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La maison du Légionnaire

Décès de monsieur Daniele FANCINI

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Mon Cher Fancini,

"Chef de section au Régiment d’Instruction de la Légion étrangère, je reçois ma section de jeunes engagés volontaires, jeunes gens qui viennent des quatre coins du monde pour une instruction légionnaire de quatre mois.

87 futurs légionnaires, mis en place dans une chambrée où les lits se superposaient sur trois étages. Parmi eux, une homme, d’origine italienne, plus âgé que les autres. Il ne faisait aucun doute que ce personnage haut en couleur et quelque peu hâbleur aura bien des difficultés à récupérer physiquement. Beaucoup plus de peines que ses jeunes compagnons de voyages, il lui faudra rapidement se mettre en condition physique afin de suivre cette instruction sans laquelle il ne saurait être légionnaire.

Ainsi, en ce début de l’année 1980, l’engagé volontaire Fancini, pas encore légionnaire subit l’instruction du mieux qu’il peut avec, cependant, j’en témoigne, une volonté surprenante et admirable. Rapidement à la grande surprise de tous et peut-être de lui-même, il se fait oublier, au point de suivre normalement son instruction, Daniele Fancini s’était parfaitement adapté à la rudesse des épreuves imposées.

Pendant 17 ans et 6 mois, ton parcours légionnaire te fait participer à toute l’épopée de la Légion moderne, la plus grande partie du temps au sein de ton régiment de prédilection le 1er Etranger de Cavalerie.

Aujourd’hui plus que jamais, nous pouvons dire que tout à un commencement et une fin, rayé des contrôles de la Légion avec le grade de caporal-chef le 9 mai 1997, tu es rendu à la vie civile.

Dans ton esprit, tu supportes très mal de quitter cette Légion qui était devenue ta seconde Famille et tu décides de la servir encore en devenant pensionnaire à la Maison du légionnaire à Auriol.

Homme précieux pour le directeur et les pensionnaires, disponible, débrouillard, tu as rendu les meilleurs services par ton savoir faire et notre maison garde encore les traces de tes réalisations astucieuses dont tu avais le secret et le don.

Excellent camarade, tu savais te faire apprécié de tous, aimé faut-il dire, il est tellement vrai que tu as toujours été présent à l’appel de ceux en difficulté d’une manière bénévole et généreuse.

Mon Cher Fancini, tu étais, ces derniers temps entré dans la situation de dépendance des grands malades, de ceux qui n’ont d’autre vie que celle de naviguer incessamment dans un « va et vient » infernal entre ta chambre et celle de l’hôpital. De temps en temps te sachant de retour, je regardais discrètement du côté de ta chambre à ton poste d’observation, comme tu le disais, tu regardais probablement avec beaucoup de nostalgie la vie du domaine s’agiter sans que tes possibilités physiques, hélas, ne te donnent les moyens d’y participer.

Adieu, Daniele Fancini, repose en paix au milieu de tes camarades de la dernière route, va les rejoindre pour ton dernier bivouac".

Chef de bataillon (er) Christian Morisot

La Maison du légionnaire survit en s’adaptant à la société actuelle

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La Maison du légionnaire survit en s’adaptant à la société actuelle, mais sa manière de vivre le quotidien est sans équivoque, celle d’une autre époque. Aux extrémités de la société active, les enfants et les personnes âgées ne pèsent pas lourds étant considérés comme fardeaux. C’est dit-on les lois de la vie et du travail qui obligent les parents à se séparer de leurs enfants.

Ces derniers sont confiés au Personnel des crèches ou nourrice dès l’âge de 3 mois. Quant aux anciens, ceux-ci sont placés en maisons « spécialisées ».

Dans ce contexte, aujourd’hui, la Légion semble extraterrestre en n’abandonnant pas ses anciens serviteurs. Les pensionnaires de Puyloubier et d’Auriol, s’ils ne l’affichent pas ouvertement, savent bien ce qu’ils doivent à ce qu’ils appellent “leur famille d’adoption”.

Et pourtant, tous ces anciens hébergés dans nos maisons étaient eux aussi, à l’image du légionnaire d’aujourd’hui, sûrs d’eux, insolents parfois, arrogants à l’occasion et convaincus d’être éternels. Ils brulaient la vie par les deux bouts vivant en fonçant droit devant sans se poser la moindre question, papillonnant et savourant leur liberté. Ils avaient l’expérience imposée de savoir qu’un jour ils étaient grands et le lendemain tout petit au point de vivre au
jour le jour. Certains malheureusement avaient trop côtoyer: “grandeur et décadence”.

