'un cercle, il ne suffisait pas, à l'Européen fraîchement débarqué, de prendre, comme à présent, le rôle des prestations, de désigner cent, deux cents indigènes armés de l'angady et du sobika (bêche et panier des terrassiers) pour voir la terre défoncée et les choux, les carottes, les blés de toute provenance faire courir la plume heureuse et légère. En ces tempslà,. il fallait aller chercher les travailleurs dans la forêt, leur inspirer confiance à force de loyauté, de justice et de bonté, et enfin les protéger contre les incursions des rebelles, leurs camarades d'hier. Un gros cahier de contrôle, une plume, un interprète étaient des instruments impuissants dans les mains de l'officier pour transformer en jardins de délices aussi bien les steppes de Mantasoa que d'ailleurs il lui fallait aux mains le fusil et la bêche.

La bêche, parce que, pour entraîner au travail, il faut en donner l'exemple et que, pour enseigner un métier, il faut en avoir tâté.

Il fallait aussi le fusil bien chargé et l'œil au guet. A preuve le fait suivant. Ce jour où nous étions allés faire une sorte de pèlerinage patriotique à Mantasoa, le tirailleur, cuisinier du capitaine, nous servit une soupe « pas bonne ». On lui en fit la remarque. Il eut vite fait de trouver une excuse en bon Arabe qu'il était; du moins l'excuse était bonne cette fois. « C'est pendant qu'on faisait la soupe, dit-il, qu'on est venu attaquer le poste. Alors moi, tu sais, j'attisais le feu à la cuisine, puis j'allais faire le coup de feu; puis je revenais faire un tour à la popote et je repartais voir les Fahavalo. Alors, tu sais, la soupe pas bonne. »

De fait, ce matin-là, les Fahavalo voyant sortir de Lazaina, pour une reconnaissance dans la forêt, un fort détachement, crurent le poste dégarni de troupes et vinrent essayer de l'enlever.

Le lendemain, nous allâmes à Nosi-be. N'eussent été les rebelles qui vinrent vers le milieu de la journée se faire tirer des coups de fusil, on se serait cru en un pays depuis plusieurs années pacifié, à voir les maisons reconstruites, les rizières travaillées.

A Nosi-be, ce qui nous frappa surtout, ce fut la facilité des rapports entre le capitaine et les indigènes. C'est que « très large, très grand seigneur, le capitaine ne laissait jamais un service sans récompense, ni un travail sans salaire. Les corvéables de Nosi-be, ajoute notre correspondant, pourraient dire ce qu'il leur laissa de sa solde. » Nous aussi nous pourrions dire avec quelle largesse il nous venait en aide. Il y mettait d'ailleurs tant de délicatesse « Mon Révérend Père, écrivait-il, voici la Noël qui approche. J'ai, au sujet de cette fête, deux demandes à vous adresser. La seconde serait d'obtenir de vous la permission de vous envoyer pour vos paroissiens les plus petits une offrande destinée à mettre dans les souliers qu'ils n'ont pas quelques cadeaux de petit Noël. »

Que de fois on lui reprochait d'être trop prodigue, de gâter les prix! etc., etc. Nous-même lui avons fait quelquefois ces mêmes reproches, toujours sans succès, d'ailleurs. Voici un fait.

Pressé par les circonstances, nous avions envoyé au chef-lieu de son cercle un instituteur sachant un peu de français, mais si peu! Le capitaine se chargea de ses appointements et nous annonça qu'il lui donnerait cinquante francs par mois. « Vous allez gâter les prix ! » Ce fut le premier cri. En effet, nous pouvions à peine donner quinze francs au meilleur instituteur du district. Sur nos représentations, il consentit à restreindre les effets de sa générosité à l'égard de l'instituteur surnuméraire, mais sans que sa bourse en profitât, et il nous écrivit « François de Sales est animé d'un zèle calme mais constant. Il fait assez bien la classe, mais franchement il parle peu français et aurait beaucoup à apprendre avant d'enseigner. En attendant mieux, il occupe sa chaire et réunit après tout les élèves. Ceux-ci ont l'air satisfaits d'être assis sur des bancs dans une case qui a un pla forêt. « Nous partons demain et peut-être aujourd'hui en forêt, rendre visite à MM. Rainibakovalo, Rama. rokoto et Ramangalisa, écrit-il le 23 mars.

