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Légionnaire toujours...

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Mot du rédac'chef KB


Mot du Redac'chef KB N° 706

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L’aristocratie des tranchées

Le mot du redacteur en chef

1918-2008 : quatre-vingt dixième anniversaire de l'armistice d'une guerre déclenchée sous prétexte de venger un archiduc inconnu, assassiné par d'obscurs terroristes et qui a embrasé toute la planète. Cette guerre que tous croyaient devoir être courte dura cinquante et un mois, fit neuf millions de morts dans la population combattante de plus de vingt nations. Placée au cœur des combats, l'Europe en sortit exsangue et bouleversée politiquement, économiquement et socialement. Personne n'a pu expliquer pourquoi des peuples civilisés, de mêmes origines, adhérant aux mêmes valeurs en soient arrivés à un tel degré d'entêtement meurtrier, que rien n'a pu endiguer.

La Légion étrangère vécut ce maelstrom comme un nouveau défi, composant d'emblée en 1914 quatre régiments étrangers avec des volontaires aux aspirations aussi diverses que surprenantes, allant du patriotisme à l'idéologie, en passant par le pur amour de la France. L'amalgame s'est réalisé dans la terre crayeuse de Champagne, la boue de la Somme et les bois de l'Argonne ; la volonté des jeunes engagés volontaires pour la durée de la guerre et l'expérience des anciens ont progressivement fusionné, par le simple partage de la puissante et dure réalité des combats.

Au cœur de cette Légion de 14, des "sans-grades", des cadres sous-officiers ou officiers ont donné naissance à une véritable aristocratie des tranchées, dans laquelle se mêlaient les "desesperados, survivants de Dieu sait quelle épopée coloniale, mais qui étaient des hommes, tous. Et cela valait bien la peine de risquer la mort pour les rencontrer, ces damnés, qui sentaient la chiourme et portaient des tatouages" (caporal Sauser, alias Blaise Cendrars). Des légionnaires comme Bikoff le fin tireur, Garnéro le chasseur émérite, et autant d'anonymes se sont battus par honnêteté, par habitude, par force. Parfois avec grandeur, souvent avec une estime portée à l'adversaire car "on honore l'héroïsme, on l'honore partout, et d'abord chez l'ennemi".

Avec leurs capitaines, tels de Taschner ou Lafitte, qui partageaient la même cagna, le même abri que leurs hommes, ils ont tout enduré, tout supporté, permettant à la Légion étrangère d'accomplir ses exploits de 14-18 et de "continuer sa route, malgré tout et malgré tous", dans le plus grand choc que le siècle ait vécu.

Mot du Redac'chef KB N° 705

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Sous le signe d’un double volontariat…

La fête nationale est le rendez-vous annuel de la Nation et de son armée. Elle est, pour nos légionnaires, l'occasion d'apparaître tels qu'ils sont, sans artifice mythologique, avec leur vrai visage de soldat. Plutôt d'ailleurs comme "les" soldats, car, à en juger par le mouvement très perceptible des badauds le long des Champs-Elysées, le murmure qui s'élève de la foule et les applaudissements qui s'ensuivent, ce sont bien ces "soldats d'exception", que les spectateurs sont venus admirer. Oui, c'est apparemment exceptionnel d'être doublement volontaire, aujourd'hui, dans une société où l'individu demeure velléitaire et indécis. C'est une démarche qui semble originale, anachronique, voire exotique, mais qui fascine toujours.

Volontaires, ils le sont une première fois en optant pour une vraie vie de soldat, pleine et entière, totale. Leur décision, griffée d'une signature sur un contrat est leur titre de noblesse.
Ce choix d'être soldat d'un pays qui n'est pas le sien comporte une dimension toute particulière, dès lors qu'on se figure ce que cela implique : accepter une éducation nouvelle dans une langue qui n'est pas la sienne, alors qu'on atteint son âge d'homme ; être acculturé, par un cycle d'instruction commun et unique, au "tout opérationnel" ; apprendre la valeur de la parole à donner et à tenir ; enfin, accepter les règles et le statut du titre étranger, comme ses propres nouvelles règles de vie. Oui, pour cela, il faut être véritablement volontaire.

