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Légionnaire toujours...

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2014




Les Gambiers Partie 2

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« Captain Teacher », CNE (r) Raphaël Krafft, COS/2e REI. Ed. Buchet-Chastel

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02/10/2014

Extraits et photos publiés avec l’aimable autorisation de l’auteur. Droits réservés.

Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie.

Jacques Prévert.

[En mode sourcils froncés] Quoi ? Un journaliste « typé France-Culture » devient capitaine de la Légion pour animer une radio libre en Afgha ? Mais qu’est-ce-que c’est que cette blague…

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Et puis, et puis… connaissant les képis blancs, nous nous sommes dits : « Un tel projet : ne pas considérer le déploiement en Afghanistan que d’un point de vue purement militaire, créer un lien avec la population, par l’intermédiaire d’une radio en langue pashto… Serait-ce si étonnant de la part des Légionnaires ? ». 

Ce n’est donc pas une blague. En 2009, Raphaël Krafft, journaliste radiophonique, est appelé par le COL Bernard Durieux, chef de corps du 2e REI, pour aider à la fondation d’une radio communautaire, indépendante de toute autorité politique (y compris de la hiérarchie militaire française et de ses services « d’influence » auprès des populations), animée par des Afghans et émettant depuis la base de Tora. Pour faciliter le projet, Raphaël s’engage, devient Capitaine de réserve rattaché au COS et s’envole pour l’Afgha. C’est cette aventure qu’il nous compte dans « Captain Teacher » - Capitaine professeur, surnom donné par les journalistes afghans qu’il doit former. 

Une succession de rencontres, avec les Afghans, la guerre, la Légion... Une vision du conflit originale, décalée, entre franche rigolade lorsque Raphaël doit entrer dans le « moule » légionnaire (inénarrable Capitaine Negroni…) et un certain spleen qui s’installe au fil des pages, enthousiasme et sympathique idéalisme des débuts, contrariés par la tournure des évènements...

Allez, on allume la radio.

***

La tâche que m’assigne la Légion est (…) de monter une radio de A à Z : de la fabrication du studio à l’habillage de l’antenne en passant par la formation des personnels. Le chef de corps a été très économe en mots pour m’informer de ma mission ; l’armée a une approche du travail par objectifs : « Capitaine Krafft, vous devez créer Radio Surobi dans les délais les plus brefs et il faut qu’elle marche. Débrouillez-vous. »

Moulez-là, gros rat ! 

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CNE Negroni

Son coup de taureau, ses bajoues saillantes, ses sourcils épais qui lui barrent le visage, son regard scrutateur me rappellent le colonel Kurtz d’Apocalypse Now. Il m’attend accoudé sur le capot d’une P4, cigarette à la bouche. Alors que je le salue à la mesure du ton avec lequel il me parlait la veille au téléphone, le capitaine Negroni me tend négligemment le plat de la main sans changer de posture, et me juge de la tête au pied avec un regard de biais.

- Alors vous voilà, capitaine Krafft ! me dit-il se redressant tout à coup en appuyant sur le « ca » de capitaine et le « kra » de Krafft avant de se tourner vers le major Houssin, complice.

- Le capitaine Krafft s’est-il bien comporté, Major ? L’interroge-t-il avec cette même insistance sur les consonnes dures et le sourire en coin.

- Ca va, mon capitaine, répond-il sans conviction, il y a encore quelques réglages à faire, mais je suis sûr qu’entre vos mains notre jeune capitaine sera bientôt digne de son grade.

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Légionnaires du 2e REI et Ali Baba, interprète, devant le studio-bunker

- Voici radio Surobi ! me lance Negroni l’air satisfait. Et voici Aziz et Nasser, nos amis afghans et Monsieur Ali Baba, notre interprète ! (…) Je vous présente le capitaine Krafft qui est venu spécialement de France pour s’occuper de vous. Dès demain, il vous apprendra à parler dans un micro et à devenir des journalistes, c’est un spécialiste de la radio.

Les Afghans s’inclinent en guise de reconnaissance, le capitaine s’installe dans un des fauteuils inclinables dont a été équipé ce qui ressemble à la salle de rédaction quand entre le colonel en second. Ce dernier m’inspecte de la tête au pied avant de me lancer :

- Alors que pensez-vous de notre radio, Krafft ?

- Magnifique mon colonel, dis-je sincère.

En effet, la Légion n’a pas lésiné pour rendre le lieu confortable et fonctionnel : tableaux blancs aux murs, ordinateurs, armoires de rangement, sièges conférences, etc.

- Que pensez-vous de mon marbre blanc ? lance-t-il, très fier, il m’a coûté une fortune.

- Mon colonel, c’est beau le marbre mais ça résonne comme dans une cathédrale. Ce n’est pas idéal pour une radio.

- Krafft ! intervient Negroni en criant, moulez-la ! On n’est pas à France Culture ici ! On doit s’adresser ainsi à un supérieur dans la Légion : « Mon colonel, j’appelle respectueusement votre attention sur le fait que le marbre est plutôt déconseillé dans la conception architecturale d’un studio radiophonique. » Reçu ?

- Reçu.

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Sayef, Aziz, Nasser et Abid, animateurs de Radio Surobi

Voici donc le capitaine Krafft qui va commencer aujourd’hui votre formation. C’est un vrai journaliste. Il va vous apprendre à animer une radio libre. Car je vous rappelle que Radio Surobi doit être une radio libre, c’est le souhait du chef de corps. 

Je l’interromps :

- Mon capitaine ?

- Oui, Krafft ?

J’appelle respectueusement votre attention sur le fait que l’appellation radio libre n’est pas la plus appropriée pour Radio Surobi.

- Mais c’est ce que demande expressément le chef de corps ! Il ne s’agit pas de faire Radio Paris ici !

- Certainement mon capitaine, mais le terme de radio libre est initialement synonyme de radio pirate (…)

- Vous voulez dire que le terme radio libre à une connotation de gauchiste ?

- De gauche en tous cas.

