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La Légion.

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Le Progrès de Bel-Abbès - 28/04/1931

 

A NOS LECTEURS

 

Dans deux jours, la Légion Étrangère inaugurera le Monument élevé par les Légionnaires à leurs morts, tombés au cours des Cent années d'une existence de bravoure et d'abnégation.

 

Caserne Viénot, Sidi-Bel-Abbès 30 Avril.

 

Pouvait-on trouver cadre plus vivant que Bel-Abbés, berceau de la Légion, nom évocateur entre tous ?

Pouvait-on trouver date plus héroïque que celle de l'anniversaire du combat de Camerone (Mexique 1863) où, pendant neuf heures, sous un ciel de feu, 62 légionnaires, commandés : par 3 officiers, forcèrent l'admiration de 1.800 Mexicains ?

Notre ville a le droit de s'enorgueillir d'un tel honneur et le devoir de s'associer à l'hommage rendu à ceux qui, héros obscurs et inconnus, ont versé leur sang pour une plus grande France

Dans notre humble sphère nous avons cherché à participer à ce tribut de reconnaissance et consacrons notre numéro d'aujourd'hui à l’œuvre valeureuse de la Légion Étrangère.

Puisse cette modeste collaboration être appréciée de nos lecteurs et valoir à « notre Légion le respect et l'admiration auxquels elle a droit.

 

LA LÉGION

 

 

SA CRÉATION

 

 

C'est en vertu de la loi du 9 mars 1831 que fut formée la légion étrangère qui devait être constituée au moyen d'engagés volontaires étrangers. La durée des engagements y était de trois années au moins et de cinq au plus avec possibilité de rengagement. Pour être admis à y entrer, il fallait être âgé de plus de 18 ans et de moins de 40 ans.

Des Suisses, provenant des régiments de la Garde royale et des soldats étrangers provenant du régiment de Hohenlohe, lesquels, n'étant pas naturalisés français, n'avaient pas trouvé à servir dans d'autres corps, formèrent le premier noyau de légionnaires.

Mais bientôt vinrent s'enrôler des Espagnols et des Italiens, qui cherchaient une protection hospitalière contre les persécutions politiques, de nombreux Belges, des Allemands des provinces rhénanes qui regrettaient d'avoir été séparés de la France à la suite des traités de Vienne, des Polonais compromis dans la révolution de Varsovie, enfin des soldats des diverses armées européennes. Au 1er octobre 1832, le nombre des engagés volontaires s'élevait déjà à 5.538.

La légion étrangère fut primitivement formée à sept bataillons de huit compagnies du centre, comptant 112 hommes chacune (les compagnies d'élite ne devaient être créées que l'année suivante) et placées sous les ordres du colonel, baron Stoffel, ancien colonel commandant du régiment de Hohenlohe.

A peine leur organisation terminée, ces bataillons furent mis en marche sur Toulon. Et à la fin d'août 1831, les 1er, 2e, 3e, 5e et 7e bataillons embarquaient pour Alger tandis que le 4e Bataillon faisait voile sur Oran et le 6e bataillon sur Bône.

Avant son départ pour l'Algérie, chaque légionnaire avait reçu l'équipement suivant : un pantalon garance tombant droit sur le pied ; un habit bleu de roi boutonnant sur la poitrine, une capote en drap gris de fer à deux rangées de boutons, un képi de turban garance, bandeau et passepoils bleus, une paire de guêtres en drap bleu foncé avec boutons doubles aux sous-pieds; un col d'ordonnance; un équipement complet en buffle blanc et un étui en toile bleue à raies blanches pour y mettre l'habit. Ainsi qu'on le voit, l'uniforme du légionnaire différait fort peu de celui du fantassin d'un régiment de ligne. Cependant, sur les boutons de cuivre étaient gravés ces mots : Légion étrangère.

A la suite de son débarquement en Algérie, la légion étrangère vécut sous la tente, de la vie des camps. Si, grâce aux officiers et aux sous officiers provenant des régiments suisses et du régiment de Hohenlohe, la légion étrangère avait été organisée en moins de quatre mois, son organisation, à vrai dire, laissait encore fortement à désirer.