Un jour, ils étaient applaudis sur la plus belle avenue du monde, entourés, flattés, le lendemain, abandonnés sur le bord du chemin jusqu’à redevenir ce qu’ils n’ont, peut-être, jamais cessé d’être: « anonymes ».
Quand arrive le temps de l’oubli, de la régression physique, de l’âge avancé, de la grande solitude, du désœuvrement, la Légion leur offre le choix de recommencer leur vie en communauté légionnaire. Un nouveau départ, une nouvelle manière de vivre le quotidien avec la dignité d’exister encore pour quelqu’un. Ce quelqu’un notre « Légion et la Fédération
des Société d’Anciens de la Légion étrangère » en font partie, elles ont toujours, en toutes circonstances, répondu favorablement aux sollicitations et aux appels de secours qui malheureusement ne manquent pas de se présenter pour cette maison qui survie avec un budget des plus serré.

1931 : La Légion vient de fêter avec fastes et orgueils son centenaire à Bel-Abbès. Au tableau se profile une ombre gênante, celle du sort réservé aux nombreux « nouveaux anciens légionnaires » qui débarquaient, livrés à eux mêmes sur le port de Marseille et qui devaient trouver dans une société en crise de quoi subvenir à leurs frais quotidiens et à leurs
hébergements. C’était d’autant préoccupant que beaucoup d’entre eux étaient inaptes au travail par suite de blessure ou de maladie.

C’est le début de la volonté de voir apparaître un organisme de solidarité qui aurait pour but et mission de trouver, près du point de chute incontournable de Marseille, un lieu d’hébergement pour ces anciens légionnaires.
Les amicales sollicitées ne pouvaient régler seules ce problème, il leur fallait s'unir en se fédérant pour faire montre de plus d'efficacité. Fort de ce constat, c’est le départ d’une action remarquable enclenchée par le général Paul Frédéric Rollet qui inaugurait le 8 juillet 1934, huit mois après l’acquisition du domaine de Vède : « la Maison de retraite d’Auriol», pour les Auriolaises et Auriolais de l’époque: “le petit village international de la Vède”.

Ainsi donc, débutait une belle aventure, la générosité se concrétisait en une action solidaire où les anciens légionnaires se retrouvaient libérés du souci matériel de leur survie quotidienne et pouvaient chez eux et non chez les autres, se sentir libres et maitres de leurs propres destins enchaînés d’honneur et de fidélité.

CBA Christian Morisot - Directeur de la Maison du Légionnaire d'Auriol.

Echo de la Vède N°5

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Décès de Pascual Castillo

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Notre camarade Pascual Castillo âgé de 72 ans est décédé accidentellement dans le petit ruisseau qui traverse notre domaine de Vède.

Ses obsèques auront lieu le vendredi 13 janvier en l'église d'Auriol puis au carré légion du cimetière. Ci-après l'éloge funèbre du Chef de bataillon Christian Morisot :

 

"Mon Cher Castillo,

 

La manière dont tu nous as quitté est horrible et je ne me sens pas le besoin d’évoquer celle-ci, c’est une bien vilaine façon de nous quitter, mais y en aurait’il de belles ?

Nous sommes devant l’implacable réalité de la fragilité de notre existence, décidément nous sommes bien peu de chose…

Notre vie est relativement brève, la seule immortalité qui est la nôtre est ce que nous laissons derrière nous:nos descendants et nos réalisations.

Nous, anciens légionnaires, savons que la vieillesse attache plus de rides à l’esprit qu’au visage…

C’est le 21 octobre 1958 que le jeune homme de nationalité espagnole alors âgé de 19 ans Pascual Castillo s’engage au titre de la Légion étrangère pour  5 ans.

Pendant cette période de service légionnaire, tu passeras de l’Algérie à la Tunisie pour terminer à nouveau en Algérie où le 20 octobre 1963, tu es libéré de ton contrat et déclare te retirer à Marseille.

Mon cher Castillo, tu étais depuis trop peu de temps à la maison du légionnaire pour que je me permette de m’étendre à détailler ton quotidien à travers quelques anecdotes qui nous permettraient aujourd’hui de mieux présenter notre camarade disparu .

Vivre le présent en s’accrochant au passé est un peu le lot de chacun de nous, les légionnaires savent ce que veux dire « Légio Patria Nostra », la devise de notre famille qui t’a poussée à nouveau vers nous au moment où ton existence basculait, au moment où tu avais besoin de soutien plus moral que physique. Tu avais fait à nouveau appel à ta famille légionnaire qui t’accueillait ici à la Maison du légionnaire.