Le 25, j'aurai Charbonnel avec moi. Nous ferons un petit concert à ces messieurs qui leur donnera un réveil désagréable. Après je descendrai sans doute à Betafo, bien heureux si je puis vous rencontrer sur les chemins du Sud. »

Ce déplacement devait être une nouvelle gâterie de la Providence à mon égard. II m'en avait coûté, en quittant Antanama. laza pour reprendre mon poste à Arivenimamo, de me faire à l'idée que je ne reverrais plus cet officier à qui m'unissaient des liens de si intime amitié. Or, voilà que deux mois à peine écoulés, après des haltes de courte durée à Betafo et à Antsirabe, il était appelé à Ramainandro, et pendant plusieurs mois nous allions avoir encore à cultiver le même champ.

Les deux sous-gouvernements d'Ambatolampy et de Ramainandro réunis sous le nom de secteur de l'Aukaratra furent confiés à ses soins.

En peu de temps il fit beaucoup. Dans ce pays où l'influence anglaise a si longtemps survécu à notre occupation, n'ayant pour instrument que le vieux personnel administratif indigène habitué à la méfiance et à la haine, il n'était pas facile de faire aimer la France. Il y réussit pourtant à force de loyauté et de bonté; car il se fit aimer, et tout Français qui se fait aimer ici fait aimer la France.

La preuve, en est dans ces paroles d'un officier qui l'avait eu sous ses ordres « II a été doux au cœur d'un ami, proclamait-il au bord de sa tombe, de recueillir de la bouche des autorités indigènes les témoignages de la véritable affection qu'avait la population pour ce chef incomparable. »

« Quelle stupeur lorsque se répand dans le pays la fatale nouvelle! Quel chagrin dans cette famille étrangère si profondément gagnée par les charmes de ce preux ! »

La preuve, je l'ai eue hier encore. Tandis que j'écrivais cette courte notice, j'avais sous les yeux l'image de mon cher Flayelle.

En ce moment, survinrent cinq ou-six jeunes femmes, élèves de notre École Normale. L'une d'elles est des environs de Ramainandro.

Lui présentant le portrait « Reconnaissez-vous cet officier? lui dis-je. C'est ce capitaine si beau qui était à Ramainandro dit-elle après un instant d'hésitation. C'est lui même.

Où est-il à présent ? II est mort. Oh s'écria-telle » et deux grosses larmes aussitôt jaillirent de ses yeux. Alors elle raconta comment il était vraiment un père pour tous. « Lorsqu'il sortait en filanjana (chaise à porteurs), dit-elle, quand même il ne restât dehors qu'une petite heure, chaque porteur recevait au moins un franc. Dans toutes ses courses, il visitait toujours les écoles et toujours il donnait beaucoup d'argent aux élèves qui pouvaient répondre, ne fût-ce qu'à une de ses questions.

On ne saurait dire le nombre de pauvres ou de vieillards à qui il donna des habits. »

A Ramainandro, le capitaine Flayelle ne s'appelait que « le capitaine si beau » à Arivonimamo, nos élèves pensionnaires l'avaient surnommé « le capitaine qui prie si bien ».

Certes, ceux qui l'ont connu savent combien par nature il était ennemi de l'ostentation, lui, si simple et si droit; mais il n'aimait pas davantage l'hypocrisie, cette cousine germaine de l'ostentation.

Le capitaine' Flayelle descendait toujours chez le Père, ici, à Arivonimamo. « Je viens pour affaires, me disait-il; mais je viens surtout pour me retremper avec vous. »

« N'avez-vous pas peur de vous compromettre, lui disais-je un jour en riant? Qu'à cela ne tienne répliqua-t-il. Croyez-vous par hasard, que je me sois fait affilier à la confrérie des torticolis ? La confrérie des torticolis ? Je ne connais pas ça, – C'est une confrérie dans laquelle on s'engage à regarder chaque matin d'où vient le vent. Alors, vous voyez ça d'ici celui qui est à l'échelon inférieur consulte du regard celui du deuxième ne s'y trompaient pas, il savait prier, cet officier, et il le faisait. Un jour qu'il était venu me voir à Antanamalaza, lorsque nous eûmes longtemps causé, il me demanda la permission de se retirer. Il alla à l'église vers six heures et quart.

