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FAIT DU JOUR Légion étrangère à Saint-Jean-du-Gard : « Notre présence, le territoire peut en attendre un surcroît de tourisme »

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Le colonel Geoffroy Desgrées du Loû a reçu le commandement du 2e régiment étranger d’infanterie en août 2020 (photo François Desmeures / Objectif Gard)

 

Le 2e Régiment étranger d’infanterie, basé à Nîmes depuis 1983, espère conclure l’achat d’une ferme dans le hameau de Banières bas, au pied du col Saint-Pierre, courant mai (relire ici). Son chef de corps, le colonel Geoffroy Desgrées du Loû, explique ce qui motive le ministère des Armées à doter la Légion d’une ferme et de ses neuf hectares de terrain. Il précise notamment que les terres agricoles seront confiées à un exploitant.

Objectif Gard : La cession de la ferme de Banières bas à la Légion étrangère est-elle finalisée ?

Colonel Geoffroy Desgrées du Loû : L’acte de vente n’est pas signé, il y a encore un certain nombre de procédures administratives à régler. Mais on est en fin de parcours.

La Légion dispose-t-elle encore des fonds, puisque le budget semblait disponible en 2021, peut-être pas en 2002 ?

Ce n’est pas pour la Légion, en réalité, c’est le ministère des Armées qui se porte acquéreur et qui a engagé la dépense en 2021, pour la concrétiser en 2022. La ferme servira principalement au 2e Régiment étranger d’infanterie (REI), puisqu’elle lui sera « donnée en compte ». On aura la possibilité d’accueillir des extérieurs au régiment, même des civils, en fonction des disponibilités d’infrastructures. Le but est quand même de disposer d’une ferme pour le régiment.

Justement, quel est le projet de la Légion sur place ?

Le projet a vocation à donner une bulle d’oxygène au régiment, qui est quand même bien fixé sur la garnison nîmoise et le Camp des garrigues, depuis 40 ans. L’idée, c’est de permettre au régiment de s’approprier encore davantage le département du Gard, en rayonnant vers le nord, tout en profitant de cette belle région que sont les Cévennes pour s’entraîner.

« On se tourne vers les Cévennes pour renforcer notre condition »

Qu’entendez-vous par entraînement ?

S’entraîner, c’est un vaste mot. Parce que l’entraînement, c’est effectivement l’entraînement au combat, mais ça passe par un certain nombre de fondamentaux, à commencer bien évidemment par la condition physique. On se tourne vers les Cévennes pour renforcer notre condition, pratiquer un certain nombre d’activités sportives. C’est aussi pour permettre à nos jeunes chefs, notamment nos chefs de section – une quarantaine de cadres et légionnaires – de pouvoir aller vivre en autonomie pendant une semaine, deux semaines, à une heure du régiment, un peu loin des chefs, ce qui les fera forcément grandir. Et puis, nous pourrons bénéficier d’une infrastructure, à la campagne, pour y accueillir nos familles (le régiment, ce sont un peu plus de 250 familles, soit près de 600 enfants, NDLR) ; leur permettre de se retrouver le week-end dans un cadre différent que leur appartement ou leur maison à Nîmes et ses abords ; permettre aux légionnaires qui font venir leur famille de l’étranger de passer un week-end ou une semaine au calme. Et puis, permettre à nos convalescents – blessés de guerre comme blessés du quotidien – d’aller se reconstruire au grand air.

Votre installation nécessitera-t-elle des travaux ?

Pour l’instant, il n’y a pas de travaux envisagés puisque la ferme de Banières ne nécessite pas de gros investissements. Elle a été particulièrement bien rénovée ces quarante dernières années par les propriétaires actuels. Après, il y aura sans doute des aménagements sur le long terme, comme pour transformer une grange en dortoir par exemple. Mais on ne va pas restaurer ou transformer la ferme, on n’en fera pas un quartier. On en fera une ferme comme il existe dans d’autres unités, notamment au 4e régiment étranger de Castelnaudary où ce principe de ferme permet, par petits détachements, d’aller s’isoler ou s’entraîner.

« Notre régiment a déjà eu deux fermes, dans les années 80, à Castillon-du-Gard »

Justement, y a-t-il d’autres exemples de fermes détenues par l’armée et utilisées par la Légion ?