Nous sommes tous confrontés à un certain nombre de faits que nous n’avons pas choisis, que nous n’avons pas voulus, qui nous sont imposés. Cela commence par notre lieu de naissance, notre famille, l’époque à laquelle nous vivons, c’est notre corps, nos capacités, nos qualités et aussi nos handicaps.

Ensuite viennent compléter le tableau, les évènements qui nous transforment et que nous ne contrôlons pas. Ce sont les maladies, la vieillesse et les accidents.

Ainsi va le « sort » de tout être humain.

Vouloir changer cela équivaut à se parer d’un masque et devenir malgré soi un acteur affublé d’un rôle qui n’est pas le sien mais bien celui que son apparence offre aux regards des autres. Ce masque, mon cher Castillo, c’était celui que tu portais  parfois dernièrement, celui porté par un autre toi-même suffisamment envahissant pour t'entraîner à oser cette erreur fatale.

A la Maison du légionnaire, il est indiscutable que comme pour une machine, le fait d’enlever une pièce, la fait tomber en panne.

C’est le cas aujourd’hui avec ta disparition, tu manques déjà à la maison du légionnaire et à ta famille ici présente.

Tu étais malgré ton arrivée récente, une des images de notre décor quotidien.

Repose en paix au milieu de tes camarades de ta dernière route, ceux qui te partage ton dernier bivouac.

Nous présentons à ta Fille et tes proches nos  condoléances attristées.

Adieu Pascual.


Interview du CBA (er) Christian Morisot

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Le chef de bataillon (er) Christian Morisot âgé de 68 ans, né un 29 février affiche 34 ans de service légionnaire et 14 ans au service des anciens légionnaires. Il occupe la fonction de directeur de la Maison du légionnaire à Auriol depuis quatorze ans.

 

Question: Mon commandant, pouvez-vous nous parler de l’action sociale au profit des anciens légionnaires?

Ch.Morisot : L’action sociale à la Légion est avant tout un sentiment de générosité concrétisé par des actes qui se manifestent à travers son corollaire, la solidarité. Plusieurs définitions s’offrent à nous concernant l’esprit de solidarité qui nous anime, mais avant tout, il serait intéressant de définir le mot solidarité tel que nous la concevons.

Henry de Montherlant disait « que la solidarité est avant tout un sacrifice de soi, qu’il en est l’essence ».

A la Légion c’est un sentiment collectif qui nous pousse à aider, à faire preuve de munificence en ayant au fond de soi la conscience que celle-ci pourra être retournée ultérieurement - le cas échéant - à chacun de nous. La solidarité tisse donc un lien très fort et étroit entre les légionnaires car elle implique une responsabilité d’assistance et d’entraide réciproques. La solidarité consiste à nous comporter comme si nous étions directement confrontés aux problèmes des autres en les faisant nôtres, sans quoi, l’avenir de notre famille légionnaire pourrait être compromis. Cette solidarité se vit au quotidien, au combat comme en temps de paix à la caserne, elle fait partie intégrante de l’esprit de corps légionnaire, mais, et c’est une particularité légionnaire, elle se prolonge au-delà de la vie sous les drapeaux, elle devient instrument d’aide à l’insertion ou au soutien de légionnaires que la vie n’a pas épargnés même au-delà de la vie active. Souvent sans autre famille, les anciens légionnaires ou ceux d’active ont besoin de structures où, se sentir « chez soi » l’emporte sur toute autre considération. Combattre la solitude - cette mauvaise conseillère - appartenir à un groupe de références communes, se sentir épaulé en cas de besoin, savoir la présence d’une main amie qui ne pose pas de questions et ne juge pas, sont autant d’appels à la solidarité dont on parle.

D’une manière très pragmatique, les légionnaires retrouvent cette chaleur humaine qui fait tant défaut à l’époque que nous vivons, dans des organisations telles que l’IILE à Puyloubier, la Maison du Légionnaire à Auriol, le centre de permissionnaires de La Malmousque à Marseille en bord de mer, et au CHALE de La Ciotat qui peut permettre à quelques uns, parfois en famille, de mieux supporter l’attente d’un logement ou de créer une passerelle pour un demain meilleur.