A sept heures il était encore à genoux s'entretenant seul à seul avec Notre-Seigneur !

II n'aimait pas ce qu'il appelait un jour « les dévotions de surcharge »; mais il avait une grande dévotion pour le crucifix et pour la sainte Vierge.

Je lui avais envoyé des médailles pour lui et pour ses lieutenants.

« Mon Révérend Père, écrit-il aussitôt, je m'empresse de vous remercier, au nom de mes lieutenants et au mien, des belles médailles que vous avez eu la bonté de nous envoyer.

Pour s'engager dans les sentiers de la forêt où un tirailleur de Lazaina a été tué à bout portant, c'est une bonne garantie d'avoir au cou une médaille de la sainte Vierge.

« Merci également des prières que vous avez eu la bonté de dire pour nous le matin à la sainte messe, et qui ne nous préserveront pas moins, je ne dis pas du danger, mais des angoisses de la dernière heure, si elle doit venir. »

Voilà bien le capitaine Flayelle 1 Il ne demande pas d'être préservé du danger ni de la mort, mais seulement des angoisses, des faiblesses de l'agonie. Il veut voir venir la mort et la regarder en face.


Jusqu'au dernier instant, il fut fidèle à la Vierge Marie. « Le capitaine, nous écrit un de ses lieutenants, avait dans le porte monnaie qu'il portait sur lui une médaille de la sainte Vierge qui nous» été rapportée à Tulléar. »

A cette fidélité de son enfant Marie se devait de répondre par la grâce d'une belle mort. Elle n'y manqua pas.

La campagne contre l'insurrection hova était terminée, mais les Sakalaves de la Tsiribihina étaient en pleine révolte. C'était la place du capitaine Flayelle il s'y rendit et, dès son arrivée, il méritait d'être cité une troisième fois à l'ordre du corps d'occupation pour « avoir fait preuve de beaucoup de sang-froid dans le commandement des deux compagnies de renfort qu'il a conduites, du 14 au 17 novembre 1897, de Bemena à Ambiky, à travers une région boisée infestée par des bandes rebelles. A constamment marché de sa personne avec la tête d'avant-garde. »

Quelques semaines plus tard il prenait le commandement des troupes de la province de Tulléar. Une bande réfugiée dans le massif boisé du Vohinghezo entravait, par des incursions à main armée, notre extension dans ce pays. Le capitaine se met à sa poursuite, marchant à la tête d'avant-garde avec son intrépidité accoutumée. Comme il n'avait pas hésité à se jeter dans les courants de l'Ikopa, à Vohinghezo, il n'hésite pas à se jeter au milieu des coups de feu, au secours de son lieutenant Montagnole. En tête de ses légionnaires toujours 1 Bientôt atteint d'une balle dans la région du cœur, puis d'une seconde au ventre, il tombe sans une plainte.

Puis, durant deux heures en pleine connaissance, sans un mot de regret, il attend que la mort ait eu raison de sa robuste constitution.

Lui qui, précipité de huit pieds de haut dans les chutes de l'Ikopa, avait eu assez de sang-froid pour invoquer la sainte Vierge, comme il dut avec instances demander secours à cette bonne Mère, pendant ces deux heures qui, sans angoisses, précédèrent la mort !

Aussi, je comprends cette parole au lieutenant d'artillerie « Laissez-moi mourir. vous, en avant», dit-il, c'est-à-dire: Tout ne m'est plus rien, ni jeunesse, ni fortune, ni gloire, ni passé, ni avenir, ici-bas Laissez-moi m'occuper de mon âme et accomplir en chrétien ce voyage de l'éternité. Laissez-moi mourir.

Et il mourut comme il avait vécu, calme, simple, admirable de sang-froid, dévoué enfant de Marie dont, jusqu'à ce dernier moment, il porta sur lui l'image.

Puissent ces quelques pages faire connaître cette âme si française dans laquelle s'alliaient si bien, aux plus brillantes qualités naturelles, les solides vertus chrétiennes.

Puisse au cœur de tout jeune Français retentir le dernier cri du capitaine Flayelle « En avant ! » En avant pour Dieu, pour la France En avant malgré les passions, malgré le découragement, malgré les défections, malgré les embûches ! En avant !

