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La Newsletter 15/07 de l'AALEME

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La Newsletter 15/07 de l'AALEME

Appel à témoins

Publié le 9 octobre 2014 par légionnaires-officiers

CbA Faulques. Huile sur toile d'Isabelle Maury

Appel à témoins

Très peu de témoignages nous parviennent malgré les nombreuses sollicitations et « appels à témoins » faits auprès de ces mémoires vivantes que sont nos anciens légionnaires. Le constat est sans équivoque : timorés, craignant le qu’en dira-t-on d’une sorte de mise en avant de soi, ou ce que l’on pourrait penser du style de leur écriture, les anciens se défaussent et rarissimes sont les témoignages qui nous parviennent, alors que ces vieux soldats peuvent être si prolixes lors de retrouvailles traditionnelles comme à Camerone, aux fêtes « légionnairement » carillonnées : saint Georges, saint Michel, sainte Barbe, etc. C’est pourquoi, histoire “d’amorcer la pompe”, ce témoignage pourrait, devrait servir d’exemple, d’incitateur et inspirer nos anciens à se lancer dans l’aventure pacifiste de l’écriture. Ils ont beaucoup de choses passionnantes à nous faire partager de leur vécu légionnaire.

Vocation enfantine

“Jeune garçon, chaque année le 14 juillet, je me trouvais avec mon père devant le petit écran pour voir défiler notre armée. De ce rendez-vous annuel, j’ai gardé, caché au fond de ma mémoire, l’image vivace de cette splendide avenue où la musique de la garde républicaine entrainait, de tous ses cuivres et batteries, les écoles militaires, les fantassins, les chasseurs, l’infanterie coloniale et, une fois leur passage effectué, un grand vide impressionnant s’installait, un silence auguste envahissait l’atmosphère… Alors, dans les années avec, car il y avait des années sans, se faisaient entendre au loin les notes bien scandées du fameux refrain de la Légion: “Le boudin”. A ce moment tout le monde relevait la tête et regardait vers « l’Arche immense ». C’était la Légion qui arrivait. Elle était là, majestueuse dans sa cadence, impeccable dans son port, imperturbable dans son allure. D’abord les sapeurs-pionniers, barbus habillés de fauve, portant à l’épaule une hache de bûcheron, précédaient le prestigieux tambour-major qui lançait vers les hauteurs la canne symbole de sa fonction et donnait la cadence devant la musique rugissante ; les tambours battaient d’une façon vive, juste et si dextre que les baguettes semblaient disparaître dans la rapidité des mouvements, les clairons faisaient virevolter leurs instruments renvoyant, avec les hélicons, des reflets de soleil cuivrés, le cri aigu des fifres semblait vouloir percer jusqu’au ciel. Un légionnaire portait un instrument à clochettes, orné de queues de cheval qui, étrangement, semblait ne produire aucun son, mais comme c’était beau. La musique de la Légion, forte d’une centaine d’exécutants avançait tranquille et sereine derrière ses chefs, la grosse caisse et les soubassophones donnant la cadence, assurant le rythme. Venait ensuite, chamarré d’or et aux plis couverts de gloire, le drapeau. Emblème chargé d’inscriptions, de rubans de décorations, de fourragères, il devançait avec sa garde austère les compagnies qui défilaient dans un alignement parfait. Les légionnaires coiffés du képi blanc avançaient au pas Légion, ce pas lent qui donne le sentiment que rien ne peut arrêter la masse qui s’avance. Ils avaient fière allure ces hommes aux visages impénétrables portant des épaulettes vertes à franges rouges, la taille prise dans leurs ceintures de flanelle bleue. Dans les tribunes personne ne bougeait. Je ne perdais pas une miette de l’événement, je voulais moi aussi “faire légionnaire” ; alors, immuablement, une grande émotion me submergeait quand, brusquement, fusait de toutes parts une énorme acclamation. Une grande clameur s’élevait de la foule, les gens criaient: “Vive la Légion”. Plus tard, j’apprenais que cette troupe magnifique avait laissé partout, sur tous les continents, des tombes où reposaient les siens. Je découvrais aussi, enchanté, qu’il y avait des poètes, Alan Seeger, Pascal Bonetti, Arthur Nicolet et bien d’autres dont le capitaine de Borelli qui, au Tonkin en 1855, composa un magnifique poème à la mémoire des hommes de sa compagnie. Une véritable institution qui avait son magazine Képi Blanc, ses « Invalides » où elle héberge les siens qu’elle n’abandonne jamais, ses œuvres, ses chants, son folklore intime, son musée, ses peintures, ses musiciens, ses artistes. Son œuvre est immense. Mais avant tout cela, elle a ses héros, qui furent de tous les coups durs, toujours présents sur les champs de bataille lorsque se livrait un combat sans merci et qui sont morts pour les causes les plus nobles et les plus belles. Pour la France ils ont versé leur sang, sacrifié leurs vies. Enfin, j’ai découvert le monument aux morts de cette troupe à nulle autre pareille. Dans le culte du souvenir, au cœur de la maison-mère, quatre légionnaires de bronze montent la garde autour d’un globe terrestre: “La Légion à ses morts”. Je ne peux que m’incliner devant ces généreux étrangers qui sont morts pour un pays qui n’était pas le leur, mais qui représentait à leurs yeux, une terre de liberté. Comment donc aurai-je pu ne pas être des leurs, ne pas être ce légionnaire que je suis fier d’avoir été et d’être encore à travers mon amicale ? Je suis devenu, moi aussi, de ceux [trop bien dressés par la désillusion et la souffrance pour ne pas avoir fait de leur vie un accessoire qu’on donne pour rien, si cher qu’on la vende…] ».

Légionnaire anonyme

Recherche ancien légionnaire pour témoigner...

Monsieur,
Originaire de la région de Montpellier, et actuellement en master de Cinéma au sein de l'université Paris 1, je suis à la recherche de témoignage dans le cadre d'un article. Mon sujet se porte sur la légion étrangère et sur les perspectives de nouvelles vies qu'elle est capable d'offrir. Ainsi je suis à la recherche de légionnaires ou d'anciens légionnaires d'horizons différents pour qui la légion a permis un nouveau départ et une nouvelle vie.
Par cet article, je souhaite mettre en valeur cette institution, et sa capacité à aider les personnes, étrangères ou non, qui sont en difficultés et à la recherche de repères.
Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma demande.
Veuillez recevoir Monsieur, mes salutations distinguées.
Andréas BERNAL
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067968abcd

L’apprentissage du français à la Légion étrangère


Il y a quelques années le chef de corps du 4e Régiment étranger me fait visiter son régiment. Il me montre fièrement les cabines de langue et m’explique le binômage (mot qui n’existe dans aucun dictionnaire, action qui consiste à associer un légionnaire non-francophone avec un légionnaire francophone).

Je me rappelle alors mon parcours linguistique ou comment un nul en langues peut décrocher au baccalauréat en 1969 à STRASBOURG un 15/20 en philosophie et un 14/20 en français, puis à l’examen de l’E.M.I.A. en 1970 un 16/20 en technique d’expression écrite, meilleure note de la promotion.

1955 MAYENCE (Allemagne) : Je quitte le lycée après une troisième qui ne restera pas dans les annales. Mon professeur de français estime « que certains n’apprennent jamais cette langue et d’autres encore plus tard ». Je suis dans cette dernière catégorie.

