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Légionnaire toujours...

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2013




La France unie dans la guerre

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Deux semaines après le déclenchement de l’opération SERVAL au Mali, 3 points méritent d’être connus de tous les Français afin que la guerre engagée soit gagnée malgré sa probable longue durée et les pertes inévitables.

1- Les Français peuvent être fiers de leur armée.

Son engagement dans l’urgence a évité que les 6 000 ressortissants de nationalité française et les autres occidentaux présents au Mali ne deviennent en quelques jours des milliers d’otages aux mains des groupes terroristes islamistes ! Combien d’armées auraient été capables de conduire une telle opération?
Elle a fait preuve d’une rapidité de réaction qui a stupéfié de nombreux pays et sans doute …nos adversaires.

Cette réactivité s’explique d’abord par la haute valeur opérationnelle et morale de ses unités et équipages, l’existence de bases françaises dans la région et la capacité à combiner, dans des délais très brefs, une grande diversité de moyens de nos armées de Terre, Mer et Air.

Mais les Français mesurent aussi les limites voire l’insuffisance de certaines capacités de nos forces, conséquences des incessantes réductions budgétaires depuis 30 ans. Ils comprennent que la France ne peut plus continuer réduire son effort de défense si elle veut assurer sa sécurité et garantir sa liberté d’action dans le futur.

2- L’opération SERVAL est une guerre, osons le dire.

Ces groupes islamistes terroristes sont des adversaires implacables. L’armée qui a déjà perdu un officier aura d’autres tués et des blessés. Il en sera vraisemblablement de même dans la population civile française tant au Mali qu’en France voire dans des pays étrangers en particulier africains.

Ce conflit illustre le concept de défense et sécurité nationale exprimé dans le Livre blanc : défense par les forces armées projetées à l’extérieur, sécurité intérieure assurée par les forces de police et de gendarmerie renforcées par les armées (plan Vigipirate).

Mais cette guerre concerne l’Afrique, et plus généralement l’ensemble des pays qui refusent l’islamisme et l’application de la charia.

3- La France doit se préparer à une guerre longue.

Cette guerre risque d’être longue, de s’étendre à d’autres pays d’Afrique subsaharienne ; l’intensité des combats pourra évoluer brusquement.
Malgré l’arrivée de troupes africaines et éventuellement occidentales, nos forces demeureront la colonne vertébrale de la coalition.

Pour gagner, les Français doivent d’abord comprendre et partager le but politique visé et c’est aux dirigeants français de l’expliquer.
Ils doivent surtout soutenir leur armée sans réserve et au quotidien, et les médias se garder de relayer les messages anti-guerre, ou ceux qui renvoient presque dos à dos les soldats français et les assassins coupeurs de routes, de mains et de têtes.

Dans cette épreuve dont nul ne connait l’échéance, il importe que les Français soient tous unis malgré les difficultés économiques que traverse le pays. Il y va de notre avenir.

L’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF) y contribuera et assure notre armée de son soutien indéfectible.

Henri PINARD LEGRY


GUERRE CONTRE LE TERRORISME

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Pourquoi l'Europe n'a pas aidé la France au Mali



Il y a deux semaines, la France se lançait seule dans l'opération Serval afin de reconquérir le nord du Mali, détenu par les islamistes radicaux depuis près d'un an. En effet, le soutien des pays membres de l'Europe reste très timide deux semaines après le début de l'intervention militaire. L'occasion de faire le point sur l'état militaire en Europe.

© isafmedia / Flickr-cc

Les prouesses militaires de la France ne semblent toujours pas pleinement appréciées aux États-Unis.

Pourtant, peu de troupes ailleurs dans le monde sont mieux préparées que l’infanterie de marine, la légion étrangère ou toute autre unité d’élite française en route vers le nord du Mali pour affronter les rebelles djihadistes qui contrôlent le territoire.

L’armée française : la plus apte à intervenir au Sahel

« Les forces spéciales françaises sont au top, ce sont les meilleurs d’entre eux qui sont sur place, explique Brooks Tigner, analyste politique en chef de Security Europe, un bulletin d’informations spécialisé. Ils ont une grande expérience dans les expéditions militaire en Afrique de l’Ouest. Ils connaissent parfaitement le territoire, ses frontières, sa topographie et les problèmes ethniques qui s'y jouent. Ils sont donc très bien placés pour intervenir. »

Parmi les alliés européens des États-Unis, seuls les Britanniques sont à même d’égaliser la capacité française à mobiliser un tel dispositif militaire à l’étranger. Cependant, ils ne disposent pas de l’expérience acquise par la France dans ses anciennes colonies d’Afrique du Nord et de l’Ouest – où la récente montée en puissance de groupes islamistes est devenue une menace pour la sécurité de la communauté internationale.

2500 soldats français sont actuellement déployés au Mali. Photo : capture vidéo

Un passé militaire en Afrique du Nord

Les troupes françaises ont déjà été déployées dans plus d’une douzaine de missions en Afrique au cours des deux dernières décennies. C’est l’aviation franco-anglaise qui dirigeait la campagne aérienne de l’Otan menée en Libye en 2011. La même année, les forces françaises parvenaient à endiguer une guerre civile en Côte d’Ivoire. Et trois ans plus tôt, la France se faisait le fer de lance d’une opération européenne de prévention d’un conflit au Soudan qui menaçait de s’étendre au Tchad.

Et malgré l’enlisement des discussions qui avaient précédé chacune de ces opérations, les troupes françaises avaient atteint leurs objectifs à moindre frais.

Une reconquête longue et coûteuse

La presse française a émis l’idée que les opérations en cours pour reconquérir un territoire grand comme deux fois la France risquaient à terme de dégénérer en un conflit semblable au bourbier afghan. Pourtant, les dirigeants français semblent faire confiance à leurs 2500 soldats pour terminer le travail puis redonner le contrôle du pays aux troupes africaines locales.

« Notre objectif est la reconquête totale du Mali, avait déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à la télévision. Nous ne partirons pas tant qu’il restera la moindre poche de résistance. »

Pourtant, en dépit de leur confiance, les Français sont bien conscients qu’un conflit prolongé contre des opposants islamistes bien armés et très motivés pourrait affaiblir leurs forces et leurs finances. À l’instar d’autres pays européens, la France a dû faire des coupes dans son budget de la défense pour mieux faire face à la crise économique.