- Ce serait un comble que la Légion soit à l’initiative d’un tel média. Vous rendrez compte au chef de corps, mais n’oubliez pas de mettre les formes !

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Le COL Durieux et les Légionnaires du 2e REI à Tora

- Alors comme ça, Krafft, vous fumez vos clopes avachi dans un transat en plein milieu du camp au vu et au su de toute la troupe ?

- Les nouvelles vont vite à ce que je vois.

- Ne faites pas le malin Krafft et moulez-là ! Nous avons été tolérants et patients avec vous, conscients que nous sommes de votre inexpérience militaire. Mais il est grand temps que vous preniez le pli mon garçon. D’autant que le chef de corps a décidé de vous intégrer au régiment en vous remettant ce béret vert – qu’il me tend, avant d’immédiatement s’en ressaisir. Hop hop hop ! Vous ne croyez pas tout de même que vous allez porter un béret de la Légion avec votre coupe de hippie !

- Ma coupe de hippie ? Vous plaisantez ? Je n’ai jamais eu les cheveux aussi courts depuis mes classes !

(…)

- Laissez-lui une houppette de Saint-Cyrien, il ressemblera à un FAF [militant d’extrême-droite, acronyme de la France Aux Français]

Greco s’exécute et me repasse maladroitement la tondeuse en appuyant fort et de façon répétée sur toute la surface de mon crâne pour ne laisser qu’un tout petit millimètre sur la tête, haut du front excepté où je sens dépasser la fameuse houppette du GUD [Groupe Union Défense – organisation d’extrême droite]. Negroni me détaille le visage, tire sur sa Dunhill, la garde à la bouche et, satisfait, me pose de ses deux mains le béret vert sur la tête.

- Vous ressemblez enfin à quelqu’un, Krafft ! (…) enfin vous voilà beau ! Et n’oubliez pas de faire la gueule quand vous vous promenez dans le camp, les Légionnaires doivent vous prendre pour un sale con, c’est important.

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CNE Negroni, soirée de la Saint-Sylvestre
 
Asseyez-vous donc, gros rat ! m’intime Negroni de bonne humeur avec ce sobriquet amical qui ne me quittera plus, avant de commander un café au caporal de semaine. 

 

- En quoi puis-je vous être utile, mon capitaine ?

- En rien Krafft. Je vous ai fait venir pour que nous discutions autour d’un bon café, histoire de nous détendre et de bien commencer la journée.

- Merci mon capitaine, mais j’attire respectueusement votre attention sur le fait que les stagiaires afghans m’attendent pour la première leçon.

- On n’attire pas l’attention d’un supérieur – je vous rappelle qu’à grade égal l’ancienneté prime et que j’en ai des décennies de plus que vous – on appelle l’attention, nuance ! Quant aux Afghans, ils attendront.

Entre alors dans le bureau un jeune capitaine, commandant d’unité, qui lance à Negroni :

- Alors mon capitaine, toujours à crouler sous le boulot ?

- Moulez-là Vancina ! lui crie-t-il avant de se tourner de nouveau vers moi : Voyez-vous, Krafft, le secret d’un bon chef c’est de savoir déléguer, donc de bien s’entourer. C’est ce que le jeune Vancina n’a pas encore compris. Dans le cas qui nous intéresse et en ma qualité de directeur de Radio Surobi, je vous délègue la tâche de créer cette radio. Mais n’oubliez pas une chose : si Radio Surobi est un succès, je serai félicité ; dans le cas contraire, c’est vous qui serez puni. Et maintenant disparaissez. 

Débrouillez-vous Krafft !

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Le doyen du village de Ganda Khasaray

[Réunion d’un tabor d’Afghans, une quinzaine de poètes, appelés à réciter des poèmes à l’antenne]

Il règne un silence de plomb dans la pièce, quand l’un d’eux, le plus âgé, dit à mon adresse :

- J’aime Jeanne d’Arc.

- Formidable ! m’écriais-je, heureux que la glace se brise enfin. Pourquoi cela ?

- Parce qu’elle s’est battue vaillamment contre les Anglais comme le fit Malalai en son temps.

- Malalai ?

- C’est la « Jeanne d’Arc afghane », mon capitaine, me souffle Ali Baba. Elle a rallié l’armée pashtoune contre les troupes britanniques lors de la bataille de Maiwand, à la fin du XIX° siècle.

- Oui, nos deux peuples ont cela en commun, lui dis-je.

- Faux. Les anglais sont désormais vos amis, ils se battent à vos côtés en Afghanistan.

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Aziz prépartant une emission

Aziz lit son texte. Je comprends, à la sonorité et au rythme de sa voix, à l’harmonie des mots de cette langue qui m’est pourtant étrangère, qu’il a écrit un vrai poème pour décrire le réfectoire de la Sodexo dont il est allé enregistrer l’ambiance.

« Les murs blancs au soleil de ces boîtes en plastique collées les unes aux autres affectent mon regard.  Je voudrais un paysage vierge pour m’éblouir du spectacle des montagnes de Kaoun dans le lointain (…) J’entre dans le réfectoire. Les employés s’affairent pour préparer le déjeuner, ils parlent des langues inconnues de la mienne. Hindi ? Tamoul ? Je me sens tel un étranger sur cette parcelle d’Afghanistan où est posée cette boîte en plastique blanc qui abîme mon regard. Je m’assieds près d’une fenêtre. Au loin je vois les montagnes de Kaoun, elles sont éblouissantes de beauté. »

Après que Georges m’ait traduit son texte, je suis pris au dépourvu et ressens un peu de honte, le chronomètre en main, à vérifier s’il a respecté le temps que je lui avais imparti. Ce serait dommage, me dis-je, d’imposer ici les formats courts et froids des radios françaises, voix au débit mécanique, à la musicalité répétitive, véritables tirettes à bière de l’information.

Formidable Krafft !

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Radiodiffusion d’une poésie, Aziz en arrière-plan

Le poète commence à déclamer, quand arrive le colonel.

