AALEME

Légionnaire toujours...

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

2013




Bir Hakeim, mai-juin 1942, la bataille où " le monde a reconnu la France " (contribution)

Envoyer

Défense globale

28/05/2013


On a récemment commémoré le 150e anniversaire de la bataille mythique de Camerone (30 avril 1863), fondatrice de l’esprit de la légion étrangère. Revenons quelques instants sur un autre fait d’armes, ô combien symbolique, qui se déroule du 26 mai au 11 juin 1942 dans le désert de Libye, la bataille de Bir Hakeim (photo ECPAD). Par cet exploit orgueilleux, la France libre reprend pied dans la guerre.

 Cette note a été réalisée par Thomas Casaux, étudiant en master I de relations internationales à l'université catholique de Lille, qui collabore à ce blog dans le cadre d'un stage.

" Général Koenig, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. " Charles De Gaulle

Nous sommes en mai 1942, « la bataille du désert » fait rage en Libye entre les Britanniques et l’Afrika Korps du maréchal Rommel autour de la position fortifiée de Tobrouk. L’objectif final des Allemands est la prise du canal de Suez.

Rommel souhaite contourner les positions anglaises et passer par le sud en prenant la position de Bir Hakeim pour foncer vers l’Egypte. La position est tenue par la 1re brigade française libre commandée par le général Koenig. Elle est composée de 3 700 hommes, dont deux bataillons de la légion étrangère, les 2e et 3e de la 13e demi-brigade de légion étrangère. Sont aussi présentes des troupes coloniales comme les bataillons d’Oubangui-Chari (Centrafrique) et du Pacifique.

Le Général Saint-Hillier décrira la position que doivent défendre les français libres comme un « simple croisement de pistes dans un désert aride, caillouteux et nu que balaient les vents de sable. Bir Hakeim est vu de partout. Le champ de bataille se caractérise en effet par une absence totale de couverts et d'obstacles naturels ».

La tâche s’annonce immense d’autant plus qu’elle est alors considérée comme stratégiquement secondaire. Elle ne bénéficie donc pas d’un armement nécessaire pour résister à une bataille prolongée. Le dispositif défensif initial est mis en place par le général de Larminat puis par le général Koenig qui, ayant fait la Première Guerre mondiale, s’inspire des fortifications de la Grande Guerre et fait creuser à ses hommes des positions fortifiées à un mètre de profondeur.

" J'ai rarement vu combat plus acharné ", maréchal Rommel

Dans la nuit du 26 mai 1942, l’assaut est lancé par les divisions blindés italiennes Ariete et Trieste. Du 26 mai au 11 juin 1942, tous les yeux seront rivés sur ce bout de désert. Les Français doivent tenir afin de permettre aux Britanniques de rassembler leur force en Egypte. Les Allemands et les Italiens ne passeront pas, et ce malgré les assauts répétés des 45 000 hommes entourant la position française sous les ordres de Rommel en personne. Ce dernier dira : « Sur le théâtre des opérations africaines, j'ai rarement vu combat plus acharné (…) Une fois de plus, la preuve était faite qu'un chef français, décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée. »

Après avoir résisté pendant 14 jours, grâce notamment au soutien de la Royal Air Force, les hommes du général Koenig reçoivent l’ordre d’évacuer la position. Ils tentent une sortie dans la nuit du 10 au 11 juin et rejoignent la position anglaise de Gasr-el-Abid au petit matin après des combats acharnés pour briser l’encerclement.

Les Français auraient perdu près de 1 500 hommes (un petit tiers de morts, un tiers de blessés, un tiers de prisonniers ou disparus d’après les estimations de Pierre Messmer), les forces de l’Axe près de 3 300.

Winston Churchill résumera l’importance stratégique de la résistance française en ces mots : « En retardant de quinze jours l'offensive de Rommel, les Français libres de Bir Hakeim auront contribué à sauvegarder le sort de l'Égypte et du canal de Suez. »

En bloquant pendant quatorze jours une part importante des blindés de Rommel sur la route du canal de Suez, les Français libres ont permis à la 8e armée britannique de s'échapper vers el-Alamein. Un mois plus tard, c’est là qu’ils briseront les espoirs allemands en stoppant leur avancée vers Alexandrie, le Caire et surtout le Canal de Suez.

Le mot de la fin revient au général de Gaulle qui dira dans un télégramme au général Koenig : « A Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France. »

Thomas CASAUX

Pour les férus d'histoire, vous pouvez approfondir cette bataille mythique de la Seconde Guerre mondiale sur le site birhakeim.fr


« L'armée mexicaine » française et le livre blanc sur la défense

Envoyer

Publié le 20/05/2013

Vision minarchiste du livre blanc au vu de la récente actualité concernant le trop grand nombre de généraux dans l'armée française.