Quatre avions Rafale français ont été déployés le 13 janvier dernier pour soutenir les soldats au sol. Photo : capture vidéo

« Une armée de poche d’une grande qualité »

Pour la première fois, les dépenses militaires françaises en 2011 sont passées en dessous de l’objectif des 2 % du PIB fixé par l’Otan.

Selon les derniers chiffres de l’Otan pour 2011, les seuls membres de l’alliance nord-atlantique à respecter cet objectif, à part les États-Unis, étaient la Grande-Bretagne et la Grèce, pourtant ravagée par la crise. En comparaison, les États-Unis continuent de consacrer 4,8 % de leur PIB à la défense.

Ces coupes budgétaires ont eu des répercussions à plus long terme. Les effectifs militaires français ont chuté de 548 000 à 227 000 hommes depuis 1990. Les analystes militaires pensent qu’actuellement la France ne peut soutenir le déploiement que de 30 000 soldats à l’étranger, contre 50 000 dix ans plus tôt. Certains responsables doutent même de cette capacité.

« Nous avons une armée de poche d’une grande qualité, mais finalement assez vulnérable, » affirmait un rapport du Sénat publié l’année dernière.

Les lacunes de l’armée française : le transport…

Avant le déploiement au Mali, la France avait déjà 4750 soldats dispersés autour du monde, dont 1650 en Afghanistan, 950 au Tchad, 900 au Liban et 460 en Côte d’Ivoire. Et bien que les effectifs envoyés au Mali soient relativement petits, les soldats français ont dû être conduits en Afrique de l’Ouest par des véhicules de transport britanniques et américains.

Le transport aérien stratégique est un problème de longue date qui devrait être résolu par la livraison de nouveaux avions de transport A400M, actuellement construits par Airbus. 50 appareils de ce genre ont été commandés, et les trois premiers devraient arriver dans la seconde moitié de l’année 2013.

… et l’observation aérienne

Une autre lacune de l’armée française réside en l’absence de drones et de satellites de surveillance, qui pourraient néanmoins s’avérer cruciaux si les troupes françaises devaient poursuivre de petits groupes d’islamistes à travers les terrains désertiques du Nord-Mali.

« Ils leur manque des yeux dans le ciel qui pourraient traquer des cibles mouvantes en temps réel, » remarque Brooks Tigners. Et, une fois encore, l’aide des Anglais et des Américains pourrait leur être utile.

Même si le gouvernement français a promptement remercié les alliés pour leur aide, une certaine aigreur s’est installée dans les relations avec les autres pays européens qui n’ont pas été plus avenants.

Un avion de transport A400M. Ce type d'appareil a été prêté par les Britanniques pour faciliter le transport des troupes françaises au Mali. © Ronnie Macdonald / Flickr-cc

La difficulté d’une coopération militaire européenne

« L’Europe ne peut pas toujours laisser la responsabilité à un unique État-membre, » signale Arnaud Danjean, membre de la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen. Pourtant, selon lui, tous ces États sont bien conscients d’être concernés par la menace islamiste en provenance du Sahel. Ce n’est pas pour cela qu’ils ont proposé d’envoyer des troupes au Mali, laissant ainsi la France « représenter » l’armée européenne à elle seule.

Les autorités françaises se sont longtemps plaintes que les efforts réalisés pour conférer à l’Union européenne un rôle de défense ont échoué parce que les pays-membres n’ont jamais pu – ou voulu – envoyer des troupes dans les points chauds de la planète.

Les Européens gardiens de la paix, mais pas bellicistes

Les dépenses militaires ont été fortement réduites dans toute l’Europe ces dernières années. Les États-Unis, qui fournissaient la moitié du budget de la défense de l’Otan pendant la guerre froide, en paie désormais les trois quarts.

Même les pays possédant de grandes armées sont incapables, ou ne souhaitent pas, déployer leurs hommes. Bien que l’Allemagne possède environ 200 000 soldats, moins de 9000 seraient en réalité disponibles pour un déploiement à l’étranger – dans l’hypothèse peu probable où le gouvernement serait prêt à les y envoyer.

« Beaucoup d’Européens ont envoyé des hommes pour des missions de paix. Mais comme nous l’avons vu en Libye, et comme nous le voyons au Mali, peu de pays ont vraiment envie de faire feu, de se battre ou de se lancer dans des bombardements, explique Daniel Keohane, directeur des affaires stratégiques à la FRIDE, un think-tank sur les relations internationales. La façon d’utiliser ses forces militaires divise profondément les pays membres de l’Europe. »

L’Europe a-t-elle fui ses responsabilités ?

En 2007, les membres de l’Union Européenne avaient mis en place un système de rotation concernant l’entretien de deux unités tactiques ultramobiles de 1500 hommes chacune, constamment prêtes pour un déploiement d’urgence. Cependant, il n’a jamais été convenu d’utiliser ces troupes.

Ce que l’Union européenne avait de mieux à envoyer au Mali fut donc 450 soldats pour une mission d’entraînement de l’armée malienne affaiblie.

« La France est intervenue parce que le problème au Sahel est sur le point de devenir une menace sérieuse pour l’Europe, pouvait-on lire dans le quotidien allemand Suddeutsche Zeitung la semaine dernière. Elle a dû y aller seule parce que les autres États européens ont fui leurs responsabilités. Cela en dit long sur l’état de la sécurité européenne et de la politique de défense commune. Et rien de tout cela n’est bon… »

Ecrit par Paul Ames - publié le 29/01/2013


« La guerre au Mali ! »

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Gao ! Tombouctou ! Kidal ! villes libérées ! Les Français apprécient pleinement l’action de leur armée dans un large rassemblement qui mérite d’être souligné. Les termes ont aussi un sens.

Le mot « guerre » est employé par les autorités politiques c’est un changement ! Nous étions tellement habitués à un autre vocabulaire comme intervention, action de protection de ressortissants, sécurisation et plus généralement opérations ou opérations extérieures. La guerre n’avait pas lieu, c’était une crise locale, conjoncturelle ou un soubresaut dans l’arc de crise.

Loin de moi l’envie de faire un cours de sémantique mais reconnaissons qu’appeler les choses par leur nom c’est courageux et finalement plus simple. Plus simple pour tous les responsables politiques qui se regroupent derrière le président au nom de l’intérêt général, plus simple pour l’opinion publique qui comprend les mots graves et moins ambigus que d’autres, plus simple pour les médias qui découvrent avec stupeur que l’action peut aller plus vite que l’information, plus simple pour les soldats qui peuvent raisonner et agir comme des soldats.