- Formidable ! S’émerveille-t-il en nous affranchissant du garde-à-vous d’un geste de la main. Que dit-il ?

- Je ne sais pas, mon colonel, lui dis-je un peu inquiet. J’enregistre l’émission et vous ferai remettre une traduction dès que possible.

- Il parle de l’Afghanistan, de ses divisions, dit Georges, les bras croisés, et visiblement ému par ce qu’il entend.

Faites que nous vivions en paix, sur un parterre de fleurs.

Au tour de Negroni, de retour de sa sieste – c’est vendredi – d’entrer dans le studio

- C’est formidable ! s’écrie-t-il lui aussi. Mes respects, mon colonel, qu’en pensez-vous, mon colonel ?

- Formidable Negroni. Je n’imaginais pas que la radio prendrait un jour cette dimension.

Formidable est le mot qui convient. Radio Surobi est un incontestable succès. Difficile bien sûr pour Raphaël d’évaluer l’audience, mais les dizaines d’appels journaliers pour dédicacer une chanson, les milliers de lettres reçues, prouvent qu’une bonne partie de la population adhère au projet.

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Ecole de Ganda Khasaray

- C’est encore trop tôt, mon capitaine, répond Aziz quand je lui demande à la fin du cours s’il serait possible un jour [d’avoir des femmes] à l’antenne. Les gens manquent d’éducation ici, ils vivent coupés d’avec le reste du monde depuis toujours. Il faut y aller petit à petit. Commençons par faire apparaître des voix de femmes dans le cadre de nos reportages en interviewant des infirmières à l’hôpital ou des personnalités politiques féminines quand elles se présentent. Plus tard, lorsque notre légitimité sera accrue, nous pourrons réfléchir à un moyen d’avoir des journalistes femmes ou des animatrices. Mais il est impensable qu’elles viennent travailler ici, à Tora, sur la base militaire. On les considérerait comme des femmes de mauvaise vie.

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Aziz en reportage

- Et donc Aziz, tu me disais que tu connaissais des « frères tristes » [surnom donné aux insurgés] ? 

- Oui bien sûr, qui n’en connaît pas ?

Il regarde autour de lui et reprend :

- Pour ma part, j’ai un ami  d’enfance qui est parti sur les crêtes. Nous ne partagions pas les mêmes points de vue politiques, je n’approuve pas ce qu’il fait, mais cela ne nous empêche pas d’être restés en contact (…).

Du peu que je comprenne de l’Afghanistan et du conflit qui la meurtrit, cet aveu ne me choque pas. Dans « Guerre, contre-insurrection et démocratie, après l’Afghanistan », Durieux écrira : « Dans ce pays, comme dans d'autres théâtres de crise, il n'y a pas de coupure franche entre les amis et les ennemis, entre les insurgés les plus fanatiques et les partisans les plus convaincus du gouvernement légitime (...) Si ligne de partage il y a, c'est dans le cœur de chaque Afghan. »

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Nasser à l’antenne

Je suis un peu fébrile, à fleur de peau depuis le départ de mes protecteurs. J’ai le sentiment que la survie de Radio Surobi ne tient qu’à un fil, que le pacte de confiance établi avec Aziz, Nasser et Abid peut à tout moment voler en éclats. Je commence à croire que la charte signée par le colonel Durieux n’est finalement qu’un bout de papier sans consistance maintenant qu’il est rentré à Nîmes. Et puis, je dois bien l’avouer : je me suis lié à cette radio et aux Afghans qui l’animent. Je ne prends pas les mises en garde de Negroni très au sérieux.

- Suivez mon conseil, Krafft, ne vous attachez pas. Ni à Aziz, ni à Nasser, ni aux autres. L’attachement conduit au déchirement.

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CNE Negroni, fan des Pet Shop Boys

- J’ai planché sur la façon d’intégrer Radio Surobi à la chaine de commandement.

- Mouais, dis-je, toujours aux aguets quand les militaires se mêlent de nos affaires.

- Il faut bien que tu comprennes que c’est la condition de la survie de la radio. Un chef qui débarque ici, il faut bien qu’il sache où situer la radio dans le schéma « mili » qu’il a en tête et aussi savoir à quoi elle sert.

- A quoi elle sert ? Que veux-tu dire par là ? 

- Tu es naïf, Raphaël, c’est fini le temps de Durieux et de Negroni.

Gâchis ?

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Départ du CNE Negroni

Débuté avec de francs éclats de rire, « Captain Teacher » se clôt sur une note morose. Les temps ont changé ; l’indépendance de Radio Surobi vis-à-vis des « Opérations Militaires d’Influence » est mise à mal, préambule à la diffusion de messages plus convenus, formatés, contrôlés, voire propagandistes. La présence de Raphaël n’est plus souhaitée/souhaitable. 

Le 25 août 2010, sur le tarmac de Kaboul, assis dans l’attente du décollage qui va le ramener définitivement en France, Raphaël rumine. Tout ça pour ça. Par le hublot, il aperçoit  un convoi. Ce sont les cercueils du CCH Jean-Nicolas Panezyck et du CNE Lorenzo Mezzasalma, rapatriés par le même avion. Il ferme le store du hublot. Tout ça pour ça.

***

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Raphaël Krafft est né en 1974. Journaliste indépendant, il alterne reportages au long cours et voyages à vélo dont il tire des livres et émissions radio pour, notamment, France Culture. En 1997, appelé du contingent, il est animateur de la radio Azur FM à Sarajevo, en langue française, destinée aux troupes et francophones de Bosnie. En 2004, il forme les journalistes d’une radio communautaire au Congo-Kinshasa. En 2009, sur une initiative du COL Benoît Durieux, chef de corps du 2e REI, il s’engage dans l’armée pour aider à la mise en place d’une radio communautaire en langue pashto, « Radio Surobi ». Formant les volontaires afghans aux rudiments du reportage et de l’animation radiophonique, il en tire son surnom de « Captain Teacher », Capitaine professeur. Il passe plusieurs mois sur la base de Tora, aux côtés des 2e REI, 2e REP et 126e RI. Redevenu civil, il poursuit sa carrière de reporter et enseigne en école de journalisme. Dernier projet en date avec son complice Alexis Monchovet : "Vélo do Brasil" : 3 mois à parcourir le Brésil, coupe du monde incluse, à la force des cuisses et des mollets, le tout avec un regard évidemment décalé. Ne manquez pas le film tiré de l’aventure. Vous passerez une bonne soirée.