Par Quentin Georges
 

Vous le savez tous, d’ici la fin du mois de juillet la loi de programmation militaire 2014-2019 sera très certainement votée au Parlement. Celle-ci va bouleverser de manière importante la défense nationale française puisque sa vocation première est de rénover notre armée, autrement dit de diminuer massivement les effectifs militaires. En effet, 5 000 postes seront supprimés chaque année en plus des fermetures de casernes qui ont lieu depuis bientôt 4 ans maintenant. Et oui, réduction du déficit oblige, tout le monde se doit de contribuer à l’effort national…

Pourtant, une information révélée sur le site La Voix de la Russie a retenu particulièrement mon attention, et je doute d’ailleurs que vous n’en ayez pas eu vent. Titre bien évidemment accrocheur, « 5 500 généraux en France : quand Hollande se prend pour Zappata », cela nous promet une belle tirade (sans mauvais jeux de mots) contre le haut de la hiérarchie militaire, reste à savoir si elle est justifiée.

La situation est un peu plus complexe qu’il n’y parait au prime abord, l’armée française comporte à l’heure actuelle deux types de généraux, les actifs que l’on appelle dans le jargon militaire première section, et les inactifs qui sont donc dans la deuxième section. Il est important de savoir qu’un général n’est pas mis en retraite, cela constitue une sanction disciplinaire à ce rang, il est simplement admis en deuxième section. On peut se demander l’utilité d’avoir une section « inactive », et bien c’est tout simple, suite à sa création en 1839 par Louis Philippe, son but était de pouvoir rappeler plus facilement en cas de conflit ce personnel qui était qualifié en la matière. Par conséquent, malgré leur statut sans emploi réel, ces généraux sont considérés comme étant en activité et ce, sans limite d’âge et de nombre. Au vu du contexte actuel, est-il nécessaire d’avoir ce corps d’armée d’autant plus que le rapporteur des armées a comptabilisé 95 rappels annuels d’activités en 2009 soit 2% de rappel ?

Ainsi, pour 498 généraux actifs (donc sur le terrain) en première section fin 2012, nous avons en contrepartie près de 5 500 généraux inactifs payés par l’État en échange d’un rappel qui n’aura sans doute jamais lieu. Ce chiffre est gigantesque, il est égal au nombre de légionnaires tous régiments confondus. C’est aussi un problème de proportion, avec ce nombre nous devrions avoir au minimum plus de 2,5 millions de combattants sur le terrain car ce grade permet de commander une division. Pourtant, c’est loin d’être le cas et cela le sera encore moins dans les années futures au vu du livre blanc présenté à François Hollande. Pour vous donner une idée à titre de comparaison, la Gendarmerie qui fait partie également du corps armée compte un peu plus d’une cinquantaine de généraux pour 105 000 hommes.

Alors oui, il est vrai que jadis cette seconde section était justifiée puisque nous possédions une armée de conscription et de mobilisation générale ce qui permettait à la France de disposer de gros bataillons. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Avons-nous besoin d’un tel corps, ne faut-il pas évoluer, revenir sur cet acquis social pour éviter une fonctionnarisation de l’armée ? Ce pays va-t-il enfin montrer de la modernité dans ses réformes, évoluer, pour enfin frapper ce socle de l’intouchable « avantage acquis » ?

Être libéral ne signifie pas abandonner l’armée, l’État doit garantir nos libertés individuelles et nous protéger, or ce type d’avantage nuit gravement à nos capacités opérationnelles sur le terrain puisque cet argent devrait servir à fournir en équipement nos soldats ce qui est en plus aggravé par la diminution des effectifs actifs. L’armée française possède sans doute l’une des meilleures infanteries au monde, le savoir-faire de la Légion étrangère est reconnue aux yeux de tous, et pourtant notre pays n’est même plus capable de payer ses troupes et de les fournir en matériel !

Oui, nos militaires du rang ne sont plus payés depuis des mois, un dysfonctionnement du système informatisé Louvois est soit disant invoqué pour cacher la misère des caisses du gouvernement, et pendant ce temps la France va embaucher 40 000 fonctionnaires supplémentaires dans l’Éducation nationale… Il m’attriste de voir cette situation, notre pays possède une grande tradition militaire, notre armée ne mérite pas ce pays et ce pays ne mérite pas cette armée. Le cas de ces généraux est le même que pour les hauts fonctionnaires ou autres conseillers d’État, la vaillance d’un Driant a laissé place au système fonctionnaire dans la hiérarchie.

Frédéric Bastiat a dit un jour, « N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième », utilisons cet argent gaspillé pour entretenir le matériel défectueux confié à nos soldats et non à des fins inutiles. Le libéralisme, le vrai, a besoin d’une armée forte pour assurer notre sécurité qui est une vraie prérogative régalienne de l’État.