La maison de retraite des légionnaires est à Puyloubier, à côté d’Aix-en-Provence, non médicalisée. Elle permet d’accueillir non seulement nos anciens, qui ont quitté l’institution et ont besoin d’un endroit pour finir leurs vieux jours, dans le cadre de la solidarité légion, mais aussi des blessés. À Castelnaudary donc, il y a une ferme par compagnie. Ce sont principalement des outils d’instruction. La Légion bénéficie également d’un chalet dans le village de Formiguières, à côté de Font-Romeu, qui permet aux familles de s’oxygéner. Ça existe aussi dans d’autres régiments : la plupart des régiments de la brigade alpine a déjà des chalets comme cela, ce qu’on appelle des postes militaires de montagne, qui servent de base vie pour les entraînements et de lieu pour que les familles aillent profiter de la montagne. Et puis, notre régiment a déjà eu des fermes, dans les années 80, notamment deux du côté de Castillon-du-Gard.

Avez-vous visité d’autres fermes que celle de Banières bas ?

Oui, le site de La Borie. Mais le projet nous a été proposé alors que l’acquisition de la ferme de Banières était déjà bien avancée. On n’avait plus le temps de se retourner. Le terrain était très complet, correspondait aussi à ce qu’on envisageait sur les Cévennes. Mais il y avait aussi plus de travaux à mener, même si ceux-ci étaient compensés par ce qu’allouait l’État. Et puis, nous n’étions pas sûrs de pouvoir finaliser le compromis avant la fin de l’année 2021, ce n’était pas compatible avec le temps administratif.

« Le projet était public un mois et demi avant la commission d’attribution »

Lors de la réunion publique organisée en réaction à l’annonce de votre intention d’achat, une part de l’assistance s’interrogeait sur un empressement supposé de la Safer à faire passer le dossier rapidement, de façon à ce que la ferme aille à la légion. Qu’en pensez-vous ?

Je ne l’ai pas vécu comme un empressement. Moi, j’avais à coeur, avec mon équipe de commandement du régiment, de faire en sorte de mener à bien ce projet, le plus tôt possible, parce que toutes les planètes étaient globalement alignées. La 13e demi-brigade de légion étrangère, installée sur le plateau du Larzac, avait un projet identique. On était donc deux chefs de corps à présenter notre projet en même temps, ce qui a contribué à cet alignement des planètes. Tout a convergé pour que ça réussisse, ce qui est une chose assez exceptionnelle dans la mesure où l’État est plutôt, aujourd’hui, dans une logique de cession des emprises que d’acquisition. La Safer, ayant trouvé un client trois ans après la mise en vente, l’a accroché et a joué son rôle « d’agence immobilière ». La publication de notre proposition d’acquisition a été réalisée au mois d’octobre et le projet concurrent s’est présenté une semaine avant la commission d’attribution. Ce qui veut dire que le projet était public depuis un mois et demi. Nous nous sommes rendus le 11 novembre à Saint-Jean-du-Gard, on y a commémoré l’Armistice et on a été très clairs sur nos intentions, que nous serions présents dans les années à venir.

Le territoire peut-il attendre des retombées économiques de votre présence ?

Le territoire peut en attendre un surcroît de tourisme, je pense. Parce que le régiment, ce sont 1 300 cadres et légionnaires, 250 familles, 600 enfants. De fait, si on dispose d’une emprise là-haut, on va entraîner les gens vers Saint-Jean-du-Gard. On l’a fait il y a deux semaines, on est allés marcher dans les Cévennes pendant 48 heures avec le régiment, on était 600. Je ne crois pas que ça ait causé de grandes nuisances et les nôtres ont apprécié les paysages et les sentiers que nous avons empruntés. D’autant que nous aurons une présence permanente dans cette ferme, ce ne sera pas une résidence secondaire. Les détachements seront assez nombreux, entre 40, voire 150 personnes à plus long terme, présentes à la semaine, avec une consommation qui sera forcément locale puisqu’on ne fera pas tout venir du quartier en matière d’alimentation. On s’appuiera sur les commerçants locaux. Enfin, en matière de développement d’activités sportives, on aura une action.