Septembre 1960 STRASBOURG : Je m’engage à la Légion étrangère. Mon apprentissage de la langue de VOLTAIRE commence immédiatement. Le gradé de semaine procède à l’appel nominatif. Les réponses du type « présent, hier, oui, ja » fusent ; toutes sanctionnées par un coup d’accélérateur dans le derrière. Enfin, un ancien répond « présent Caporal-chef » et échappe à la sanction. J’annone à mon tour « présent Caporal-chef » et préserve mon derrière. J’ai tout compris !

Le lendemain, un autre gradé de semaine nous appelle en commençant par la fin ; « ZINK ». « Présent Caporal-chef ». Coup d’accélérateur. Ce jour-là, le gradé de semaine était un Sergent.

Octobre 1960 SAIDA (Algérie) : Je suis l’instruction de base à la 4e Compagnie du Centre d’Instruction N° 2 du 1er Régiment étranger. La langue véhiculaire est alors l’allemand. Dans sa grande sagesse, le commandement décide que nous devions parler français. Il édite un fascicule comportant, à côté d’un dessin, les mots essentiels, tel que képi ou boite de bière. En même temps, une heure par jour sera consacrée à l’apprentissage du français. Les chefs de section, étant à l’époque les seuls francophones, sont chargés des cours.

Or, mon chef de section est un Adjudant italien. Voici un de ses cours en écriture phonétique : « Za z’ette oun pantaléone ! Qu’est que ze za ? ». « Z’ette oun pantaléone ». Arrive le tour de Gaston, notre seul francophone. « C’est un pantalon, mon Adjudant ». « Connarrrrrrrrrrrd, yo te dis que z’ette oun pantaléone ». La séance se termine quand notre titi parisien imite parfaitement l’accent italien de l’Adjudant.

Mars 1963 BONIFACIO : C’est le dernier jour du peloton sous-officier. Je suis fier d’être sorti en tête. Tout s’écroule quand je tape sur la main d’un sous-officier trop entreprenant pour mon intégrité physique. Je me trouve aussitôt au trou. En guise d’explication, le commandant d’unité me dit : « Je n’aime pas des gens comme toi. Tu retournes en prison ».

Après 30 jours d’arrêts de rigueur (alors que je n’avais écope que 15), on me radie du stage et m’expédie en Algérie. J’atterris à la 4e Compagnie Portée du 2e Régiment étranger d’Infanterie. Je suis toujours Caporal et je ne sais toujours pas écrire la moindre phrase en français.

Mai 1963 DJENANE ED DAR : Le Capitaine GUIGNON, commandant de compagnie, intercepte au réveil un légionnaire qui porte le petit déjeuner au Sergent-major B, chef des services administratifs de l’unité. C’est le Capitaine qui s’en charge. Une heure plus tard B part pour COLOMB BECHAR aux arrêts. Je suis alors propulsé au bureau de compagnie pour combler les effectifs. Avec un Caporal hongrois et un légionnaire allemand, nous formons une fine équipe.

Je suis chargé de taper sur une machine à écrire antédiluvienne les rapports du Capitaine GUIGNON, une des plus fines plumes de l’armée française. Je tape le jour et souvent la nuit jusqu’à ce que le document soit exempt de fautes de français et d’orthographe. A ce rythme j’apprends vite….….

Août 1979 DJIBOUTI : J’obtiens le certificat militaire de langue allemande du 3e degré. Pour moi, c’est évidemment un certificat de langue française.

Osons une conclusion. Si nos sous-officiers non-francophones obtiennent de très bonnes notes dans les stages nationaux, il y a essentiellement deux raisons.

D’abord, ils préfèrent le geste à la parole. Je me souviens d’avoir épaté mes chefs et mes camarades en 1967 à l’Ecole Militaire de STRASBOURG en appliquant intégralement, pour une séance d’ordre serré au fusil, la méthode enseigné par le Caporal REGAS VAL en 1961 à AIN EL HADJAR.

Ensuite, ils n’utilisent que le mot juste. On ne met pas une balle, mais une cartouche dans un chargeur.

Pour illustrer mes propos, je vous conte une dernière anecdote. En 1966 pour l’examen du Brevet d’armes N° 1 à DJIBOUTI, la pédagogie étant alors la dernière trouvaille de l’armée française, il fallait éveiller l’intérêt des élèves à chaque séance d’instruction. Le Sergent T, espagnol ténébreux, râblé, velu comme un singe, avec des yeux noirs perçants, s’adresse ainsi à six appelés terrifiés : « L’embouscade est quelque chose de terrrrible ! ». Et joignant le geste à la parole : « D’abord, on égorge, ensuite, on toue ! »

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Aux volontaires Américains Morts pour la France


Feuille d'Avis du Valais - Lundi 20 août 1962

Lundi, 16 Février 2015 16:43

 

Sidi-bel-Abbès : capitale légionnaire

Guerres mondiales et conflits contemporains

2010/1 (n° 237)


« À Sidi-bel-Abbès, vous avez fait d’un camp une ville florissante, d’une solitude un canton fertile, image de la France. » Cette citation du général Pélissier commandant la division d’Oran faite aux légionnaires, en 1854, résume à elle seule tout ce que Sidi-bel-Abbès doit à la Légion étrangère. Ce sont les légionnaires qui ont largement participé à sa construction. Ce sont encore les légionnaires qui ont insufflé aux premiers arrivants l’esprit d’entreprise en s’impliquant eux-mêmes dans la mise en valeur de vastes étendues fertiles, donnant ainsi aux colons les atouts nécessaires au développement économique de la région. La population, qui n’avait que 431 habitants lors de la création de la ville, dépassait les 100 000 âmes en 1961. Devenue la troisième ville d’Oranie, Sidi-bel-Abbès était une cité débordante d’activités, à l’urbanisme moderne où rien ne manquait. Durant cent vingt années, la ville a vécu à l’heure légionnaire en devenant la plaque tournante de toute la Légion et en prenant l’appellation de « Maison Mère ». La symbiose entre Sidi-bel-Abbès et la Légion était si forte que la grenade à sept flammes [1] Insigne distinctif réservé à certaines unités d’élite,... [1] de la Légion, avait été ajoutée aux armes de la ville.

Aux origines de Sidi-bel-Abbès

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Cette ville qui aurait pu, comme l’ont fait beaucoup de cités moins importantes, choisir son nom parmi ceux de soldats illustres de l’armée d’Afrique, s’est contentée de garder le nom arabe de Sidi-bel-Abbès, un seigneur religieux qui vécut au xiie siècle de l’hégire. Sidi-bel-Abbès s’élève sur la rive droite de l’oued Mékerra, à peu près au centre de la vallée parcourue par cette rivière et dans une zone dont l’altitude moyenne est de 470 mètres.

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Avant les Français, les Berbères, les Arabes, les Espagnols et les Turcs ont dominé la région. En 1840, dans la plaine qui environne le mausolée de Sidi-bel-Abbès, les premiers clairons et tambours français retentissent. Ce sont des fantassins baptisés par les Bédouins « les grandes capotes » qui passent sans s’arrêter, pour aller occuper Mascara puis Tlemcen. Cependant, ils laissent un petit poste d’occupation à Daya.