La guerre n’est jamais belle et joyeuse mais ceux qui ont la responsabilité de la décider savent que l’intérêt général de leur pays mérite de ne pas renoncer et d’agir.

L’action est en cours et elle se déroule jusqu’à présent à un rythme très élevé. Coup d’arrêt quelques heures après la décision du président, mise en place en quelques jours d’un dispositif de couverture, déploiement de groupements tactiques interarmes, progression et manœuvre largement éclairée par la troisième dimension et les forces spéciales, reprise et contrôle des principales villes y compris par une mise en place aéroportée, tout ceci en moins de 18 jours ! 3.500 hommes à terre plus la composante aérienne, le tout en utilisant plusieurs bases installées dans des pays amis ! Les Anglais pourraient dire « Well done Messieurs les Français » et ils auraient raison.

A ce stade, réjouissons-nous du superbe engagement des forces terrestres et de la composante aérienne. Le savoir- faire et le savoir-être sont au rendez vous ; le chef des armées peut constater que les « soldats » font tout pour que le système fonctionne car, pour ma part, je ne doute pas de leurs difficultés et aussi de leur créativité pour pallier les manques ou les faiblesses de matériel souvent anciens. La mise en place d’équipements modernes est naturellement largement et justement remarquée.

J’écris régulièrement que, dans les moments critiques, la projection de forces terrestres matérialise la volonté politique, la guerre au Mali en est l’exemple. Nul doute que les groupes terroristes ont été très surpris par l’engagement immédiat, puissant et décidé, de la France, nul doute que de nombreux pays retiendront que la France tient sa place comme membre du Conseil de Sécurité et qu’elle a encore les moyens de peser en faveur de la paix en faisant la guerre.

Demain sera une autre histoire, au Politique d’y voir clair et de décider dans l’incertitude, au Soldat de bien exprimer les options et d’agir dans l’adversité. Aux Français d’avoir de la patience car très souvent le temps de la guerre n’est pas celui des médias. Aux soldats engagés tout notre soutien moral.

 

Général de corps d'armée (2S) Dominique DELORT

Président de la Saint-Cyrienne

L'esprit de Camerone, aussi

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Dimanche 27 janvier 2013


Lors des obsèques d’un camarade, quelques pensées m’assaillent.
 
La mort n’est, hélas, plus ce qu’elle était.
 
Pour m’en convaincre, je regarde l’alignement des dates muettes dans un cimetière d’aujourd’hui. Notre “art funéraire” ne dit rien de plus qu’un registre d’état civil: un nom, deux dates. L’emblème religieux éventuel conjugue encore au passé une espérance ensevelie. Un constat bien malheureux.
 
Le silence éternel d’un espace confiné. Quel contraste avec l’art funéraire des Romains et notamment avec ces extraordinaires sarcophages ornés dont la mode fit fureur aux II° et III° siècles de notre ère. Ils m’avaient toujours intrigué par le fusionnement des images enchevêtrées, criantes de présence, de vie, d’amour et d’humour.
 
Cercueils de pierre, message d’outre-tombe, les morts parlent aux vivants, les impliquent dans l’aventure qu’ils ont vécue et qui se poursuit dans l’au-delà. C’est parce qu’ils l’ont vécu de bout en bout que leur message porte si loin, que nous en percevons encore l’écho dans notre morne silence.
 
L’art tout court, dit-on, est solidaire de celui de vivre. L’art d’être mort, sans l’être tout à fait, mais il ne vit plus dans les pensées des générations à venir.
 
Bientôt le 150° anniversaire du combat de Camerone, la valeur militaire héroïsée. La vie des hommes du capitaine Danjou se déroulait sur plusieurs plans, engageant ce que nous appelons aujourd’hui le réel et le symbolique, le naturel et le surnaturel, l’historique et le mythique, le sacré et le profane.
 
La commémoration du combat célèbre nous unit, elle nous amène jusqu’au bout de nos valeurs et le moment surgira, insaisissable, où il nous faudra, comme chaque année, faire apparaître l’ordre éternel des choses. Ce destin, pour fameux qu’il soit, devra continuer de prendre sa place, rien que sa place, sans déborder jamais dans la démesure.
 
Ainsi le temps pourra dévoiler sa plus imperfectible dimension, celle de l’impalpable et insaisissable instant présent.
 
L’esprit de Camerone nous fait découvrir l’alchimie propre  à ces magiciens que furent les légionnaires de Camerone, à transposer leurs actions et les comparer à un présent qui pose aujourd’hui, avec l’actualité, plus de questions que  de réponses auxquelles il ne répondra jamais.
 
More Majorum.
 
Christian Morisot
Signature MOMO

Grandeur et décadence ......‏

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   * Le monde est complexe et dangereux 

Il est loin des « blocs » que nous avons connus des décennies durant, aussi bien que de la « fin de l’histoire » que l’on nous annonçait voici vingt ans, et encore plus loin de la « paix définitive » qui aurait permis « d’engranger les dividendes de la paix » chers à des hommes à la courte vue. 
Ce monde, notre monde, reste dangereux. Comme les "prophètes " que personne n’écoutait dans les années 1930, je ne cesse de dire que le décuplement des dépenses militaires en Extrême-Orient depuis dix ans devrait nous inciter à mieux surveiller les diminutions insensées que subissent les nôtres. Dans l'Histoire en effet les mêmes causes produisent les mêmes effets et il y a donc tout à craindre des abandons qui se produisent chez nous.
Mais encore faudrait-il voir le monde comme il est et non comme beaucoup voudraient qu’il soit.