On avait commis l'erreur de grouper par compagnies les légionnaires de même nationalité, ce qui facilitait le commandement, mais donnait lieu à de fréquentes rixes entre compagnies voisines, le nationalisme survivant, au cœur de l'homme, par delà les frontières et même par delà les mers. Il fallût attendre le mois de janvier 1832 pour voir enfin l'ordre régner dans la légion étrangère.

Le 1er avril 1832, le colonel Stoflel ayant atteint l'âge de la retraite il fut remplacé dans son commandement par le colonel Combes. Par ordonnance royale du 9 novembre 1831, le roi Louis-Philippe avait donné un drapeau à la légion et le colonel Combes débarqua à Alger, le 24 juin 1832, apportant avec lui l'emblème tricolore.

Le premier drapeau de la légion étrangère portait, brodées dans ses plis, ces deux inscriptions : « Le Roi des Français à la légion étrangère » et « Honneur et Patrie ». Sa hampe n'était pas surmontée du coq gaulois, comme celles des autres drapeaux, et ne portait pas de cravate. Le colonel Combes remit l'emblème aux troupes, au cours d'une grande revue passée au camp de la Kouba.

Par la suite, cette inscription ayant été jugée impropre à s'appliquer à la légion fut modifiée et remplacée par « Honneur et Fidélité ». C'est cette dernière inscription que porte encore aujourd’hui le drapeau de la légion étrangère.

 

 

SON ŒUVRE

 

 

La légion étrangère avait déjà reçu le baptême du feu. Le 27 avril 1832, le 3e bataillon avait pris part à une « razzia » organisée contre la tribu d'El Ouftia et les légionnaires avaient montré beaucoup d'ardeur au cours de ce combat. Mais la première affaire sérieuse à laquelle ait participé la légion fut celle de Sidi-Chabal, le 11 novembre 1832. Mahdi-ed-Din, accompagné d'Abd-el-Kader, s'était présenté devant Oran avec 3.000 cavaliers et 1.000 fantassins.

Le général Boyer, qui commandait les troupes françaises, déploya sa colonne, les chasseurs d'Afrique, à droite, le 66e d'infanterie appuyé par l'artillerie au centre, et à gauche les chasseurs non montés et le 4e bataillon de la légion, composé d'Espagnols.

Dès que les boulets français eurent jeté le désordre parmi les cavaliers arabes, le 66e et la légion, avec un magnifique élan, se ruèrent sur l'ennemi. Tandis que les cavaliers d'Abd-el-Kader s'enfuyaient au galop, les fantassins arabes, se laissant acculer à un ravin, perdaient 63 tués et 146 blessés.

L'épopée continue — De parcourir l'Afrique du Nord en tous sens l'espace semble moindre et, prenant ses ailes, la Légion part en Crimée, puis en Italie, puis au Mexique. L'Asie, l'Europe et l'Amérique sont les terrains nécessaires à ses pérégrinations glorieuses.

Le colonel Vienot à la bataille de l'Alma, et le lieutenant Saussier, dans les tranchées de la Quarantaine, sont les dignes chefs des bataillons qui s'illustrent dans le cours de cette bataille célèbre et dans la stoïque défense de ces tranchées.

La Légion quitte la Crimée sitôt la campagne finie et, pour se reposer, elle parcourt la Kabylie dont-la conquête marche bon train. A côté des célèbres faits d'armes de Boghni, d'Ikhouchelen, d’Icheriden où l'intrépidité des légionnaires fait merveille, il est donné de voir le capitaine Saussier arracher des mains des Kabyles un soldat blessé et, sur le même champ de bataille, le caporal Van Leyen, décoré pour avoir sauvé le capitaine des mains des Kabyles- qui l'entraînaient.

Puis, c'est 1859 et la campagne d'Italie. Aux cotés du 2e Zouaves qui pour son héroïque conduite, mérite de voir son drapeau décoré par l'Empereur; la Légion combat brillamment à Magenta.