***

Radio Surobi

La guerre, je l'ai fréquentée en d'autres lieux en tant que reporter. J'ai attendu de nombreuses fois qu'elle survienne pour rassasier ma soif d'adrénaline, me rappeler ou rappeler aux autres que j'existe, m'exalter de vivre un moment extraordinaire, historique parfois, ou simplement pour avoir de quoi écrire un article. (...) [Mais] être acteur à la guerre, c'est autre chose. Je m'en rends compte aujourd'hui. Je me rends compte que les militaires, finalement, quand ils sont sains d’esprit et "bien tassés dans leurs bottes", n’aiment pas la guerre, ou du moins, l’aiment parfois moins que nous [les journalistes]. Et c'est heureux.

Capitaine (r) Raphaël Krafft

 ***

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Prix : 20€ - ISBN 978-2-283-02695-3 – Format 14x20,5 – 304 pages, cahier-photo couleur

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Aux éditions Buchet-Chastel

Le livre se trouve facilement, à commander chez votre libraire préféré(e) ou sur le Net. 

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Rencontre avec Raphaël lors d’un café littéraire mili « de la Chouette » organisé par « Guerres et Conflits »

Nous pourrions imaginer Raphaël amer. Non de l’aventure menée, forcément exaltante, mais du sort réservé à Radio Surobi : Elle subsiste, mais a perdu son indépendance éditoriale puis, au départ des Français, a été reléguée par le commandant afghan dans un coin du camp (le dit commandant installant sa chambre dans le bunker-studio de diffusion…). Elle n’émet désormais que quelques heures par jour. Ayant abandonné sa liberté de ton, peut-être décrédibilisée auprès des auditeurs, manquant de moyens, sa survie est hypothétique.  

En conclusion de son récit, Raphaël évoque un gâchis, qui fait écho à l’issue de l’opération occidentale en Afghanistan. 

Alors, tout ça pour ça ? Tout ça pour rien ? Peut-être. Ou peut-être pas. Car cet adolescent afghan, qui a envoyé un poème dédié sa bien-aimée et qui a eu la fierté de l’entendre sur les ondes de Radio Surobi ; ou cette jeune inconnue, qui a téléphoné en cachette, bravant l’interdit, demandant que soit jouée sa chanson préférée, n’ont-ils pas changé à jamais ? Pourra-t-on un jour leur faire accepter qu’écouter de la musique, jouer avec un cerf-volant, c’est mal, mauvais, interdit ?

Et s’il ne reste que « ça », un instant de liberté volé à travers les ondes, n’est-ce-pas déjà énorme ? 

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Courrier envoyé par un auditeur à Radio Surobi 

Au nom d’Allah 

"Combien tes lèvres rouges ont-elles tué ?

Et tes yeux ? Combien de larmes ont-ils fait couler ?

C’est moi, Faryadi, fou d’amour pour toi,

Trop de prétendants sont déjà morts de te voir sourire."

A Radio Surobi, j’adresse ce poème et toute mon affection.

De la part de Faryadi du village de Konj

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 Poètes & Légionnaires

Hommage 

A tous ceux qui ont œuvré et œuvrent toujours pour un Afghanistan, non pas transformé, mais apaisé.

Le son de nos sabres fendant l’air résonne dans le monde entier.

Eternels rivaux, nous semons les graines de nos divisions.

Jamais souverains nous ne deviendrons.

Et pourtant, nos bras sont grands ouverts pour en notre sein accueillir le vaste monde.

« Le vif désir », extrait d’un poème de Mahmad Daoud Mohlessyar, chef de la shura des poètes de Surobi, diffusé sur Radio Surobi. 


Une belle figure de légionnaire cavalier du ciel‏

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QUI EN AVAIT ENTENDU PARLER ?

Publié sur un site par un ami ancien légionnaire.

Le capitaine-aviateur Do-huu-Vi était le 5e fils de Do-Huu-Phuong, maire honoraire de Cholon. Il est né le 17 fevrier 1883 à Cholon en Cochinchine. Entré à Saint-Cyr le 1er octobre1904, après des études secondaires au lycée Janson-de-Sailly, en 1906, il est nommé sous-lieutenant au 1er régiment Etranger.


De 1907à 1908, il fait campagne au Maroc à Oujda, puis à Casablanca et enfin dans le Haut-Guir septentrional. De la fin de 1908 à 1910, il lutte contre la guérilla à l'extrême frontière algero-marocaine.

 
 

Il suit de près l'exploit de Blériot qui vient de traverser la Manche, et qui va lui donner le goût de l’aviation. Le 10 décembre 1910, il entre à l'école militaire de pilotage et 11 mois plus tard, devient lieutenant-pilote avec le brevet n° 649 de l’Aéroclub de France. Il rencontre le lieutenant Victor Ménard (voir fil "Qui pourraient-être ces trois aviateurs?" ) et va devenir son coéquipier lors du tour de France aérien de 1911.Quelques photos prises lors de l’étape de Rochefort-sur-Mer, ville natale du lieutenant Ménard, immortaliseront leur collaboration. Au début de 1912, il est affecté à une escadrille au Maroc occidental ou il reste jusqu'en 1913. Do-hu, c'est ainsi qu’il se fait appeler, est considéré comme un des précurseurs de l'aviation militaire au Maroc et, à ce titre, une rue de Casablanca porte son nom.