Nostalgies

Envoyer

Lundi 13 mai 2013

 

ADIEUX-A-BEL-ABBES.JPG

C’est le propre de toutes les générations : « avant c’était mieux »… bien sûr. Mais est-ce toujours vrai ? C’était mieux dès lors que les événements auxquels on pourrait penser, se terminaient heureusement. Mais pour  ce qui se terminait en tragédie, était-ce « mieux » pour ceux qui en étaient les victimes ? La relativité des choses fait que nous devons accepter, parfois à notre corps défendant,   les époques traversées qui nous font regretter les bienfaits de l’ « avant » et rarement les épreuves qui en étaient le corollaire. Quand un ancien me dit « ah de mon temps…», je lui rétorque : mais ton temps est aussi le temps présent puisque tu es vivant… Comme Christian, je regrette un certain abandon de ce mystère qui entourait notre belle institution… même Lebranchu y a fourré son nez ! Il te faut, il nous faut cher ami, consulter de moins en moins nos albums photos en noir et blanc aux bords crènelés.

Nostalgies  

La nostalgie caractérise le regret d’un temps, d’un événement, d’une situation particulière, toutes formes de regrets dès lors que dans la mémoire ils revêtent les habits du dimanche.

Pour bon nombre d’anciens, cette forme de tristesse se manifeste à l’évocation d’un “bon vieux temps”, qui rappelle toujours un sentiment qui prétend que le passé était bien mieux, bien plus agréable.

L’homme est un être bizarre. Je me remémore l’émotion partagée avec nos grands anciens contents d’avoir vécu des situations où la mort qui rodait semblait avoir été ressentie, puis évoquée, dans une sorte d’envoûtement, d’une jouissance presque,  dans cette souvenance  du quasi insupportable…

Aujourd’hui, même les plus jeunes osent dire : ”Ce n’est plus comme avant…”. Avant, le mot est lâché, que signifie cette expression trop souvent utilisée, quels messages, à travers elle, veulent-ils véhiculer?

A la lumière d’occurrences récentes qui lestent de leur poids la balance du mérite, le langage “politiquement correct” s’exprime en formes simples : “Nos légionnaires aujourd’hui, sont dignes de leurs anciens”.

Comment     serait-il possible qu’il en soit autrement puisque : “légionnaire, tu es soldat pour mourir et on t’envoie là où l’on meurt?” Comme le dit Antoine: “des phrases célèbres et terribles qui scellaient sous leur grandiloquence marmoréenne le destin de ceux-là mêmes qu’elles glorifiaient”. Mais le légionnaire ne veut pas d’une autre réalité.

Pour lui, le métier s’incruste petit à petit et conduit à une vocation, à force de pratique, elle n’est pas innée mais, au contraire, acquise tant il est vrai que très peu d’engagements se font au   motif d’être, avant tout, un soldat de métier, mais bien de fermer la porte à un passé, en vivant autre chose.

Le pire serait de dire aux légionnaires  en herbe : “Vous êtes venus pour casser des têtes! Lancez-vous dans des combats épiques, apprenez à manier de nouvelles armes et utiliser des capacités de combat  spéciales, tout en vous frayant un chemin à coups de poing vers la célébrité, la gloire.”

Heureusement, ce n’est pas ainsi que se présente le légionnaire ni que la Légion le veut.

J’ai en mémoire   le propos d’un jeune homme en discussion avec son ancien chamarré de médailles et qui lui disait: “je n’ai aucune décoration, mais j’ai beaucoup de place pour en mettre, j’ai pour moi ma jeunesse et il suffit de m’envoyer là où on en gagne”.

PHOTO ANCIENNE

Le légionnaire n’est pas naïf, il sait que son chef exerce une autorité absolue, mais il comprend aussi que son pouvoir a des limites. L’exemple des officiers rebelles de la guerre d’Algérie est révélateur. Pour celui qui est investi, l’autorité est une charge, au sens noble, dont l’exercice est un devoir. Cependant, si elle donne des pouvoirs, ceux-ci sont exercés dans les strictes limites de la mission et deviennent illégitimes quand des hommes sont dominés à des fins personnelles.

Le soldat sait qu’au combat il peut donner la mort, il sait aussi qu’il peut la recevoir et accepte par avance ce sacrifice suprême.

Aujourd’hui, plus qu’hier et bien moins que demain hélas, les conflits sont marqués par des violations notoires de toutes les règles et une escalade infernale dans l’inhumanité.

150ème anniversaire du combat de Camerone, inauguration d’un nouveau musée, disque prestigieux de la Musique, défilé avec drapeaux et étendards des régiments derrière le COMLE ce prochain 14 juillet sur les Champs Elysées, documentaires, émissions spéciales… mais le légionnaire, celui qui est sur le terrain des opérations extérieures, où se situe-t-il dans cette exubérance médiatique?

Retour au calme, repos soldat, arme aux pieds !  Comment le mieux, le trop ne serait-il pas l’ennemi du bien, puisqu'il enlève peu à peu ce magique mystère constitutif de la Légion et du légionnaire ?

Christian Morisot.