 

    * Méfions-nous du « prêt à penser »

Il est presque toujours faux et ordonné à des fins peu recommandables.
Non   le Kosovo n’est pas meilleur après la campagne qu'ont conduite les alliés en 1999, montée suite à une incroyable guerre d’intoxication médiatique diabolisant les Serbes et présentant les Albanophones comme des anges persécutés…
Il en résulta la fondation du premier pays [1]   presque totalement mafieux du continent européen, dont la population originelle, serbe, a été sans pitié chassée de chez elle dans le silence des médias ; ses monastères détruits et ses maisons incendiées.
Non   l’Afrique d’aujourd’hui ne vit pas mieux que du temps de la colonisation, à commencer parce que l’esclavage (personne ne le dit) et les massacres ethniques sont repartis de plus belle et que bien des Etats officiellement constitués sont en faillite aussi bien financière que politique.
Non   la Libye d'aujourd'hui n'est pas meilleure que celle d'hier, puisque au demeurant elle n'existe tout simplement plus, et que son tyran a été remplacé par d'autres, en plus grand nombre.
Non   la démocratie occidentale n’est pas applicable à tous les continents et à tous les pays. D’abord parce que ce n’est pas un système unique (voyez comme la nôtre est différente de celle des Etats-Unis ou d’Israël, ou bien encore de la Grande-Bretagne) ; ensuite parce que ce système politique ne peut s’épanouir qu’au sein de peuples voyant la personne comme un individu et non comme une partie d’un tout (socié tés personnalistes contre sociétés holistiques)…

 

    * Dans les grandes questions du monde ...

...n’oublions jamais de considérer le paramètre démographique. Il est capital et le silence des médias et des analystes sur ces sujets en dit long sur l’aveuglement, qui ne peut qu’être volontaire, de nos élites autoproclamées. 
Ainsi, quel est l’avenir de l’Allemagne, qui aura perdu sept millions d’habitants en 2030 et se verra peuplée en grande partie de ressortissants d’origine turque ? Sera-t-elle-la même ?
On sait que l’islam confond la sphère publique et la sphère privée en refusant absolument de distinguer « Dieu » et « César ». Or, cette distinction est à la base même des systèmes démocratiques. 
Enfin, oublie-t-on qu’une population peut être chassée de chez elle, ou se voir remplacée par une autre, les autochtones se retrouvant alors comme étrangers sur leur propre sol ? 
Sans remonter à la diaspora juive du premier siècle, pensons aux Coptes d’Egypte, aux chrétiens de Turquie et d’Asie (20% de la population en 1900 alors qu’ils sont aujourd’hui 0,02%, soit mille fois moins) ou bien encore aux Serbes du Kosovo, déjà cités (90% de la population en 1900 et moins de 10% aujourd’hui) ! 
Hors les idéologues, qui peut être assuré qu’en France, nous sommes à l’abri de tels phénomènes ? 
Refuser d’examiner la question sous couvert de mots en « isme » est singulièrement irresponsable. 
Or, entendons nous que l’on pose cette question ? Non. 
Considérons aussi l’incroyable effondrement démographique de nos voisins Italiens et Espagnols et tentons d’imaginer ces deux pays dans trente ans ! « Il n’est de richesse que d’hommes », dit le proverbe. 
Que sera la civilisation occidentale si, dans trois siècles, des touristes visitent nos cathédrales sans que personne ne puisse leur expliquer le sens d’un   Christus pentocrator dont ils contempleront la sculpture sur le tympan, ainsi que cela se passe pour les églises de Cappadoce, alors que plus aucun chrétien ne vit aux alentours ?
Rien n’est définitif dans l’histoire des hommes, pas plus le tracé des frontières que les peuples qui s’abandonnent et doutent deux-mêmes .

 

    * Enfin, cessons de nous croire à l'abri des menaces militaires...

... au motif que nous possédons d’admirables sous-marins nucléaires.
La guerre est bien de retour et le fracas des combats des Balkans, maintenant assourdi, nous rappelle qu'elle peut s’inviter dans des contrées européennes très proches, et pourquoi pas chez nous ? Qui peut ignorer que si tout le monde (tout le monde, sauf nous !) réarme sur la planète, c’est bien pour quelque raison ! 
Et l’Europe, direz-vous ! 
Fort bien, mais l’Europe n’est sur le plan militaire qu’une addition de faiblesses, vous le savez. Ajouter des faiblesses à d’autres faiblesses n'a jamais constitué une force mais bien une faiblesse plus grande encore [2]   ! 
Comme le disait, je crois, Roosevelt au moment de la Grande dépression, puis au début de l'engagement américain dans la 2e   guerre mondiale, « Ce que nous devons craindre le plus au monde, c'est la peur elle-même ». Or, l'histoire nous enseigne que les populations qui ont peur de la mort sont celles qui disparaissent de la surface du globe. 
Notre manière « d'évacuer » la mort de la vie sociale est effrayante en elle-même, car un jour ou l'autre , nous devrons combattre pour notre vie, et donc la risquer. Ne pas s'y préparer c'est nous assurer de perdre cette vie à coup sûr. 
Cela s'appelle   la lâcheté , qui n'a jamais attendri aucun adversaire déterminé ; jamais, bien au contraire. 
Rappelons-nous avec honte que certaines erreurs peuvent être commises puis recommencées :   la République naissante déclara la guerre illégale en 1791 et se trouva en conflit avec l'ensemble de ses voisins deux ans plus tard.   En 1928, à la Société des Nations, cet ancêtre de l ’ ONU, le « Pacte Briand-Kellog » déclara la guerre « criminelle » à la face du monde. Onze ans plus tard, aussi bien la France que la Grande-Bretagne étaient acculées à une mobilisation générale dans des conditions désastreuses, pour aboutir à ce que l'on sait : l'occupation de toute l'Europe sauf la Suisse, et aussi les camps de concentration. Nous n'avions pas voulu lire   Mein Kampf , non plus que méditer les pensées de Lénine et voir les camps soviétiques, qui mèneraient l'un à Katyn et l'autre à Treblinka ou Sobibor.
«   Le droit sans la force n'est rien, la force sans le droit c'est la tyrannie   »   disait à peu près Pascal. 
Souvenons-nous-en. 
Enfin, je voudrais insister sur le sens des mots. Discutant avec plusieurs d'entre vous pendant la session j'ai une nouvelle fois constaté que les mots n'avaient souvent pas le même sens pour l'un et pour l'autre. Je pense à un échange récent sur le mot   République   dont mon partenaire me disait que « Pour lui la république c'était… ».
Or, là est le danger : nous n'avons pas à dire que « Pour nous » un mot veut dire telle chose ; nous devons au contraire nous référer à sa définition exacte sinon plus aucun échange n'est possible. 
Reprenant l'exemple de la République, je lui disais que celle-ci se définit par trois critères et seulement trois : Un   gouvernement collégial , qui   obéit à des lois , et dont le   mode de succession n'est pas dynastique . Un point c'est tout. 
La république romaine était-elle démocratique ? Non, mais c'était tout de même une république. 
Donc, ne confondons pas les mots les uns avec les autres. Ainsi de la démocratie [3] , qui peut parfaitement trouver sa place dans un système monarchique comme en Grande-Bretagne et ainsi de suite. 
À notre époque où le   dialogue   semble érigé à la hauteur de vertu et de principe cardinal des relations sociales, travaillons donc à ce qu'il soit possible au travers de mots employés dans leur juste sens. Nous aurons alors fait un grand pas vers la clarté et de saines relations interpersonnelles. 
J'insiste : cette question de la précision du vocabulaire est absolument essentielle si l'on y réfléchit bien. 