En 1914, il retourne à Saigon pour faire une étude sur la pratique de l'hydroglisseur Lambert, sur le Mékong et le Fleuve Rouge, mais, bientôt, la Grande-Guerre éclate en Europe.
Le 3 octobre 1914, il doit rejoindre ses camarades de combat en France. Son ami Ménard, lui, sera fait prisonnier lors d’une mission sur Lille et mis en captivité en Allemagne, d’où il réussira à s’évader.
En 1915, un jour de violente tempête, n’écoutant pas les conseils qui incitaient à la prudence, il part vers les lignes ennemies. Le but est atteint et déjà il a pris le chemin de retour, quand une bourrasque le précipite au sol. On le retrouve, gisant dans les débris de son avion brisé. On le transporte au Val-de-Grâce; son état est grave, presque désespéré: le bras gauche, la mâchoire et la base du crâne fracturés; il reste 9 jours dans le coma.

À peine rétabli, il parle de rejoindre le front, mais ses graves blessures ont laissé des séquelles invalidantes, et il se trouve dans l'impossibilité de piloter, obtenant néanmoins d'être attaché comme observateur au 1er groupe de bombardement. Partant avec Marc Bonnier, il survole plusieurs fois l'Allemagne. Il est basé à Malzéville. À cause de son infirmité, l’aviation refuse de le laisser retourner combattre dans les airs, alors, Do-Hu demande à servir dans son ancien arme, et, comme capitaine de la Légion, rejoint dans les tranchées de la Somme, le 1er Étranger: il reçoit le commandement de la 7e compagnie. Malheureusement, en tête d'un assaut lors d’une tentative de s'emparer du boyau du Chancelier, entre Belloy-en-Santerre et Estrée, il est touché par plusieurs balles qui le tuent net: nous sommes le 9 juillet 1916, à 16 heures.

Il repose au petit hameau de Dompierre, dans la Somme. On a mis sur son épitaphe:
Capitaine-aviateur Do-Huu
Mort au Champ d'Honneur
Pour son pays d'Annam
Pour sa patrie, la France.

Do-Hu est décoré de la Légion d'Honneur, la médaille du Maroc et la Médaille coloniale. En vie, il disait souvent à ses amis qui voulaient modérer son ardeur: « Il me faut être doublement courageux, car je suis à la fois Français et Annamite."

En 1921, la dépouille mortelle de Do-Huu-Vi est ramenée de France par son frère ainé, le colonel Do-Huu-Chan, et déposée au Bois du Phu, prés de Cholon, dans le jardin des ancêtres.

Yves GALVEZ



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La LEGION toujours présente, même dans le village le plus éloigné de la mère patrie ( 11 heures de décalage horaire )‏

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Action cimetière‏

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Je suis en ce jour de fête nationale,
 
en déplacements vers Nosy Be et Nosy Komba ; le cimetière de cette dernière île a été le 1er à voir notre action devoir de mémoire porter ses fruits, puisque le vieux cimetière, remis en état (voir reportage joint) en juillet 1968, par la 3/3°REI, a été intégré dans la visite touristique de Nosy Komba ; ce mercredi j’y déposerai un ruban rappelant notre action (AACLEM,AALEME,Frank IBANEZ de MAYOTTE,Anciens militaires franco-malgaches de Diégo présidée par ALY MOHAMED, FSALE) ; le responsable sur place est M.ISSOUF ALI (petit fils de ISSOUF ALI de MAYOTTE), je lui donnerai une copie du reportage de 1968, ainsi la mémoire perdurera…et quelques petites finances pour motiver ce devoir.
 
Voila pour l’action prochaine.
 
Yves GALVEZ, ADC ® de la Légion étrangère.


GRANDE SOIREE DE SOLIDARITE FRANCO – MALGACHE

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Photos d'Orangéa, Ramena et Cap Diégo...

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Prises en 2009 par notre ancien Josselyn Zanakolona de la Sarl ABC-Watts

 
 




HOMMAGE AUX COMBATTANTS MALGACHES DE LA GRANDE GUERRE

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labodiplo

L'ouverture à l'international

novembre 10, 2013

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Le 11 novembre est, chaque année, l’occasion du souvenir du Soldat Inconnu autant que de la commémoration, dans le partage, des sacrifices consentis par les nations pour la victoire finale de 1918.

Madagascar l’avait payé cher du sang et du labeur de ses fils, puisque 41.000 soldats malgaches de tous grades, répartis entre les différentes formations (artilleurs, ambulanciers, chargés de la logistique, etc…) ont vaillamment combattu sur tous les théâtres d’opération européens, sur le sol français, en Allemagne et jusqu’à y compris en Macédoine, et que la riche terre malgache fut amplement mise à contribution pour fournir en nourritures et en matériaux divers les armées françaises et alliées. A ce titre, notre arrière-grand-père maternel avait ouvert à Madagascar une souscription spéciale grâce à laquelle trois avions de combat du dernier modèle, baptisés « Emyrne », « Madagascar » et «Antananarivo », ont pu s’aligner sur les fronts aériens français et marocain.

Surtout, le général Mangin lui-même, le commandant en chef de la Xème Armée française, a tenu à rendre un vibrant hommage aux combattants du 12ème Bataillon de Chasseurs Malgaches qui s’étaient particulièrement illustrésà plusieurs reprises lors de l’offensive finale de 1918 contre les troupes allemandes. De ce fait, ce Bataillon avait reçu pas moins de trois citations à l’ordre de l’Armée, fait exceptionnel, et fut qualifiée par le général Mangin de « Bataillon magnifique » !

A Paris, un Monument au Soldat Inconnu Malgache se dresse dans la plus pure tradition de nos « Vatolahy » dans le Jardin Tropical du Parc de Vincennes – commune de Nogent-sur-Marne –  (voir ci-dessus en début d’article la photo en couleur).

sonnerie aux morts

Au pied de ce magnifique "Vatolahay" nous avions déposé, chaque année durant notre mission comme ambassadeur en France, une gerbe (voir photo ci-dessus: à la sonnerie aux morts, le général de corps d’armée le Pichon et moi-même au garde à vous + ci-dessous photo: après dépôt de gerbe, nous sommes accompagné par les généraux de corps d’armée Le Pichon et Lang, ainsi que par deux généraux de brigade, suivis des sections présentes d’anciens combattants).