La campagne est courte. La Légion revient en Oranie, participe aux colonnes contre les Beni-Snassen et, sous les ordres du général Martimprey, elle va faire partie de l'expédition décidée contre le Maroc, lorsque une épidémie de choléra décime le corps expéditionnaire et fait ajourner l'exécution du plan militaire.

De 1863 à 1868, la Légion prend part à la funeste expédition du Mexique. Là se place, entre maints faits d'armes émouvants, l'héroïque défense des hangars de Camerone. On ne peut lire le rapport simple et grandiose couché par les survivants sur le vieux registre de campagne du 1er Étranger sans une poignante émotion.

Pendant neuf heures consécutives, dans un hangar mal fermé, organisé à la hâte, 62 légionnaires résistèrent à 1 800 Mexicains auxquels ils mettent 500 hommes hors de combat.

Si cette conduite est belle, lorsqu'elle a pour but immédiat de sauver sa propre vie en se défendant crânement, elle ne l’est pas moins lorsqu'un bataillon, sac au dos, fait, en 32 heures, 120 kilomètres pour secourir des camarades qui succombent. Ce raid sans pareil fut accompli par le bataillon Saussier sur Monterey (Mexique).

Puis la Légion revient en Algérie et le Sud-Oranais lui fournit encore une belle carrière. Elle poursuit les Oulad-Sidï-Cheik, rebelles lorsque la France, succombant, fait appel à toutes ses ressources. La Légion forme un bataillon qui combat victorieusement sous les ordres du commandant Arago, au faubourg Bannier, à Orléans, se fait hacher à Coulmiers, se bat héroïquement à Cercotte, Monbéliard et donne enfin à la terre française continentale, d'où le décret de 1831 avait voulu l'exclure à jamais, le meilleur de son sang.

De retour en Algérie, les survivants du bataillon de marche rejoignent les colonnes qui répriment l'insurrection en Kabylie et dans le Sud-Oranais.

En 1881, la Légion opère contre Bou-Amama et guerroie ainsi jusqu'en 1883. Elle part alors avec les tirailleurs algériens et l'infanterie de marine et va participer à la conquête et à la colonisation du Tonkin. Miliana et Camerone ont une troisième édition à Tuyen-Quan où, pendant 26 jours, 390 légionnaires et 6 officiers, avec une compagnie annamite, résistent victorieusement à une attaque furieuse de 20 000 Chinois.

Depuis cette époque, la Légion a concouru à toutes les expéditions contre les pirates dans la région montagneuse, elle a élevé des postes, tracé des routes pendant les répits qui lui étaient donnés.

Elle a occupé, depuis 1886, toute la région ouverte du Tonkin-Laoki. Elle a construit des postes sur la haute rivière Claire, le fleuve Rouge et la rivière Noire pour chasser les pirates, elle a enfin élevé des constructions et assuré de façon normale la pacification de ces régions.

Depuis cette époque, les contingents tonkinois de la Légion sont périodiquement renouvelés par des envois des régiments stationnés en Algérie.

Et cependant, depuis 1892, aussi bien au Dahomey qu'au Soudan et qu'à Madagascar, la Légion, n'a pas cessé d'envoyer ses bataillons et de se couvrir de gloire.

A Dogba et Karra au Dahomey, à Trinaïnoudry et Tananarive à Madagascar, à Taghit, à Zenaga, à Kenadsa à El-Moungar, à Berguent, à Taza, à Tissa où la 3e compagnie du 1er étranger, capitaine Rollet, ouvre à l'ouest de Fez la route de Zegolta, ce qui fait dire au général Gouraud : « Une fois de plus la Légion se distingue par ses travaux autant que par ses faits d'armes » la Légion est à l'honneur.

Puis ce sont les opérations chez les Beni-Mtir et les Béni Mguild.

