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« LA LEGION » : Compte rendu de la réunion mensuelle du 9 mai 1931.

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L'Echo de la F.A.R.A.C. 1931/06.

 

« LA LEGION »

Compte rendu de la réunion mensuelle du 9 mai 1931.

 

La séance est ouverte à 21 heures, sous la présidence du camarade Mäder, vice-président, en l'absence du président Maurer en tournée au Maroc; excusés les camarades Favre du Trembley, Dorvaux, Brandt et Maladry, ce dernier malade.

La parole est donnée au secrétaire général pour la lecture du procès-verbal de la réunion mensuelle d'avril qui est adopté sans observations.

Lecture du courrier par le président de séance et notamment d'une lettre du camarade Walter qui adresse à tous son salut fraternel.

Le camarade Van Grasdorf, en sa qualité de président de la commission des fêtes, après entente avec le Conseil d'administration, soumet à l'assemblée un projet de fête champêtre qui pourrait se réaliser l'un des dimanches du mois de juin et, après approbation, ce projet est envoyé à l'étude de la commission qui fera connaître en temps voulu etpar circulaire individuelle toutes les conditions de réalisation.

Le camarade Schmid, secondé par le camarade Van Grasdorf, fait un compte rendu très fidèle des fêtes qui viennent de se dérouler à Sidi-bel-Abbès à l'occasion du centenaire de la création de la Légion étrangère — son enthousiasme est sans borne et le souvenir en sera inoubliable. Impossible de décrire ce que furent ces quelques journées passées au milieu de la Légion, dit-il, mais pour bien me faire comprendre, je tiens à procéder par ordre.

D'abord, la délégation de la Société de Paris était composée: du président et Mme Maurer, M. et Mme Wetzel, M. et Mme Walter, les camarades Kauffmann, Van Grasdorf, Schmid, Fritsch, Sauer avec le drapeau, Ilirtz et Rodatz auxquels s'étaient joints, quoique président de la Société de Nantes le camarade Barutaud et Mme. Partie de Paris vendredi soir 24 avril, elle arriva à Marseille samedi matin pour s'embarquer le même jour à 16 heures sur le Président Dal Piaz et arriva sans incident le lundi matin à Oran. Départ d'Oran à 9 h. 1/2 en autocar pour arriver à Sidi-bel-Abbès à 11 h. 1/2, où elle fut reçue devant la cour du quartier par le général Rollet. Aussitôt, les cantonnements furent assignés à chaque délégation, car il faut vous dire, mes chers camarades, que 27 sociétés avaient envoyé des délégations et que l'effectif de celles ci était de 252 délégués.

Le reste de la journée de lundi fut consacré à l'installation et aux visites du village nègre. Mardi, flânerie au quartier, en ville et dans les environs.

Mercredi, rassemblement de toutes les délégations avec drapeaux dans la cour du quartier et départ à 15 heures musique en tête pour le monument aux morts des enfants de Sidi-bel-Abbès, où notre président, au nom de l'Union des Sociétés d'anciens légionnaires de France, des Colonies et de l’Étranger, déposa une couronne.

Sonneries, Marseillaise et discours du maire de Sidi-bel-Abbès en présence du gouverneur de l'Algérie, du maréchal Franchet d'Esperey, des généraux Guillaumat, Vandenberg, George, Daugan, Suthl, sénateur de la Moselle, le prince de Monaco, etc. sans oublier les légionnaires de toujours, les généraux Lamiable, Collombat et Théveney et les colonels Szarvas et Forey.

Retour au quartier, toujours musique en tête et dislocation. Le même soir, réception à la gare des détachements avec musique des 2e, 3e, 4e et 5e Étrangers, salut aux drapeaux et retraite aux flambeaux monstre par tous les détachements et les quatre musiques avec tambours, clairons, fifres, cors et trompettes.

Jeudi matin, à 8 h. 1/2, inauguration du monument élevé dans la cour du quartier à la mémoire des glorieux morts de la Légion au cours de cent ans, en présence des détachements avec drapeaux et musiques des cinq régiments, de toutes les hautes personnalités et de toutes les délégations des Sociétés d'anciens légionnaires.

Moment solennel, merveilleux, inoubliable : sur un geste du général Rollet, inspecteur de la Légion étrangère ,qui a été l'inspirateur, le créateur et l'animateur de ces fêtes grandioses en même temps que l'initiateur et l'âme du monument, le drapeau qui recouvre cette œuvre magnifique tombe et alors apparaît dans toute sa splendeur le chef-d’œuvre digne de tous ces braves qui, du monde entier, sont venus apporter à la France, leur patrie d'adoption, le concours de leur jeunesse et de leur sang.