Signature MOMO


Exercice du commandement à la Légion étrangère

Envoyer

Samedi 11 mai 2013

Magenta.jpg

 Je crois que le 150e anniversaire de Camerone a fait sortir de l’ombre de leurs mémoires, chez beaucoup, ou du moins un certain nombre de légionnaires ou d’anciens, des réflexions sur des problèmes anciens  qui peuvent toujours se faire actualité tant la manière de mener  des  hommes demeure une constante. Autres temps autres mœurs, mais l’homme reste cet animal humain qui répond toujours aux mêmes  codes ancestraux. Comme l’écrit  notre ami commander c’est agir avec son cœur et avec ses tripes dans le cadre de règles militaires strictes inaliénables ; il dit gentillesse ou sévérité,  je préfère évoquer humanité et fermeté. Mais comme il l’écrit aussi, l’instinct de commandement n’a pas de règles…

A. M.

«C’est une chose d’importance la discipline à la Légion, l’amour du chef, l’obéissance sont de plus pure  tradition».

C’est avec ces paroles du chant de la «13» qui contrarie tant de gens qui ne savent pas ce que discipline veut dire, qu’il faut commencer cette courte réflexion sur le commandement à la Légion étrangère.

Discipline, le mot cruel est lâché, ce porteur de symbole avec ses accompagnateurs: amour du chef et obéissance, ouvre la voie sacrée encadré  des vieux pionniers aux noms étranges: rigueur, sérieux, parole donnée, tenue, disponibilité, abnégation, honneur et fidélité, bravoure, générosité et don de soi.

Commander à la Légion c’est faire en sorte de ne pas avoir besoin de se retourner, vos hommes sont bien là, derrière vous.

Commander, c’est avoir conscience de la phénoménale puissance qui est la vôtre mais qui demande une maîtrise de chaque instant. Vous aurez, n’en doutez pas les légionnaires que vous méritez, ils seront ce que vous souhaitez, vaste programme s’il en est...

Pourtant plusieurs manières se présentent, et s’il faut retenir une chose,  c’est de garder en mémoire qu’il n’y a pas de règle, chacun agit avec son cœur et ses tripes, l’un sera gentillesse, l’autre sévérité, l’essentiel étant de se faire accepter, de se faire comprendre, facteurs indispensables de réussite. L’Histoire nous dit que certains chefs se sont servis de leurs légionnaires pour marquer une révolte personnelle à une forme d’injustice ressentie. Comment est-il donc possible d’imposer ses idées par la force en «utilisant» des étrangers au service de la France? Le sujet est délicat et les leçons à en tirer restent du domaine des convictions personnelles. Quant aux discussions sur le sujet, elles sont toujours ouvertes et prêtent à polémiquer, c’est l’image de cette guerre d’Algérie qui ne s’est pas arrêtée le 19 mars 1962 et qui reste une blessure non refermée; la Légion n’a-t-elle pas perdu le lieu des racines de sa naissance ?   

L’officier voit dans le légionnaire un compagnon de danger et de gloire, plutôt qu’un soldat inférieur. En contrepartie, le légionnaire a pour l’officier une vive reconnaissance, il a pour lui du dévouement et une sorte de respect filial, il en respecte beaucoup par obligation, mais en estime un petit nombre.

La diversité des origines réunit la Légion plus qu’elle ne la divise.

More Majorum.

Christian Morisot

Signature MOMO

Le Général Guignon à l’honneur

Envoyer

Publié le

Avant de présenter la main du capitaine Danjou aux troupes le 30 avril à Aubagne, le général d’armée Michel Guignon a bien voulu répondre aux questions de Légion étrangère magazine. Retour sur un engagement hors du commun qui commence en 1956 à Saint Cyr… et qui se poursuit encore aujourd’hui aux côtés des plus jeunes légionnaires.
Propos recueillis par Jean-Luc Messager

Mon général, vous arrivez comme jeune lieutenant à la Légion étrangère, quelles sont vos premières impressions ?
En 1956, alors que la guerre d’Algérie bat son plein, le gouvernement décide de renvoyer dans leurs foyers quelques contingents de réservistes rappelés. Ma promotion de Saint-Cyr, qui est encore en école d’application, reçoit un beau matin l’ordre de partir pour l’Algérie remplacer les officiers rappelés. Corollaire : nous n’aurons de places que dans les unités comprenant des rappelés. Corollaire du corollaire : Adieu la Légion ! Grosse déception… Après un an comme chef de section dans le Constantinois, au bataillon de Corée, je demande et obtiens une mutation pour la Légion.
Le 1er octobre 1957, je réalise enfin mon rêve. En entrant au quartier Viénot, le nouvel arrivant ressentait ce que doit éprouver le jeune novice en franchissant les portes du couvent. À l’intérieur de la caserne une cour immense, tout est propre, net, peint à neuf. Il règne un silence de cathédrale, hommes et gradés se croisent et se saluent gravement, sans rien dire, en se regardant droit dans les yeux. Au fond de la cour, le monument aux morts, la voie sacrée, imposant… un autre monde. Un peu stressé quand même (j’avais vingt ans…), j’accède au saint des saints, le bureau du chef de corps. Le colonel me reçoit, aimable sans plus, pas de grands discours : « Vous êtes affecté au centre d’instruction n° 1 à Saïda, à cent kilomètres d’ici. Vous rejoindrez par le prochain convoi. »