Henri GARDES S.J.

1. Voici, d'après le Journal officiel de Madagascar et Dépendances du 16 avril 1898, les états de service du capitaine « Né le 23 septembre 1858 à Saint-Nabord (Vosges), M. le capitaine Flayelle était entré à Saint-Cyr le 29 octobre 1878; il était affecté, à sa sortie de l'école, au 91» de ligne. Nommé lieutenant le 29 juillet 1885, il était classé au 21' régiment de la même arme.

« Plein de vigueur, d'entrain et recherchant, dès le début de sa carrière, occasion de se distinguer et de faire campagne, il demandait et obtenait de servir en Algérie, où il était placé au 1" régiment de tirailleurs.

« Promu capitaine le 2 octobre 1891, il était affecté au 131° régiment de ligne, à Orléans. Passé au 2" régiment de la légion étrangère, il fut chevalier promu de la Légion d'honneur le 11 juillet 1895; l'année suivante, il était suivant.

Il faisait, à la tête de la 1" compagnie de légion, toute la campagne contre l'insurrection bova, et prit une large part à plusieurs opérations importantes. »

Le Journal officiel ajoute, après avoir rapporté quelques-uns des traits de valeur racontés ici

« M. le capitaine Flayelle était un officier du plus grand mérite; à ses remarquables qualités militaires, à une bravoure à toute épreuve, il joignait une instruction étendue, un esprit fin et lettré qui donnait le plus grand charme à ses relations. Ses chefs l'avaient en haute estime, et il était aimé de ses hommes, qu'il traitait avec justice et bonté.

« La mort de ce brillant et valeureux officier sera déplorée par tous ceux qui l'ont connu. » (N. D. L. R.)

désigné pour servir à Madagascar. Parti de Marseille le 10 août 1896, en même temps que le général Gallieni, il débarquait à Tamatave le 5 septembre.

Bienvenue aux braves de la Légion étrangère

La Presse du jeudi 7 novembre 1918

Ce qui est en ligne depuis la dernière Newsletter...

Victor Desmet, l’un des derniers compagnons de la Libération, est décédé

http://www.lavoixdunord.fr/

Marie-Claude Guillement | Publié le 30/01/2018

Victor Desmet était l’un des huit derniers compagnons de la Libération et avait reçu la médaille d’or de la Fédération nationale des combattants volontaires (FNCV) des mains d’Alain Clair, à l’Ehpad des Ogiers, jeudi dernier. Il est décédé ce lundi à l’âge de 98 ans.

Jeudi dernier, Victor Desmet était félicité par un lieutenant représentant la Légion étrangère.

Jeudi dernier, Victor Desmet était félicité par un lieutenant représentant la Légion étrangère.

Victor Desmet est né à Roubaix le 20 décembre 1919 et a eu « un parcours atypique » quand il était âgé de 19 à 33 ans, comme l’explique le Colonel Clair, président de la FNCV. Ce dernier lui avait remis sa 11e et dernière médaille, la médaille d’or de la FNCV, jeudi dernier.

Le Roubaisien avait à peine 20 ans quand il s’est engagé au 2e Régiment des Zouaves qui servait au Liban et s’est fait remarquer pour de hauts faits d’arme et de bravoure en Palestine, en Égypte et en Libye. Il est cité à l’ordre de l’armée et décoré de la Croix de Guerre avec palme ; il est fait compagnon de la Libération par le général De Gaulle à Qastina (Palestine), en mai 1941. Il a poursuivi la guerre au sein de l’armée belge avant de rentrer chez lui, à Roubaix. « Il ne restait plus un membre de sa famille, tous ont été tués », relate Jean-Pierre Vanassche, le neveu de Victor Desmet. Il a alors rejoint la Légion étrangère.

À Croix en 2014

Une fois de retour à la vie civile, en 1952, Victor Desmet a vécu à Paris et a travaillé comme commercial. En 1965, il rencontre sa future épouse à Reims, Mireille Vyncke. Il a pris sa retraite en 1985, a perdu sa femme en 2004. C’est en 2014 que son neveu et son épouse Corinne organisent son installation à l’Ehpad des Ogiers : à 95 ans, Victor Desmet ne pouvait plus rester seul chez lui. C’est encore son neveu qui s’est démené pour obtenir cette dernière médaille d’or qui lui manquait et qui lui a procuré ses derniers moments de bonheur.

