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Mort du capitaine de Chàteauneuf-Randon du Tournel, commandant la 7e Compagnie du Régiment d'Algérie.

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Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 16/10/1897

NÉCROLOGIE

Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar a le regret de porter à la connaissance de la Colonie la nouvelle de la mort de M. le capitaine de Chàteauneuf-Randon du Tournel, du bataillon de tirailleurs algériens décédé à l'hôpital de Soavinandriana le 13 octobre 1897.

Né le 7 février 1856, M. de Châteauneuf était entré à l’École spéciale militaire en octobre 1876. Il en sortait avec le grade de sous-lieutenant le 1er octobre 1878. Promu lieutenant le 13 décembre 1883, puis capitaine le 11 juillet 1889, il fut envoyé en Tunisie le 19 août 1889 et y séjourna trois ans.
Le 20 décembre 1890, il était nommé capitaine adjudant-major. Hentré en France le 24 janvier 1893, M. le capitaine de Châteauneuf partait pour l'Algérie le 25 mai 1895. Le 12 juillet 1896, il était nommé chevalier« de la Légion d'honneur. Désigné pour servir à Madagascar, il s'embarquait à Marseille le 10 août 1896 à bord du Yang-Tsé et débarquait à Tamatave le 7 septembre suivant. Depuis son arrivée dans la colonie, M. le capitaine de Châteauneuf avait participé à de nombreuses opérations militaires et s'y était fait remarquer par sa bravoure, son énergie et son entrain.

Au moment où il a ressenti les premières atteintes de la maladie qui vient de l'emporter en vingt-quatre heures, il commandait le secteur de Mandialaza, dans le cercle de Moramanga.

Entré, le 12 octobre, à l'hôpital de Soavinandriana, il succombait le lendemain, 13 octobre, malgré les soins empressés qui lui ont été prodigués. M. le capitaine de Châteauneuf-Randon du Tournel était universellement aimé de ses chefs et de ses camarades, qui appréciaient, outre ses vertus militaires, sa grande affabilité, son jugement droit et sûr et ses belles qualités de cœur et d'esprit.

Les obsèques ont été célébrées hier, à 8 h. 1/2 du matin.

Le Gouverneur Général, le Procureur Général ainsi qu'un grand nombre d'officiers, de fonctionnaires et de colons y ont assisté.

L'inhumation a eu lieu au cimetière de Soavinandriana.

Sur la tombe, M. le commandant Cussac, du bataillon de la légion étrangère, a adressé un dernier adieu à M. le capitaine de Chàteauneufeta exprimé, dans le discours suivant, les regrets unanimes que sa mort inopinée cause à tous ceux qui l'ont connu et qui ont été à même d'apprécier ses brillantes et solides qualités.

MON GÉNÉRAL,

MESSIEURS,

Permettez-moi, au nom des officiers des bataillons de tirailleurs algériens et de la légion étrangère, de vous remercier d'avoir bien voulu accompagner jusqu'aux bords de cette tombe leur camarade, le capitaine de Châteauneuf.

Entré au service le 27 octobre 1876, le capitaine de Chàteauneuf-Randon du Tournel avait été nommé sous-lieutenant le 17 octobre 1878. Il était capitaine du 11 juillet 1889 et chevalier de la Légion d'honneur du 12 juillet 1896.

Il avait successivement servi au 99e, au 38e, au 131e de ligne, au 4e régiment de tirailleurs algériens et au 2e régiment étranger.

Il était venu à Madagascar avec le bataillon de la légion, en qualité de capitaine adjudant-major.

Ne trouvant pas, dans ces fonctions, à employer l'ardeur qui l'animait, il avait, dès notre arrivée, recherché toutes les occasions de marcher contre les rebelles; c'est ainsi qu'il avait d'abord obtenu de faire partie de la colonne d'Ankeramadinika, où il commanda le groupe mobile composé de tirailleurs algériens et de tirailleurs haoussas, puis d'être placé à la tête de la 7e compagnie de tirailleurs algériens, dans la vallée du Mangoro. C'est dans cette vallée, dont l'insalubrité nous a déjà causé tant de deuils, qu'il a contracté les germes de la maladie qui devait l'emporter si brusquement.

Ayant eu le bonheur de l'avoir sous mes ordres pendant près de deux ans, j'avais pu l'apprécier.

J'ai rarement rencontré d'homme aussi séduisant. Par la délicatesse de ses sentiments et la générosité de son cœur, il avait vite conquis ceux qui l'approchaient.

Il avait toutes les qualités de l'officier : l'intelligence, la fermeté de caractère, le coup d’œil, l'entrain, le dévouement inaltérable.

Ces qualités lui ont valu, à deux reprises différentes, les félicitations de M. le Général commandant en chef le Corps d’occupation : «après la colonne d'Ankeramadinika et après la pacification de la vallée du Mangoro.

Il a montré, devant la mort, une énergie morale rare. Il l'a vu arriver avec une résignation toute stoïque, car il a conservé, jusqu'au dernier moment, toute la lucidité de son esprit.

Il aurait quitté ce monde sans regret, s'il n'avait pensé à la douleur inconsolable dans laquelle la nouvelle de sa mort allait plonger sa pauvre vieille mère. Cette pensée si touchante a pu seule attrister ses derniers moments.

Pauvre ami ! au nom de tes chefs qui l'estimaient, au nom de tes camarades et de tes soldats qui t'aimaient, je te dis adieu !


Traduction

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