Légionnaires et anciens légionnaires se sentent sur le même plan d’égalité quelles que soient les apparences et les origines. A la Légion l’action solidaire prend en compte un destin commun fait d’individualités et qui engendre un sentiment de reconnaissance envers l’ensemble. C’est tout le contraire de la charité qui demeure sans doute, pour l’être humain, le plus difficile de pardonner…

Notre société est de moins en moins solidaire et les inégalités s’accroissent, c’est un constat inquiétant.

Question: La « Maison du légionnaire » que vous dirigez n’est pas vraiment connue des légionnaires, pouvez-vous nous en parler :

Ch.Morisot : Et pourtant la création de cette maison date de 1933. Elle est de ce fait à l’heure actuelle, la plus ancienne implantation légionnaire.

La « Maison du légionnaire » est le seul territoire au monde qui appartient en propre aux légionnaires et anciens légionnaires. Chaque légionnaire y est chez lui et non chez les autres.

Je vous invite à remonter le temps dans un voyage imaginaire… jusqu’en 1929 pour être précis. Le monde est complétement englué dans la « grande dépression », cette crise économique qui reste de nos jours encore, la plus dévastatrice de l’histoire de l’ humanité, bien plus importante que celle que nous vivons actuellement. Elle est durement ressentie et suscite des réactions de survie de celles qui peuvent déclencher une guerre mondiale… La maison mère de la Légion au début de cette crise est à Sidi Bel Abbès au sein du 1er Régiment étranger que commande le colonel Paul-Frédéric Rollet. A cette époque la Légion possède un effectif de plus de 20 000 hommes. Chaque mois voit débarquer une centaine de nouveaux « anciens légionnaires » sur les quais du port de Marseille, en fin de service. Pour la plupart, aucune possibilité d’embauche ne se présente et de ce fait, aucune intégration n’est possible dans le tissu de cette société civile asphyxiée par la crise mondiale. Les autorités légionnaires sont informées de la situation désastreuse de ces anciens, habitués à vivre intensément, encadrés dans une collectivité qui leur assigne des objectifs, dans laquelle ils ont une vie sociale où la place de chacun est clairement définie et qui se trouvent d’un jour à l’autre livrés à eux-mêmes, abandonnés en quelque sorte, après avoir si bien et si durement servi la France.

Le regroupement des régiments de la Légion en 1931, au moment des cérémonies de commémoration du centenaire de sa création, est propice au brassage des idées et c’est ainsi que surgit celle de la nécessaire création d’un point de chute pour les anciens légionnaires, non loin de Marseille. Des recherches sont entreprises sur ordre du précurseur des inspecteurs de la Légion, le général Rollet qui aboutissent à la découverte du Domaine de Vède situé sur la commune d’Auriol, distante de quelque 17 kilomètres de la cité phocéenne. La Légion achète la propriété sur fonds propres et en 1934 la Maison de retraite d’Auriol voit le jour. Les anciens légionnaires qui l’ont souhaité s’y sont installés créant ce « petit village international » comme l’appelaient si à propos les habitants d’Auriol. Cette Maison permet aujourd’hui d’héberger 70 pensionnaires en chambre individuelle dans d’excellentes conditions de confort.

Question: Vous êtes sur le point de quitter vos fonctions après presqu’un demi-siècle au service de la communauté légionnaire quel bilan faites-vous ?

Ch.Morisot : J’ai l’impression de m’être engagé hier et d’être né avant-hier. Le bilan est simple, il est représenté par le nombre d’anciens que j’ai accompagnés à Puyloubier et Auriol à leur dernière demeure qui est de 121. Ils sont tous dans ma mémoire et je peux encore mettre un visage sur chacun de leurs noms… Le souvenir de mes années passées au service de la Légion devient pour moi nostalgie. Le train de nos vies défile trop vite sur les rails du temps, les jours se succèdent à une vitesse folle, et inéluctablement des choses s’effacent.

Je me félicite tous les jours d’avoir fait le choix d’être légionnaire et d’avoir accordé à la Légion les plus belles années de ma vie qui l’ont été parce que j’étais légionnaire précisément.

La Légion a été pour moi une école de volonté et détermination, un havre d’amitiés, de camaraderie et de fraternité. Un lieu où le don de soi n’est pas un vain mot. Bien entendu comme en tout lieu de vie il y a de bons et de moins bons moments. Mais la nostalgie des aventures vécues, le souvenir des camarades et des lieux perdus de vue, la certitude d’un temps qui ne reviendra pas se nourrissent essentiellement des bons moments et de l’idée que l’on se fait de la fidélité ; de celle que l’on doit à un subordonné, à un camarade, à un chef, à une institution qui peut être pour chacun un idéal : l’honneur de servir.


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