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Entre Oran, port de débarquement des renforts, et Daya, il faut un gîte d’étape et un magasin de vivres. En 1842, on élève donc quelques baraques en planches entourées d’un talus de terre. Pour l’état-major d’alors, c’est officiellement « la redoute » de Sidi-bel-Abbès. Mais pour le troupier, ce nom barbare est difficile à prononcer, si bien que le nouveau gîte d’étape prend rapidement le nom de Biscuitville [2] Ce nom était donné aux nombreux dépôts de vivres et... [2] . De 1842 à 1845, la redoute, occupée par deux bataillons de Légion et quelques chasseurs d’Afrique, fut plusieurs fois mise en alerte, notamment quand elle dut faire face à l’attaque sournoise et inopinée des Ouled-Sidi-Brahim en août 1845. Le 19 février 1847, Bugeaud arrête les grandes lignes de l’occupation militaire de Sidi-bel-Abbès : trois bataillons (deux du 1er régiment étranger et un du 44e régiment d’infanterie de ligne), quatre escadrons et une section de canons de montagne. Le maréchal complète cette décision par le choix d’une commission chargée de créer un centre de population civile. Une ordonnance royale de 1847 faisant suite aux conclusions de Bugeaud et du général Lamoricière, gouverneur de la province d’Oran, décide que le poste militaire de Sidi-bel-Abbès soit érigé en ville et devienne le chef-lieu de la province. Le capitaine Prudon, chef du génie militaire à Biscuitville, devient ainsi l’architecte fondateur de Sidi-bel-Abbès. Il dresse avec ses collaborateurs Signorino (chef du bureau arabe), Camis (inspecteur de la colonisation), Eichacker (chirurgien-major de la Légion étrangère) et Franc-Brégeat (agent du domaine), un projet qui a tout prévu : remparts, casernes, hôpital, rues, places, monuments publics, conduites d’eau, égouts, etc. Le 10 novembre 1847, le projet Prudon est approuvé, et les constructions débutent aussitôt. Sidi-bel-Abbès est née.

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Sidi-bel-Abbès, à sa fondation, couvre une superficie de quarante-deux hectares formant un rectangle allongé dans le sens est-ouest et englobant la redoute située au nord-ouest. Son système de fortifications comprend des murs de cinq mètres de haut et seize bastions reliés par des courtines. Autour des murs, des fossés sont creusés sur une largeur de quatorze mètres et trois de profondeur. Sur les quarante-deux hectares, cinq sont réservés aux fortifications, seize aux établissements militaires, onze aux places et aux rues, et enfin dix aux installations civiles. Des portes fortifiées sont construites aux quatre points cardinaux. L’avenue reliant les portes de Daya et d’Oran prend le nom du chef du génie, Prudon, et constitue la ligne de démarcation entre les zones militaire à l’ouest et civile à l’est. Le projet prévoit que deux cents lots à bâtir seront suffisants pour assurer le logement de 2 000 habitants. Pour mettre ces lots tout de suite à l’abri, alors que les fortifications ne sont pas encore achevées, on les entoure d’une enceinte de terre de deux mètres cinquante de hauteur avec parapet et fossé. Un pont de bois enjambe la Mékerra à l’endroit où fut construit plus tard un pont de pierre. Les installations essentielles telles que remparts et rues sont réalisées dans la période comprise entre 1849 et 1857, en même temps que les casernes et l’hôpital militaire. À peine sortie de terre, Sidi-bel-Abbès est colonisée par des militaires libérés qui ont foi dans l’œuvre entreprise. C’est ainsi que beaucoup d’anciens légionnaires s’y installent. Ils font venir quelques parents ou amis, et le noyau de la population se forme progressivement malgré un taux élevé de mortalité dû aux conditions climatiques, aux marécages qui n’ont pas tous été encore asséchés, et aux épidémies de choléra. L’administration militaire s’applique à favoriser au mieux les initiatives et à utiliser les compétences des nouveaux. La main-d’œuvre militaire est largement prêtée à tous les cultivateurs en raison de la pénurie d’ouvriers agricoles résultant du départ des Beni Ahmer. En ce qui concerne les ouvriers d’art, il faut le concours de l’armée, et plus particulièrement celui de la Légion étrangère qui compte dans ses rangs bon nombre de légionnaires ayant exercé, avant leur engagement, tous les corps de métiers possibles du bâtiment. Ainsi, de nombreuses familles de Sidi-bel-Abbès doivent aux légionnaires d’avoir pu participer à l’œuvre colonisatrice et d’y avoir acquis une honnête aisance. Dans le cadre de la gestion et de l’administration de la cité, les commandants d’armes font office de magistrats municipaux. C’est un soldat qui remplit la charge de garde champêtre, et un sous-officier de Légion donne l’instruction aux enfants. Les colonels qui se succèdent à la tête du 1er régiment étranger (Mellinet, Lesueur de Grivy, Bazaine et Rousseau, en remplacement du colonel Viénot parti en Crimée) sont les premiers maires de Sidi-bel-Abbès. En 1855, la ville est parvenue à une certaine prospérité. De nombreuses maisons sont édifiées, et des commerces ouvrent leurs portes. L’industrie est représentée par une brasserie, une briqueterie et un certain nombre de moulins à farine.

C’est également à cette époque que d’anciens légionnaires se présentent aux premières élections municipales et que l’on voit, fait probablement unique dans les annales de la vie politique française, des conseillers municipaux élus « à titre étranger ». En cette fin du xixe siècle, la majorité de la population européenne est d’origine espagnole. C’est également à cette époque, au mois de décembre 1899, qu’un jeune officier est affecté à Sidi-bel-Abbès ; il s’agit du lieutenant Paul-Frédéric Rollet [3] Rollet (Paul-Frédéric, 1878-1841). Lieutenant en Algérie... [3] , future grande figure de la Légion étrangère.

Cent vingt années de présence légionnaire

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S’il est incontestable que Sidi-bel-Abbès a marqué la vie du légionnaire, la Légion, dès le départ, a imprimé à la ville une marque profonde. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le passage du livre de Hubert Jacques, journaliste local du début du xxe siècle : « Ce qu’il convient de faire ressortir, c’est que la Légion est une entité, qu’elle a une âme et que cette âme contient toutes les vertus dont est faite la gloire du légionnaire. De cette entité, le légionnaire n’est qu’un élément. En revêtant la capote du légionnaire, l’homme s’évade d’un passé noir ou déprimant pour s’amalgamer avec l’âme même de la Légion, de cette Légion dont l’emblème est un drapeau qui a couvert de ses plis les plus hautes gloires et les plus beaux héroïsmes. Il n’y a pour lui que l’amour de l’action, du sacrifice et du travail dans lesquels se régénèrent toutes les races et toutes les confessions. Ce n’est donc pas l’âme du légionnaire qui a pu influer sur la ville, mais bien celle de la Légion toute entière. Et comme cette âme est à la fois glorieuse, entreprenante et artiste, la jeunesse a certainement pris à son contact le germe de ces qualités. »

