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A MADAGASCAR - LE DRAPEAU FRANÇAIS A MADAGASCAR

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Le Monde illustré du 02/02/1895

 

A MADAGASCAR - LE DRAPEAU FRANÇAIS A MADAGASCAR

Dans la nuit du 11 au 12 décembre, le Papin arrivait de Maurice à Tamatave, porteur des instructions du gouvernement français.

Le débarquement des troupes, qui, depuis huit jours attendaient à bord du Peï-ho, fut décidé pour le 12 au matin.

Le 12, vers sept heures du matin, M. Berthier, interprète français de la résidence, est envoyé au fort hova, par M. Le Myre de Vilers, pour donner avis au commandant hova du débarquement des troupes, et lui conseiller d'évacuer la batterie, afin d'éviter une collision sanglante.

La panique gagne les Malgaches. Quelques minutes après, on voyait sortir du fort, en désordre, à toutes jambes, fuyant du côté de Parafate et de la montagne, 3 à 400 lambas blancs et quelques jaquettes rouges.

Pendant que les chalands et les remorqueurs à vapeur, canon-revolver à l'avant, accostent le Peï-ho pour prendre les soldats, M. Le Myre de Vilers, voulant s'assurer de l'évacuation réelle du fort, y envoie un blanc et quelques Saint-Mariens; les Saint Mariens trouvent la batterie complètement évacuée; mais ils commettent l'imprudence de se montrer aux fenêtres de l'étage de la maison du gouverneur : le Dupetit-Thouars, les prenant pour des Hovas, tire six coups de hotchkiss et deux obus de 21 à la mélinite. Trois Saint-Mariens sont blessés grièvement; un quatrième est contusionné.

Sept cents hommes, débarqués du Peï-ho sur les chalands, se dirigent vers le rivage : le commandant Bien-Aimé, chef de la division navale de l'océan Indien, se tient dans une baleinière.

Les troupes touchent terre; elles débarquent en tenue de campagne, armées de lebel, les cartouchières pleines. Un groupe de cent cinquante Hovas semble vouloir prendre l'offensive: ils ne tirent cependant que deux coups de feu, dont l'un blesse grièvement à l'épaule un Saint-Marien.

Le Dupetit-Thouars envoie deux obus : l'un coupe, dans le fort, la drille du pavillon hova; l'autre subit pour achever la déroute des Hovas.

De nombreux curieux ou collectionneurs avaient déjà gagné le fort pour y ramasser les éclats des obus, lorsque les troupes arrivent, le commandant Bien-Aimé marchant en avant.

Il pénètre dans le fort, suivi seulement de deux marins, et s'écrie à l'entrée du bastion: « Madagascar est désormais terre française. »

Les troupes arrivent: le pavillon va être hissé sur la batterie; les trois couleurs s'élèvent lentement : les clairons sonnent victorieusement. « Voici la deuxième fois, dit le commandant, que le drapeau français flotte dans le fort; mais, cette fois, ce sera pour toujours. »

Dans le premier moment d'enthousiasme, les avant-postes furent portés jusqu'au Chanangareza ; mais le lendemain, ordre fut donné de rentrer dans les limites occupées en 1883.

Notre gravure montre la batterie, au moment où le pavillon vient d'y être hissé « pour toujours ! »

Nos troupes, à défaut de casernes, ont été logées dans différents bâtiments, notamment dans le temple protestant hova; elles s'y trouveront dans d'excellentes conditions hygiéniques.

Quelques jours plus tard, le 17 décembre, M. Sornay, — dont j'ai déjà eu l'occasion de parler à cette place, et dont je fus, pour une journée, l'hôte durant mon récent voyage à Madagascar, — le 17 décembre, M. Sornay était assassiné. Les Hovas ne lui ont pas pardonné ses sympathies françaises (il était Mauricien) : ils lui ont fait payer de la vie cet amour que tous les Mauriciens ont pour la France, leur ancienne patrie. M. Sornay, qui habitait Madagascar depuis 22 ans, nous avait rendu de grands services en 1883, et les Hovas l'ont assassiné « parce qu'il ravitaillait en provisions fraîches les soldats des corps d'occupation ». Ils envahirent sa plantation sous les ordres de Ralay, 12e Honneur, gouverneur de Mahasoa, le zagayèrent ,lui tranchèrent la tète, la fichèrent au bout d'une zagaie et la promenèrent ainsi dans tout l'Ivondro :elle se trouve actuellement plantée devant le Rova de Mahosoa.

HENRI MAGEK.


Traduction

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