Les quatre cliques sonnent aux champs; les quatre musiques attaquent la Marseillaise, le soleil ardent est de la fête, une escadrille d'avions sillonne l'azur, les cœurs battent à l'unisson, l'émotion est à son comble et dès que les musiques se sont tues, le colonel Forey monte à la tribune pour lire son discours. Le colonel Nicolas, commandant le 1er régiment, lui succède et tour à tour prennent la parole le président Maurer au nom de l'Union, le président du Conseil général au nom du département d'Oran, le maréchal Franchet d'Esperey au nom du ministre de la Guerre et le Gouverneur général de l'Algérie au nom du gouvernement.

J'ai l'honneur et la faveur de vous donner ci-dessous le discours en entier prononcé par notre cher président, au nom de toutes les Sociétés d'anciens légionnaires de France, des Colonies et de l’Étranger :

Monsieur le Gouverneur général Monsieur le maréchal,
Mon général,
Mesdames et chers amis,

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme,
Ouvre le firmament !
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme,
Est le commencement.

Maintes fois déjà j'eus le de triste privilège rappeler aux vivants le souvenir de nos chers morts; maintes fois j'eus le cœur serré en glorifiant dans des cérémonies com- me celle-ci le culte de nos glorieux disparus; mais jamais je n'ai été aussi ému que devant ce monument élevé à la gloire de nos frères d'armes grâce à l'initiative généreuse et de piété fraternelle de MM. le général Rollet et le colonel Forey auxquels j'offre tant en mon nom qu'au nom de l'Union des Sociétés d'anciens légionnaires de France des Colonies et de l’Étranger, l'expression de notre profonde et respectueuse gratitude.

Oui, messieurs, nous honorons aujourd’hui, et la France toute entière est de cœur avec nous, la mémoire à jamais impérissable de tous ces chers glorieux disparus, qui de toutes les parties du monde ont ap- porté à leur patrie d'adoption le concours de leur jeunesse et de leur sang. Ils n'ont pas craint de pousser leur abnégation jusqu'au sacrifice suprême; ils se sont immortalisés car leur gloire est sans pareille et leurs frères d'armes, anciens comme nouveaux, sont réunis aujourd'hui pour leur rendre, dans une communion étroite de pensée, le solennel hommage de gratitude et de souvenir.

Ah! combien il serait souhaitable que le sacrifice suprême de tous ces héros anonymes soit enfin compris par toutes les mères, épouses et sœurs françaises; combien il se- rait désirable que toutes sachent que ceux que nous honorons aujourd'hui, ont droit à leur reconnaissance, puisque le sang versé si généreusement par ces nobles parias leur ont épargné tant de larmes et de deuils.

Dans cette minute solennelle, mes pensées vont vers ces mères, épouses et sœurs étrangères, qui pleurent les leurs tombés si loin de leurs foyers, loin de leur pays et qui n'ont même pas l'espoir de pouvoir un jour s'agenouiller et se recueillir sur leurs tombes.

Mon âme s'élève pour dire à toutes ces éplorées: consolez-vous, la mémoire des vôtres nous est sacrée au même titre que celle de nos propres enfants, car la France, pas plus dans la vie que dans la mort, ne fait de différence entre ceux qui sont nés sur son propre sol et les étrangers accourus pour combattre sous les plis de son glorieux drapeau; tous sont égaux et tous sont honorés avec la même piété,puisque tous ont également bien mérité de la patrie.

Personne ne pourra jamais dire assez haut ce que furent ceux que nous honorons au- jourd'hui; tous braves comme des Paladins, tous également intrépides; pas de différence entre chefs et simples légionnaires, dans les combats tous se ressemblent comme sortis du même creuset.

Ah! messieurs, comprendre l'âme de tous ces braves qui n'avaient qu'un idéal: servir courageusement, loyalement et fidèlement le pays à la gloire duquel ils s'étaient voués corps et âme; les nouveaux venus aspiraient dès le premier jour à la renommée de leurs anciens; les traditions se transmettaient des uns aux autres et le flambeau de la Légion passait de mains en mains, car tous voulaient être dignes du glorieux drapeau qui porte dans ses plis, en lettres d'or, la devise de nous tous : HONNEUR ET FIDÉLITÉ

Gloire soit rendue à nos chers morts et que les mânes de ceux qui reposent dans la terre légère de notre belle Algérie dans les marigots du Mexique, dans les sables du Sud-Oranais, dans les rizières du Tonkin, dans la brousse du Dahomey et de Madagascar dans le bled du Maroc et de la Syrie viennent rejoindre celles dont les corps dorment leur dernier sommeil dans la terre de notre belle France, que toutes soient présentes pour commémorer avec les vivants l'immortalité de la France, la Patrie des Patries.

Et puisque la mort n'est pas une fin, mais une transfiguration, je termine sur ces beaux vers de Victor Hugo :
Les morts sont les invisibles,
Mais ils ne sont pas les absents

A la réunion du mois de juin, je continuerai mon compte rendu des fêtes.

L'assemblée, par ses applaudissements frénétiques, remercie le camarade Schmid pour son magistral exposé et plus rien n'étant à l'ordre du jour, la séance est levée à 23 heures aux cris de « Vive la Légion ».

Le secrétaire généràl :
G. Van GRASDORF.


Traduction

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