Il ne reste désormais plus que sept compagnons de la Libération.

Les funérailles de Victor Desmet seront se dérouleront ce vendredi 2 février à 11 heures à l’église Saint-Martin de Croix.

Décès à 98 ans de Victor Desmet, l’un des derniers Compagnons de la Libération

https://www.ouest-france.fr/

Publié le 29/01/2018

Le général de Gaulle en présence d'une foule immense descend les Champs-Élysées pour fêter la libération.

Le général de Gaulle en présence d'une foule immense descend les Champs-Élysées pour fêter la libération. | DR

 

Le Compagnon de la Libération Victor Desmet, qui avait participé à la première campagne de Libye et à la prise de Damas en juin 1941 avant de rejoindre l’armée belge, est décédé lundi à l’âge de 98 ans à Croix, dans le nord de la France, a annoncé l’Ordre de la Libération.

Sa disparition porte à neuf le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1 036 qui s’étaient engagés au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande.

Ce titre, créé par le général de Gaulle, a été décerné pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale. Victor Desmet avait d’ailleurs été l’un des premiers nommés dans l’Ordre.

Il avait été décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle à Qastina en Palestine le 26 mai 1941 avant de participer à la campagne de Syrie et à la prise de Damas en juin 1941.

Il avait rejoint les forces britanniques en 1940

Né à Roubaix le 20 décembre 1919, il s’engagea en juin 1939 au 2e Régiment de zouaves, refusa l’armistice en juin 1940 et rejoignit les Forces britanniques en Palestine.

Il intégra alors le 1er Bataillon d’infanterie de Marine (1er BIM), avec lequel il prit part à la première campagne de Libye, se distinguant à Tobrouk en descendant au fusil-mitrailleur un avion italien et en faisant prisonnier un général italien.

En avril 1941, il rejoint la 13e demi-brigade de la Légion étrangère en Érythrée avant de participer à la campagne de Syrie.

Fin 1941, il s’engagea en Palestine dans l’armée belge au sein de laquelle il termina la guerre, avant de rempiler de 1948 à 1952 à la Légion étrangère, notamment en Extrême-Orient.

Victor Desmet travailla ensuite dans le secteur commercial jusqu’à sa retraite en 1985. Il est décédé à la maison de retraite de Croix, dans la banlieue de Lille, où il résidait depuis novembre.

Ces deux légionnaires de l'opération Sentinelle à Nice sont désormais citoyens français.

http://www.nicematin.com/

PAR C. M. ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) Publié le 26/01/2018

La cérémonie s'est tenue jeudi soir en mairie de Nice.

La cérémonie s'est tenue jeudi soir en mairie de Nice. Photo C. M.

 

Jeudi soir, deux militaires de la Légion étrangère, Igor et Jacobus, ont obtenu leurs certificats de nationalité française.

Une naturalisation officialisée par le maire, Christian Estrosi, et le sous-préfet Franck Vinesse.

Deux personnalités qui ont salué les actions des maréchaux des logis du 1er régiment étranger de cavalerie.

À la fois pour leurs opérations menées en extérieur, et pour leur mobilisation dans l’opération sentinelle à Nice.

Le maréchal Igor, né en Russie, totalise onze années de service. Il a participé à plusieurs opérations en Afghanistan, au Mali et en République Centrafricaine. Ses faits d’armes lui ont valu d’être décoré de la croix de la valeur militaire, avec deux citations.

Quant à son homologue, Jacobus, né en Afrique du Sud, il a servi la France pendant sept ans au Tchad et au Mali. Il a été décoré de la croix du combattant.

Pour leur bravoure, leur fidélité et leur volonté de devenir citoyen français, ils ont été honorés par Christian Estrosi: "Aujourd’hui, nous comptons deux Français et nous en sommes heureux et fiers. La France, vous l’avez choisie. Vous avez décidé de la servir. Vous étiez Français de cœur, vous l’êtes désormais de plein droit."