En conclusion   : 

- Il nous faut chasser l'idéologie , quelle qu ’ elle soit ; de « droite » ou de « gauche ». C'est une maladie mortelle de l'esprit car elle fait voir la réalité au travers de   systèmes d'idées , qui sont autant de lunettes déformantes. 
A l'idéologie il faut opposer le   principe de réalité   qui veut que   les choses soient ce qu'elles sont, Q ue cela nous plaise ou non . Alors on peut agir en espérant ne pas trop se tromper. 
Il n'y a pas de bons camps de concentration (cubains, nord-coréens, chinois) dont on ne parle jamais, et de mauvais, les nazis, dont il faut sans cesse se souvenir. 
Il y   a eu   et il   y a   des camps de concentration où des innocents sont morts et   meurent encore   dans des conditions atroces. 
Il n'y a pas l'antisémitisme, évidemment condamnable des « néonazis », et sa variété excusable?, celle des « islamistes », qui est passée sous silence. Il y a l'antisémitisme (qui d'ailleurs est un antijudaïsme), un point cest tout. 
Au nom de quoi devrait-on condamner « l'islamophobie » si l'on ne le fait pas de la « papophobie » ou de la « christianophobie » ? A-t-on vu un chrétien Chaldéen ou un Melchite se faire sauter dans une mosquée d'Irak ? Un seul ? Dès lors, comment  mettre sur le même pied « les » intégrismes ? 
Il existe quand même une différence   de nature   entre un zélateur d’Al Quaeda et un Mormon, je crois. 
Distinguer   souverainement   le bien du mal, ne pas mettre à égalité le bon et le mauvais s’appelle aussi : Liberté. 
Il nous faut être convaincus   que   la France est et reste une grande puissance . Du moins si elle continue de le décider. 
Aujourd'hui, combien de pays ont-ils une représentation diplomatique dans le monde comparable à la nôtre ? Un seul. 
Combien de pays disposent-ils de sous-marins lanceurs d’engins totalement conçus, fabriqués, maîtrisés par leur gouvernement national dans le monde ? Trois, et pas la Grande-Bretagne. 
Combien de pays disposent-ils de porte-avions de premier rang à catapulte avec une flotte aérienne adaptée, moderne et entrainée ? Deux. 
La France est au premier rang de   toutes   les grandes négociations mondiales, elle dispose d’un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, ses avions volent dans tous les cieux de la planète. Elle est au premier rang de la technique, de l’art, de la littérature. 
Elle est au premier rang des pays possédant un patrimoine multiséculaire, admirable et entretenu. 
Elle est au premier rang de certains travaux de recherche, elle inonde une partie du monde de son rayonnement culturel, artistique, commercial, d’influence, et ce   depuis neuf siècles   sans discontinuer !
Quand la France parle, on l’écoute, parfois on la jalouse et on la brocarde de temps en temps, mais on l’écoute et son message est souvent reçu. C’est un fait. 
Cependant… restons modestes   et cessons de donner des leçons au monde entier, car, comme d’autres, nous n’avons pas que des qualités. Le blanc de notre drapeau n’est hélas pas immaculé. Nous avons aussi de graves défauts : nous sommes souvent arrogants, légers, hâbleurs, désunis, insupportables. 
Nous voulons répandre les Droits de l’Homme sur le monde, mais nous avons inventé le génocide sous le terme de   populicide , puis l'avons mis en oeuvre en Vendée en 1793. Nous sommes (avec raison) pour la tolérance religieuse, mais… des Dragonnades de Louis XIV [4]   aux « baptêmes républicains » de Carrier à Nantes ou aux lois d’Emile Combes en 1905 [5] , nous savons aussi persécuter nos concitoyens pour leurs convictions religieuses… 
Cependant   et tout bien considéré,   soyons fiers de ce que nous sommes ,   mais avec mesure. 
Soyons fiers de notre héritage multiséculaire, en ayant conscience de ce que   nous sommes les « débiteurs insolvables »   des richesses léguées par nos ancêtres.
Nous ne pourrons jamais rembourser cette dette, qui nous oblige. 
Mais soyons aussi convaincus que   cet héritage est fragile   et peut s’effondrer en quelques années, voire quelques mois si des événements dramatiques venaient à se produire et auxquels nous n’aurions pas fait face à cause de notre   impréparation , de notre   inconscience , ou par   inconsistance ou   imprévoyance . 
Voyez comme s’est écroulé l’Ancien régime en quelque semaines [6] , ou encore le tsarisme, le communisme, la Vienne impériale, sans parler des empires romain, moghol, khmer ou aztèque…
Ce formidable patrimoine,   notre   patrimoine (matériel et immatériel) est fragile et se trouve entre nos mains. 
Alors restons vigilants et combattons les idées dangereuses pour l’avenir, tout en travaillant d’arrache-pied à   l’unité de notre nation , qui en a de jour en jour plus besoin.
Nous savons de mémoire séculaire, depuis Bouvines pour le moins, que la France unie est victorieuse des défis.
Désunie elle se dissout et, qui sait, pourrait disparaître.
Cela ne se doit pas.

  Alexandre Lalanne-Berdouticq

[1]   Grand comme un département de chez nous : 10 000 km2 et un million d’habitants…
[2]   Dix estropiés au départ d'un cent mètres olympique ne feront pas un champion !
[3]   Dont la caractéristique essentielle est que le   siège de la souveraineté   se tient « dans la personne du peuple », qui délègue ou non son autorité à des mandataires (démocratie directe ou indirecte).
[4]   Contre les Protestants
[5]   Contre les Catholiques
[6]   Il a succombé à des crises multiples et simultanées : économique avec des dettes abyssales et une fiscalité inopérante et injuste, une défiance du peuple dans ses élites qui ne le représentaient plus, l’incapacité du système à se réformer et un pouvoir impuissant qui refusait de voir la réalité. Comparons avec aujourd’hui…

Le général ( 2°S ) Lalanne-Berdouticq , ancien commandant du 3e régiment étranger d’Infanterie et ancien chef du bureau de liaison de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban FINUL 2, lors de la clôture d'une récente session de l'IHEDN.


