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Légionnaire toujours...

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2015




Prise d'armes de la Légion étrangère au Sénat

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Ainsi va le monde !

lundi 13 juillet 2015

Cadets de la marine mexicaine (photos : Henri Weill)

15 des 149 cadets de l'armée mexicaine qui ouvriront, ce 14 juillet, le défilé sur les Champs-Elysées étaient présents ce matin au Sénat, à Paris, lors de la prise d'armes de la Légion étrangère. Il côtoyaient les hommes du 3e REI (régiment étranger d'infanterie, Kourou, Guyane) qui, eux, clôtureront demain le défilé des troupes à pied. Ce régiment est l'héritier du RMLE (régiment de marche de la Légion étrangère) dont le centenaire sera célébré le 11 novembre prochain. 
 
 Le colonel Walter, chef de corps, passe en revue le 3ème REI (HW) 

Participaient également à cette cérémonie -qui se déroulait pour la dixième fois dans les jardins de la Haute Assemblée- le chef de corps et la garde du drapeau de la 13ème DBLE (demi-brigade de la Légion étrangère, Emirats arabes unis, unité Compagnon de la Libération) qui prendront part demain à l'animation d'ouverture de ce défilé, consacrée à l'Ordre de la Libération (voir post des 21 février et 1er mai 2015).
 
Général d'armée Jean-Pierre Bosser, CEMAT (HW)

La 13 qui pourrait être reformatée, ailleurs qu'aux EAU. Le général Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre, présent aujourd'hui lors de la réception qui a suivi la prise d'armes, a le dossier en mains. Le ministre de la défense qui sera à Aubagne samedi, pourrait alors lever le voile.

Des mexicain(e)s à la prise d'armes Légion

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Le mamouth

samedi 11 juillet 2015

La nouvelle est officielle depuis peu : des cadets mexicains qui sont les invités d'honneur du 14 juillet
seront aussi ceux des légionnaires et du Sénat, qui accueille ces derniers, lundi, lors de la traditionnelle prise d'armes annuelle des képis blancs.
Camerone (1863) est une des batailles historiques de la Légion, et reste, chaque 30 avril, un moment-clé et fédérateur de la vie des légionnaires. Mais ces derniers ont montré à plusieurs reprises, et notamment en 2010, comment ils savaient aussi échanger avec les militaires mexicains. A l'époque c'était le 2e REI qui avait eu la chance extrême -avec un journaliste chanceux, lui aussi, de fêter Camerone à... Camerone.

Cadets et cadettes répètent depuis le mois de janvier leur défilé parisien. Ici, sur le bitume de Satory. (photos JM Tanguy)
Sur ces gants, des rapaces prendront place, le 14 juillet. Les volatiles -un colonel-vétérinaire les couve- ont traversé l'Atlantique dans des cages spéciales.

Légionnaire Jean Dens...nous vous faisons officier de la Légion d'honneur !

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Ainsi va le monde !

samedi 11 juillet 2015

 

Bernard Valéro, ambassadeur de France en Belgique, est ému. Il vient, il y a quelques secondes, de prononcer cette phrase rituelle avant de remettre l'insigne d'officier de la Légion d'honneur à Jean Dens. Nous sommes le 1er juillet dans les salons de l'ambassade, à Bruxelles. Le récipiendaire, lui, est fier. Le diplomate boucle, en quelque sorte, la boucle. Il a rencontré très rapidement après son arrivée l'ancien légionnaire de Diên-Biên-Phu. Trois ans après, à l'heure où il s'apprête à quitter le pays, Bernard Valéro l'a décoré.
Jean Dens sourit légèrement. Ce Bruxellois qui vit depuis 1968 à Nivelles (Brabant wallon) a rejoint la Légion en 1952. Pour un contrat (3ème REI). Aujourd'hui, cet octogénaire est le dernier des quinze légionnaires de nationalité belge survivants de la bataille de Diên Biên Phu et des camps du Vietminh, au Vietnam, encore en vie.