Au Maroc Oriental, c'est le 1er Etranger qui, le 11 avril 1913, livre le combat de Nekhila où tombe glorieusement, face a l'ennemi, le capitaine Doreau et une dizaine de légionnaires qui se" sont fait tuer sur son corps.

Le 10 mai 1914, marche sur Taza des colonnes Baumgarten et Gouraud, le 16 elles font leur jonction et le 18 le Résident général Lyautey, salué par le drapeau décoré du 1er Étranger, passe une superbe revue dans la ville même.

Et nous voilà à la vaille de la guerre mondiale. La mobilisation générale est proclamée et, le 2 août 1914, la Légion s'embarque à Oran pour aller prendre part aux opérations en France.

Souain, en Champagne ; Belloye-en-Santerre; Auberive ; Cumières ; Laffaux, Hangard ; Ambleny, etc.. sont preuves vivantes que la Légion n'a pas déchu et que, si dans les autres corps français on sait vaincre, à la Légion on sait mourir.

Le 9 mai 1915 en Artois, au cours d'un assaut le clairon Theissen, monte sur une meule de paille, se met tout droit et donne la charge jusqu'au moment où il tombe.

Pendant l'attaque des « ouvrages blancs », l'adjudant Sedley mortellement frappé par un éclat d'obus, sort un carnet de sa poche, plonge un bout de bois dans sa blessure et écrit avec son sang : « Je meurs content, puisque nous sommes victorieux ! Vive la France ! »

A Belloy-en-Santerre, le sergent Telmini chef d'une section de mitrailleuses, a le bras emporté par un obus. Malgré cette horrible blessure il garde toute sa présence d'esprit, fait tirer sa pièce, mettre les hommes à l'abri et va ensuite se faire soigner.

Chargé de nettoyer une tranchée au nord du bois des bouleaux, le caporal Arrocas lance des grenades sans arrêt ne prenant pas le temps de se reposer, blessé, il continue et quand, au bout

de 36 heures, il s'arrête, c'est qu'en face de lui il ne reste plus d'ennemis.

C'est encore le légionnaire Giorne qui, au Combat d'Amblemy, a les jambes coupées et le bras droit emporté par un éclat d'obus. Il ne profère pas une plaine. Son capitaine arrive et ne peut cacher son émotion :

- Mon pauvre gosse, comme il t'ont arrangé !

- Mon capitaine, reprend-il, plus de pieds, plus de bras droit, mais il me reste encore le bras gauche, pour vous serrer la main et vous souhaiter bonne chance !»

Au médecin-major qui imbibe ses plaies de teinture d'iode il dit en souriant : « Cette fois, M. le Major, je suis exempt de service !»

Oh, j'entends bien les murmures des sceptiques, je vois le sourire serein des gens à l’esprit subtil, je perçois le haussement d'épaules de celui, de ceux qui songent qu'après tout ce sont des étrangers, bien des fois déserteurs, des gens sans foi qui portent la ceinture bleue sur la capote kaki.

Soit, mais pour leur répondre, voici qu'un homme de grand cœur, qui les connaît bien, le capitaine Borelli a pris la parole et s'est adressé à tous ces vagabonds, qui sont morts pour la France :

Sans honneur. Ah ! Passons ! Et sans foi ?

Qu’est ce à dire :

Que fallait-il de plus et qu'aurait-on voulu ?

N'avez-vous pas tenu, tenu jusqu'au martyre,

La parole donnée et le marché conclu ?

Mercenaires ? sans doute : il faut manger pour vivre,

Déserteurs ? Est-ce à nous de faire ce procès ?

Étrangers ? Soit. Après. Selon quel nouveau livre

Le Maréchal de Saxe était-il donc Français f

Et quand donc les Français voudront-ils bien entendre

Que la guerre se fait, dent pour dent, œil pour œil,

Et que ces étrangers qui sont morts, à tout prendre,

Chaque fois, en mourant, leur épargnait un deuil ?

 

Sidi-Bel-Abbès, berceau de la Légion

 

Sidi-Bel-Abbès ! Bel-Abbès comme on dit là-bas. Sur le papier, ces deux petits mots ne disent pas grand'chose.