À Saïda, l’ambiance est moins solennelle mais la discipline légionnaire s’exerce avec la même rigueur. Je prends le commandement d’une section d’instruction. L’effectif est «germanique» à 60 %, le reste est composé d’Italiens, d’Espagnols, de Hongrois et de Gaulois. L’instruction est dure. Il s’agit en quatre mois de transformer en combattants tous ces gens qui viennent des quatre coins d’Europe. Sport, marche, tir, actes élémentaires du combattant, un peu de français, un peu de règlement…
J’ai promis une caisse de bière à celui de ma section qui me battrait au parcours du combattant. Mes types vont s’entraîner le dimanche pour battre le lieutenant. Deux ou trois y arrivent. Super ! On trinque tous ensemble. Mes gars se transforment de jour en jour, ils deviennent plus costauds, plus sûrs d’eux, commencent à avoir de la gueule… Au bout de quatre mois, je les vois partir le coeur serré, vers les régiments opérationnels… Et moi je recommence avec une nouvelle incorporation. Ce boulot d’instructeur est passionnant mais j’enrage quand même : j’aimerais bien, moi aussi, aller faire la guerre. Fin 1958, je suis enfin exaucé. Affecté au 1er REP. Alléluia !

Au sein du 1er régiment étranger de parachutistes, vous êtes «au contact» et vous apprenez à connaître le légionnaire. Quelles sont, pour vous, ses premières qualités d’homme de guerre ?
Le jeune lieutenant qui arrive au 1er REP est dans ses petits souliers. Le 1er REP est un club, ce n’est pas parce qu’on est affecté au régiment qu’on devient membre du club ; pour ça, il faut faire ses preuves et on vous le fait bien sentir. Je suis affecté à la 4e compagnie, indicatif radio «gris» et je prends le commandement de la 3e section «gris 3». Premier départ en opération, vers Cherchell dans l’Ouest algérien. nous sommes trois nouveaux cadres affectés à la compagnie : un adjudant (Gris 4), un sergent-chef, adjoint à la 1re section et moi. Tout le monde nous observe du coin de l’oeil. Premier accrochage, ça tire au-dessus de moi, du côté de la 1re section. Soudain la voix du commandant de compagnie dans le poste radio : « Gris 4 – Ici Gris. Allez prendre la place de Gris 1 qui vient d’être tué. » Gris 4 tergiverse, discute. On sent bien qu’il n’a pas trop envie d’y aller. La voix de Gris coupe court : « Gris 4, terminé pour vous. Gris 3 allez prendre la place de Gris 1 qui vient d’être tué. » C’est une chance. Je fonce chez Gris 1, rassemble quelques légionnaires, on donne l’assaut et on règle l’affaire vite fait bien fait. Gris 1 n’est d’ailleurs pas mort mais simplement blessé. Fin d’opération, debriefing. Gris 4 qui a traîné des pieds : viré ! L’adjoint de Gris 1 qui s’est affolé en annonçant à tort la mort de son chef : viré ! Des trois nouveaux arrivants, je suis le seul à m’en tirer. Cette anecdote est révélatrice de l’esprit du 1er REP : une rigueur implacable dans l’exécution des missions opérationnelles.
En revanche, de retour à Zéralda, changement radical d’ambiance. À la dureté de la vie en opération succède une décontraction de bon aloi. À tous les échelons, chacun récupère, oublie les fatigues du combat et goûte à sa manière la repos du guerrier. Cette alternance, savamment dosée, de rigueur dans le service et de décontraction dans la détente faisait le charme du 1er REP. J’ai toujours essayé d’imprimer ce style dans les unités que j’ai commandées.

Blessure, citation, honneurs et dissolution de l’un des meilleurs régiments de l’armée française, vous découvrez une «autre» Légion après votre convalescence, Quelles sont vos impressions ?
Je me sentais tellement bien au 1er REP que je me disais; avec ma naïveté de lieutenant : « Je vais rester toute ma vie dans cette boutique. » Et tout d’un coup, tout s’effondre. À 25 ans, je me retrouve infirme dans un fauteuil roulant, le régiment dissous, mes chefs en «taule», les copains partis, les légionnaires dispersés, le camp de Zéralda vide et triste à mourir, l’Algérie quasiment perdue… J’ai vécu la mort du 1er REP comme un véritable deuil. Heureusement la Légion m’a récupéré et m’a permis de me refaire une santé. J’ai vécu à Sidi Bel Abbès les dernières heures du drame algérien, puis l’arrivée à Aubagne et l’installation au camp de La Demande. « Nous on avait rien demandé », que nous chantions sur l’air d’Eugènie… Le moral n’était pas au beau fixe.
J’ai repris espoir et confiance au 2e REI où je suis parti prendre le commandement d’une compagnie en 1963. Au Sahara, chargé de protéger les sites d’expérimentation nucléaire et les centres d’essai d’engins spatiaux, le «2» était un magnifique régiment, réparti sur une zone d’action plus grande que la France. Les compagnies étaient des petits sous-groupements interarmes parfaitement adaptés aux évolutions en milieu désertique. Deux cent cinquante légionnaires, des cadres «retaillés», 50 véhicules, une puissance de feu considérable avec un peloton d’automitrailleuses, trois mortiers de 81 mm, trois canons de 75 mm sans reçu, une autonomie complète, mon colonel à 200 kilomètres de là… le rêve ! Le style «saharien» était très différent du style 1er REP mais l’esprit Légion y soufflait avec la même intensité. Au bout de deux ans mes plaies physiques et morales étaient cicatrisées. J’avais retrouvé la foi.