Bernard Valéro et Jean Dens (crédit : ambaFrance Belgique)
Jean Dens s'est très récemment raconté à mes confrères de l'Avenir :" Le 1er janvier 1954, nous avons été détachés à Diên-Biên-Phu, pour occuper la position Isabelle. Le 13 mars, le Vietminh a attaqué et le siège a débuté. Il a duré 57 jours. Sur notre position, nous étions 1 700 hommes. 400 sont morts et plus de 400 furent gravement blessés. Jusqu'à l'arrêt des combats, le 7 mai. Le soir même, nous avons tenté une percée à travers les barbelés et la rivière Naam Youm avec 200 valides. Sans succès. Seuls trois hommes ont pu passer. J'ai reçu une balle dans la cheville et trois impacts d'obus dans le dos" Il raconte ainsi l'opération de fortune qui a suivi : " Le chirurgien m'a enlevé les éclats en versant de l'alcool
dans les plaies, car il n’y avait pas d’anesthésique, et sans recoudre les blessures. (...) Fait prisonnier, j'ai dû rejoindre un camp à pieds, près de la frontière chinoise, avec 600 autres hommes. Un mois plus tard, nous n’étions plus que 200. Cet endroit était un vrai mouroir. Puis après, nous avons pris la direction d’un autre camp, distant de 750 km. On a effectué une marche de 19 jours, pieds nus. Avec, pour toute nourriture, une boule de riz. Plus tard, en août 1954, nous serons échangés contre des prisonniers Vietminh. Lors de ma libération, je ne pesais plus que 47 kg…"

En cinq ans, le nombre de candidats à l'engagement a baissé d'un tiers

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C'est un chiffre préoccupant qui a été communiqué jeudi par le Haut comité d'évaluation de la condition militaire (HCECM) : la baisse d'un toers du nombre de candidats à l'engagement comme militaire du rang en cinq ans. En 2009, 30833 jeunes Français avaient poussé la porte d'un centre de recrutement en vue de s'engager. Selon des chiffres encore provisoires, leur nombre est passé en dessous de barre des 20000 en 2014, avec environ 19500 candidats. «La question de l'attractivité est un enjeu majeur» reconnaîat Bernard Pêcheur, président du HCECM.

Cette baisse très nette entraîne plusieurs observations. 

1) Il n'y a pas de lien entre la montée de chomâge et l'attractivité militaire. S inon au vu de la dégradation de l'emploi, on aurait vu augmenter le nombre de candidats, or c'est le contraire qui se produit. Les jeunes ne veulent pas s'engager dans l'armée pour fuir le chômage, mais bien pour devenir militaire. 

2) «Si on réduit le nombre de places offertes, on réduit automatiquement le nombre de candidats» assure-t-on au HCECM. Ce phénomène a été observé dans la sphère civile. Lorsque les jeunes ou les familles entendent parler de fermetures de garnison ou de réductions des effectifs, ils sont naturellement moins nombreux à venir frapper à la porte.  Il y a moins de candidats, mais il y aussi moins de postes offerts, avec une baisse globale (offo, sous-off, MDR) de 31% du recrutement. 

3) Les chiffres de 2015 devront, à cet égard, être examinés avec soin. En effet, pour la première fois depuis plus d'une décennie, les annonces portent sur une remontée de l'effort de défense - avec une augmentation des crédits. Les jeunes reviendront-ils ?

4) Le taux de sélection des militaires du rang est de 2,4 candidats par poste (chiffres 2013), mais il connait d'importantes variations selon les métiers. Au cours des dix dernières années, il a été de 2,13 en moyenne, oscillant entre 1,7 et 2,4. 

5) Une question essentielle, à laquelle des enquêtes complémentaires pourraient répondre, est de savoir si ce phénomène est conjoncturel (La demande d'emplois militaires s'équilibrant naturellement à l'offre des armées) ou s'il s'agit de l'amorce d'une évolution structurelle plus profonde et durable d'une désaffection des jeunes Français pour la carrière militaire. Si c'était le cas - ce qui, rappelons-le, n'est pas prouvé - ce serait une très mauvaise nouvelle.