Les quartiers de la Légion

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La Légion marque de son empreinte toute la ville. Le quartier Viénot ou le Grand Quartier, caserne du 1er régiment étranger, est construit à quelques centaines de mètres du cœur de la ville. Les trois corps de logis, étroits, hauts et longs sembleraient « bien tristes sans le soleil qui en dore la grisaille ». La vaste cour qu’ils délimitent est plantée d’arbres et coupée en son milieu par « l’allée du Colonel » qui devient, après la construction à son extrémité du monument aux morts, « la Voie sacrée » [4] Axe central de la place d’armes du quartier Viénot,... [4] . Longtemps appelé « quartier d’infanterie », cet ensemble était intégré dans les plans du projet du capitaine Prudon. Deux grands corps de bâtiments étaient prévus de part et d’autre de la place d’armes. À l’origine à deux étages, ces deux bâtiments sont surélevés en 1851. Celui destiné à l’état-major fermant le côté sud de la place d’armes ne fut construit qu’en 1865. L’architecture générale du quartier s’inscrit dans le style des casernes bâties à cette époque en métropole. « On ne peut rêver caserne qui soit plus caserne, qui dépasse celle-ci en correction, en rigidité, en convenu. Ces murs suent la discipline et la contrainte du règlement. Nous sommes à la Légion ! » écrit Georges Manue, en 1929, dans Têtes brûlées. L’infrastructure indispensable à la vie courante se compose, essentiellement, de logements pour la troupe, d’une salle de service, d’un parc à fourrage, de lavoirs et d’une cuisine. Les réfectoires n’existent pas à l’époque. La troupe perçoit aux cuisines les repas qui sont pris dans les chambres. Dans le bâtiment de la manutention, situé de l’autre côté de la rue des Casernes bordant le côté est du quartier, on fabrique le pain. On y trouve également les magasins de vivres et d’habillement. Le quartier Viénot s’ouvre sur l’avenue de Tlemcen, qui prit le nom du général Rollet. Une large et haute grille au milieu de laquelle s’ouvre un grand portail et sur la gauche un portillon ferment le quartier. Cette grille est remplacée en 1937 par un portail en maçonnerie dans le style Art déco très en vogue à l’époque. De part et d’autre de l’entrée se trouvent le poste de garde et le service général. Le ministre de la Guerre, le général Boulanger, ordonne de donner aux casernes des noms de personnalités militaires. Le quartier du 1er régiment étranger est alors baptisé « colonel Viénot », nom de son chef de corps tué en Crimée en 1855. À partir de 1887, un vaste programme d’amélioration du quartier est lancé. Il comprend, entre autres, la construction d’une salle d’honneur. Cette dernière est inaugurée en 1892. Dans ce lieu consacré à la gloire de la Légion étrangère sont exposés tous les souvenirs et trophées qu’elle a engrangés depuis sa création. Elle accueille de nombreux Bel-Abbésiens ainsi que des hôtes prestigieux de la cité, comme les présidents Loubet en 1903 et Millerand en 1922. À l’occasion du centenaire de la Légion étrangère, la salle d’honneur est agrandie. Un temple des héros, à la mémoire de tous les légionnaires tués au combat, est réalisé dans le prolongement de la salle d’origine. Les murs de ces locaux sont revêtus de tables de marbre sur lesquelles sont gravés en lettres d’or les noms des officiers tués au combat ainsi que ceux des chefs de corps. En 1938, le musée du souvenir est inauguré dans un des deux grands bâtiments bordant la place d’armes. Aménagé dans l’ancienne bibliothèque des sous-officiers, ce musée est divisé en trois espaces : la salle des citations, la salle des batailles anciennes et la salle des batailles modernes. Après la guerre d’Indochine, la salle d’honneur est, à nouveau, agrandie et réaménagée afin de témoigner de la participation de la Légion à cette guerre qui vient de lui coûter les pertes les plus importantes de toute son histoire. En 1961, elle est entièrement transformée. Elle est prolongée d’une crypte dans laquelle sont conservés la main de bois du capitaine Danjou [5] Amputé de la main gauche en 1854, le capitaine Danjou... [5] ainsi que les drapeaux et étendards réformés des régiments étrangers [6] Conformément à une circulaire ministérielle, les régiments... [6] . L’actuelle salle d’honneur du musée de la Légion étrangère inauguré en 1966 à Aubagne est la fidèle reproduction de celle de Sidi-bel-Abbès. La salle des campagnes installée au premier étage du bâtiment est, quant à elle, l’héritière du musée du souvenir.

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Destiné à l’origine aux unités de cavalerie de l’armée d’Afrique, le Petit Quartier, situé en face du quartier Viénot, a longtemps gardé son nom de quartier de la Remonte ou de Cavalerie. Les missions qui incombent au 1er régiment étranger après la Première Guerre mondiale : recrutement, immatriculation, instruction et administration de tous les légionnaires, transit des renforts partant ou rentrant des nombreux théâtres d’opérations, saturent les capacités d’accueil du quartier Viénot. La création à Sidi-bel-Abbès en 1933 du Dépôt commun des régiments étrangers d’infanterie (dcre) afin de gérer les quelque 33 000 hommes qui, à cette époque, composent la Légion, oblige à trouver sur place de nouvelles infrastructures. Progressivement, le 1er régiment étranger grignote sur le quartier de Cavalerie. Après la Seconde Guerre mondiale, ce quartier est divisé en plusieurs annexes qui sont les quartiers Prudon, Amilakvari [7] Prince géorgien, saint-cyrien et officier à titre étranger.... [7] , Yusuf [8] Yusuf (Joseph Vantini, dit Yusuf ou Yousouf). Général... [8] et l’infirmerie vétérinaire.

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Situé en plein centre-ville, le cercle militaire de Sidi-bel-Abbès [9] Mess des officiers, également appelé « réunion des... [9] figurait déjà sur les plans du capitaine Prudon. C’est donc un des plus anciens bâtiments militaires de la cité. Ouvert à tous les officiers de la garnison, le cercle est à la fois un lieu de restauration, d’hébergement et une salle de bal. C’est le point de contact du monde civil et militaire. Remanié à plusieurs reprises, le cercle des officiers abrite également une magnifique bibliothèque. Le lieutenant-colonel Forey, neveu du maréchal ayant commandé l’armée française au Mexique, ancien chef de corps du dcre et doyen des officiers de la Légion à Sidi-bel-Abbès, y a élu domicile jusqu’à son décès en 1946. Un kiosque avait été élevé dans les jardins du cercle militaire à l’angle du carrefour des Quatre-Horloges. Ce kiosque, qui servait à l’occasion de tribune officielle aux autorités lors des défilés, avait été vite baptisé de façon fort irrévérencieuse « la cage aux singes ».

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Au numéro 3 de la rue Faurax, rue qui porte le nom d’un officier de la Légion tué au Dahomey en 1892, se situent les premiers bureaux de la rédaction du magazine Képi Blanc créé en 1947. En 1948, Képi Blanc s’installe dans les murs du quartier Viénot.

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La maison de retraite du légionnaire est inaugurée le 7 avril 1957. Elle veut être, dans l’idée de ses deux promoteurs, Joly, président des anciens légionnaires de Sidi-bel-Abbès et M. Bellat, ancien maire de la ville qui a offert le terrain, le « véritable prolongement humain au contrat du légionnaire ». Elle a été bâtie avenue Sully, au sud de la ville.

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En 1935, la municipalité avait décidé de démolir les anciennes fortifications qui étouffaient l’agglomération. C’est à la Légion que cette tâche est confiée. Les matériaux ainsi récupérés servent à la construction d’une vaste salle de spectacles baptisée le Foyer du légionnaire. Il est situé entre l’ancienne porte de Tlemcen et le quartier Prudon. Au sud-est de la ville, un vaste bâtiment resté inachevé depuis 1939 est repris par la Légion. Entre 1948 et 1950, les légionnaires pionniers le transforment en un immeuble moderne dans lequel sont aménagés des appartements destinés aux familles de légionnaires. Cette réalisation due à la débrouillardise des hommes fait partie d’un vaste plan d’action sociale mis en place par le colonel Gaultier [10] Né en Algérie en 1898, le général Louis Gaultier a... [10] , alors chef du Dépôt commun, afin de répondre à des besoins urgents en matière de logements et d’aide aux familles qui ne sont pas, à cette époque, financés par l’État.

Un grand terrain situé au nord de la ville bénéfice d’une infrastructure militaire moderne adaptée aux exigences de l’instruction : champs de tir pour armes légères et collectives, sites pour les lancers de grenades, parcours du combattant, piste d’instruction à la conduite automobile, bâtiments en dur et réfectoires. Toutes ces installations sont utilisées en permanence aussi bien par les engagés volontaires que par les pelotons d’élèves gradés. Au sud de la ville, près du champ de tir et de la soute à munitions, se trouve le terrain de Khamisis.

