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Légionnaire toujours...

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Servir à la fois la Légion étrangère, patrie choisie, et la France, pays d’accueil

La Légion étrangère compte dans ses rangs des hommes de 147 nationalités différentes, derrière lesquelles vivent 147 cultures et autant de façons de considérer la société et les rapports humains.

À peine arrivés à la Légion étrangère, tout sépare ces étrangers. Le 14 juillet, sur les Champs-Élysées, tout les rassemble.

Comment ces hommes peuvent-ils faire abstraction de l’histoire de leur patrie d’origine et devenir frères d’armes ? Ailleurs, ils peuvent se détester, voire se faire la guerre, mais à la Légion, ils s’entraident, travaillent, souffrent et vivent ensemble, acceptent de mourir les uns pour les autres. Comment cette alchimie est-elle créée ? Pour le soldat français, naturellement attaché à sa patrie, c’est souvent une énigme de voir ces étrangers ayant accepté d’abandonner leur propre pays et être prêts à mourir pour un drapeau qui n’est pas le leur. Longtemps, les légionnaires furent considérés comme des mercenaires. Mais aujourd’hui, rien de ce qui fait leur statut n’est comparable à celui de soldats perdus car la France les accueille dans un cadre bien précis et très normé.

La devise de la Légion est “Legio Patria Nostra”. À elle seule, cette devise contient le système Légion tout entier, pensé et organisé comme une patrie. “Il y a une patrie qui n’est faite ni avec des champs, ni avec des hameaux, ni avec des villes mais avec des opinions, des coutumes, des sentiments et des principes communs et dans cette grande harmonie sociale, politique et religieuse, on peut vivre sans trop de désespoir”, écrivait le Vicomte Walhs. Ainsi, cette “patrie Légion” est d’abord dotée d’une langue, le français, langue de travail incontournable pour se comprendre et progresser dans le métier. Et puis, il y a des valeurs fortes, pour se reconstruire, essentielles pour qui la vie n’a pas été tendre : accueil, nouvelle chance, rédemption, travail et avancement au mérite, effort individuel et collectif, dignité. Mais aussi des valeurs pour mourir. Mourir pour la Légion se suffit à soimême. C’est une opportunité d’écrire des pages de gloire de l’armée française, d’envisager de devenir un jour un héros et la certitude de n’être jamais oublié grâce au respect des morts et de leur souvenir. La Légion étrangère est une famille, que viennent rejoindre nombre de déracinés, rendant vivant ce mot de Gustave Flaubert : “la patrie est comme la famille, on n’en sent bien le prix que lorsqu’on n’en a plus”.

La Légion dispose aussi d’un riche patrimoine hérité de son passé prestigieux : un musée de France, des salles d’honneur, un Foyer d’entraide dont tous les militaires à titre étranger d’active ou en retraite peuvent être potentiellement bénéficiaire, une institution des invalides qui accueille anciens et jeunes légionnaires blessés ou en difficulté, des cimetières, des carrés Légion, une maison de repos, le vin de ses anciens. Ses particularismes sont forts : code d’honneur, uniforme spécifique, traditions. Elle offre bien des rites aussi : Noël, fête de la famille ; Camerone, combat fondateur ; la fête des Rois chez les cadres et de nombreuses fêtes régimentaires qui forgent l’esprit de corps. On y trouve des relations intergénérationnelles uniques et une prise en charge jusqu’à la mort pour qui le souhaite. C’est une patrie choisie, mais où s’impose une discipline forte et librement consentie : même règlement que pour l’armée française, mais plus strictement appliqué, parce que 147 idées de ce qu’est une troupe d’élite doivent se fondre sans concession dans le moule de la conception française de tout cela, pour le service de la France.

Ainsi, le 14 juillet prochain, sur la plus belle avenue du monde, les légionnaires clôtureront le défilé à pied de leur pas lent, avançant au son du “Boudin”, hymne de la Légion, leur patrie. Devant la tribune présidentielle, ils tourneront d’un bloc, sans se scinder, pour montrer aux Français et au chef des armées leur cohésion et leur attachement sans faille au fanion de la Légion comme au drapeau français qui les précède. Regardez ces étrangers défiler : certains ne connaissent pas encore les paroles de la Marseillaise. Mais, “au son de notre Marseillaise, savent combattre les Képis blancs”.

par le général de brigade Denis Mistral, commandant la Légion étrangère
Éditorial Képi-blanc Magazine 822


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