Sur les atlas, sur les cartes, ils passent inaperçus. Et, pourtant, Bel-Abbès est la capitale d'un monde, d'un monde extraordinaire, où les mots de patrie, de frontières, de citoyens n'ont pas de sens, d'un monde sans nom. Bel-Abbès n'est pas la capitale d'un pays : c'est la capitale d'un drapeau : la capitale de la Légion.

Il y a quelques années — c'était au moment où le fameux Abd-el-Krim faisait des siennes — une compagnie de Légion quittait, au petit matin, le poste de Bab-Moroudj, au nord de Taza.

Après une avance relativement facile dans la vallée, la Légion fut brusquement arrêtée par le tir admirablement précis de quelques « salopards », au moment où elle gravissait les pentes du Djebel Amseft. Un vieux sergent de la Légion s'affaissa tout à coup, touché au ventre. Tandis qu'on le hissait péniblement sur un cacolet; le vaillant légionnaire, dans un sourire douloureux, trouva la force de parler, il n'y a pas d'êtres en chair et en os dans ce pavillon. Mais il y a une âme, l’âme de la Légion, le Drapeau.

La nuit comme le jour, un légionnaire monte la garde devant cette âme et devant les ombres des morts de la Légion.

Dans la salle d'honneur du 1er Étranger, il n'est nulle part question de patrie.

Sur les plis tricolores, on lit « Honneur et fidélité ». Ce drapeau n'est pas un symbole. C'est une fin en soi.

Ce drapeau, c'est leur patrie aux légionnaires, une patrie qui s'appellerait « Honneur et Fidélité ». C'est leur famille ; c'est aussi leur passé, un passé jeune qui remonte à la conquête de l'Algérie. La Légion, en effet, fut créée en 1831. Mais elle a mis les bouchées doubles. Pour s'en convaincre, il n'est, que de jeter un coup d’œil sur les murs de la salle d'honneur, sur ces photos, sur ces tableaux qui nous entraînent du Tonkin au Tchad, de Madagascar à Verdun, sur ces « pavillons noirs » annamites, sur ces sagaies sénégalaises, sur ces « bonzes » et ce fut pour dire : « Ah ! je le reverrai tout de même, mon Bel-Abbès. » Son Bel-Abbès !

Le Monument « La Légion à ses Morts » (vu de face)

Combien de braves, nés sous toutes les latitudes, parlant les langues les plus diverses, ont laissé échapper au moment de mourir les deux petits noms très chers : Bel-Abbès.

Car c'est vraiment leur Bel-Abbès ! C'est pour eux que Bugeaud a décidé

que se dresserait une ville sur l'emplacement du vieux douar des Beni-Atmer.

Ce sont eux qui ont jeté les fondations des premières maisons.

Aujourd'hui, Bel-Abbès est une grande ville, une ville riche comme; beaucoup de villes algériennes, une ville commerçante, comme tant d'autres. Mais elle est et restera toujours unique

au monde parce qu'elle est la ville de la Légion et des légionnaires.

Un spectacle étrange saisit le voyageur qui pénètre la nuit dans la ville.

A l'extrémité de la Grande-Rue, un pavillon situé dans" un minuscule jardin arrête le regard. Dans ce jardin, une sentinelle monte la garde. Nulle lumière dans le pavillon. .Aucune trace de vivant à l'intérieur. Et, en effet, Indochinois, sur ces « boukhalas » marocains, sur ces inausers allemands, dans cette atmosphère tout imprégnée de courage et de gloire, des noms gravés

sur le mur sautent aux yeux : Des braves parmi les braves.

Les campagnes calomnieuses déclenchées un peu partout, aux États-Unis, en Angleterre et même en Suisse, contre la Légion, ne réussiront pas à ternir l'auréole dont elle est entourée.

Le Monument « La Légion à ses Morts » (vu de côté)

 

Le Monument du Centenaire

 

Ce monument est en onyx.