Pourquoi ça marche ?

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07.07.2015, par François-Michel Le Tourneau

Tandis que l'issue du raid approche, et sans préjuger des difficultés à venir, retour sur les facteurs qui permettent à l'équipe de continuer de progresser en dépit des obstacles et d'un calendrier exigeant.
 
Nous avons dépassé la borne 5 et nous avons désormais bon espoir d'arriver jusqu'au terme de notre voyage. Sans préjuger de ce qui peut encore arriver, on peut se demander quels sont les facteurs qui nous ont permis de progresser de près de 300 km en forêt en respectant un calendrier exigeant.
 
Le premier facteur me semble résider dans la préparation. Lors de celle-ci nous avons fait des choix, hérités pour certains des expériences des expéditions précédentes : distance que l'on peut raisonnablement parcourir chaque jour, stratégie de progresser en un seul groupe et sans layonnage, fréquence des ravitaillements (et en conséquence poids à porter), etc. La plupart de ces choix se sont pour le moment avérés corrects - à l'exception du temps prévu pour la première étape, qui aurait dû être allongé d'un ou deux jours.
 
Le second facteur se trouve dans l'organisation de la marche. Le groupe de tête comprend 3 personnes. L'éclaireur est le caporal-chef Alvaro. Doué d'un sens du terrain hors du commun, il réussit à lire les infimes indices qui sont à portée de vue dans la forêt fermée pour déterminer la direction de la ligne de crête ou la position des cols. Grâce à lui nous suivons presque parfaitement la frontière.
 
Je suis placé immédiatement en arrière avec le sergent-chef David. Lui dispose d'une cartographie sur son GPS et moi d'une autre sur ma tablette. Nous travaillons chacun à une échelle. Lui donne des azimuts à courte distance qui permettent d'orienter le travail du caporal-chef Alvaro.
 
Moi je contrôle la trajectoire générale, notamment par rapport à l'objectif que nous nous fixons chaque jour, tout en vérifiant en même temps les éventuelles incohérences entre la réalité du terrain et la cartographie. Ce trio fonctionne bien et nous avançons donc sans perdre de temps dans d'éventuels détours, et en suivant de manière rigoureuse la ligne de partage des eaux qui est aussi le chemin le plus avantageux car c'est celui qui minimise les montées et les descentes.
 
Enfin, le troisième facteur réside sans doute dans la rigueur avec laquelle l'adjudant Christophe mène le groupe. Grâce à lui chaque heure marchée est une heure complète et chaque pause se limite à 10 minutes sans s'allonger au fur et à mesure.
Rigueur militaire et légionnaire qui nous donne un rythme constant. De cette manière, nous avançons bien.
 
Chasse aux champignons...

Certes rien n'est encore joué. Nous chutons tous plusieurs fois par jour et une cheville cassée ou un genou tordu sont vite arrivés, sans compter les accidents avec la faune, comme les serpents : nous en avons vu quatre ou cinq dans nos bivouacs uniquement dans les trois derniers jours. Un ou deux accidents et les évacuations que cela entraînerait pourraient nous empêcher d'arriver jusqu'en borne 7.
 
Cela étant, la reconnaissance géographique que nous envisagions est en voie de réussir. Elle nous permet de collecter des informations sur la région, mais aussi des enseignements techniques sur la manière de s'y déplacer, sur les points d'entrée et sur les points d'intérêt, qui serviront ensuite pour continuer à dresser un portrait du sud de la Guyane.

Sept, huit ou onze bornes ?

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03.07.2015

Les bornes de la frontière guyanaise sont comme les Mousquetaires, il y en a plus que ce que l’on croit… Donc les sept bornes sont en réalité dix.