« La meilleure solution pour entretenir des terres agricoles, c’est faire appel à des professionnels »

Quel avenir pour les quatre hectares de terres agricoles ?

Ces quatre hectares de terres exploitables, en terrasse, on ne va pas les laisser en jachère. La meilleure solution pour entretenir des terres agricoles, et des bois, c’est de faire appel à des professionnels, c’est-à-dire des exploitants. C’est ce que nous allons faire, sous forme de fermage ou de bail. Nous verrons une fois la transaction finalisée. La Safer va forcément nous appuyer et nous aider pour monter le dossier. Les exploitants locaux seront privilégiés, évidemment. Et puis, le légionnaire, fantassin, est quand même un homme de terrain : il aura forcément une action, que ce soit de l’apiculture, un potager… On fera vivre la propriété. Il y a un petit côté « maison de famille » dans ce projet. C’est ce qu’on fait au Camp des garrigues : un apiculteur vient sur le camp, des bergers y font paître leur troupeau. Et ceci contribue à l’entretien du camp.

La ferme de Banières bas avec, en premier plan, ses terrasses cultivables (photo François Desmeures / Objectif Gard)

 

Et pour la surface recouverte par la forêt ?

Nous avons déjà des contacts avec l’Office national des forêts, qui va nous appuyer pour la gestion. C’est comme dans une propriété de famille : il y a ce que vous pouvez faire vous-mêmes comme le petit entretien, débroussailler, couper les basses branches, ramasser le petit bois. Mais quand il faut réaliser des coupes, on fait appel à un professionnel.

Le combat à pied en zone boisée, « pas plus de bruit qu’une chasse au gros gibier »

Dans le document que vous aviez apporté lors de la commission d’attribution de la Safer figure l’intention de mener des « combats à pied en zone boisée ». Pouvez-vous en expliquer la teneur ?

Pour le combat à pied en zone boisée, nous sommes tenus par la réglementation française. Certes, la ferme de Banières sera une emprise militaire, donc les sous-bois serviront à s’entraîner au combat. Ce sont de petites parcelles, on ne peut pas y faire manœuvrer 150 personnes… Et si on veut déborder en terrain civil, c’est-à-dire faire des exercices « en terrain libre », un avis de manœuvre est réalisé auprès de la municipalité et des propriétaires. Il n’y a pas d’obligation : municipalité et propriétaires peuvent refuser le droit de passage. De fait, le régiment sera davantage orienté vers Saint-Jean-du-Gard et le Mont Aigoual. Mais il y a quand même un parc national très contraint à proximité, on ne manœuvre pas dans un parc naturel.

Les riverains risquent-ils d’entendre des tirs d’armes à feu ?

Oui, il y en aura forcément dans la propriété. Mais ce seront des tirs à blanc bien sûr, et ça ne fera pas plus de bruit qu’une chasse au gros gibier.

À ce propos, êtes-vous déjà en contact avec les sociétés de chasse ?

Non, pas encore. On est « séquentiel » : on fait les choses tranquillement et dans l’ordre. Mais à titre d’exemple, il existe quatre sociétés de chasse sur le Camp des garrigues, où un certain nombre de cadres du régiment chassent également. Donc il y aura forcément une bonne entente, sachant qu’entre le fantassin et le chasseur, il y a quand même beaucoup de points de convergence.

Comprenez-vous une partie des angoisses locales sur le fait que votre présence pourrait effrayer d’autres touristes, comme les randonneurs qui empruntent les chemins à proximité ?

Je ne pense pas que ce soient des angoisses, plutôt des incompréhensions dues au fait qu’on ne se connaît pas. À partir du moment où nous serons présents et que nous aurons affiché la nature de notre projet, les choses vont se tasser. Une fois la transaction achevée, nous ferons une réunion ouverte au public en liaison avec la mairie de Saint-Jean-du-Gard, pour expliquer les raisons pour lesquelles nous nous sommes orientés vers la ferme de Banières et Saint-Jean-du-Gard.

À votre avis, quand sera finalisé l’acte de vente ?

Je ne désespère pas que ce soit avant la fin du mois de mai. Et le plus tôt sera le mieux. Pour nous, pour les propriétaires, et pour mettre fin à ces angoisses et communiquer librement sur le sujet.

Propos recueillis par François Desmeures


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