Soixante années auparavant,  sous la conduite de notre père, lui-même officier et résistant pendant la guerre 39-45 (voir ci-dessus: sur la photo en noir et blanc, à l’extrême gauche en manteau noir), des compatriotes malgaches étaient venus se recueillir à la fin de la seconde guerre mondiale pour rendre hommage à leurs aînés.

Jardin tropical (généraux Le Pichon et Lang)

Plus tard, en début Novembre 2006, à l’initiative conjointe du gouvernement français, par son Ministre des Anciens Combattants, M. Mekachera, et de l’ambassadeur de Madagascar en France que nous étions,  s’est érigée dans le Parc du Ranelagh à Paris XVIème, devant la Chancellerie de l’Ambassade de Madagascar en France et à deux pas du siège de l’OCDE, un autre « Vatolahy » de granit rose pour célébrer la fraternité d’armes franco-malgache durant les deux guerres mondiales (voir: photo ci-dessous).

Sur la plaque de bronze que nous avions fait graver figurent les mentions suivantes pour la postérité et afin que Malgaches et Français ne l’oublient pas :"A la mémoire des combattants qui, sur les différents théâtres d’opérations, ont défendu la Liberté, pour leur patrie et pour la France – Ce "Vatolahy" symbolise la fraternité d’armes franco-malgache".

Vatolahy

En cette année 2014, diverses manifestations commémorant le début de cette "grande guerre" et célébrant le souvenir de ces soldats de toutes provenances sont organisées en France.

Parmi celles-ci, un colloque qui s’était tenu au Ministère français des Affaires étrangères en mai 2014, placé sous la présidence conjointe du Secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants et de la Secrétaire d’Etat chargée de la Francophonie, évoquait la contribution des anciennes colonies, au nombre desquelles Madagascar. Ce qui nous avait quelque peu chagriné c’était quelques propos maladroitement réducteurs de l’effort de guerre consenti par Madagascar et les Malgaches, ce qui provoqua de notre part une réaction bien mesurée mais précise pour rappeler des réalités méconnues des historiens présents, dont celles évoquées plus haut concernant les trois avions de guerre du dernier modèle, et certaines autres telle que la distribution massive aux soldats des tranchées de "corned beef" à base de viande de zébu malgache qui contribua au relèvement du moral des troupes en vue de l’offensive finale…

Ensuite, au Sénat français se tenait le 8 juillet 2014 un autre colloque placé sous la présidence de Monsieur Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, et animé par d’autres historiens, notamment notre ami Eric Deroo ou Madame Françoise Vergès et Monsieur Pascal Branchard. L’un des intervenants, Monsieur Gilles Aubagnac, avait fort opportunément évoqué un fait que nous ignorions jusque là: au nom de la mémoire partagée, l’Armée française perpétue soigneusement le souvenir de certaines formations qui avaient particulièrement brillé lors de la guerre 1914-18, et parmi celles-ci figure le souvenir permanent du 7ème Régiment de l’Artillerie de Marine des Tirailleurs Malgaches, dont le drapeau est gardé et porté par l’actuel 4ème Régiment du Service militaire Adapté basé à Saint-Denis de la Réunion.

Précisément, au sujet de la contribution de Madagascar à l’effort de guerre, le colonel Rives et le professeur Dietrich écrivent dans leur ouvrage "Héros méconnus", un document de référence couronné par l’Académie des sciences d’Outre-Mer, et édité par l’Association française des Frères d’Armes :

- "…10 000 Tirailleurs malgaches servirent dans les régiments d’artillerie lourde dont l’importance fut primordiale lors des offensives de la Victoire.  En définitive, pendant la Grande Guerre de 1914-1918 :…45 803 Hommes (ont été recrutés) à Madagascar…et ce non compris les travailleurs malgaches engagés pour les usines de guerre".

Cette question de la contribution des anciennes colonies à l’effort de guerre est donc encore sujette à des recherches et révélations, mais son importance et son caractère déterminant ne doivent susciter aucune interrogation. D’autre part, la juste réparation des sacrifices consentis ou subis reste à résoudre, la question de la "décristallisation" des pensions dues aux anciens combattants d’outre-mer, quant à elle demeure, du fait que leur total alignement sur celles des anciens combattants métropolitains n’est toujours pas satisfait…

Le traditionnel Défilé militaire sur les Champs-Elysées de cette année 2014 verra certes les drapeaux des anciennes colonies se déployer fièrement, et il s’agit là d’une forme d’hommage mérité, mais qui n’efface pas encore ce confus sentiment de reconnaissance inaboutie ressenti par beaucoup.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo


Le jardin d’agronomie tropicale René Dumont

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Paris côté jardin

L'actualité parisienne et francilienne vue par un jardinier urbain, un jardinier parisien, citadin dans l'âme, amoureux des plantes et des jardins, mais aussi journaliste et auteur spécialisé dans les jardins et le jardinage. Tout ce qui se passe dans Paris et en Ile-de-France en relation avec les jardins, les plantes, le jardinage et la nature.

Je voulais visiter ce site depuis longtemps et bien c’est chose faite. J’ai profité de mes vacances et d’une visite guidée par Paul-Robert Takàcs pour découvrir ce lieu unique et dont le nom me laissait songeur…

Le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), juillet 2011, photo Alain Delavie

Le temps de prendre un RER (ligne A) pour Nogent-sur-Marne et de parcourir les quelques centaines de mètres qui séparent la gare du jardin, facile à trouver car des panneaux l’indiquent, et la découverte pouvait enfin commencer, avec dans la tête quelques photos aperçues sur Internet. En effet, ce jardin est un site parisien, mais il est situé à l’extrémité nord-est du Bois de Vincennes, en lisière côté Nogent-sur-Marne.

