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A MADAGASCAR - LA SITUATION

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Le Monde illustré du 02/03/1895

 

A MADAGASCAR - LA SITUATION

Depuis le bombardement de Varafatrana, aucun accident militaire à signaler du côté de Tamatave.

D'ailleurs, cet été est extrêmement chaud : et la fièvre ne tarderait pas à frapper tous nos soldats, comme pendant l'hivernage de 1829, si notre petit corps d'occupation était surmené.

L'état sanitaire demeure, de notre côté, relativement bon, avec 160 malades en moyenne sur 450 hommes.

Du côté des Hovas la maladie sévit plus cruellement : j'ai remarqué dans toutes les colonies, d'ailleurs, que les indigènes résistent beaucoup moins à la fièvre que les Européens : cela tient à ce qu'ils ont le sang appauvri par hérédité, que leur nourriture est insuffisante, qu'ils sont mal vêtus et mal abrités; les troupes malgaches de Varafalrana ont manqué de vivres, et sont décimées par la maladie. Rainandriamampandry, l'ancien gouverneur de Tamatave (dont nous avons publié le portrait), et qui, s'il n'est pas le généralissime sur la côte est (fonction dévolue au gouverneur de Manahoro), demeure l'organisateur de la résistance, est lui-même malade, très malade : certains assurent même qu'il est mort.

La fièvre sera, il faut le conclure, un aussi bon auxiliaire pour nous que pour les Hovas.

Si nous nous gardons d'avancer dans les marécages des plaines de Tamatave, nous nous fortifions chaque jour de plus en plus dans nos positions.

C'est ainsi que nos troupes se sont récemment installées dans la banlieue de Tamatave, au consulat anglais,

tout près du sentier conduisant à Vaharafate. C'est le sujet d'une de nos gravures.

A l'occasion du 1er janvier 1895, les Français de Tamatave sont allés présenter leurs hommages aux autorités militaires. Le représentant du Comptoir national d'escompte, prenant la parole, s'est exprimé ainsi :

« Je viens au nom de la colonie française de Tamatave vous présenter tous nos remerciements pour la sollicitude dont vous nous avez entourés, ainsi que nos vœux les plus sincères à l'occasion du nouvel an que nous commençons aujourd'hui. La situation actuelle nous réserve encore une série de jours difficiles, mais nous pouvons pour ainsi dire en compter le nombre, et nous savons, d'autre part, qu'ils sont la conséquence inévitable de l'action engagée ici.

Mais nous apercevons déjà, dans un avenir prochain, le calme et la confiance de la certitude que nous avons tous de trouver à l'ombre de notre drapeau sécurité et justice égale pour tous. Grâce à vous, notre fier drapeau flotte sur Tamatave, comme il flottera bientôt, nous en sommes certains, sur de nombreux points de Madagascar; grâce à vous, la France aura un fleuron, et non des moindres, à ajouter définitivement à son domaine colonial, et nous verrons dans la France orientale, comme dans la mère patrie, l'application de notre fière devise: Liberté, Égalité, Fraternité.»

Le commandant Kiésel a répondu: « Je vous remercie du juste hommage que vous rendez aux chefs distingués à qui le gouvernement français a confié l'honneur de dénouer une situation devenue intolérable à tous. Le commandant Bienaimé vous a garanti une sécurité absolue et vous a dotés d'une administration municipale, se montrant ainsi à la fois chef militaire habile et administrateur prévoyant; grâce à lui, pendant que le sang-froid et le courage du colonel Colonna vous défendent contre les ennemis du dehors, l'esprit bienveillant et conciliant de M. Chaloin, groupant les sympathies, maintiendra l'ordre intérieur et entamera la lutte contre l'insalubrité.

Les mauvais jours que nous passons me semblent l'aurore d'une période lumineuse prochaine, où la justice, la civilisation, le progrès sous toutes ses formes triompheront enfin. Sur ces champs que la bravoure de nos soldats saura conquérir, se développera avec les voies de communication la richesse, fille de l'industrie et du commerce. Ce résultat est proche, et puissent nos efforts et nos vœux en rapprocher encore la réalisation ! En ce moment où le monde entier a les yeux fixés sur la Grande Ile, les Français de Madagascar ne peuvent faire autrement que d'adresser un souvenir de respectueux dévouement et d'affectueuse gratitude à la France qui s'apprête à verser pour eux le sang de ses enfants.

Je ne saurais trop le répéter, si l'expédition est rapidement conduite, si nos soldats ne sont pas maintenus dans la zone basse de Majunga, Marovay et Maevetanana, s'ils s'élancent prestement à l'escalade des plateaux, ils pourront atteindre l'Emyrne presque sans coup férir et sans maladie graves. Pour n'être pas désastreuse comme les précédentes, il faut que notre expédition soit rapide.

Henri Mager


Traduction

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