Vous découvrez également une autre armée que vous allez côtoyer, celle qui n’a pas «fait» l’Algérie, quel regard portez-vous sur cette «séparation»?
Après l’Algérie et le Sahara, l’heure est à la reconversion intellectuelle. Mes patrons me poussent vers l’École d’état-major. Je suis leurs directives avec un enthousiasme modéré mais il est vrai que, dans la vie d’officier, il faut savoir alterner les périodes consacrées à l’action et celles consacrées à la réflexion. L’inconvénient, c’est que lorsqu’on met le doigt dans l’engrenage des états-majors, il est difficile d’en sortir. Cependant dans un coin de ma cervelle, j’avais toujours deux objectifs : redevenir TAP et retrouver la Légion. Il me faudra dix ans pour y parvenir. En 1975, à la sortie de l’École de guerre, la DMPAT me propose soit le commandement d’un bataillon à Saint-Cyr, soit le Groupement opérationnel de la Légion étrangère. Pas d’hésitation, je rejoins le GOLE à Bonifacio. Un commandement difficile, des problèmes d’effectifs, des moyens limités, l’ambiance en Corse est assez morose après l’affaire d’Aléria. Heureusement la chance nous sourit. En février 1976, une prise d’otages à Djibouti provoque l’intervention d’un détachement Guépard. Le GOLE est en alerte. En 24h, nous voilà partis à 2 000 kilomètres de là. Nous resterons 4 mois à Djibouti. Retrouvant les grands espaces dans un environnement favorable, bénéficiant de moyens considérables, le GOLE deviendra en quelques semaines un remarquable outil de combat. Trois ans après le GOLE, je retrouve le REP : la boucle est bouclée, le bonheur est complet. Je m’efforcerai, pendant deux ans, de transmettre aux jeunes générations l’héritage que j’ai eu la chance de recevoir vingt ans plus tôt. En quittant Calvi, mon dernier ordre du jour commence ainsi : « En recevant, il y a deux ans, le commandement du 2e régiment étranger de parachutistes, j’avais conscience de réaliser un rêve ébauché il y a un quart de siècle, lorsque je faisais, à la Légion, mes premiers pas d’officier. J’ai réalisé le rêve, j’ai été votre chef ; quel que soit l’avenir, la vie militaire ne pourra plus me donner pareille joie. » C’est bien vrai.

Après une carrière au cours de laquelle vous êtes chargé de hautes responsabilités, vous conservez le lien avec «vos» anciens en adhérant à l’Amicale des anciens légionnaires parachutistes, un lien extrêmement fort pour quelles raisons ?
À vrai dire mes liens avec l’Amicale se sont noués beaucoup plus tôt. En 1980, alors que je commandais le 2e REP, j’ai compris qu’il fallait resserrer les contacts avec mes anciens. C’était une nécessité pour les jeunes qui avaient besoin de références, c’était une obligation morale vis-à-vis de nos anciens à qui nous devions tant. Le drame algérien avait laissé quelques traces douloureuses et il était nécessaire de réunir tous les membres de la famille : ceux du 1er REP et ceux du 2, ceux qui avaient quitté l’armée et ceux qui y étaient restés, ceux qui étaient allés en «taule» et les autres. Compte tenu de mon passé, j’étais bien placé pour fédérer les différentes sensibilités. En 1981, nous avons fait à Calvi une saint Michel extraordinaire. Autour du général Caillaud, du commandant Morin, du commandant de Saint-Marc et d’une centaine d’anciens, le régiment au complet a manifesté sa fidélité à ceux qui avaient forgé la gloire des paras-légion. La ferveur et l’émotion de ces journées sont gravées dans la mémoire de ceux qui ont eu la chance de les vivre. Depuis, je suis resté en relations constantes et suivies avec l’Amicale et j’y ai adhéré dès que j’ai quitté la Légion. Ce qu’il y a de remarquable dans l’AALP, c’est que les générations s’y suivent sans altérer l’esprit de la communauté. La génération d’Indochine sous la présidence du général Caillaud et du commandant Morin a passé la flambeau à la génération d’Algérie avec le colonel Lhopitalier, ceux des Opex ont pris la relève sous la remarquable présidence du général Soubirou. Je suis et je reste très attaché à l’AALP, c’est une façon d’exprimer à la Légion mon infinie reconnaissance pour tout ce que je lui dois.