Volontaires, ils le sont dans un deuxième temps, pour le "vivre ensemble", élément culturel primordial de l'Institution, et c'est même dans ce "bien vivre ensemble" que se mesurent les réussites de l'amalgame et de l'intégration. Il faut bien être volontaire donc, pour adhérer au principe et faire siennes ces références de vie collective, au quotidien. Ce volontariat pourrait parfois prendre des allures de saut dans l'inconnu, si la force intégrante de la Légion ne faisait en sorte que, bien qu'exceptionnelle soit leur démarche, nos volontaires ne soient totalement incorporés à la France. Un sous-officier supérieur du 2e Étranger, en marge du défilé, faisait justement remarquer que "ce n'est pas d'être en France qui amène à la Légion, c'est d'y être qui fait aimer la France".

Et ce sont ces hommes deux fois volontaires, ces "légionnaires de France" que la foule des badauds, sur la plus belle avenue du monde, reconnaît, avec une légitime fierté comme … les siens.


Mot du Redac'chef KB N° 704

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Etre soi-même engageant, pour mieux engager…

La décision très personnelle de s'engager, ou du moins de faire acte de candidature, est le domaine réservé du candidat. Celle de le recruter, d'apprécier sa démarche ou non, en revanche, est dans la main des recruteurs, d'abord, puis dans celle des cadres de la sélection.

Il s'agit bien, pour l'Institution, d'un travail de professionnels du contact, de spécialistes des hommes. Un métier à la Légion étrangère qui demande des qualités particulières, même si le recrutement est, avant tout, l'affaire de tous et de chacun.  Des qualités naturelles et même travaillées, les cadres officiers ou sous-officiers et les légionnaires du recrutement n'en manquent pas.

Acteurs d'un "système d'hommes" avant tout servi par une certaine finesse de jugement, les recruteurs sont marqués d'un devoir d'excellence de premier plan : représenter l'Institution, avec la plus grande franchise. Pour bien engager, il faut être soi-même… engageant !
Pour cela, des qualités simples de soldat suffisent, pourrait-on dire. D'abord, il est nécessaire d'avoir un solide sens du terrain.

Le cadre du PILE sait s'approprier sa zone, la connaître en profondeur, la mailler et surtout sait l'occuper, sans pour autant se transformer en bonimenteur de foires. Ses départements deviennent son terrain de chasse. Sa ville, le point de départ de ses réseaux. C'est un homme qui sort, qui va au contact, efficacement.

La force de sa conviction, enfin, est son "courage opérationnel". Loin du stéréotype du beau parleur pratiquant l'abattage, le recruteur conquiert par une tranquille persuasion. Son témoignage direct, soutenu par son expérience, en fait un professionnel ouvert au dialogue, à l'écoute. De forum en présentation, il recherche et entretient le contact, sachant convaincre sans faire mauvais commerce de son sujet.

Le recrutement est vital et, dans ses résultats, vaut un bulletin de bonne santé de l'Institution. Et en y réfléchissant un peu, tous nos meilleurs légionnaire ont été recrutés… sans erreur !

Joyeux anniversaire au Groupement !


Mot du Redac'chef KB N° 703

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Des hommes de ferme vouloir…

La célébration de Camerone est passée, laissant sa traînée de gloire derrière elle. Au-delà du faste sobre de la commémoration militaire, ce combat exemplaire nous entraîne bien plus loin que la simple évocation d'un affrontement de plus d'une campagne oubliée.