Le jardin est ouvert au public de 9h30 à 20h en été, il peut donc se visiter en solitaire ou en famille, mais je souhaitais en apprendre plus tout de suite et ne pas rater les moindres détails pittoresques, d’où la visite guidée (je vous le rappelle, le programme est disponible sur le site de la Ville de Paris, rubrique Paris Actu, sous-rubrique Paris au vert, cliquer dans la colonne à droite sur la phrase : Tout l’agenda parcs et jardins).

Petite déception en arrivant, la superbe porte chinoise qui se trouve à l’entrée est en cours de restauration, donc invisible… En partant par le chemin situé sur la gauche, on découvre très vite un des nombreux monuments aux morts érigés dans le site, celui en hommage des soldats de Madagascar tués pendant la guerre de 1914-1918.

Monument aux morts en souvenir des soldats de Madagascar tués pendant la guerre de 1914-1918, le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Monument aux morts en souvenir des soldats de Madagascar tués pendant la guerre de 1914-1918, le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Un peu partout, la nature a repris ses droits. Les jardiniers et les forestiers offrent une large place à la biodiversité en n’intervenant que sur le dégagement des allées et des vestiges et en laissant pousser la végétation naturelle. C’est ce qui fait en partie le charme et le mystère de cet endroit. Les plantes tropicales sont rares (mon rêve de végétation tropicale s’est vite effondré, mais le site n’en reste pas moins exceptionnel pour autant), la végétation est essentiellement celle de l’Île-de-France.

Petite campanule sauvage dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Petite campanule sauvage dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Impatiens parviflora dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Impatiens parviflora dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Ce sont plutôt des végétaux exotiques qui demeurent dans ce jardin, notamment des bambous, omniprésents sur les 4,5 hectares du site.

Bambous dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Bambous dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Kaki à petits fruits (plaqueminier) dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Kaki à petits fruits (plaqueminier) dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Et au hasard de la promenade, vous découvrez des essences rares, telle ce vieux kaki à petits fruits, un cousin de l’ébénier.

Statue dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Statue dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

L’insolite n’a parfois plus rien à voir avec les origines de ce jardin et sa vocation première (le jardin a été créé pour coordonner les expériences agronomiques sur les plantes exotiques destinées à la production : caféiers, bananiers, arbres à caoutchouc, etc. Son but était d’accroître les productions des anciennes colonies françaises). De nombreuses statues sont déposées dans le site, avant de repartir peut-être un jour pour un ailleurs plus en adéquation avec leur époque et leur style.

Statue d'Eugène Étienne dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Statue d'Eugène Étienne dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

La statue d’Eugène Étienne est par contre bien à sa place dans ce jardin. Elle est située juste à côté d’un petit pavillon constitué de seize essences de bois exotiques, le kiosque de la Réunion.

Pavillon de la Réunion dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Pavillon de la Réunion dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Le kiosque a été reconstruit dans le jardin en 1901. Cet édifice en bois exotiques figurait sur le plan de l’exposition universelle de 1900 comme « bar de dégustation », à côté du pavillon de la Réunion. Son architecture est due à Scellier de Gisors, architecte en chef de l’Exposition et inspecteur général des Bâtiments civils. L’aspect aujourd’hui est un peu délabré, mais les bois ont résisté aux intempéries sans aucun traitement.

Sujet âgé de platane dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Sujet âgé de platane dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Par ci, par là, quelques arbres exceptionnels tel ce platane imposant et ramifié à la base. Il y a aussi beaucoup de pins. Dont ce sujet curieusement ramifié, phénomène rare pour cette espèce de conifère. Je ne vous dis pas où il se trouve, je préfère vous laisser le chercher et le découvrir lors de votre future promenade dans le jardin…
Pin ramifié dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Pin ramifié dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Vue sur le pavillon de l'Indochine dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Vue sur le pavillon de l'Indochine dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Dans le lointain, le pavillon de l’Indochine, flambant neuf car récemment restauré.

Installation en bois dans le jardin d'agronomie tropicale, Les Architextures, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Installation en bois dans le jardin d'agronomie tropicale, Les Architextures, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Sur le parcours, ici et la sont disposées des grandes installations artistiques en bois, dans le cadre d’une exposition intitulée Les Architextures. Malheureusement, je n’ai pas noté le nom du créateur pour celle-ci.

D’autres installations ont été apposées sur le pavillon de la Tunisie : Le Comble (Cirque ici Johann le Guillerm).

Le Comble (Les Architextures), installation artistique en bois sur le pavillon de la Tunisie, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Le Comble (Les Architextures), installation artistique en bois sur le pavillon de la Tunisie, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Le Comble (Les Architextures), installation artistique en bois sur le pavillon de la Tunisie, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Le Comble (Les Architextures), installation artistique en bois sur le pavillon de la Tunisie, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Le Comble (Les Architextures), installation artistique en bois sur le pavillon de la Tunisie, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Le Comble (Les Architextures), installation artistique en bois sur le pavillon de la Tunisie, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Monument aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Monument aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Pendant la Grande Guerre (1914-1918), les bâtiments et le site furent réquisitionnés pour abriter un hôpital modèle accueillant les soldats coloniaux, qui périrent en nombre. Plusieurs monuments ont été érigés dans le jardin, chacun étant dédié aux soldats d’une des anciennes colonies françaises.

Bloc de houille du Tonkin sous un chêne dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Bloc de houille du Tonkin sous un chêne dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

La visite réserve de nombreuses surprises plus insolites les unes que les autres, tel ce gros bloc de houille du Tonkin, calé contre un chêne vénérable. Les personnes à l’arrière-plan à gauche vous donne l’échelle…

Stèle dédiée à René Dumont dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Stèle dédiée à René Dumont dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Juste à côté, une stèle en hommage à René Dumont (1904-2001) qui fut étudiant puis enseignant à l’École Supérieure d’Agronomie Tropicale.

Pavillon de l'Indochine restauré dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Pavillon de l'Indochine restauré dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

La suite du parcours nous entraîne en Asie, avec notamment ce superbe pavillon de l’Indochine, restauré et comme neuf.