Une ferme dont le fonctionnement est assuré par des légionnaires est également installée sur la route entre Sidi-bel-Abbès et Khamisis. Son activité permet de répondre, du moins partiellement, aux besoins en viande et produits maraîchers des ordinaires du Grand et du Petit Quartier.

Un autre lieu mérite d’être évoqué : la gare. En effet, tous les légionnaires ont, un jour ou l’autre, débarqué à Sidi-bel-Abbès par le train. C’est en 1877 que la voie de chemin de fer est inaugurée à Sidi-bel-Abbès. D’abord propriété de la compagnie de l’Ouest-Algérien, le réseau est racheté par l’État en 1922 pour être confié à la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (plm). En 1938, les compagnies de chemins de fer françaises sont nationalisées. Le plm en Algérie devient alors la Société nationale des chemins de fer d’Algérie (sncfa). Bien que n’appartenant pas à la Légion étrangère, la base de l’aviation légère de l’armée de terre faisait partie de la garnison de Sidi-bel-Abbès. Elle était située dans le prolongement de l’avenue du Maréchal-Joffre, au sud-est de la ville, et jouxtait le terrain d’aviation.

Sidi-bel-Abbès, maison mère de la Légion étrangère

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Depuis 1842 jusqu’en 1962, la Légion n’a cessé d’être présente à Sidi-bel-Abbès, à l’exception de la période 1854-1855 où elle combat en Crimée. C’est alors le 72e régiment de ligne qui occupe le quartier d’infanterie. Mais dès son retour de Russie, la Légion reprend possession des lieux. D’autres unités de l’armée d’Afrique : chasseurs, zouaves, spahis, y tiennent également garnison, mais sans la même longévité. Ville de garnison, Sidi-bel-Abbès devient, à partir de 1933, la plaque tournante de toute la Légion étrangère lorsqu’est créé le Dépôt commun des régiments étrangers (dcre). C’est à partir de cette époque que l’on peut parler de Sidi-bel-Abbès comme de la « Maison Mère » de la Légion étrangère. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, c’est à Sidi-bel-Abbès que sont mis sur pied les nouveaux régiments étrangers destinés au front de France ou de Scandinavie, telle la 13e dble [11] Cette unité a été créée en mars 1940 en Afrique du... [11] à laquelle le 1er régiment étranger cède son premier bataillon. C’est par Sidi-bel-Abbès que les légionnaires rescapés des combats de la campagne de France transitent après l’armistice de juin 1940. En 1941, le 6e rei, rapatrié de Syrie, y fut dissous [12] Le 6e régiment étranger d’infanterie est formé en septembre 1939... [12] . En 1943, c’est encore à Sidi-bel-Abbès que renaît le régiment de marche de la Légion étrangère [13] Après la campagne de Tunisie, le Régiment de marche... [13] . Dès le début de la guerre d’Indochine, on peut parler de Sidi-bel-Abbès comme du centre d’instruction de la Légion. Le Dépôt commun de la Légion étrangère y a succédé au dcre. C’est dans ce moule que sont instruits tous les personnels destinés au corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient. Après la réorganisation du 1er re en 1955, le quartier Viénot et ses annexes abritent les trois compagnies du groupement des services du corps (commandement, administration et transport), le groupement des services communs (pionniers, musique, organisation du travail, bureau des statistiques, services administratifs), le groupement des unités de passagers comptant trois compagnies de passage (cp) : la cp 1 qui assure le transit, les mutations et les affectations des hommes en cours de contrat, la cp 2 qui est l’ultime étape des légionnaires en fin de contrat et la cp 3 qui rassemble tous les nouveaux engagés volontaires. Le Groupement d’instruction de la Légion étrangère (gile) assure l’instruction des jeunes engagés ainsi que la formation des cadres et des spécialistes de tous les corps de la Légion. À tous ces organismes, il faut ajouter le Service du moral et des œuvres de la Légion étrangère (smole), organisme à vocation sociale. Son service d’information est le miroir de la Légion avec la revue Képi Blanc. Intégrés dans le smole se trouvent, enfin, les ateliers d’art, le musée et les archives historiques. La Légion étrangère ayant une vocation interarmes, le 1er régiment étranger compte dans ses rangs aussi bien des fantassins que des cavaliers, des secrétaires, des transmetteurs et des mécaniciens. Toutes les spécialités y sont représentées pour les besoins de l’instruction. Comme on peut aisément l’imaginer, les quartiers de la Légion sont une vaste fourmilière à l’activité intense et permanente. Plaque tournante de l’institution, Sidi-bel-Abbès est le point de passage de tous les légionnaires ; on y arrive de partout, et on y est toujours en instance de départ.

La vie quotidienne des légionnaires à Sidi-bel-Abbès

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Si, pendant les heures de service, le quotidien du légionnaire est réglé dans les moindres détails par la discipline et le règlement intérieur très strict, les permissions et les quartiers libres permettent à chacun de souffler un peu. Pourtant, on ne peut pas parler de réels débordements aux conséquences fâcheuses. Le légionnaire en permission à Sidi-bel-Abbès a le même comportement qu’il pourrait avoir dans une autre garnison. Malgré les foyers, les cinémas, les infrastructures sportives, « M. Légionnaire » éprouve souvent le besoin d’aller chercher ailleurs d’autres distractions.

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Le légionnaire va alors trouver auprès de femmes plus faciles ce que lui refusent les belles du pays. C’est dans le quartier « réservé » qu’il se rend. À Sidi-bel-Abbès, ce quartier se situe dans le faubourg Bugeaud, ancien village nègre, au nord-est de la ville. Les lieux de plaisirs ouverts aux légionnaires portent des noms très évocateurs : la Lune, le Soleil, le Caftan, la Grande Maison, la Favorite ou encore le Sphinx… À l’entrée du quartier réservé sont installés un poste de police et une infirmerie. Pour y avoir accès, le permissionnaire doit montrer au chef de poste son titre de permission, puis passer « avant et après » devant l’infirmier. Mais entre le quartier Viénot et le faubourg Bugeaud, il y a bon nombre de débits de boissons qui sont autant d’embuscades dans lesquelles le légionnaire risque d’abandonner Aphrodite pour Bacchus, et les retours peuvent donner lieu à des scènes cocasses. À l’heure fatidique, à partir de 23 heures, lorsque les permissions de nuit viennent à expiration, le sous-officier chef de poste se plante au beau milieu de l’entrée, quelques mètres en retrait à l’intérieur du quartier. Mains derrière le dos, il attend le retour des permissionnaires. Pour le légionnaire qui, « fatigué », rentre au quartier, c’est l’heure de vérité. Une démarche hésitante ou anormalement raide, un salut vaguement esquissé ou trop appliqué sont rarement sanctionnés si le « rentrant » est dans une tenue correcte et coiffé de son képi ; il peut toujours s’écrouler après avoir dépassé le sergent qui, tradition oblige, ne se retourne jamais ; aux copains d’évacuer la victime. Mais malheur à celui qui s’effondre avant d’avoir franchi l’entrée du quartier ! Sur un geste discret du sergent, deux hommes du poste de garde « ramassent » le fautif et le mettent en cellule où il pourra « récupérer » jusqu’au réveil.