Reprenons un peu l’histoire de cette frontière pour mieux la comprendre. Au 18e siècle, lors du traité d’Utrecht, le roi Louis XIV accepte de reconnaître la souveraineté du Portugal sur l’Amazone et sur sa rive gauche (alors que les Français espéraient jusque-là être riverains du « fleuve-mer »). Mais quelle devait alors être la limite entre les possessions françaises et les possessions portugaises ? Une rivière était citée, la rivière Vincent Pinzon ou Japock. Pour les Portugais, il ne pouvait s’agit que de l’Oyapock. Pour les Français, la chose méritait discussion car les toponymes de la région n’étaient pas fixes.

Bien que quelques escarmouches aient éclaté de temps en temps, cette frontière était si loin de Lisbonne, puis de Rio de Janeiro, et de Paris que la question n’a jamais été véritablement tranchée avant la fin du XIXe siècle. A ce moment, la découverte d’or dans le nord de l’Amapá aiguise les intérêts et les deux pays veulent pousser leur avantage. Après un incident armé plus sérieux, on décide de s’en remettre à l’arbitrage de la Suisse.

Rendu en 1900, celui-ci donne presque totalement raison au diplomate brésilien, le Baron de Rio Branco, contre le géographe français Paul Vidal de la Blache (hélas pour notre discipline !). La frontière entre le Brésil et la Guyane française est donc fixée sur l’Oyapock, jusqu’à sa source (dont la localisation n’était pas clairement connue à l’époque). Mais en ce qui concerne la « frontière intérieure » qui devait séparer les deux territoires entre la source de l’Oyapock et la frontière avec la Guyane hollandaise, les Brésiliens n’ont pas gain de cause. Ils souhaitaient qu’elle soit fixée sur une ligne géographique située à 2°24’ de latitude, ce qui mettait l’ensemble de la région des Tumuc Humac dans leur zone. Prudents, les Suisses optent pour une limite plus logique (bien que totalement inconnue) : la ligne de partage des eaux entre le bassin de l’Amazone et celui des fleuves Oyapock et Maroni. Une ligne dont, à l’époque, on n’avait pas la moindre idée de la configuration.

La première étape de son dévoilement a lieu à la fin des années 1930. Terminant la délimitation de leur frontière commune, le Brésil et la Hollande invitent la France à déterminer avec eux le point de Trijonction, sur lequel un poteau en bois est installé en 1937. Mais entre ce point et l’Oyapock, la région reste inconnue.

Il faudra attendre les années 1950 pour qu’elle soit enfin parcourue. Après plusieurs rendez-vous manqués, le Brésil et la France ont enfin les moyens et la volonté politique de marquer leur frontière sur le terrain. Si les Brésiliens sont très attentifs à la question de l’Oyapock, qui est un fleuve international et donc ouvert en théorie à la navigation, ils sont moins intéressés par la ligne intérieure. Ils laissent donc les Français de l’IGN, sous la conduite de Jean-Marcel Hurault et de Pierre Frénay, à la manœuvre. En remontant les rivières Marouini, Tampak/Alice et Camopi, ceux-ci reconnaissent la plus grande partie de la ligne de partage des eaux en 1956, et ils délimitent sept emplacements, pour lesquels ils calculent des coordonnées précises, sur lesquels construire des bornes marquant la frontière. Après validation par les Brésiliens, ces bornes sont effectivement construites en 1962.

Ce sont donc les fameuses « 7 bornes ». Mais il faut leur ajouter le point de Trijonction, qui n’a fait l’objet d’aucune attention de la part de la France ni du Brésil dans les opérations des années 1950-60… alors qu’il a été revisité par la Hollande en 1968. Celle-ci y a installé une borne en ciment et une tour de métal dans le cadre d’une opération destinée à permettre la triangulation de l’ensemble du territoire du Surinam.  Les sept bornes sont donc huit.

Et en fait onze, car en 1991 une première mission destinée à densifier le marquage de la frontière a abouti à la mise en place de trois bornes intermédiaires (6.1, 6.2 et 6.3) entre la borne 6 et la borne 7. Ce sont donc ces onze bornes que notre expédition va relier.
Mais en Guyane comme ailleurs, la magie du chiffre sept a joué et ce sont les « sept bornes » que l’on retient.