L'hymne officiel du Mondial de foot sera peut-être gardois !

https://www.francebleu.fr/

mercredi 31 janvier 2018 Par Sylvie Duchesne, France Bleu Gard Lozère

 

Réaliser l'hymne du Mondial de foot en Russie : c'est le projet d'Aliksey Kent, un ancien restaurateur de Bagnols-sur-Cèze. Cet ancien légionnaire russe est à l'origine d'une chanson qu'il aimerait voir interprétée dans les stades à l'occasion de cette Coupe du Monde.

Les choristes en répétition

Les choristes en répétition © Radio France - Sylvie Duchesne

 

L'idée n'est pas si farfelue : il y a un an déjà, cet ancien légionnaire avait fait chanter une centaine de choristes avec les Chœurs de l'Armée rouge à Lyon.

Aliksey Kent rêve aujourd'hui de les emmener en Russie pour la Coupe du Monde de foot qui débutera à la mi-juin. Il a pour ça composé une chanson qui pourrait devenir l'hymne officiel.

Faire vibrer les cœurs

La chanson est entrainante, facile à retenir et à reprendre en chœur. Elle sera interprétée en cinq langues : le français, l'anglais, l'espagnol, le russe et l'arabe. Son nom : " Faire vibrer les cœurs".

Tous les mardis soirs, à la salle des associations d'Orsan près de Bagnols-sur-Cèze, l'ancien légionnaire retrouve les choristes de l'ensemble vocal Amadeus pour répéter.

" La chanson est inspirée du code d'honneur du légionnaire. Chaque légionnaire est un frère d'armes, quelle que soit sa nationalité, sa race et sa religion".

La chanson pourra aussi être interprétée à l'occasion du Mondial de foot féminin en 2019

" Pour la Coupe du monde 2018, c'est un peu tard. Par contre, le Mondial de foot féminin aura lieu en 2019 à Montpellier. La municipalité est intéressée par mon projet."

En attendant d'entendre la chanson dans les stades, on pourra la découvrir dans un clip qui sera réalisé d'ici le mois d'avril.

Aliksey Kent  - Radio France

Aliksey Kent © Radio France - Sylvie Duchesne

La chanson sera interprétée en 5 langues  - Radio France

La chanson sera interprétée en 5 langues © Radio France - Sylvie Duchesne

Boxe - Un Gala du Kick Boxing Club Lucciana à couper le souffle

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Par France 3 Corse ViaStella Publié le 29/01/2018

Boxe - Un Gala du Kick Boxing Club Lucciana à couper le souffle / © FTVIASTELLA

Boxe - Un Gala du Kick Boxing Club Lucciana à couper le souffle / © FTVIASTELLA

 

Ce samedi se tenait le Gala annuel du Kick Boxing Club Lucciana. A l'affiche 10 Combats et des KO, des Knock Downs et nombre de belles images de boxe pied-poings qui auront ravi les presque 500 personnes présentes.

Quoi de mieux qu'une première sensation pour lancer un Gala ? Sébastien Lorenzi du Bastia Kick Max short orange face à Gérard Cruciani du Kick Boxing Club Lucciana. En - de 91 kgs et un crochet droit au menton d'école, pour un public conquis d'emblée.

Cruciani ne se remettra jamais de cette entrée en matière et Lorenzi placera un autre crochet droit tout aussi efficace. Arrêt de l'arbitre à la première reprise.

Mais le Gala de Lucciana est aussi fait pour que les boxeurs du club montent sur le ring et s'aguerissent. Alexandre Vasta casque rouge se voit proposé Jérôme Maxime du Bourget. Un combat équilibré et une victoire aux points pour Vasta, mais d'abord une vraie émotion.

"On voit que le public répond présent et c'est une grande satisfaction, un gage de confiance aussi par rapport à cette discipline", indique Roger Santoni, organisateur et président du KBC Lucciana.

Une image qui aura encore gagné ce samedi. Avec des gestes superbes comme les coups de pieds retournés de Bulatovic jadis Légionnaire au 2e Rep de Calvi, aujourd'hui basé à Aubagne.

Ou les low kick dévastateurs du Nîmois Albadaoui qui coupent littéralement les muscles de son adversaire. Ou encore le KO de Bombot, le Boxeur d'Arles qui touche au foie l'Italien Mamini

Souffle coupé, combat terminé, sur du grand spectacle.