Camerone est une des nombreuses facettes, ou modalités de la guerre éternelle, dont l'habituelle sauvagerie semble avoir marqué une pause dans l'engagement opérationnel de nos troupes, aujourd'hui. Camerone, comme El Moungar, Diên-Biên-Phu ou Beni Smir, sont probablement des "tragédies exemplaires" car ce qu'elles comportent de plus exemplaire, c'est la démonstration de la force de volonté, une volonté bien trempée d'hommes résolus.

Cette résolution et cette solide exigence se retrouvent aujourd'hui dans l'action de nos tuteurs, insérés en Afghanistan, dans ce qui est désormais connu de nos lecteurs sous l'acronyme d'"OMLT". Instruisant, conseillant, guidant l'Armée nationale afghane, nos cadres et légionnaires vivent en direct et en permanence l'épreuve d'un engagement entier, auquel ils participent en allant au bout de leur rassurante présence, aux côtés de leurs partenaires.

Leur quotidien dangereux illustre notablement l'implication de ces hommes de ferme vouloir, qui crédibilisent leur action par l'exemplarité de leur comportement et le courage de leur investissement. Proches dans leur soutien et compréhensifs envers la population, patients dans leur tutorat, nos mentors, acteurs modernes d'une autre modalité
de combat, s'accrochent dur à leur volonté d'accomplir une délicate mission, sans recul et sans démission.

L'esprit de Camerone, finalement, ne passera jamais.

Mot du Redac'chef KB N° 702

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Une affaire de “chef“…

On a l'habitude de dire : "Camerone ? Mais c'est Danjou et la troisième compagnie, bien sûr !". Oui, ce sont, étroitement liés, le chef et ses hommes : un groupe compact, que personnifie son capitaine et dont la nature propre, toute entière, acquiert, en situation, une puissance hors du commun. Même quasi surnaturelle.

A l'écoute du combat de Camerone, celui qui aujourd'hui tient une place de chef, quelque soit son grade, peut s'y retrouver. Parce que la place qu'il occupe, au sein de l'Institution, ce récit fameux la valorise pour ce qu'il représente, lui : un homme qui ordonne, un homme qu'on suit.

L'exemple de Camerone nous renvoie à notre responsabilité vis-à-vis de nos subordonnés. Le capitaine Danjou sentait l'issue fatale du combat et n'a pas eu à se retourner une seule fois : derrière lui, la troupe formait corps. Tous, ont été fidèles au serment. Le chef porte le poids de cette responsabilité mais il est suivi, parce qu'on sait que de toutes les solutions, il prendra celle qui s'impose à lui, même la plus radicale. Entre le chef et ses hommes, c'est un marché simple : responsabilité raisonnée contre confiance accordée.

Valorisé encore, son rôle l'est dans l'accord de partir avec ceux qu'on lui confie, qui ne sont pas forcément ceux qu'il souhaite avoir. Tous sont formés comme combattants, l'heure n'est donc plus à la sélection pointilleuse. Il embarque vers l'aventure ceux qu'on lui donne, à ce moment-là, du plus imprévisible au plus sûr des subordonnés, du plus rayonnant au plus obscurément inconnu des légionnaires. Et le chef leur manifeste la même et égale confiance, dans un combat dont il ne choisit pas non plus les conditions.

Enfin et surtout, parce que le rôle du chef est d'imposer l'acharnement, la ténacité, l'entêtement à accomplir ce qu'on s'est fixé. Là particulièrement, le combat de l'hacienda
est riche d'enseignement : le flambeau du commandement, par transferts successifs, passe de l'un à l'autre, dans l'ordre hiérarchique, pour finir entre les mains et dans la voix d'un caporal, chef d'un ultime trinôme qui va chercher à infliger pertes et désordre dans les rangs mexicains, jusqu'aux derniers instants. Tant que persiste la volonté de vaincre, il y a toujours une place de chef à pourvoir, pour achever la mission.