Il y a deux mois, les légionnaires du 2e REP sautaient sur Tombouctou, vous qui les connaissez bien, qu’ont-ils de différent par rapport à ceux que vous avez commandés ?
Je ne suis pas le laudator temporis acti et les vieux «choses» qui passent leur temps à dire « c’est plus comme avant » m’énervent au plus haut point ! Lorsque j’ai appris que le régiment avait sauté sur Tombouctou, j’ai éprouvé un indicible sentiment de fierté, sentiment encore renforcé lorsque j’ai vu les stocks d’armes récupérés. Les légionnaires d’aujourd’hui ? Ils sont aussi beaux que nous l’étions à 20 ans (et aussi modestes), ils sont mieux habillés, mieux équipés, sans doute plus «techniques» que nous l’étions, peut -être plus costauds aussi. Par-dessus tout, je pense qu’ils ont la même ardeur au combat que celle que nous avions. Au total, les légionnaires changent mais la Légion reste aujourd’hui ce qu’elle a toujours été : une troupe d’une solidité sans égale qu’un esprit de corps amène à se surpasser dès lors que la réputation de la «maison» est en jeu.


Livre blanc 2013

Envoyer

aa


La Légion étrangère entre hard et soft power : le décryptage du général de Saint Chamas

Envoyer

aa


Et encore une guerre de retard ? Est-ce vraiment une fatalité ?

Envoyer

aa


Lettres d'ouest - 10

Envoyer

Mardi 30 avril 2013

COUVERTURE DE LA FICHE TECHNIQUE

 

C’est aujourd’hui

C’est le jour. Voilà cent cinquante ans  que les braves de Danjou, de l’autre côté du monde, forgeaient l’immortel Camerone.

Nous savons tous que les commémorations en chiffres ronds prennent une signification particulière. Ce fut le cas pour le centenaire de la création de la Légion qui vit la parution du premier livre d’or de la Légion étrangère illustré par Benigny, et, à Bel Abbès  s’ériger le monument aux morts de la Légion voulu par Rollet.  La Légion à ses morts 1831 – 1931.

Cinquante ans plus tard,   en 1981, nous vîmes ajouter deux autres dates sur le monument aux quatre veilleurs: 1931 – 1981. Ces occurrences nous donnent  l’impression de vivre des événements hors du commun,  en tout cas et d’une certaine manière, différents des autres commémorations des mêmes faits.

Dans le cas d’un autre cent-cinquantième anniversaire,  du combat de Camerone  cette fois-ci, j’ai l’impression d’être un témoin, géographiquement éloigné mais tout de même contemporain, d’un événement unique à l’échelle de chaque humain, un peu comme le passage d’une comète qui ne reviendra dans nos régions galactiques que dans 200 ans, l’alignement des planètes on ne sait plus quand…

Pour ce cent-cinquantième anniversaire deux faits marquants. Pour ainsi dire deux nouveautés majeures, sont à retenir : la main de bois de Danjou a quitté Aubagne pour la deuxième fois depuis l’arrivée de la Légion en métropole, pour être présentée dans le village natal de celui qui commanda  par intérim   la 3e compagnie du Régiment étranger dans les Terres chaudes du Mexique. La première fois c’était lors du baptême de la promotion Capitaine Danjou à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr, en 1972. Le colonel Le Testu l’y accompagna.

Le deuxième fait marquant est l’inauguration du nouveau musée. La première pierre de l’ancien  avait été posée lors du centenaire du combat en 1963, par Pierre Messmer, dans un quartier Viénot qui sortait de terre, en même temps que l’on inaugurait le « nouveau » monument aux morts, reconstruit presque à l’identique, au bout de la Voie sacrée, en marbre de Provence, car l’onyx original avait subi trop de dommages lors du démontage et du transport vers la métropole.

Le nouveau musée voit le jour grâce au dévouement de quelques-uns et aux dons de beaucoup…   l’entreprise se poursuit, l’aventure continue…

Des générations de légionnaires ont foulé de leur allure martiale la Voie sacrée qui monte vers le monument. Beaucoup d’autres viendront et y entendront le récit de ce magnifique combat, point cardinal des vertus légionnaires, prononcé par un officier face au porteur de la relique. Je ne pourrais pas, hélas, les voir lors de la commémoration du bicentenaire, car mon agenda sera chargé et je serai retenu ailleurs, mais dès aujourd’hui, je souhaite à ces légionnaires-là de connaitre toutes les joies qui furent les miennes d’avoir appartenu à cette Institution dont la France peut à juste titre s’enorgueillir. Je sais,  avec cinquante ans d’avance, qu’ils continueront de servir la France à la manière de leurs anciens, toujours avec honneur et fidélité.