Aller plus loin : rendez-vous lundi 29 janvier dans Sport'In Corsica pour encore plus d'images.

Près de Gournay-en-Bray, les bérets verts écologiques font la guerre aux déchets

Mercredi, 31 Janvier 2018 04:24
https://actu.fr/
Publié le 28 Jan 18

Installée à Saint-Germer-de-Fly, à deux pas de Gournay-en-Bray, l'association « Les Bérets verts écologistes » œuvre dans la récupération et la valorisation de tout ce qui était voué à finir sa vie en déchetterie.

Gérard, Bernard et Yannick, sans compter les autres adhérents, sont soudés pour une bonne cause. (©L’Eclaireur-La Dépêche)

L’association « Les Bérets verts écologistes » n’est ni une union d’anciens combattants, ni un nouveau parti politique.

À ce jour, les 29 adhérents de cette toute jeune association n’ont qu’un objectif : le réemploi des matières afin de réduire les déchets. Les entreprises, commerces, locaux d’habitation ainsi que les bureaux peuvent bénéficier de ce service gratuit dont le but est de redonner une deuxième utilité aux objets usagés, mais aussi aux aliments.

Gérard Brabant, président fondateur de l’association qui œuvre actuellement sur une zone allant de Gournay à Beauvais, explique l’origine de sa démarche :

Je me suis aperçu que les bennes des entreprises locales débordaient de palettes, tôles, plastiques et de nombreux produits de consommation qui ne pouvaient plus être donnés, même aux associations caritatives. Trier et se débarrasser des déchets, cela coûte cher aux entreprises alors que ça peut être récupéré

« Jusqu’à 10 000 euros d’économie »

Ni une ni deux, cet ancien fonctionnaire de police à la retraite décide de prendre contact avec plusieurs entreprises locales avec pour mot d’ordre : halte au gaspillage. Le principe de récupérer ce qui peut être encore utile est plutôt bien perçu.

Une grande surface du secteur peut faire jusqu’à 10 000 euros d’économie par an grâce à nous

Bon plan d’un côté, et bon plan aussi de l’autre. Car pour l’association, la récupération a de nombreuses vertus, comme le détaille le président :

Le pain récupéré peut être donné aux poules, aux lapins et à d’autres animaux. Avec des portes et le bois des palettes, on peut réaliser des cabanes de jardin. Les palettes peuvent servir de bois de chauffage. Avec des portes-fenêtres, on crée des serres. On fait aussi du compost et prochainement on va faire du cidre avec des pommes qui si elles n’avaient pas été ramassées, auraient pourri au sol

« Se rendre service mutuellement »

Dans un esprit de partage, l’association est ouverte à tous, avec une adhésion annuelle de seulement 10 euros. Cependant, l’échange reste au centre de la démarche.

Bernard Lequin et Yannick Lorant, membres actifs de l’association., racontent d’une seule voix :

Pour recevoir, il faut savoir donner. Entre nous, il y a une vraie cohésion et une volonté de se rendre service mutuellement

Les collectes sont réalisées gratuitement par les adhérents dont les bérets verts sont le symbole du sérieux, de la discipline et de l’écologie.

Il faut arrêter de jeter à tout va. Avec notre organisation et la rigueur dont nous faisons preuve, il n’y a que du positif. C’est un plus pour la cohésion et l’aide aux personnes, et un plus sur le plan économique pour notre territoire

Sébastien Aliome

La visite pastorale de l’évêque aux armées

http://www.midilibre.fr/

Publié le 29/01/2018

La visite pastorale  de l’évêque aux armées

Mgr Antoine de Romanet était entouré, pour l’occasion, de nombreux prêtres.

Mgr Antoine de Romanet de Beaune s'est rendu à La Cavalerie le 20 janvier.

Samedi 20 janvier, en l'église Notre-Dame de l'Assomption de La Cavalerie, l'évêque aux armées, Mgr Antoine de Romanet de Beaune a donné le sacrement de confirmation à cinq jeunes et un adulte issus des familles de la 13e DBLE (demi-brigade de Légion étrangère).