Edouard Elias, lauréat 2015 du Prix Rémi Ochlik

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Le lieutenant-colonel Guillaume de Sercey, nouveau patron du 2ème REG

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publié le lundi 29 juin 2015

Depuis le 26 juin,  le Régiment du Ventoux a un nouveau patron.  En effet,  le lieutenant-colonel Guillaume de Sercey, 44 ans, a pris le commandement du 2e Régiment étranger de génie où il succède au colonel Jean-Christophe Reussner nommé directeur de la Formation à l’école d’application du génie, à Angers.
Officier saint-cyrien de l’arme du génie, Guillaume de Sercey connaît bien le 2e REG de Saint-Christol (Vaucluse) où il a servi comme chef de section, officier traitant et commandant d’unité.
Outre le 2e REG, le lieutenant-colonel de Sercey a également servi au 4e RE à Castelnaudary et au 6e RG à Angers. Il a effectué des missions extérieures à Djibouti (1999 et 2003), en Bosnie (2000) et en Afghanistan (2010 à 2011).
Il a également servi à l’état-major de la 2e Brigade blindée, à l’état-major de l’Armée de terre et à l’école d’application du génie.  Breveté de l’Ecole de guerre, le lieutenant-colonel de Sercey est diplômé de l’École de commerce de Paris.
Il est décoré de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile d’argent et de la croix du combattant.   Il est marié et père de six enfants.
Outre les personnalités civiles assistant à la cérémonie, on notait la présence du général Hervé  Bizeul, commandant la 27e BIM, celle du général Jean Maurin, commandant la Légion étrangère et celle de plusieurs anciens chefs de corps du 2e REG dont le général Francis Autran.

Notre photo : le lieutenant-colonel Guillaume de Sercey, nouveau chef de corps du 2e REG, qui retrouve le Régiment du Ventoux.  (Photo 2e REG).


La forêt toujours recommencée...

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29.06.2015

Toute l'équipe du Raid des 7 Bornes est arrivée à la borne 4. Des polissoirs découverts non loin attestent d'une importante présence amérindienne, qui a probablement influencé le type de végétation rencontrée dans la forêt alentour.

Nous sommes arrivés hier en borne 4, avec un peu d'avance sur le calendrier prévu. Nous avons en effet décidé de couper quelques boucles de la frontière afin d'avoir une coupure de deux jours sur la borne, avant de plonger pour encore 3 tronçons et plus de 120 km de marche. Déjà 240 kilomètres à notre compteur, pour plus de 11 000 mètres de dénivelé. Nous le sentons un peu dans les corps, notamment les articulations qui souffrent des appuis qui sont en permanence très solliciés à cause des branches, des racines, des pentes.

Sur le trajet, nous n'avons trouvé aucune trace de présence humaine récente. Aucune trace de passage (coup de machette sur les arbres, branches coupées, etc) ni de campement. La zone semble n'avoir presque jamais été parcourue durant les dernières décennies.

Par rapport au trajet de la borne 2 à la borne 3, nous avons enregistré moins de possibles rectifications de frontière. Dans la plupart des cas, il ne s'agit que de cols qui ne sont pas tout à fait bien localisés. Le point le plus important à vérifier de ce point de vue était une crique localisée à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la Borne 4. La carte IGN actuelle l'indique en effet comme coulant vers le sud, ce qui impliquerait une importante modification de frontière. Vérification faite, elle va bien en direction du nord. L'interprétation de la commission de frontière était donc correcte, il faudra modifier la carte actuelle (notamment celle du geoportail).


La végétation que nous rencontrons est toujours composée des mêmes éléments, mais ce qui est marquant, c'est que certaines collines présentent des faciès assez différenciés. C'est le cas de celle de la borne 4, sur laquelle Guillaume réalise un relevé exhaustif des espèces sur une parcelle de 25 mètres sur 25. Comme nous avons découvert une impressionnante série de polissoirs sur une crique à proximité, ce qui atteste d'une présence importante de populations amérindiennes dans la zone, la parcelle permettra de voir comment cette présence a influencé (ou non) la composition de la flore, et par extension de mieux comprendre l'origine des associations végétales qui caractérisent les collines que nous croisons.