Réflexions d’un chibani sur la guerre au Mali

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      J’ai eu la vocation militaire très tôt et mes lectures d’adolescent tournaient autour des récits de guerre. Plus encore que ceux de 1914/18, ceux de la période coloniale me fascinaient car ils mettaient en scène de jeunes chefs, isolés avec quelques soldats autochtones sur des territoires immenses, face des adversaires souvent redoutables par leur maîtrise du terrain, leur fanatisme et leur mépris de la mort.

     Sans avoir eu la chance de commander à mon tour un « escadron blanc », j’ai acquis, jeune, une petite expérience de la solitude du chef sur le terrain, de l’adversaire à épier et si possible à surprendre, des hommes à encourager souvent, à calmer parfois et à ramener toujours, vivants, blessés ou morts...

    Plus tard, j’ai mesuré le poids de l’opinion sur la politique de défense et constaté notamment que les deux guerres du Vietnam avaient été perdues davantage sur les campus et au parlement que dans la brousse…

    C’est pourquoi, je pense très fort à nos capitaines et lieutenants qu’on vient d’engager au Mali. Par rapport à leurs anciens, ceux par exemple des compagnies méharistes traquant un rezzou, nos jeunes bénéficient de quelques avantages et souffrent de beaucoup de contraintes.

    Ils sont motorisés, disposent d’équipements dernier cri: lunettes de vision et de tir nocturne, GPS, gilets pare-balles et téléphone permettant de communiquer avec l’éclaireur de tête, et de guider l’appui aérien de rigueur, feu ou l’EVASAN.

    En revanche, même s’ils ont acquis un certain nombre de réflexes en Opex et, notamment, en Afghanistan, ils n’ont aucune connaissance du milieu et des habitants.     

    Circonstance aggravante, leurs actions sont contrôlées en permanence par des chefs qui, eux- mêmes, sont en liaison directe avec le CEMA et l’Elysée. Il en résulte que le moindre de leur succès, et surtout les pertes même minimes qu’ils pourraient subir, risquent d’être rapportées au prochain 20 H et d’y faire l’objet de commentaires acides.

    Car, même en milieu militaire, la doctrine de la guerre zéro mort a fait son chemin. Tout en fermant les yeux sur nos 200.000 avortements annuels, nous conférons à la vie humaine un tel prix que tout soldat mort pour la France est dorénavant célébré aux Invalides comme l’était autrefois un maréchal.

    Or, dans le contexte actuel de guerre dissymétrique, l’effet psychologique à obtenir sur l’opinion est déterminant, Cette façon d’honorer publiquement les otages et les morts - innovation dont je salue le principe - présente l’énorme inconvénient de montrer notre vulnérabilité d’occidentaux sentimentaux à des adversaires rompus aux techniques de manipulation de l’opinion via la terreur.

     Eux n’ont aucun scrupule à  utiliser les kamikazes du 11 septembre et autres bombes humaines. Pour eux, la vie d’un homme ne pèse pas lourd par rapport aux effets obtenus : titres de notre presse et gros plans de notre TV…

    Cela dit, je souhaite bonne chance à nos jeunes camarades. Qu’ils sachent utiliser leurs gadgets électroniques et s‘en passer éventuellement… Qu’ils sachent déjouer la ruse des terroristes et la curiosité des journalistes… Qu’ils sachent descendre de leur VAB pour identifier les traces et interroger les habitants sans se laisser berner... Qu’ils sachent attendre patiemment sous le soleil ardent ou dans la nuit glaciale, foncer quand le gibier est débusqué et tirer au but... Qu’ils sachent garder leur sang- froid en toutes circonstances, même quand le niveau baisse, celui du carburant dans les réservoirs et celui de l’eau dans les bidons…   Même quand les gouvernants mettent en garde les militaires contre les bavures et exigent des résultats.

     Comme leurs pères avaient sacrifié les chars à la Ligne Maginot, les responsables politiques privilégient depuis 50 ans l’Arme Nucléaire, Après avoir sabré pendant des années les budgets de la Défense, ils vous engagent dans un véritable imbroglio politico-humain et dans une nouvelle aventure.

 

    A vous de leur montrer qu’au-delà des illusions pacifistes et de la confiance abusive à la technique, la Patrie peut compter pour la protéger sur ses soldats de chair et de sang, des guerriers courageux.

Bonne chance, les guerriers !

Général d’armée Jean Delaunay (en 2° section)

Président de l’association France-Valeurs

***


Lettre de Monseigneur Jean Gabriel DIARRA Evêque de San (MALI)

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+ Monseigneur Jean Gabriel DIARRA
Evêque de San (MALI)

A Son Excellence Mgr. André LACRAMPE
Archevêque de Besançon

Cher Frère,
C’est avec un profond sentiment de gratitude qu’en communion avec mes frères évêques et la Communauté chrétienne du Mali je rejoins par la pensée et par la prière la famille humaine et la famille chrétienne qui entourent avec vous le cercueil où repose le corps du Lieutenant Damien BOITEUX.
Faire la guerre pour obtenir la Paix – Mourir pour préserver la vie d’autrui,
Voilà comment est perçue ici chez nous la fin tragique de DAMIEN.
Cher frère,
Vous ne pouvez pas imaginer quel soulagement nous a apporté l’intervention militaire de votre pays ce 11 janvier 2013. En stoppant les hordes qui s’apprêtaient à déferler sur nous, elle nous a sauvés d’un chaos certain. Un fils du Russey (désormais Notre Damien) l’a payé de sa vie !
Au nom de tous ceux pour qui son combat a apporté un regain de quiétude et une nouvelle lueur d’espérance de paix, au nom de tous ceux pour qui sa Mort a sauvé la Vie, je veux rendre hommage à son sacrifice
Je veux aussi exprimer notre gratitude à votre pays. Notre Archevêque présentera nos condoléances à l’Ambassadeur de France.
Je veux bien sûr exprimer notre compassion et notre affection aux membres de la famille de Damien et à tous ses « parents » du Doubs et particulièrement à ceux du Russey.
Excellence cher frère,
Je vous assure de nouveau de notre communion de prière avec l’Assemblée réunie autour de Damien ce samedi 19 janvier à 14 heures. « Seigneur tu as vaincu la Mort, Seigneur tu as fait briller la Vie. Pour l’Eternité. » Voilà notre Foi et notre Espérance.