L'aumônerie catholique des armées est présente au sein du ministère de la Défense. Les textes, qui la fondent, précisent le droit fondamental pour chaque militaire de pratiquer sa religion et les responsabilités du commandement en matière d'exercice des cultes. Le militaire fait le choix de se mettre au service du pays, en dépassant ses intérêts personnels. Il doit se préparer à vivre des situations exceptionnelles qui le confrontent à la détresse extrême et à la mort. Cette spécificité est la principale raison d'être de l'aumônerie militaire. Leurs familles doivent aussi supporter les conditions et la vie propres à l'engagement militaire : l'absence et l'angoisse générée par la participation aux opérations extérieures, le déracinement géographique, etc. L'aumônier en chef du culte catholique est placé auprès du chef d'état-major des armées. Il est évêque du diocèse aux armées françaises. À ce titre, il participe à la conférence des évêques de France. Le pape Jean-Paul II a promulgué la constitution apostolique Spirituali militum curae transformant juridiquement les vicariats castrenses en ordinariats militaires, à dater du 21 juillet 1986.

Le nouvel évêque aux armées effectuait donc sa première visite pastorale auprès du régiment de La Cavalerie, la 13e DBLE. Il a été accueilli par l'un des maires adjoints, Jean-Michel Monbelli-Valloire, qui lui a souhaité la bienvenue au nom du maire François Rodriguez, retenu par ailleurs.

L'évêque était entouré de nombreux prêtres : le père Gauthier de la paroisse Jean XXIII de Millau, et les aumôniers de la gendarmerie (le diacre Yannick Levauffre, ancien aumônier du Camp du Larzac), de la 13e DBLE, du 2e Régiment étranger d'infanterie (qui part en opérations avec la 13) et de celui du 1er Régiment d'infanterie, en visite sur le camp, à la suite d'une unité de Sarrebourg. Messe très familiale animée par une belle chorale de cadres de la 13e DBLE, suivie par de nombreuses familles du régiment, mais aussi par les fidèles de La Cavalerie, durant laquelle les six confirmations ont eu lieu, mais aussi la bénédiction par l'évêque de Barnabé, un légionnaire d'origine camerounaise, membre de la communauté évangélique de son pays et qui a souhaité, ce jour-là, rejoindre la famille catholique.

Un moment d'émotion qui a permis d'oublier un instant le mauvais temps qui sévissait...

Le dernier bivouac du légionnaire Mle : 19718

Déserteur malgré lui

Le Progrès de Bel-Abbès du 07/04/1900

 

Déserteur malgré lui.

 

Le deuxième Conseil de guerre d'Oran a eu à juger un curieux cas de désertion.


Un soldat du 1er Étranger, en garnison à Sidi-Bel-Abbès, le nommé Kauffman, originaire des pays annexés, avait obtenu une permission de 30 jours pour voir ses parents à Paris.

En arrivant, il y avait trouvé une dépêche de sa mère, domiciliée en territoire allemand, et qui lui donnait rendez-vous dans un village situé en terre française sous prétexte d'arranger ensemble des affaires de famille.

S'étant rendu à cette invitation Kauffmanse rencontra,en effet, avec sa mère et son frère qui le firent boire, l'amenèrent avec eux au-delà de la frontière et le remirent à la gendarmerie allemande. Les parents de Kauffman agissaient ainsi, paraît il, parce que les autorités allemandes les menaçaient de confisquer leurs biens, si le jeune homme, qui avait été porté comme insoumis, ne revenait pas servir sous le drapeau du pays annexé.

Kauffman fut donc versé au 57e de Ligne allemand, et libéré au bout de 2 ans.

Malgré les siens qui l'obligeaient à rester et qui prétendaient même le faire interner dans une maison de santé, s'il persistait dans une détermination qu'ils attribuaient à un dérangement cérébral, Kauffman s'empressa, dès sa libération, de repasser la frontière et vint se déclarer déserteur, en France, à la Gendarmerie du village de Joeuf.

C'est dans ces conditions, que Kauffman était déféré au Conseil sous la prévention de désertion.

Après avoir entendu la belle plaidoierie de Me Bogros, le Conseil a été unanime à acquitter le déserteur, malgré lui.

Noël 1965

AG de l'AALE de Laudun le samedi 20 janvier 2018.

AGO 2018 de l'AALESSE


Traduction

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