La pierre provient de la carrière de Sidi-Hamza, à 75 kms de Bel-Abbès où, durant deux ans. les légionnaires ont extrait, tailler, poli les blocs destinés au monument.

Celui-ci offre l'aspect d'un tronc de pyramide irrégulier sur le sommet duquel repose la mappemonde terrestre.

Sur quatre socles placés aux angles, quatre légionnaires évoquent la Légion au cours de son siècle d'existence.

Le légionnaire de 1831, celui de l'Empire, le Colonial et celui de la dernière guerre montent la garde autour de la mappemonde sur laquelle sont dorées les régions où la Légion a combattu.

Pour l'Europe, c'est la France, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, la Turquie, la Russie.

Pour l'Asie : le Tonkin, l'Annam, le Cambodge, la Cochinchine, Formose.

Pour l'Afrique : l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Soudan, le Dahomey, Madagascar.

Pour l'Amérique : le Mexique.

Les légionnaires ont 3 mètres de haut, le monument, 6.

Une des grandes faces porte l'inscription : La Légion à ses Morts 1831 — 1931

Quelques amis de la Légion ont apporté leur obole à l'édification mais aucune aide n'a été demandée.

Ce monument a été construit pour les Légionnaires et par eux.

Il leur appartient.

Son but n'est pas d'embellir une cité.

Il est destiné a être le symbole de la troupe qui donne asile à ceux qui ont besoin d'un refuge et à perpétuelle souvenir de ceux qui sont tombés, pour la gloire de la Légion.

 

Autour du Centenaire

 

Bienvenue

 

L'inauguration du Monument "La Légion à ses Morts" sera placée sous la présidence de M. Carde, Gouverneur Général de l'Algérie.

Parmi les personnalités qui seront présentes à cette cérémonie grandiose citons :

M. le Maréchal Franchet d'Esperey.

MM. les Généraux Gouraud, Gouverneur Mililaire de Paris, Guillaumat, Directeur de l'Ecole de Guerre, Naulin, Georges, Commandant le 19e Corps d'Armée, Troisson, ,Commandant la Division d'Oran, Clément, Commandant la 4e Brigade, Etheillion ancien « Consul Général de Grande Bretagne » en Turkestan, Prince de Monaco, Boulet Desharraux, Lamiable.

Nous souhaitons à ces hôtes de marque une très déférente bienvenue.

 

 

Dans la Légion d'Honneur

 

Dans la promotion de la Légion d'Honneur établie à l'occasion du Centenaire de la Légion Etrangère, nous relevons les noms de MM. Theraube, Chef de Bataillon au 5e Etranger, fait Officier, Tikhonravov, Capitaine et Laparra, Lieutenant, du 1er Etranger, promus Chevaliers.

Nous leur adressons nos vives félicitations.

 

Un communiqué de la mairie

 

Le Maire de la Ville de Sidi-Bel-Abbès, a l'honneur d'aviser ses concitoyens, de la venue à Sidi-Bel-Abbès le 29 Avril, de M. le Gouverneur Général CARDE. Ce même jour, la Cité aura l'honneur de voir débuter les grandioses fêtes du Centenaire de la Légion.

A ces occasions, la Municipalité a la conviction que toute la population Bel-Abbésienne aura à cœur de donner à la Ville, un air de fête en pavoisant et en illuminant les façades de ses immeubles.

Elle fait un pressant appel auprès des Administrations, Banques, Indutriels et Commerçants, pour qu'il prennent d'ores et déjà toutes leur dispositions pour donner congé à leur employés et ouvriers le 29 Avril après midi pour acclamer le Chef de 1a Colonie et le 30 Avril, jour de l'inauguration du Monument aux Morts de la Légion, que tous les Bel-Abbésien voudront considérer comme férié.

 

Proclamation du Maire

 

 

Chers Concitoyens,

 

Mercredi 29 Avril 1931, à 16 heures M. Jules CARDE, Gouverneur Général de l'Algérie, sera l'hôte de la Ville de SIDI BEL-ABBÈS.