 

Pour le reste, nous allons profiter le plus possible de cette pause avant de nous remettre en chemin pour ce qui nous apparaît un peu comme un (long) sprint final.


Borne 3 : éviter la routine

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25.06.2015


L'équipe du Raid des 7 Bornes est enfin arrivée à mi-parcours - soit déjà 180 kilomètres parcourus ! D'une colline à l'autre, les paysages de forêt se suivent et ne se ressemblent pas. Voilà qui confirme toute la place des botanistes dans cette expédition destinée à vérifier la frontière terrestre entre Guyane et Brésil.

Nous voici arrivés à la borne 3, presque la moitié du parcours en termes de distance et déjà (ou seulement) la moitié en termes de bornes à passer. Nous en sommes désormais à 180 km parcourus environ, pour 8700 m de dénivelé positif. On avance !

Le trajet entre la Borne 2 et le Borne 3 s'est déroulé sans anicroche, avec un terrain difficile le premier jour mais qui est devenu plus favorable les jours suivants. Nous passons des collines qui se relient les unes aux autres soit par des petits cols perchés, soit par des thalwegs profonds qui nécessitent une ascension un peu délicate sur les 50 ou 100 premiers mètres. Cela étant, rien qui se compare au relief du massif du Mitaraka abordé dans les premiers jours de ce raid.
 
Nous progressons de 12 à 14 km par jour, sans forcer et nous pouvons nous arrêter vers 15 heures ou 15h30 ce qui laisse le temps d'organiser un bon bivouac et de récupérer pour repartir le lendemain. Pour une grande partie, ces progrès tranquilles sont dûs au caporal chef Alvaro qui ouvre la marche et réussit de manière impressionnante à lire la configuration du terrain dans la forêt la plus fermée, nous menant ainsi le long des lignes de crêtes et nous évitant de nous enliser dans des marais ou de profonds ravins. Je contrôle le parcours immédiatement derrière lui avec les données cartographiques dont nous disposons et avec l'adjudant Christophe et le sergent chef David nous donnons les indications générales de trajectoire afin de coller à la frontière.
 

La physionomie de la forêt varie assez fortement d'une colline à l'autre. Parfois basse avec un sous-bois dense, parfois plus haute et dégagée en bas. Par moments les palmiers dominent le sous-bois, par moments ils disparaissent presque complètement. Parfois, on passe des "cambrouses", zones pleines de bambous-lianes, parfois des forêts de lianes. Heureusement, ces deux derniers types de forêt, qui sont bien plus difficiles à franchir, sont plus rares. Peut-on lier ces différentes physionomies à des perturbations dues à l'homme ou bien tiennent-elles à d'autres facteurs comme le substrat ou les pentes ? Nous essaierons de creuser cette question avec des données complémentaires issues des images satellite.
 
Lundi, nous avons eu une opération d'hélitreuillage en borne 3, à la fois pour apporter notre ravitaillement et pour permettre la sortie du botaniste William Milliken et du colonel Walter, et l'entrée de Guillaume Odonne, le botaniste français qui assurera la deuxième partie de l'expédition. William a prononcé des mots de remerciements pleins d'émotion juste avant son départ, pas facile pour lui d'abandonner l'aventure au milieu. Le colonel Walter a aussi exprimé sa satisfaction de la manière dont l'expédition était conduite, en soulignant que l'étape qu'il a accompagnée lui avait permis de sentir toute l'ampleur du défi.
 
Nous avons profité de notre jour de repos pour remettre le matériel en condition et soigner les petits bobos, faire un peu la sieste et surtout changer un peu de rythme. La difficulté est en effet de ne pas tomber dans la routine, qui risquerait de peser sur le moral mais aussi de générer des accidents par manque d'attention. Nous ne devons pas oublier que si nous sommes à la moitié du parcours, il nous reste encore près de 200 km à parcourir...

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