Sidi-bel-Abbès dispose de cinq salles de cinéma et d’un théâtre [14] Le premier théâtre donnait sur la place des Quinconces,... [14] . La ville compte un nombre impressionnant de pâtisseries, car les légionnaires d’origine allemande en sont d’excellents clients. Les mélomanes peuvent quant à eux flâner sur la place Carnot et écouter les concerts donnés par l’orchestre de la musique de la Légion tous les dimanches. Mais beaucoup préfèrent rester au quartier, surtout lorsque le prêt [15] Ancienne appellation de la solde dans les armées. Le... [15] n’est plus qu’un lointain souvenir. Ils trouvent sur place tout ce qu’il faut : foyer, piscine olympique (une des rares d’Oranie), bibliothèque, et la salle de cinéma du foyer qui propose aux légionnaires et aux familles des films récents à un prix très modique.

Relations entre la Légion et Sidi-bel-Abbès

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Lorsque l’administration militaire céda aux civils la charge de diriger le destin de la cité, celle-ci était déjà prospère et presque achevée. Cela explique la fraternité unissant civils et légionnaires. Ainsi, aucun événement concernant la Légion ne laisse la ville indifférente. Déjà, en 1857, à son retour de Kabylie où elle vient de s’illustrer, elle est chaleureusement accueillie. Une grande fête est organisée. Le jardin public [16] Anciens jardins potagers cultivés par les légionnaires... [16] est illuminé, et un grand bal est organisé place des Quinconces (future place Carnot). Quand les détachements quittent leur quartier, musique en tête, afin d’embarquer pour des théâtres d’opérations lointains, comme le Tonkin, le Dahomey, Madagascar, les territoires du Sud oranais ou encore plus tard, le Maroc ou la France, la population de Sidi-bel-Abbès les acclame tout le long de la route qui mène à la gare. Les retours sont tout aussi triomphaux. En avril 1906, lorsque le drapeau du 1er régiment étranger reçoit la Légion d’honneur, Sidi-bel-Abbès est en liesse. De nombreuses fêtes sont organisées en ville donnant à l’événement un éclat tout particulier. Cependant, aucun événement n’égale la commémoration du centenaire de la Légion étrangère en 1931, au cours de laquelle le monument aux morts est inauguré, le 30 avril, jour anniversaire du combat de Camerone [17] Légendaire combat livré le 30 avril 1863 par la 3e compagnie... [17] . La ville s’est toujours associée aux commémorations de ce combat légendaire. Chaque 30 avril, la foule se presse aux grilles du quartier pour assister à la prise d’armes. Le 30 avril 1962, lorsque le 1er régiment étranger défila dans les rues à l’occasion du dernier Camerone à Sidi-bel-Abbès, l’émotion de la population ne fut pas feinte. Toutefois, en dehors du service, les contacts entre légionnaires et habitants de Sidi-bel-Abbès restent empreints d’une certaine réserve. La topographie de la localité entretient d’ailleurs cette séparation. Georges Manue mentionne, dans les années 1920, cette capitale de la Légion et de la population civile : « Je tiens la réserve des habitants de Bel-Abbès pour un de ces bons éléments qui contribuent à former l’esprit légionnaire. En effet, le jeune soldat, dès qu’il voit que la plus inoffensive de ses approches est repoussée, comprend subitement et nettement ce qu’il est devenu. Il se sent définitivement retranché du reste de l’humanité et, l’orgueil agissant, c’est dans l’exaltation de son orgueil qu’il trouveune manière de consolation et de revanche. » Malgré tout, de nombreux légionnaires, en particulier les sous-officiers, épousent des filles du pays. Les relations entre la Légion et la municipalité ont toujours été bonnes, voire excellentes, en particulier avec M. Bellat, maire de Sidi-bel-Abbès de 1927 à 1945, qui témoigna toujours à l’égard de la Légion d’une véritable admiration. Fondateur de la Maison du légionnaire, il a dédié à la Légion bon nombre de poèmes et de chansons. En 1955, le colonel Gardy, commandant le Groupement autonome de la Légion étrangère (gale) [18] Organisme qui a remplacé le Dépôt commun de la Légion... [18] , le nomma légionnaire de 1re classe.

Enfin, en 1929, on donna à un bâtiment qui assurait les liaisons maritimes entre Oran et Marseille et qui embarquait régulièrement des légionnaires le nom de Sidi-bel-Abbès ; la Légion étrangère devint sa marraine d’honneur. Il est coulé par un sous-marin allemand. Un nouveau paquebot, entré en service en 1949, reprit ce nom.

La guerre d’Algérie

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Lorsque éclate la guerre d’Algérie, le 1er régiment étranger, tout en poursuivant sa double mission d’instructeur et d’administrateur de la Légion, se voit confier la responsabilité d’immenses secteurs en Oranie. Les légionnaires de Sidi-bel-Abbès montrent qu’ils sont capables, comme leurs camarades des autres régiments, de quitter leurs quartiers et leurs bureaux et d’être des combattants à part entière, car la plupart d’entre eux ont une expérience opérationnelle déjà largement prouvée. De plus, l’instruction qui continue à être dispensée se déroule dans des conditions préparant les jeunes recrues à la vie opérationnelle active, dans un cadre d’insécurité réelle. Le 1er janvier 1960, la ville est organisée, sous la responsabilité du 1er régiment étranger, en quartier urbain regroupant environ 115 000 habitants. La mission de cette nouvelle entité est double : maintien de l’ordre et ralliement de la population. Dans le cadre du maintien de l’ordre, la mission est d’assurer la protection de la population contre l’activité subversive des rebelles par la mise en place d’un dispositif de sécurité comportant une branche de recherche du renseignement. Dans le cadre de la pacification, il faut rallier la population en la détournant de la propagande ennemie et en mettant à sa disposition des structures sociales et d’aide aux familles. L’effort porte d’abord sur la jeunesse pour laquelle la Légion organise de nombreux loisirs. C’est donc grâce aux efforts constants des légionnaires du 1er régiment étranger que Sidi-bel-Abbès est considérée comme l’une des villes les plus sûres d’Algérie, ce qui n’empêcha pas les attentats. Le premier a lieu le 7 décembre 1956. La victime est M. Bordonado, entrepreneur de travaux publics, tué d’un coup de revolver. Tout au long de la guerre d’Algérie, d’autres actes de barbarie viendront endeuiller la cité.

C’est à Sidi-bel-Abbès, près du jardin public, que des légionnaires du 1er régiment étranger livrent, le 11 août 1961, un baroud d’honneur.

Le départ

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Quand finalement sonne le cessez-le-feu et que l’Algérie devient indépendante, le 1er régiment étranger doit quitter son berceau. Avec un serrement au cœur, le régiment prépare son départ. Tout est démonté afin d’être envoyé en France. Tandis que les dernières pierres du monument aux morts, soigneusement numérotées et étiquetées, sont embarquées, le 29 septembre 1962, les cercueils du général Rollet, du commandant Aage de Danemark [19] Prince de la famille royale du Danemark et descendant... [19] et du légionnaire Zimmermann, précédés de la main de bois du capitaine Danjou et de l’urne funéraire du légionnaire Moll [20] Ancien légionnaire américain mort à Chicago en 1937.... [20] , et accompagnés des anciens emblèmes des régiments étrangers, quittent définitivement le quartier Viénot. Alors qu’à Sidi-bel-Abbès les derniers légionnaires finissent de fermer les caisses et de boucler leurs sacs, les premiers détachements prennent possession, à Aubagne, d’un camp vétuste, et commencent à s’y installer vaille que vaille.