+Jean Gabriel DIARRA
Evêque de San


As-tu vu le foulard, le foulard... as-tu vu le foulard du légionnaire...

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Mercredi 23 janvier 2013

La photo d’un légionnaire prise au Mali, fait fulminer l’état-major des armées qui juge inacceptable l’image qu’elle donne de l’Armée française. 

Cet homme qui y risque sa peau, va probablement être sanctionné à cause d’une interprétation hors contexte de ce cliché, d’abord par des internautes « choqués », les pauvres petits… et ensuite par un état-major chatouilleux qui en fait toute une tartine, via son porte-parole, que nous connaissons bien. En réalité, il s’agit pour l’Armée française de faire une guerre dont son commandant en chef, chef, (qu’on se le dise), planqué à l’Elysée, avait prétendu que la France ne mènerait pas, secondé immédiatement par l’inénarrable collectionneur d’art et accessoirement, pour l’argent de poche et les ors républicains, ministre des affaires étrangères, en faisant croire que ce sont les africains qui la font. Donc une image qui pourrait heurter la bien-pensance ou nos amis d’outre-méditerranée. Tous ces braves gens scandalisés y voient déjà planer l’ombre des soldats américains dans la prison d’Abou Grahib ! 

S’il est vrai que le foulard arboré par le soldat en question peut paraître d’un goût douteux, car de toute façon il n’a rien à voir avec sa tenue réglementaire et, à ce titre, son port aurait dû être interdit par le chef de peloton à l’œil acéré, il est vrai aussi qu’il n’y a atteinte qu’au bon goût, parce que, réellement de quoi s’agit-il ?  Pour désagréable, parfois nocive, qui puisse être l'action de ces journalistes-photographes, nous savons qu'ils sont là et qu'ils font leur métier, à leur manière...Donnons donc la parole au photographe qui a commis ce cliché:

« Je me trouvais aux côtés de militaires Français à côté d’un terrain vague, près de la préfecture de Niono. Un hélicoptère était en train d’atterrir et soulevait d’énormes nuages de poussière. Instinctivement, tous les soldats à proximité ont mis leurs foulards devant leurs visages pour éviter d’avaler du sable. J’ai repéré ce soldat qui portait un drôle de foulard et j’ai pris la photo. Sur le moment je n’ai pas trouvé la scène particulièrement extraordinaire ni choquante. Le soldat ne posait pas. Il n’y a aucune mise en scène dans cette image. Le gars ne faisait que se tenir là, en se protégeant le visage de la poussière, en attendant que l’hélicoptère se pose ». 

Nous semblons oublier que les soldats travaillent dans des conditions difficiles, en danger de mort, qu’ils avalent des milliers de kilomètres de route et, emportés par l’enthousiasme de leur jeunesse, se laissent aller à quelques facéties inoffensives, en temps de carnaval. 

Que la hiérarchie militaire s’abaisse à croire nécessaire de faire une enquête sur cette affaire de foulard de motard Harley Davidson, en dit long sur une société de parade où même la guerre est avant tout une affaire de “relations publiques”. 

Il s’agit surtout de faire croire que ce sont les africains qui commandent, qui font la guerre, et que nous ne sommes là qu’en spectateurs discrets et politiquement corrects. 

Savoir mourir oui, mais propre sur soi ! 

Pensez donc, il est inadmissible de choquer le bourgeois parisien confortablement installé devant sa cheminée et les ambassades de nos alliés qui semblent avoir dit à l’unisson : armons-nous et partez ! 

La guerre serait-elle devenue un spectacle de relations publiques, une espèce d’action pour séries télévisuelles que l’on regarde après les infos ? Une sorte de « Plus belle la vie » ? 

 

Christian Morisot et Antoine Marquet

Signature MOMOAntoine


Homélie de Mgr Ravel aux Invalides

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Alors que nous pacifions le Mali par la force, répondant à l'appel au secours du président Dioncounda Traoré, notre évêque aux armées a prononcé ce matin une forte homélie sur la mission du soldat. La voici sans autre commentaire.


Le 13 janvier 2013 à Saint-Louis-des-Invalides

Que notre prière pour la paix soit sérieuse et juste.
Il y a quelques jours, en Afghanistan, je célébrais Noël à Kaboul. Au camp militaire, a été bâtie une modeste chapelle. À l’intérieur, les murs s’achèvent à hauteur de plafond par un bandeau sombre sur lequel se détachent, très nettes, 88 plaques identiques, gravées d’une date, d’un nom, d’un insigne. L’insigne, celui de nos unités militaires. Le nom, celui d’un de nos frères d’armes. La date, celle de sa mort, brutale, mort pour la France, puisqu’il en portait les armes. Et je priais en face de Dieu, sous l’immense présence de ces Français, tués parce qu’ils voulaient détruire la guerre.


Car la mission suprême du militaire n’est pas de faire la guerre mais de la défaire, d’en bloquer la violence, puis de la rendre impossible. Sur le long chemin de la paix, c’est une étape toujours tragique mais parfois nécessaire. Je vous livre le fruit de ma prière à Kaboul, au moment où la France s’apprête à quitter ce théâtre de guerre. Je réfléchissais à quelle condition notre prière pour la paix était sérieuse et juste. Je me disais qu’elle ne peut pas être sérieuse, si elle oublie les drames de la guerre et elle ne peut pas être juste, si elle néglige l’héroïsme des militaires.


