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Un SDF de 59 ans, ex-légionnaire, mort de froid dans la rue à Paris

28 octobre 2012

Des SDF dans une rue à Paris, le 27 octobre 2012 (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)

Un bouquet de chrysanthèmes a été déposé dimanche sur le trottoir de la rue Kellner, à Paris (XVIIe). C'est là qu'est mort dans la nuit, probablement de froid, Bernard, un SDF de 59 ans, ancien légionnaire dont la santé s'était détériorée, se souviennent les habitants du quartier.

"C'est un coup de froid. Moi j'ai rien vu", reconnaît son dernier compagnon d'infortune, Florent, qui a passé la nuit à côté de lui devant le numéro 14, dans le renfoncement d'immeuble où ils s'étaient installés depuis au moins deux ans, sans se douter du drame qui se jouait.

Florent ne savait presque rien de lui, sauf qu'il avait perdu sa femme à un moment donné et que cette dernière fumait beaucoup. "Je sais pas d'où il venait, mais il était gentil. Des fois, il buvait un peu trop", dit le SDF, petit et mal rasé, enfonçant son bonnet sur sa tête.

Bernard ne voulait pas aller en centre d'hébergement, se souvient Jean-Luc, un fonctionnaire qui dit le connaître depuis 45 ans et venait le voir régulièrement dans ce quartier populaire du nord de Paris. "Je l'ai connu légionnaire. Un grand bonhomme comme ça, en galon, ça marque. Mais il a plongé dans l'alcool, comme d'autres", raconte-t-il.

C'est Jean-Pierre, un autre habitant du quartier, qui a découvert le décès: "Je suis passé ce matin, J'ai dit +bonjour+, personne n'a bougé. Je suis repassé plus tard. Là Florent a bougé, mais Bernard, il avait un visage bizarre, tout blanc. J'ai demandé à un monsieur d'appeler les pompiers".

Un colosse à barbe rousse

"Il m'avait raconté qu'il était né dans la rue, que sa mère avait accouché sur le trottoir, avenue de Saint-Ouen", non loin de là où il est décédé, explique Bill, jeune chauffeur de taxi habitant l'immeuble attenant.

Le SDF, reconnaissable à sa barbe, sa moustache et ses cheveux roux, était dans le quartier depuis "au moins douze ans", selon plusieurs témoignages.

Robin, qui habite l'immeuble voisin et voyait le SDF tous les jours, est atterré. "C'était quelqu'un de sympa. On est marqué, forcément", dit-il, soulignant que "des commerçants l'appelaient même Monsieur Bernard".

"C'était quelqu'un d'érudit, il avait la tête sur les épaules", affirme-t-il, même s'il "buvait son coup de rouge ou de rosé qu'il allait chercher au Franprix".

Les joueurs de pétanque se souviennent aussi de ce grand gaillard qu'ils fréquentaient peu: "Il était sans arrêt alcoolisé, mais il ne faisait pas d'esclandre", raconte l'un d'eux.

Bernard se confiait peu, mais tous connaissaient son passé de légionnaire. "On l'appelait +le légionnaire+", raconte Omar, qui se souvient qu'il s'installait "tous les jours sur son banc et écoutait sa radio. On lui apportait régulièrement des piles".

Ces dernier temps, "il fallait l'accompagner à son banc. Son état s'était dégradé. C'était un colosse avec une grosse voix, mais il avait perdu peut-être 20 kilos en deux mois. Il y a deux jours, il claquait des dents. Ma femme lui avait descendu une couverture", raconte Robin.

Au pied d'une poubelle, vêtements, couvertures et valises sont entassés. "Ce sont les affaires de Bernard", dit Florent, qui ne veut rien récupérer de ce qui reste de la vie de son compagnon de misère.

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Pour comprendre les problèmes du nouveau système Louvois, lire nos articles précédents : Pourquoi ça coince, les bugs continuent, ou "Le Drian : le système ne fonctionne pas".
Rédigé par Jean-Dominique Merchet le Vendredi 26 Octobre 2012

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