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Au cours de la dernière nuit passée à Sidi-bel-Abbès, le 24 octobre 1962, 700 légionnaires sont rassemblés sur la place d’armes du quartier Viénot, à l’emplacement laissé vide depuis le démontage du monument aux morts. Un feu est allumé, et les légionnaires entonnent des chants. Il leur reste une ultime et étrange mission à accomplir : celle de brûler symboliquement un drapeau. En 1907, le capitaine de Borelli avait demandé qu’après sa mort, le drapeau des Pavillons Noirs qu’il avait ramené du siège de Tuyen Quang [21] La défense héroïque de Tuyen Quang (Tonkin) reste un... [21] soit déposé dans la salle d’honneur et qu’il ne quitte jamais ces lieux. Le capitaine avait ajouté que si la Légion évacuait un jour Sidi-bel-Abbès, ce drapeau serait brûlé. En cette nuit du 24 octobre 1962, la large soie bleu sombre marquée de grands idéogrammes chinois disparaît dans les flammes. Après le départ du colonel et du drapeau, Sidi-bel-Abbès cesse définitivement de vivre à l’heure légionnaire. Pour la Légion, ce sont cent vingt années de présence qui s’achèvent.

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En 1962, Sidi-bel-Abbès était une cité moderne à l’urbanisme complet, tirant sa richesse de l’agriculture. D’ambitieux travaux d’aménagement étaient à l’étude. Cette prospérité, elle la devait également à la Légion étrangère, cette Légion qui l’avait édifiée de ses mains et qui lui avait fourni une partie de ses premiers colons. Les casernes, le monument aux morts, les grandes figures de la Légion telles que le général Rollet, les colonels Maire, Nicolas et tant d’autres, faisaient partie du patrimoine culturel et historique de la ville, mais aussi du patrimoine national. Au-delà même de l’Algérie, cette simple sous-préfecture du département d’Oranie est encore universellement connue du fait de la diversité des nationalités représentées à la Légion. Des quatre coins du monde, les anciens légionnaires parlent encore de Sidi-bel-Abbès. Aujourd’hui, Aubagne est devenue la nouvelle « Maison Mère » de la Légion étrangère.

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Bien que l’instruction soit désormais du ressort du 4e régiment étranger à Castelnaudary, les missions du 1er régiment étranger restent les mêmes qu’à l’époque de Sidi-bel-Abbès : gérer et administrer les quelque 7 660 légionnaires qui composent actuellement la Légion étrangère. Son quartier a repris le nom du colonel Viénot. Sur la nouvelle place d’armes, reconstruite à l’identique, le monument aux morts de la Légion étrangère a été réédifié, dès 1963. Le musée et sa salle d’honneur ont ouvert leurs portes en 1966, et la revue Képi Blanc n’a jamais cessé de paraître.

La devise de Sidi-bel-Abbès, à elle seule, résume toute son histoire et celle de la Légion étrangère. Elle tient en trois mots : « PAX ET LABOR », paix et travail…


Bibliographie

  • Adoue L., La Ville de Sidi-bel-Abbès, Sidi-bel-Abbès, Roidot imprimeur/éditeur, 1927.
  • Bel-Abbès et son arrondissement, Oran, La Bastide, 1880.
  • Gandin J., Sidi-bel-Abbès de ma jeunesse, Éditions J. Gandini, 1998.
  • Kremar O.-P., Sidi-bel-Abbès et les Bel-Abbésiens, une ville française, 1843-1962, Montpellier, Africa Nostra, 1985.
  • Sources archivistiques

    • Archives de la Légion étrangère. Série « Études », cartons 1LQ001 à 1LQ007.
    • Revue Képi Blanc.
    • Archives du service historique de la Défense. Série « Génie », cartons 1H778 à 1H785.

Notes

[1]

Insigne distinctif réservé à certaines unités d’élite, la grenade figure, depuis 1874, sur le képi et au collet des vestes des légionnaires. Stylisée en 1946 par Andréas Rosenberg, légionnaire devenu peintre aux armées, elle s’est transformée pour prendre sa ligne actuelle : sept flammes dont deux en retour surmontant une bombe évidée. On retrouve aujourd’hui cette symbolique à la hampe des fanions de la Légion étrangère, sur la tenue, sur les insignes de béret, sur le col des vareuses ainsi que sur tous les insignes des régiments.

[2]

Ce nom était donné aux nombreux dépôts de vivres et lieux de bivouac répartis le long des itinéraires des colonnes qui sillonnaient de vastes étendues.

[3]

Rollet (Paul-Frédéric, 1878-1841). Lieutenant en Algérie et à Madagascar, puis capitaine au Maroc à la tête d’une compagnie montée, Rollet est déjà une figure lorsqu’il prend, en 1917, le commandement du rmle. Rentré au Maroc après la guerre avec le rmle devenu 3e rei, il le commande jusqu’en 1925 avant de prendre le commandement du 1er rei à Sidi-bel-Abbès. Nommé général en 1931 et premier inspecteur de la Légion, il jette les bases de la Légion moderne tout en sachant garder et codifier ses traditions. Les fêtes du centenaire de la Légion en 1931 furent l’apothéose de son travail en matière de tradition, avec l’inauguration du monument aux morts de la Légion et la parution du livre d’or de la Légion étrangère. Précurseur avant l’heure de ce que l’on allait appeler bien plus tard « la condition du personnel », il fut l’instigateur et l’initiateur des œuvres sociales de la Légion étrangère et développa une politique d’assistance efficace en faveur des légionnaires anciens ou d’active.

[4]

Axe central de la place d’armes du quartier Viénot, anciennement appelé « allée du Colonel ». Après la construction du monument aux morts en 1931, on l’appelle la « Voie sacrée », évoquant ainsi le souvenir de la route qui reliait Bar-le-Duc à Verdun pendant la Grande Guerre à laquelle bon nombre d’officiers de la Légion avaient pris part. Lorsque le 1er régiment étranger s’est installé à Aubagne en 1962, la place d’armes du nouveau quartier Viénot a été construite sur les mêmes plans que la précédente, avec en son milieu la « Voie sacrée ».

[5]

Amputé de la main gauche en 1854, le capitaine Danjou s’était fait confectionner une prothèse articulée. Après sa mort, le 30 avril 1863, dans l’hacienda de Camerone au Mexique, cette main de bois avait été récupérée par un Mexicain. Quelque temps après, le lieutenant Grüber, officier autrichien qui connaissait Danjou, la racheta à un fermier mexicain. Restituée à la Légion étrangère, elle fut ramenée à Sidi-bel-Abbès en 1867. Déposée dans un premier temps dans le bureau du colonel, la précieuse relique est exposée dans la salle d’honneur en 1892. Depuis que la commémoration du combat de Camerone a été instituée, le coffret renfermant la main de bois du capitaine Danjou est présenté sur le front des troupes au cours du récit du légendaire combat.

[6]

Conformément à une circulaire ministérielle, les régiments stationnés en Afrique du Nord avaient le droit de conserver, à titre de dépôt, leurs emblèmes réformés, alors que les unités de métropole devaient reverser ces derniers au musée de l’Armée à Paris. Conformément à cette circulaire, les régiments de la Légion étrangère stationnant en Algérie, au Maroc et en Tunisie déposaient leurs drapeaux et étendards dans la salle d’honneur à Sidi-bel-Abbès.

[7]

Prince géorgien, saint-cyrien et officier à titre étranger. Tué en novembre 1942 à la bataille d’El-Alamein en Égypte alors qu’il commandait la 13e demi-brigade de la Légion étrangère.