Le Serpentant, installation artistique en bois de l'exposition Les Architextures créée par Johann le Guillerm, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Le Serpentant, installation artistique en bois de l'exposition Les Architextures créée par Johann le Guillerm, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Nouvelle installation artistique en bois : Le Serpentant (Cirque ici Johann le Guillerm).

Le Serpentant (Les Architextures), installation artistique en bois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Le Serpentant (Les Architextures), installation artistique en bois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Installation artistique présentée près d’une pièce d’eau.

Le Serpentant, installation artistique en bois de l'exposition Les Architextures créée par Johann le Guillerm, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Le Serpentant, installation artistique en bois de l'exposition Les Architextures créée par Johann le Guillerm, dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Beaux effets obtenus avec des simples planches et l’invention de l’artiste.

Pont en rocaille dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Pont en rocaille dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Au passage, un petit pont en rocaille récemment restauré.

Serre du Dahomey dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Serre du Dahomey dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Juste à côté de l’installation artistique et du pavillon de l’Indochine se trouve la petite serre du Dahomey, surprenante construction autrefois dédiée à l’élevage des termites pour tester la résistance à l’appétit vorace de ces insectes xylophages des diverses essences de bois exotiques. Ce qui explique la paille et la toile bleue qui recouvrent partiellement le vitrage.

Serre du Dahomey dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Serre du Dahomey dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Bambous autour de la pièce d'eau dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Bambous autour de la pièce d'eau dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

La promenade se continue dans la partie du jardin réservée aux anciennes colonies françaises d’Asie, avec notamment une belle petite pièce d’eau.

Monuments aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Monuments aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Monument aux morts pour le souvenir des Indochinois chrétiens morts pour le France. Avec le grand pavillon de l’Indochine, il marque l’entrée dans ce qui a été le village Indochinois.

Vestige du village indochinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Vestige du village indochinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Vestige du village indochinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Vestige du village indochinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Au centre de la cour une monumentale urne en bronze, copie des urnes dynastiques du Palais Impérial de Hue.
Face au vaste portique en pierre de facture sino-vietnamienne se trouve une pagode rouge.

Pagode rouge dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Pagode rouge dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Cette pagode a été érigée sur l’emplacement du Temple du Souvenir Indochinois, qui fût détruit par les flammes avec les trésors qu’il renfermait lors d’un incendie criminel le 21 avril 1984.

L’ancien temple mesurait 19,60 mètres sur 17,70 de large. Le nouveau temple se dresse au même emplacement, sur une dalle de 6,50 m x 3,20 m élevée de 60 cm au dessus du socle de l’ancien bâtiment. Il est construit en bois de couleur rouge et couvert de tuiles vernissées. Douze colonnes soutiennent les avancées du toit, définissant un promenoir autour d’une petite pièce fermée de 4,50 m et 3,20 m où se trouve la photographie du rescrit impérial de 1920. Il est dédié à tous les combattants viêtnamiens morts pour la France depuis la Grande Guerre, sur tous les théâtres d’opérations.

Ce nouveau Temple, élevé par souscription auprès de l’ANAI, a été inauguré le 4 avril 1992. L’ANAI en assure l’entretien et organise chaque année, le jour des morts, une cérémonie du souvenir autour de cette pagode.

Pièce d'eau, bambous et vue du Temple du souvenir indochinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Dans la perspective du monument aux morts érigé en souvenir des Vietnamiens catholiques se trouve un autre monument aux morts, monument à la mémoire des Cambodgiens et Laotiens, en forme de stupa. Pour le rejoindre, il faut traverser le pont aux najas.

Pont khmer et monument aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Pont khmer et monument aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Le pont khmer est en ciment. Il est aussi appelé pont aux najas du fait de ses ornementations.

Motif des sept najas sur le pont khmer dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Motif des sept najas sur le pont khmer dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Un arbre s’est écroulé juste à côté, au tronc parfaitement parallèle avec des rejets qui se dressent le long de la rambarde du pont.

Rambarde du pont khmer dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Rambarde du pont khmer dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Dans un autre chemin tout proche vous découvrez le pont tonkinois en ciment également.

Pont tonkinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Pont tonkinois dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Tiens, mais c’est le pin ramifié… Cherchez le pont, vous trouverez le pin. Ou cherchez le pin, vous trouverez le pont. Édifice réalisé par Leloup, concepteur du village Indochinois.

Monument aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Monument aux morts dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

L’imposant monument aux morts (dédié aux Cambodgiens et Laotiens morts pour la France), en forme de stupa.

Statue dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Statue dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Fin de la visite en poursuivant l’allée circulaire, pour arriver dans une clairière avec quatre statues déposées vers 1975 et provenant de l’esplanade de Vincennes.

Statues dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Statues dans le jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), 24 juillet 2011, photo Alain Delavie

Pour visiter le jardin d’agronomie tropicale, rendez-vous au 45 bis, avenue de la Belle-Gabrielle, entrée des piétons, face à l’avenue des Châtaigniers (RER Nogent-sur-Marne. En sortant de la gare, prendre à gauche puis immédiatement l’avenue des Châtaigniers à droite).

Entrée du jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75)

Entrée du jardin d'agronomie tropicale, Bois de Vincennes, Paris 12e (75), photo Alain Delavie

Et si vous voulez en découvrir davantage sur l’histoire de ce jardin unique dans Paris, il existe un ouvrage publié chez Actes Sud :

Le jardin d’agronomie tropicale
Isabelle Lévêque, Dominique Pinon et Michel Griffon
Actes Sud, coédition CIRAD
ISBN 978-2-7427-5673-5
Publié en novembre 2005
Format 21 x 24 cm.
184 pages
Prix indicatif : 19,50€ (un peu moins sur les sites Internet de la FNAC et d’Amazon), mais aussi 39 euros pour une édition reliée.


Le Marion dans les Eparses : escale à Glorieuses

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