Gardons d’abord sous les yeux les drames de la guerre pour que notre prière soit sérieuse. J’en vois qui prient pour la paix comme ils prieraient pour avoir le soleil un jour de pique-nique. C’est dérisoire. Oui, revoyons par la mémoire ces corps tordus de douleurs. Me revient un souvenir brûlant, le corps de cet enfant de dix ans amené en hélicoptère à l’hôpital militaire, le ventre crevé par les éclats d’un engin explosif. Ou cet autre gamin, souriant dans les couloirs et courant vers nous avec deux béquilles et une seule jambe. L’autre avait été arrachée par une mine. Et comment ne pas baisser le regard quand nous croisons celui d’une femme meurtrie dans son cœur ? Telle cette maman, aujourd’hui totalement perdue, parce que son fils unique est mort, là-bas, au champ d’honneur. Elle ne s’en remettra jamais. Et tant et tant de peines vivaces, et tant et tant de blessures visibles et invisibles. Notre prière pour la Paix ne sera pas sérieuse, si nous ne nous tenons pas au bord de cet abîme d’horreurs où se tait la terrible douleur de la guerre. Car souvent la souffrance la plus forte se mure dans le silence le plus profond.


Gardons aussi en mémoire l’héroïsme de nos militaires pour que notre prière reste juste. Pourquoi examiner la justesse de notre prière pour la paix à la lumière de l’héroïsme dans la guerre ? Réfléchissons à nos demandes. Sans Dieu, nos paix sont en carton-pâte, elles font impression un moment, mais elles ne durent pas. Au mieux, nous parvenons à un cessez-le-feu laborieux et fragile. Ce n’est pas là encore la Paix. C’est pourquoi, nous implorons l’aide de Dieu. Jusque-là, nous sommes tous d’accord. Mais quelle aide demandons-nous à Dieu ? L’aide divine ne vise pas à nous donner la victoire contre nos adversaires. Dieu aime tous les hommes y compris nos ennemis. Il ne choisit pas son camp. Il ne va pas rajouter sa puissance à celle de nos chars. Il n’est pas un explosif supplémentaire, ni même une chance donnée au croyant pour éviter les balles. Il sait mieux que nous qu’une victoire ne donne pas la paix. Elle n’ouvre que le chemin d’un nouveau conflit.


Ne demandons pas à Dieu ce qu’il ne peut, ni ne veut, donner. Trop de victoires injustes ont été acquises et trop de guerres impies ont été réalisées au nom de Dieu. Dieu intervient sur le cœur. Il nous aide là où on trouve, justement, la vertu d’un soldat. Nous voilà conduit à regarder l’héroïsme, le courage, l’honneur, ces vertus qui traversent les défaites et les victoires : ce sont ces qualités intérieures qui obtiennent la paix définitive. Un acte de justice obtient plus que la menace d’une arme. Un médecin racontait à un de mes aumôniers ce qui lui est arrivé dans les Balkans. Alors qu’il était en patrouille avec quelques hommes, sa voiture se fait arrêter par des hommes armés et non identifiés qui braquent leurs fusils sur les soldats français. Instantanément ceux-ci pointent aussi leurs armes : la situation va tourner au carnage. Mû par une force intérieure, il sort sans arme du véhicule, les bras levés. Les mercenaires étonnés le laissent venir à eux voyant qu’il était désarmé. Il se met à leur parler et à leur serrer la main. Et il demande aux militaires français interloqués de venir aussi : tout le monde se serrent la main, échangent un sourire et se quittent sans un coup de feu. La maîtrise de soi a gagné la Paix. Dieu travaille à l’intérieur. Demandons-lui ces vertus dont la plus haute est l’amour.


Communiqué de l’ASAF du 13/01/2013

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Les opérations militaires lancées ces dernières heures - tant par l’Armée Française que par le Service Action de la DGSE - au Mali, en République Centrafricaine (RCA) et en Somalie, rappellent que la France doit disposer, en permanence, d’une force armée bien équipée et entraînée, possédant un large éventail de capacités pour agir efficacement face à des adversaires difficiles et dans des pays très différents et souvent éloignés.

Cela implique des effectifs suffisants dès le temps de paix, afin de pouvoir agir dans la durée car le terme d’une opération est rarement prévisible au moment de son déclenchement.

 

L’actualité internationale rappelle donc aux « stratèges en chambre » qu’il est illusoire et mensonger d’affirmer que l’on peut prédire aujourd’hui l’échéance, la nature, la forme, la durée et l’intensité des conflits dans lesquels la France sera ou devra s’engager.

C’est pourquoi notre pays doit consacrer à sa défense militaire les ressources suffisantes pour, détenir, préparer, et le cas échéant engager les moyens lui permettant de garantir son intégrité territoriale et d’assurer la protection de sa population ainsi que la défense de ses valeurs et de ses intérêts stratégiques.

 

A cet égard, il est regrettable que suite aux réductions budgétaires antérieures ininterrompues depuis 30 ans, l’aviation légère de l’armée de Terre ne dispose pas encore d’hélicoptères Tigre équipées de missile antichar longue portée, plus manœuvrant et mieux protégés que les Gazelles en dotation.

Les dividendes de la paix d’hier se paient, comme toujours, au prix du sang des jeunes Français aujourd’hui.

 

L’ASAF à travers ses milliers d’adhérents dont 500 associations - civils et militaires, d’active et de réserve, de jeunes et d’anciens, d’hommes et de femmes - assure l’Armée française et le Service Action de la DGSE de son soutien indéfectible.

Elle leur dit la fierté qu’éprouve l’immense majorité des Français pour le courage et la valeur opérationnelle de ses soldats, connaissant la complexité des engagements actuels et le fanatisme sauvage de leurs adversaires.

L’ASAF estime que les opérations de guerre qui sont menées aujourd’hui et se prolongeront demain s’inscrivent dans un combat pour la défense des intérêts supérieurs du pays ; c’est un combat pour la France.

 

L’ASAF considère enfin que l’Afrique, abandonnée par la France depuis plusieurs années, doit redevenir, avec le Moyen Orient, une zone d’intérêt prioritaire.

Elle demande que notre pays déploie à nouveau en permanence dans l’immense zone sahélienne, des forces conventionnelles dissuasives et des unités militaires destinées à la formation des forces indigènes, pour anticiper et prévenir au mieux les situations telles que nous les connaissons aujourd'hui au Mali et en RCA et qui peuvent se développer demain dans d’autres pays d’Afrique francophones avec lesquels nous avons tant de liens.

RÉDACTION de l’ASAF
ASAF
Mémoire et vérité
18, rue Vézelay 75008 Paris
Tél/Fax : 01 42 25 48 43 - Courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Site : http://www.asafrance.fr
Association 1901 déclarée le 27 mai 1983. J.O. N° 57322 GR 182 - Fédération A. Maginot

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