« Il y aura là un chemin frayé, une voie ; on l’appellera « Voie sacrée ». L’impur n’y passera pas ; elle sera pour ceux qui la suivront, et les insensés ne s’y égareront pas » (Esaïe 35.8-10)

Antoine Marquet

Antoine


Lettres d'ouest - 4

Envoyer

Jeudi 11 avril 2013

Les juges multi-services qui décident de tout

Aux Etats Unis, une grande partie des juges sont élus – peut-être que ce serait le moment qu’en France on commence à imaginer copier cette méthode pour  le choix des magistrats.  Ce ne serait pas dénué de bon sens puisque notre système légal permet que ce soient eux qui,  parfois, prennent des décisions qui devraient revenir  à l’homme politique.

Dans l’ailleurs où je suis, on rencontre la même situation. En voici un exemple: le Tribunal Administratif a délibéré au sujet d’une pétition signée par 31 personnes (oui je dis bien trente et une) qui prétendent empêcher la concrétisation d’une action gouvernementale concernant la fermeture d’une maternité. Dans notre beau pays de France, une pétition signée par 700 000 citoyens contre le « mariage pour tous » a été rejetée  par le Conseil Economique et Social qui est un organe consultatif et n’a même pas le pouvoir  de juger. La première chose que les 31 signataires demandent au tribunal c’est d’annuler la décision de fermeture de l’établissement. Ou, en cas d’impossibilité, de transférer les services d’un autre hôpital vers le premier  et de ne pas séparer les équipes médicales. Nous nous trouvons dans ce cas précis, devant un juge qui doit décider de combien de maternités le pays a besoin, décider quelles sont les meilleures installations pour ces services, décider si les médecins doivent travailler ensemble ou séparés. Un magistrat va se transformer ainsi, simultanément, en ministre de la santé,  en entrepreneur et en administrateur hospitalier. Dans le même temps un ministre est mué ipso factoen   simple intervenant dans un processus judiciaire.  Le ministre aura à convaincre le tribunal que la fermeture de la maternité en question est d’intérêt public. S’il n’est pas suffisamment convaincant, tout s’arrête. Mais  l’électeur de base, à qui va-t-il demander des explications ? Au juge ou au gouvernement élu ?

 

JUGE.JPG

En France de nombreuses procédures sont en  cours qui devront aboutir à la décision de juges dans des domaines où, me semble-t-il ils ont peu  de compétence. Si ma mémoire ne me trahit pas, le cas le plus emblématique, de mon point de vue, est celui du procès intenté contre l’Etat (en fait contre l’armée) par les familles des militaires victimes de l’embuscade d’Uzbeen en Surobi (Afghanistan)…

Comment un juge qui, probablement sursitaire n’aura même pas fait son service militaire, sera-t-il a même de juger des faits qui se sont produits en zone de guerre à des milliers de kilomètres, impliquant des personnels militaires agissant selon des ordres légitimes dans le cadre d'activités légales, et dans celui d’une mission de combat contre des ennemis armés ? Le juge devient stratège militaire et les militaires devront justifier devant lui leurs choix opérationnels…

A la lumière des dernières affaires dans le monde politique français, nous restons suspendus aux décisions des juges qui, bien qu’indépendants et jaloux de leurs prérogatives, crient au scandale dès lors que l’on conteste leurs décisions et n’hésitent pas à sonner la charge contre les gouvernements démocratiquement élus, allant jusqu’à donner des consignes de vote. Autrement  dit,  ils peuvent s’occuper de tout, et décider du bien et du mal, ne se contentant plus de dire seulement le droit, dans leur omnisciente sagesse – on a pu le constater.  Les autres pouvoirs et le citoyen lambda étant priés d’observer un silence respectueux devant leurs décisions, comme le catholique pratiquant baisse la tête au moment de l’élévation liturgique .

Et si au lieu d’élire des hommes politiques nous élisions des juges ? Cela nous ferait des économies et peut-être même des vacances !

La Corée du Nord a son grassouillet Kim Jong-un, Cuba son Fidel Castro, la Grèce a eu ses colonels, pourquoi nous n’aurions pas nos juges ? Après tout l’hermine sied mieux à un juge que les costumes de François à Hollande.

Antoine Marquet

Antoine


Page 5 sur 9

Traduction

aa
 

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui8557
mod_vvisit_counterHier10566
mod_vvisit_counterCette semaine40407
mod_vvisit_counterSemaine dernière85715
mod_vvisit_counterCe mois329919
mod_vvisit_counterMois dernier455231
mod_vvisit_counterDepuis le 11/11/0913004046

Qui est en ligne ?

Nous avons 2327 invités en ligne

Statistiques

Membres : 17
Contenu : 13907
Affiche le nombre de clics des articles : 26635223
You are here ARTICLES 2013