[8]

Yusuf (Joseph Vantini, dit Yusuf ou Yousouf). Général français (1808-1866). Né à l’île d’Elbe, à l’époque française, le jeune Joseph Vantini est capturé par des corsaires barbaresques et vendu comme esclave à Tunis. Il y est fait musulman. En 1830, il parvient à s’échapper et à embarquer sur un brick français appartenant à la flotte destinée au débarquement de Sidi-Ferruch près d’Alger. Au début de la campagne d’Algérie, Yusuf est attaché au général en chef. Parlant l’arabe, l’espagnol et le turc, il sert d’interprète. Il s’acquitte avec succès de plusieurs missions périlleuses, ce qui lui ouvre la carrière des armes. C’est à cette époque que les anciennes troupes à cheval turques auxquelles sont venues se rattacher des formations disparates sont réunies ; leur commandement est confié à Yusuf. Il en fit un corps d’élite : celui des spahis. En mai 1831, il est nommé capitaine. Chef d’escadron puis lieutenant-colonel, il devient colonel de la cavalerie indigène d’Afrique, le 19 mai 1842. Un an plus tard, il s’illustre au cours de la prise de la smala d’Abd el-Kader et bat l’émir à Tenda en décembre 1845. Au cours des années qui suivent, Yusuf ne cesse de pourchasser son ennemi juré. Il abjure la religion musulmane, se fait catholique et se marie à une Française. En 1839, il reprend la nationalité française. Cet intrépide cavalier finit son extraordinaire carrière militaire en 1866 comme général commandant la division de Montpellier. Yusuf était grand-croix de la Légion d’honneur.

[9]

Mess des officiers, également appelé « réunion des officiers ».

[10]

Né en Algérie en 1898, le général Louis Gaultier a consacré plus de vingt-huit ans de sa vie à la Légion étrangère. Il a servi au Maroc, au 11e rei en 1940, au rmle dont il a assuré le commandement par intérim pendant l’hiver 1944-1945, et enfin à la tête du Dépôt commun de Sidi-bel-Abbès de 1945 à 1950. Il est le principal artisan de la grande transformation de la Légion étrangère de l’après-guerre et de sa montée en puissance pour les besoins de la guerre d’Indochine. Il est à l’origine de la création du Service du moral de la Légion étrangère, organisme à vocation sociale.

[11]

Cette unité a été créée en mars 1940 en Afrique du Nord, sous l’appellation de 13e demi-brigade de montagne de la Légion étrangère aux ordres du colonel Magrin-Vernerey, dit Monclar. Après la campagne de Norvège où elle s’illustre à Narvik, la demi-brigade rallie les Forces françaises libres au sein desquelles elle entame son long périple : Dakar, le Gabon, l’Érythrée, la Syrie, l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Italie et la France.

[12]

Le 6e régiment étranger d’infanterie est formé en septembre 1939 au Levant, à partir des bataillons de la Légion qui y stationnaient. Après l’armistice de juin 1940, le régiment est intégré dans l’armée française du Levant restée fidèle au maréchal Pétain. En 1941, les Anglais attaquent la Syrie, et des combats fratricides se déroulent entre Français des ffl et de l’armée du Levant. Après l’armistice de Saint-Jean d’Acre, le 6e rei quitte le Levant et rejoint l’Afrique du Nord pour être dissous à Sidi-bel-Abbès.

[13]

Après la campagne de Tunisie, le Régiment de marche de la Légion étrangère est recréé en Afrique du Nord à partir des 1er et 3e régiments étrangers d’infanterie de marche. Le rmle avait été formé pour la première fois en novembre 1915 et avait combattu sur le front français. En 1920, le rmle s’était transformé en 3e régiment étranger d’infanterie. Son drapeau était décoré de la Légion d’honneur, de la médaille militaire et de la croix de guerre 1914-1918 avec neuf palmes. Il portait également la fourragère double aux couleurs de la croix de guerre et de la Légion d’honneur.

[14]

Le premier théâtre donnait sur la place des Quinconces, future place Carnot. En 1930, il fut entièrement reconstruit dans le style Art déco.

[15]

Ancienne appellation de la solde dans les armées. Le prêt était payé aux soldats tous les dix ou quinze jours.

[16]

Anciens jardins potagers cultivés par les légionnaires et donnés à la municipalité à la fin du xixe siècle.

[17]

Légendaire combat livré le 30 avril 1863 par la 3e compagnie du 1er bataillon du régiment étranger pendant la campagne du Mexique. Ce combat est devenu la fête de la Légion étrangère et est commémoré chaque 30 avril par toutes les unités de la Légion étrangère.

[18]

Organisme qui a remplacé le Dépôt commun de la Légion étrangère en 1955 et qui regroupait tous les services communs de la Légion étrangère ainsi que toutes les unités d’instruction militaire et technique.

[19]

Prince de la famille royale du Danemark et descendant du roi Louis-Philippe par sa mère. Admis à servir comme capitaine à titre étranger en 1922. Le chef de bataillon Aage de Danemark était une grande figure de la Légion étrangère, autant pour son courage que pour ses frasques dans les années 1930 au Maroc. Mort à Taza en 1940, il est inhumé au carré de la Légion étrangère à Sidi-bel-Abbès.

[20]

Ancien légionnaire américain mort à Chicago en 1937. Peu de temps avant sa mort, William Moll avait exprimé le souhait d’être enterré « au plus près de la Légion, là où j’ai passé les plus belles années de ma vie », disait-il. Son vœu fut exaucé. L’urne contenant ses cendres fut envoyée à Sidi-bel-Abbès et scellée dans un mur de la salle d’honneur. À Aubagne, en 1966, après l’inauguration du musée de la Légion, cette urne a été placée dans la nouvelle crypte.

[21]

La défense héroïque de Tuyen Quang (Tonkin) reste un des faits d’armes les plus brillants dont la Légion puisse s’enorgueillir. Du 26 janvier au 3 mars 1885, la citadelle résista victorieusement aux assauts de 20 000 Pavillons Noirs bien armés.

Résumé

Français

Quand l’Algérie est devenue indépendante, Sidi-bel-Abbès, troisième ville de l’Oranie, était une cité moderne à l’urbanisme complet. Elle tirait sa richesse de l’agriculture. Elle devait également sa prospérité à la Légion étrangère, cette Légion qui l’avait édifiée de ses mains et qui lui avait fourni une partie de ses premiers colons. Au-delà même de l’Algérie, cette sous-préfecture d’Oranie est encore universellement connue du fait de la diversité des nationalités représentées à la Légion. Si, dès le début, la Légion avait marqué de son empreinte la cité, elle en avait également fait sa maison mère, véritable plaque tournante de toute la Légion étrangère. La devise de Sidi-bel-Abbès résumait toute l’histoire de la ville et de la Légion. Elle tenait en trois mots : « Pax et labor », paix et travail …

English

Summary Sidi-bel-Abbes, third city of Oranie was a modern town with advanced urbanism when Algeria gained its independence. Prosperity was gained through her natural resources mainly through agriculture. The French Foreign Legion equally played an important role during the early periods of construction in Sidi-bel-Abbes. The city had a world wide reputation of having a mixed population due to the presence of Legionnaires coming from different ethnic back grounds. The Legion adopted this city as their main head quarters which served as a home base for Legionnaires. Their motto “pax et labor” meaning “peace and work” resumes the history of the city and the Foreign Legion.

Plan de l'article

  1. Aux origines de Sidi-bel-Abbès
  2. Cent vingt années de présence légionnaire
    1. Les quartiers de la Légion
  3. Sidi-bel-Abbès, maison mère de la Légion étrangère
    1. La vie quotidienne des légionnaires à Sidi-bel-Abbès
    2. Relations entre la Légion et Sidi-bel-Abbès
    3. La guerre d’Algérie
    4. Le départ

Traduction

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