En l'absence de défis épiques dignes de Camerone, il se dresse, chaque jour devant nous des difficultés, des obstacles, des choix tellement lourds, qu'on ne sait comment les prendre. Ils appellent un engagement d'autant plus résolu qu'aucune gloire, même à titre posthume, ne viendra les couronner. Gardons alors à l'esprit, guidant nos légionnaires, que la résolution de ces "petits Camerone" est, avant tout, une affaire de chef…

Joyeux Camerone à tous !!

Mot du Redac'chef KB N° 701

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Union, travail, sagesse…

Cette devise bien sentie est celle qu'adopte la société "Ponticelli Frères", créée en 1921. La force de ces trois termes est à l'image de la force de caractère de cette fratrie, dont Lazare est, sans conteste, le plus combatif.

L'union… Elle représente celle qui le lie à la France, deuxième patrie qui l'a nourri et envers laquelle il témoigne une rare et belle reconnaissance. C'est aussi celle en laquelle il croit dur comme fer : l'union des hommes fédérés vers le même but, fidèles et soucieux de rendre leurs liens encore plus solides, au plus fort des combats qu'il a pu vivre, en guerre comme dans sa vie professionnelle. C'est enfin l'union fraternelle, celle qui permet d'aller bien Au-delà du possible, ensemble, s'épaulant l'un l'autre, celle qui est l'âme de la réussite partagée, sans vaine ambition, mais dont on tire une authentique fierté.

Le travail… Valeur foncière et de référence pour Lazare Ponticelli. Le travail qu'il aime au point de lui faire dire "qu'il n'a jamais tué personne". Pour lui, le travail a ses règles, son code d'honneur : honnêteté, constance et contact fort avec ceux qui l'exécutent. L'amour du travail bien fait, la préoccupation du bien-être de ses employés, la part des soucis que cela implique et qu'on doit accepter, voilà ce qui guide l'esprit du chef d'entreprise qu'est M. Ponticelli.

La sagesse… Lazare est, à tout juste 17 ans, déjà éprouvé dans sa vie d'homme. Survivre à tout prix ne l'a pas irrémédiablement endurci, bien au contraire, il est pétri d'une humanité hors classe. Sa sagesse se ressent dans la mesure qu'il prend pour juger les hommes et les événements, en conservant une certaine exigence, mais uniquement vis-à-vis de lui-même. Elle apparaît aussi au travers d'une modestie que rien n'entame, sa caractéristique personnelle principale, et qui l'anime fortement, jusque dans l'expression de ses dernières volontés.


Alors, adieu à Lazare Ponticelli, un homme d'honneur, tout simplement.


Mot du Redac'chef KB N° 700

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Disparition de M. Pierre Messmer

...le 29.08.2007 dans sa 91e année.

La Légion étrangère est triste parce qu'elle a perdu l'un des siens.

La Légion étrangère a perdu l'un de ses plus beaux soldats, l'un de ceux qui avaient rejoint la France libre parmi les premiers puis rendu son honneur à la France en participant à ses heures les plus sombres aux combats les plus durs - Bir Hacheim, El Alamein pour ne citer que ceux là – à la tête d'une compagnie de légionnaires de la 13° Demi brigade de Légion étrangère.

La Légion étrangère a aussi perdu un grand ministre attentionné à son égard, celui qui lui avait permis de retrouver son équilibre à son retour en métropole au début des années 60.

La Légion étrangère a enfin perdu un compagnon d'armes, président d'honneur de tous nos anciens légionnaires, toujours fidèle à ses engagements de jeunesse et qui aimait à se ressourcer en toute simplicité au sein de la famille Légion.

Monsieur Pierre MESSMER avait en 1994 porté la main de bois du Capitaine Danjou lors des cérémonies de commémoration du combat de Camerone. Il avait été ce jour là accompagné par les pionniers de la Légion sur la voie sacrée du quartier Viénot.

Aujourd'hui, à l'heure où il est entré au panthéon des légionnaires, ce sont ces mêmes pionniers qui l'accompagneront vers sa dernière demeure.

Général PICHOT de CHAMPFLEURY
général commandant la Légion étrangère


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