L'éminent représentant de la République Française, qui vient représenter le Gouvernement

aux fêles du Centenaire de la Légion Étrangère et tout particulièrement à l'inauguration du

Monument aux Morts de ce régiment d’élite fait sa première visite à notre ville.

Nous aurons donc à cœur de manifester notre enthousiasme en acclamant ce digne représentant qui est des nôtres, puisqu'il est né sur nôtre belle terre d’Algérie.

A ce double titre, nous l'accueillerons avec toutes les marques de la plus chaleureuse sympathie.

Notre devoir est de témoigner, à notre chère Légion tout l'amour que nous avons pour elle. Notre Ville est son Berceau. Nous l'avons vu grandir. Bel-Abbès lui doit en partie sa prospérité. Elle fêtera dans deux jours son Centenaire. Elle inaugurera ce beau monument édifié dans la cour de sa caserne et qui rappellera que de nombreux légionnaires sont tombés pour agrandir notre empire colonial et repousser l'ennemi qui, lors de la dernière guerre, avait envahi notre sol.

Chers concitoyens, pavoisez et illuminez vos demeures et pendant tous ces jours de fêtes, vibrons tous à l'unisson.

 

Vive Bel-Abbès ! Vive l'Algérie !

Vive la France ! Vive la République

L. BELLAT

Maire

 

 

Programme général des fêtes

 

 

MERCREDI 29 AVRIL

 

Après midi. — Réception des délégations. Cérémonie au Monument aux Morts de la ville.

Soir. — 2 l h. 45. Retraite aux flambeaux avec motifs lumineux, Arrêt au plateau Bugeaud, feu d'artifice; Rentrée à la caserne.

 

JEUDI 30 AVRIL

 

Matin. — 8 h 30. Inauguration du Monument « La Légion à ses Morts ». Cartes blanches et jaunes.

10 h. 30. — Cérémonies religieuses.

12 h 15. — Grand Banquet (garage Serua,). Cartes blanches.

Après midi — 15 h. 1er Concert par l'orchestre à cordes au Foyer du Légionnaire du stade Girardot. Cartes blanches et roses.

Soir. — 21 h. Revue de la Légion « Cent ans de guerres » au Foyer du Légionnaire du stade Girardot. Cartes blanches et roses.

21 h 30. — Bal privé (Garage Falcon) Cartes de toutes couleurs.

 

VENDREDI 1er MAI

 

Matin.— 9 h 30. Congrès des anciens légionnaires (salle de lecture du Foyer du Légionnaire caserne du 1er Étranger).

Après-midi.— 14 h. 30. Sports. Carrousel (Stade des Amarnas.) Cartes de toutes couleurs.

Soir. — 21 h. Attractions (Foyer du Légionnaire du Stade Girardot). Cartes blanches et roses.

 

SAMEDI 2 MAI

 

Matin. — 8 h. 30. Attractions au Foyer du légionnaire (au stade Girardot) séance réservée aux délégations et légionnaires du 1er Étranger. ) 9 h. 30 Congrès (comme le 1er Mai)

Après midi. —18 h. Festival au Jardin public.

Soir. — 21 h. Revue de la Légion (comme le 30 Avril). Cartes blanches et bleues.

 

DIMANCHE 3 MAI

 

Après midi. — 15 h. 2e Concert par l'orchestre à cordes. Cartes blanches et bleu.

Grand Meeting d'Aviation organisé par les clubs Aéronautiques d'Oranie et de Bel-Abbès avec la participation de l'as Lemoigne.

Soir. — 21 h. Attractions. Cartes blanches et bleues.

 

LUNDI 4 MAI

 

Après midi. — 14 h. 30. Attractions. Cartes blanches et grises.

Soir. — 21 h. Revue de la Légion. Cartes blanches et grises.

 

A partir du 29 Avril et pendant la durée des fêtes : KERMESSE organisée par les Médaillés Militaires près le Monument aux Morts.

 

Les 30 Avril soir et le 1er Mai (soir) BAL PUBLIC sur la Place Carnot.


Traduction

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